Deux tiers des adresses ayant participé au marché du vainqueur de la Coupe du Monde sur Polymarket ont terminé dans le rouge. Sur plus de 194 000 portefeuilles analysés, près de 130 000 ont enregistré une perte. Les montants restent faibles pour la majorité, mais plusieurs dizaines de comptes ont abandonné plus de 100 000 dollars chacun.
Polymarket laisse près de 130 000 adresses en perte
L’analyse publiée par defioasis.eth porte sur plus de 194 000 adresses uniques ayant échangé sur le marché consacré au vainqueur de la Coupe du Monde 2026. Ce bilan prolonge une série où le nul entre l’Espagne et le Cap-Vert avait déjà rappelé le risque des paris presque certains sur Polymarket. Environ 66,7 % des adresses ont clôturé avec un résultat négatif. Autrement dit, presque deux portefeuilles sur trois ont perdu de l’argent.
CoinNess reprend les chiffres de defioasis : environ 130 000 adresses sur 194 000 ont terminé en perte. La plupart de ces pertes restent modestes. Environ 114 000 adresses auraient perdu moins de 100 dollars, avec une perte moyenne inférieure à 10 dollars dans cette catégorie. Ce profil suggère une participation massive de petits comptes, attirés par l’événement sans forcément engager des sommes considérables.
Le résultat rappelle néanmoins une réalité souvent masquée par les volumes spectaculaires. Un marché très actif ne garantit pas que la majorité des participants gagne. Le volume mesure les échanges cumulés. Il peut inclure plusieurs achats et ventes réalisés par les mêmes personnes, sans représenter l’argent réellement distribué aux gagnants.
Les pertes les plus lourdes dépassent 15 millions de dollars
À l’autre extrémité, 43 adresses ont chacune perdu plus de 100 000 dollars. Leurs pertes cumulées dépassent 15 millions de dollars. Une petite minorité concentre donc une part très importante du coût financier total observé dans l’analyse.
Ces montants peuvent provenir de positions importantes prises trop tôt, de contrats conservés jusqu’au règlement ou d’ajustements mal exécutés pendant la compétition. Les scénarios de match ont parfois tourné violemment, comme lors de Portugal-Croatie, où Polymarket avait vu juste sans anticiper tout le chaos de la VAR. L’analyse publique ne permet toutefois pas d’identifier les personnes concernées ni de connaître précisément leur situation financière.
Il faut aussi éviter d’assimiler automatiquement une adresse à un participant. Une même personne peut contrôler plusieurs portefeuilles. À l’inverse, une adresse peut représenter une société, un groupe ou un service gérant les fonds de plusieurs utilisateurs. Les 194 000 adresses indiquent donc l’ampleur de l’activité, mais pas nécessairement le nombre exact de personnes.
Les gains se concentrent également chez quelques acteurs
La distribution des bénéfices apparaît tout aussi déséquilibrée. La plupart des adresses gagnantes ont empoché moins de 100 dollars, avec un profit moyen inférieur à 5 dollars dans cette catégorie. Les petits gains sont donc nombreux, mais financièrement limités.
En revanche, 54 adresses ont gagné plus de 100 000 dollars chacune. Ensemble, elles ont capté plus de 22 millions de dollars. Selon une autre synthèse des données, cinq portefeuilles auraient même dépassé le million de dollars de bénéfice.
Cette concentration peut refléter plusieurs avantages. Certains acteurs disposent de modèles plus précis, de davantage de liquidités ou d’une capacité à réagir rapidement aux nouvelles informations. Le même phénomène apparaissait déjà dans la démonstration Espagne-Autriche anticipée par Polymarket, où l’information collective pouvait donner une bonne direction sans effacer le risque individuel.
Un marché record, mais une réussite très inégale
La page Polymarket du marché vainqueur de la Coupe du Monde affiche environ 4,33 milliards de dollars de volume cumulé après résolution. Ce chiffre impressionnant doit cependant être interprété avec prudence. Une même unité monétaire peut être comptée plusieurs fois lorsqu’un contrat change de propriétaire.
Ce record n’est pas isolé. PlayersBest signalait déjà avant la finale que le marché du vainqueur avait dépassé 4,3 milliards de dollars d’échanges, un niveau exceptionnel pour un événement sportif sur Polymarket. Cette profondeur a attiré une foule immense, mais elle n’a pas rendu les résultats plus égalitaires.
Les données de defioasis montrent surtout un système en forme de pyramide aplatie. Une vaste base réalise de petites pertes ou de faibles gains. Tout en haut, quelques portefeuilles captent ou abandonnent des millions. Le spectacle sportif attire la foule. La valeur financière, elle, reste nettement plus concentrée.
L’analyse ne prouve pas que chaque perdant a simplement choisi le mauvais champion. Certains peuvent avoir négocié plusieurs équipes, vendu avant la finale ou réalisé des gains sur d’autres marchés. Elle offre néanmoins une photographie claire : la majorité des adresses présentes sur ce marché précis n’a pas terminé gagnante. Et avec les enquêtes autour de certains paris Kalshi liés à des informations privilégiées, les marchés prédictifs entrent désormais dans une phase où la transparence ne suffira plus à calmer les critiques.
En bref
- Près de 130 000 adresses ont perdu de l’argent sur ce marché.
- Les grosses pertes dépassent 15 millions de dollars.
- Plus de 22 millions de gains se concentrent sur seulement 54 adresses.
