Les volumes des cinq principales plateformes crypto sud-coréennes ont chuté d’environ 89 % en un an. Dans le même temps, le Kospi a plus que doublé. Les particuliers semblent donc déplacer une partie de leur activité spéculative vers les actions locales, portées par la technologie et les semi-conducteurs.
Les volumes crypto sud-coréens s’effondrent
Ce recul arrive alors que Samsung renforçait déjà son exposition à Dunamu, l’opérateur d’Upbit. Le marché crypto sud-coréen conserve donc des acteurs puissants, mais son activité de trading visible s’est brutalement contractée.
Les volumes quotidiens combinés d’Upbit, Bithumb, Coinone, Korbit et Gopax sont tombés à environ 305 millions de dollars. Ils atteignaient 2,82 milliards de dollars sur une période comparable de juillet 2025. La baisse annuelle approche ainsi 89 %.
Coinpedia rapporte que ce calcul s’appuie sur une comparaison de périodes de sept jours issues des données historiques de CoinGecko. La baisse moyenne non pondérée des cinq plateformes atteint environ 77 %, ce qui confirme une contraction généralisée.
Une autre estimation publiée en Corée du Sud fait état d’un recul annuel proche de 88 % sur une journée récente. La direction générale reste donc claire malgré les différences méthodologiques. Le marché local échange beaucoup moins de cryptomonnaies qu’un an auparavant.
Le Kospi attire l’argent des particuliers
Cette baisse intervient pendant une envolée spectaculaire de la Bourse sud-coréenne. Le Kospi affichait une progression annuelle supérieure à 114 % au 22 juillet. Il a clôturé cette séance à 6 797,70 points, après avoir temporairement dépassé 7 100 points pendant la journée.
La hausse des actions offre aux investisseurs particuliers une alternative crédible à la crypto. Lorsque Samsung Electronics, SK Hynix ou d’autres grandes valeurs technologiques affichent de fortes performances, le besoin de rechercher des rendements sur des altcoins très volatils devient moins pressant.
Ce transfert ne signifie pas que les Sud-Coréens abandonnent définitivement les actifs numériques. Tiger Research estime plutôt que les investisseurs disposent désormais de davantage d’occasions sur les marchés traditionnels. Leur capital circule vers le secteur qui présente, à un moment donné, le meilleur rapport entre dynamique et risque perçu.
La dynamique rappelle aussi que la spéculation coréenne peut changer de terrain rapidement. BrefCrypto observait déjà que les bots contrôlaient une part importante du trading crypto sud-coréen, signe d’un marché très sensible aux conditions de liquidité.
Les petites plateformes crypto sont les plus exposées
Cette contraction frappe directement le modèle économique des exchanges. Les plateformes sud-coréennes dépendent largement des commissions prélevées sur chaque transaction. Une baisse durable des volumes signifie donc moins de revenus, même si le nombre de comptes ouverts reste élevé.
Korbit aurait déjà vendu 15 bitcoins et 60 ethers afin de lever environ 1,6 milliard de wons, soit près d’un million de dollars. Cette opération montre que la baisse d’activité commence à peser sur les trésoreries des acteurs les plus modestes.
Upbit et Bithumb disposent d’une taille suffisante pour absorber plus facilement un ralentissement. Coinone, Korbit et Gopax ont moins de marge. Si les volumes restent faibles, le marché pourrait se concentrer davantage autour de deux grandes plateformes, avec moins de concurrence pour les utilisateurs.
La pression ne vient pas seulement des volumes. La conformité pèse aussi davantage, comme l’a montré l’affaire où Bithumb a été sanctionné en Corée du Sud pour des données transférées sans accord. Moins de revenus et plus d’exigences réglementaires forment un mélange difficile pour les acteurs secondaires.
La crypto coréenne change surtout de visage
La baisse des volumes ne raconte pourtant qu’une partie de l’histoire. CoinGecko observait déjà que le volume mensuel moyen des plateformes en wons avait reculé de 21,7 % entre le quatrième trimestre 2025 et le premier trimestre 2026, passant de 125 200 milliards à 98 100 milliards de wons.
Dans le même temps, les banques et groupes financiers se positionnent sur les stablecoins en wons, les actifs réels tokenisés et les investissements dans les exchanges. La participation institutionnelle progresse pendant que le trading spéculatif des particuliers ralentit.
La Corée du Sud pourrait ainsi passer d’un marché dominé par les achats rapides d’altcoins à une infrastructure plus institutionnelle. Les volumes visibles diminuent, mais la blockchain entre davantage dans les paiements, la tokenisation et les services bancaires.
Ce glissement dépasse la seule Corée. En Asie, les banques testent déjà de nouveaux rails, comme lorsque Toss Bank a choisi Solana pour accélérer les transferts mondiaux. La spéculation se tasse, mais l’infrastructure continue d’avancer.
Le Kospi a simplement accéléré cette transition. Quand les actions locales deviennent aussi nerveuses que la crypto, les investisseurs n’ont plus besoin de quitter la Bourse pour chercher de la volatilité. Les exchanges devront désormais proposer autre chose qu’une succession de nouveaux tokens pour récupérer leur attention.
En bref
- Les volumes crypto sud-coréens ont chuté d’environ 89 % en un an.
- Le Kospi a plus que doublé sur la même période.
- Les institutions avancent pendant que les particuliers reviennent vers les actions.
