Bitcoin évolue autour de 64 500 dollars après la décision de la Réserve fédérale américaine de maintenir ses taux entre 3,50 % et 3,75 %. Le statu quo a écarté le risque d’une hausse immédiate. Il n’a toutefois pas rassuré les marchés. Le rendement des obligations américaines à 30 ans a atteint son plus haut niveau depuis 2007, créant un environnement toujours hostile aux actifs risqués.
Bitcoin reste bloqué près de 64 500 dollars
Le cours du Bitcoin se maintient près de 64 500 dollars au lendemain de la réunion de la Fed. Cette attente prolonge le test déjà ouvert autour des 65 000 dollars avant le FOMC. La réaction reste modérée, car les investisseurs avaient largement anticipé le maintien des taux et n’ont donc pas reçu de surprise capable de déclencher une forte reprise.
La stabilité actuelle peut néanmoins être interprétée comme une forme de résistance. La décision de la Fed a été accompagnée d’un message jugé ferme sur l’inflation. Trois membres du comité ont même voté en faveur d’une hausse de 25 points de base. Malgré cela, Bitcoin n’a pas immédiatement cassé ses principaux supports.
La zone proche de 63 300 dollars devient désormais essentielle. Elle correspond notamment à une moyenne technique de long terme suivie par certains analystes. Une perte durable de 62 500 dollars pourrait rouvrir la voie vers 60 000 dollars. À l’inverse, la défense de cette zone permettrait au BTC de rester dans une phase de consolidation.
La hausse des rendements devient le véritable danger
Le principal problème ne vient pas directement du taux directeur. Il vient de la réaction du marché obligataire. Le rendement du bon du Trésor américain à 30 ans a atteint environ 5,24 %, son plus haut niveau depuis dix-neuf ans. Les données quotidiennes du Trésor américain restent donc centrales pour mesurer la pression exercée par les taux longs.
Cette hausse rend les obligations plus attractives face à Bitcoin et aux actions technologiques. Un investisseur peut obtenir un rendement supérieur à 5 % sur une dette publique américaine de long terme, sans supporter la volatilité quotidienne d’une cryptomonnaie. Le coût d’opportunité de détenir du BTC augmente donc.
Les rendements élevés durcissent aussi les conditions financières sans nouvelle intervention de la Fed. Les crédits immobiliers, les obligations d’entreprises et les financements technologiques deviennent plus chers. Cette pression peut réduire la liquidité disponible sur les marchés et peser indirectement sur la demande de crypto.
La Fed laisse planer le risque d’une hausse en septembre
La Fed a maintenu ses taux, mais elle n’a donné aucune garantie pour la prochaine réunion. Son président Kevin Warsh a évité de fournir une trajectoire précise. Cette communication ambiguë a alimenté l’incertitude au lieu de calmer les investisseurs.
L’inflation reste supérieure à l’objectif de 2 %, tandis que les tensions au Moyen-Orient soutiennent les prix du pétrole. Le Brent a dépassé 90 dollars le baril après une nouvelle montée des risques géopolitiques. Une énergie plus chère peut relancer l’inflation et renforcer les arguments des responsables favorables à une hausse.
La probabilité attribuée par le marché à un relèvement des taux en septembre est montée à 63,2 %, contre 57,3 % une semaine plus tôt. Les prochains rapports sur l’inflation et l’emploi auront donc un poids considérable. C’est aussi pourquoi le PCE et les signaux de la Fed restent décisifs pour Bitcoin.
Les ETF Bitcoin ne suffisent pas encore à relancer le marché
Les ETF Bitcoin au comptant ont enregistré environ 32,1 millions de dollars d’entrées nettes le 29 juillet. Ce flux positif apporte un léger soutien au marché. Il reste néanmoins trop faible pour inverser seul la tendance actuelle.
Sur l’ensemble du mois de juillet, les ETF américains n’ont attiré qu’environ 205 millions de dollars. Il s’agirait de leur plus faible collecte mensuelle depuis leur lancement. Ce résultat contraste avec les sorties de 2,43 milliards enregistrées en mai et de 4,52 milliards en juin.
Le marché semble donc attendre un signal plus clair. Les bandes de Bollinger de Bitcoin sont particulièrement resserrées, ce qui traduit une faible volatilité après plusieurs semaines d’hésitation. Cette compression précède souvent un mouvement important, mais elle ne permet pas d’en prévoir la direction.
Le scénario immédiat reste ainsi partagé. Bitcoin peut profiter de la faiblesse relative du dollar ou d’un retour des capitaux vers les actifs rares. Mais tant que les rendements obligataires progressent et que la Fed conserve une option de hausse, un rebond durable au-dessus des résistances restera difficile. Le précédent des sorties d’ETF Bitcoin face au retour des obligations américaines rappelle que ce canal de demande reste sensible aux taux longs.
En bref
- Bitcoin résiste autour de 64 500 dollars après la Fed.
- Le rendement américain à 30 ans atteint un sommet depuis 2007.
- La zone comprise entre 62 500 et 63 300 dollars devient décisive.
