Samsung SDS prépare son entrée dans l’infrastructure des stablecoins avec Dunamu, l’opérateur de l’exchange sud-coréen Upbit. Les deux entreprises discutent de systèmes couvrant l’émission, la circulation et le règlement de monnaies numériques stables. Elles étudient également des paiements assistés par l’intelligence artificielle. Aucun produit commercial ni calendrier précis n’a toutefois encore été annoncé.
Samsung SDS vise toute la chaîne des stablecoins
Cette initiative s’inscrit dans la montée des stablecoins en Asie, où les acteurs cherchent surtout à réduire les frictions de change et de règlement. Samsung SDS ne veut donc pas seulement ajouter un token dans une application. Le groupe vise une couche d’infrastructure couvrant l’émission, la gestion des transactions, la vérification des utilisateurs et le règlement final.
Lors de sa présentation de résultats du deuxième trimestre, le directeur général Lee Jun-hee a confirmé des discussions avec Dunamu autour de l’infrastructure stablecoin, des systèmes financiers liés aux actifs numériques et de modèles de paiement intégrant l’IA. Samsung SDS affirme aussi avoir déjà testé une chaîne complète allant de l’émission au règlement.
Cette ambition ne part pas de zéro. Dans son annonce officielle sur l’investissement dans Dunamu, Samsung SDS liait déjà cette prise de participation à ses compétences en IA, cloud, sécurité et gestion de données. Le groupe dispose également d’une expérience dans les titres tokenisés via la Korea Securities Depository.
Dunamu apporte l’expertise crypto et Upbit
Samsung SDS apporte l’informatique d’entreprise, le cloud et la cybersécurité. Dunamu apporte l’expérience blockchain, la connaissance du marché crypto coréen et l’opération d’Upbit, première plateforme locale par la profondeur de son activité.
En mai 2026, Samsung Securities, Samsung SDS et Samsung Card ont décidé d’acquérir ensemble 4 % de Dunamu. L’opération représentait 612,8 milliards de wons, soit environ 408 millions de dollars. Samsung SDS et Samsung Card devaient chacune prendre 1 %, tandis que Samsung Securities devait acquérir 2 %.
Lee Jun-hee a présenté cette participation comme un choix stratégique, et pas seulement financier. L’objectif consiste à préparer des services utilisables par les banques, les entreprises et les plateformes numériques. Cette logique rejoint la transformation des exchanges crypto en infrastructures de paiement, au-delà du simple trading.
Les paiements en stablecoins pourraient rejoindre Samsung Wallet
Le projet arrive aussi après l’annonce d’un futur support des stablecoins par Samsung Wallet. Le groupe veut rapprocher les actifs numériques des fonctions déjà installées sur les smartphones, comme les cartes, les titres de transport ou les programmes de fidélité.
Pour passer de l’annonce à l’usage quotidien, Samsung devra résoudre plusieurs problèmes. La garde des fonds, la conformité, la conversion vers les monnaies classiques et la détection de fraude devront fonctionner sans friction excessive pour l’utilisateur.
Dunamu pourrait fournir une partie de cette expertise opérationnelle. Samsung SDS construirait de son côté l’infrastructure technique capable de connecter wallets, plateformes, banques et systèmes de règlement. Les modèles de paiement assistés par IA restent plus flous. Ils pourraient concerner l’automatisation des règlements, la détection des risques ou des agents autorisés à effectuer certaines dépenses.
Samsung anticipe la future réglementation sud-coréenne
La Corée du Sud prépare un cadre plus complet pour les actifs numériques et les stablecoins. Les discussions portent notamment sur les réserves, les licences et le rôle des banques dans les monnaies stables adossées au won. Cette évolution intervient alors que le marché crypto sud-coréen change déjà de visage, entre baisse du trading spéculatif et montée des acteurs institutionnels.
Samsung prend donc position avant que les règles soient totalement finalisées. L’avantage est évident. Le groupe peut tester ses briques techniques, nouer ses partenariats et préparer ses offres. Le risque existe aussi. La future réglementation pourrait réserver certaines activités aux banques ou imposer une structure différente.
Le montage entre Samsung Securities, Samsung Card, Samsung SDS et Dunamu donne toutefois une bonne lecture de la stratégie. Les titres tokenisés, les paiements, le cloud, la cybersécurité, les utilisateurs et la liquidité d’Upbit peuvent former une même chaîne. Les stablecoins deviennent ainsi un sujet industriel, et plus seulement un produit crypto.
Samsung ne prépare donc pas forcément l’émission immédiate de sa propre monnaie numérique. Le groupe cherche surtout à contrôler l’infrastructure qui permettra à des banques, entreprises et applications de lancer des services lorsque le cadre coréen sera prêt.
En bref
- Samsung SDS discute d’une infrastructure de stablecoins avec Dunamu.
- Les filiales de Samsung détiennent ensemble 4 % de l’opérateur d’Upbit.
- Aucun produit final ni calendrier de lancement n’est encore confirmé.
