David Solomon, PDG de Goldman Sachs, soutient publiquement le CLARITY Act. Le dirigeant estime que cette loi pourrait enfin offrir aux institutions financières américaines la visibilité nécessaire pour développer des activités liées aux actifs numériques. Son appui renforce le poids politique du texte, mais ne garantit pas son adoption rapide au Sénat.
Goldman Sachs réclame des règles crypto plus claires
Le soutien de David Solomon intervient alors que le CLARITY Act reste au cœur d’un affrontement politique entre Cynthia Lummis et Elizabeth Warren. Le patron de Goldman Sachs reconnaît que le texte reste imparfait. Il se dit néanmoins très favorable à son avancement, car l’absence de cadre précis empêche encore les banques réglementées d’investir pleinement dans les marchés reposant sur la blockchain.
Selon CoinDesk, David Solomon estime que le CLARITY Act peut créer un terrain de jeu plus équilibré, renforcer la stabilité du marché et permettre aux actifs numériques de se développer dans de meilleures conditions.
Les grandes institutions ne craignent pas seulement les fluctuations du Bitcoin. Elles redoutent surtout de lancer un produit, puis de découvrir que la SEC ou une autre autorité le considère comme illégal. Cette incertitude augmente les coûts juridiques et ralentit chaque nouveau projet.
Le soutien de Goldman Sachs envoie donc un message plus large. Wall Street ne demande plus si les actifs numériques vont disparaître. Elle cherche désormais à savoir quelles règles permettront de les intégrer aux marchés traditionnels. Cette position ne transforme pas Goldman Sachs en défenseur inconditionnel de toutes les cryptomonnaies. La banque veut surtout un environnement où les responsabilités, les licences et les risques sont identifiables avant d’engager des capitaux importants.
Le CLARITY Act doit répartir les pouvoirs des régulateurs
Le CLARITY Act vise à créer une structure fédérale pour les marchés d’actifs numériques. Il doit notamment préciser les rôles de la Securities and Exchange Commission et de la Commodity Futures Trading Commission. Cette répartition constitue l’une des principales demandes de l’industrie.
Pendant plusieurs années, les entreprises crypto ont dû interpréter des règles conçues avant l’apparition des blockchains publiques. Un même token pouvait être présenté comme une matière première par ses promoteurs et comme un titre financier par la SEC.
Les élus favorables au projet affirment qu’il doit imposer des règles de conduite, mieux encadrer les intermédiaires et donner davantage de pouvoirs aux autorités contre la fraude. Cette lecture explique pourquoi une partie de Wall Street préfère un texte imparfait à une absence persistante de cadre.
Cette avancée ne signifie pourtant pas que le texte est finalisé. De nouvelles dispositions ont été discutées, notamment sur l’éthique, la finance décentralisée et les pouvoirs de surveillance. Chaque modification peut faire perdre des soutiens obtenus lors des négociations précédentes. C’est précisément ce qui rend le compromis sur le volet éthique du CLARITY Act aussi sensible.
Les banques restent divisées sur les stablecoins
Le soutien de David Solomon ne représente pas l’ensemble du secteur bancaire. L’American Bankers Association, le Bank Policy Institute et d’autres organisations ont averti les législateurs contre certaines dispositions du projet.
Ce débat a déjà été documenté par CoinDesk, qui rapportait les avertissements de plusieurs groupes bancaires contre le risque de fuite des dépôts vers des stablecoins assortis de rendements ou de récompenses.
Ces organisations redoutent notamment que le cadre sur les stablecoins affaiblisse les dépôts bancaires. Si les consommateurs déplacent une part importante de leur argent vers des tokens adossés au dollar, les banques locales pourraient disposer de moins de ressources pour financer les prêts.
Cette inquiétude montre que la bataille ne sépare plus simplement les banques et la crypto. Elle oppose aussi différents modèles financiers. Goldman Sachs peut profiter de la tokenisation, des marchés institutionnels et des services blockchain. Une petite banque régionale dépend davantage des dépôts classiques. Le débat rejoint aussi la question de la liquidité stablecoin déjà présente sur les exchanges.
Le soutien de Wall Street ne garantit pas un vote rapide
L’appui du patron de Goldman Sachs renforce la crédibilité institutionnelle du texte. Paul Grewal, directeur juridique de Coinbase, a rapidement salué sa déclaration. Une partie de l’industrie y voit la preuve que le projet dépasse désormais le cercle des entreprises crypto.
Cependant, le calendrier reste incertain. Le texte doit encore réunir suffisamment de voix et résoudre plusieurs désaccords politiques. L’opposition démocrate critique aussi les nouvelles dispositions éthiques. Elizabeth Warren estime notamment que la version récente protège insuffisamment les citoyens contre les conflits d’intérêts et certains risques liés à la finance crypto.
Le soutien de Goldman Sachs compte donc davantage comme un signal que comme une victoire. Il montre que les grandes banques veulent participer aux marchés tokenisés. Ce mouvement s’inscrit dans le basculement plus large de Wall Street vers la tokenisation avec BlackRock et JPMorgan. Mais l’étape décisive reste politique. Le Congrès devra transformer cette convergence commerciale en compromis législatif.
En bref
- David Solomon soutient l’avancement du CLARITY Act.
- Les banques restent divisées sur les stablecoins.
- Le calendrier d’adoption au Sénat demeure incertain.
