Gabriel Perez, opérateur de téléprompteur de Donald Trump, fait l’objet d’une enquête fédérale pour de possibles opérations d’initié sur Kalshi. Il aurait utilisé sa connaissance anticipée des discours présidentiels pour réaliser plus de 90 000 dollars de profits potentiels.
Des paris placés sur les discours de Donald Trump
Gabriel Perez travaillait au plus près des interventions publiques de Donald Trump. Cette affaire prolonge directement le débat ouvert lorsque Kalshi a durci ses règles pour freiner les délits d’initiés. Perez manipulait les textes affichés sur les téléprompteurs et pouvait accéder aux discours préparés avant leur diffusion. Cette position lui donnait potentiellement connaissance des mots, sujets et expressions que le président devait utiliser.
Selon ABC News, les opérations suspectes concernaient les « mention markets ». Ces contrats permettent de prendre position sur la présence ou l’absence d’un mot précis pendant un discours public. Perez aurait ainsi négocié sur plusieurs interventions de Trump en disposant d’informations encore inconnues du marché.
ABC News rapporte que les enquêteurs ont identifié des transactions portant sur plus d’une douzaine de discours en trois mois. Parmi eux figureraient une allocution télévisée en décembre, un discours au Forum économique mondial de Davos et l’adresse sur l’état de l’Union.
Kalshi bloque plus de 90 000 dollars de profits
Kalshi a détecté l’activité grâce aux informations recueillies lors de l’ouverture du compte et à ses outils de surveillance interne. La plateforme a ensuite transmis le dossier à la Commodity Futures Trading Commission, qui supervise les marchés de contrats événementiels aux États-Unis.
Le compte de Perez aurait été gelé avant le retrait de plus de 90 000 dollars de profits. CBS News évoque aussi un montant supérieur à 100 000 dollars. Cet écart peut venir de méthodes de calcul différentes, notamment entre les gains déjà enregistrés et les profits potentiels liés aux positions encore ouvertes.
Les enquêteurs auraient également remarqué que Perez abandonnait parfois certaines positions pendant les discours. Cela se produisait lorsque Trump s’éloignait du texte prévu et sautait un passage contenant un mot sur lequel l’opérateur avait pris position. Ce comportement pourrait devenir un élément central du dossier.
La Maison-Blanche écarte l’opérateur de téléprompteur
La porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, a annoncé que Perez avait d’abord été placé en congé sans solde. Elle a ensuite précisé qu’il ne travaillerait plus à la Maison-Blanche. Donald Trump aurait personnellement validé cette décision après avoir été informé de l’affaire.
Perez coopère avec la CFTC et aurait reconnu certaines transactions lors d’un entretien avec les enquêteurs. Des discussions seraient en cours pour parvenir à un règlement. Celui-ci pourrait inclure la restitution des profits et une interdiction de réaliser des opérations similaires. Aucune sanction définitive n’a cependant été annoncée.
Le dossier n’a pas non plus débouché, à ce stade, sur une procédure pénale. Selon ABC News, des procureurs fédéraux de Manhattan ont été informés, mais n’ont pas ouvert d’enquête criminelle. Perez reste donc visé par des soupçons réglementaires, et non reconnu coupable d’un délit. Cette prudence compte dans un climat où les gains crypto de Trump alimentent déjà les débats politiques à Washington.
Les marchés de prédiction face au risque d’initié
Cette affaire montre une faiblesse particulière des marchés fondés sur des événements. Une personne proche d’un discours, d’une décision politique ou d’une annonce d’entreprise peut disposer d’un avantage impossible à obtenir par une simple analyse publique. Le prix du contrat ne reflète alors plus seulement les anticipations collectives.
La CFTC a déjà rappelé que l’utilisation d’informations confidentielles peut constituer une violation du droit américain. En février 2026, le régulateur avait cité plusieurs cas liés à des employés ou à des candidats disposant d’une influence directe ou d’informations non publiques sur les événements concernés.
Les plateformes réglementées ont l’obligation de conserver des traces, de surveiller les transactions et de signaler les comportements suspects. Le sujet dépasse donc Kalshi, qui prépare déjà son IPO après avoir franchi 2 milliards de dollars de revenus. Il touche aussi l’ensemble des marchés de prédiction, déjà sous pression quand des élus démocrates réclamaient une enquête de la FTC. Même les usages plus sportifs de Polymarket rappellent que les probabilités de marché ne suppriment jamais l’incertitude réelle.
En bref
- L’opérateur de téléprompteur de Trump est visé par une enquête de la CFTC.
- Il aurait réalisé plus de 90 000 dollars grâce à des informations sur les discours.
- Son compte a été gelé et il ne travaille plus à la Maison-Blanche.
