Cette adoption se développe pourtant dans un environnement très particulier.
Depuis 2020, l’article 206 de la loi n°194 relative à la Banque centrale et au système bancaire interdit d’émettre des cryptomonnaies, d’en faire le commerce ou la promotion, de créer ou d’exploiter une plateforme de trading et d’effectuer les activités qui s’y rapportent sans obtenir une licence du conseil d’administration de la Central Bank of Egypt. La nuance est importante : juridiquement, le texte est construit autour d’une interdiction sans licence, et non autour d’une phrase déclarant que toute technologie crypto serait intrinsèquement illégale.
Dans la pratique, l’environnement reste extrêmement restrictif.
En mars 2023, la CBE déclarait qu’aucune licence n’avait été accordée pour les activités de trading crypto sur le marché égyptien. Ses avertissements demandaient aux citoyens de ne pas traiter avec les cryptomonnaies, que ce soit via des particuliers, entreprises, applications ou plateformes numériques.
Et ce cadre n’est pas théorique.
Un jugement publié en 2026 par la Cour économique du Caire montre l’application concrète de l’article 206 à des personnes ayant créé des wallets et des comptes sur Binance, Bitget et OKX puis effectué des achats et ventes d’USDT sans licence de la CBE. Le dossier ne permet évidemment pas de conclure que chaque personne possédant un wallet est automatiquement coupable d’une infraction identique. Il confirme en revanche que les autorités judiciaires utilisent réellement l’article 206 contre certaines activités de trading crypto non autorisées.
La sanction peut être lourde.
L’article 225 prévoit pour la violation de l’article 206 une peine d’emprisonnement, une amende comprise entre 1 million et 10 millions de livres égyptiennes, ou l’une de ces deux sanctions.
Et pourtant, l’Égypte continue de monter dans les statistiques d’adoption.
En 2024, elle se classait encore 44e dans l’indice Chainalysis. En 2025, elle était 26e. Les méthodologies et périodes de mesure ne sont pas parfaitement identiques, mais la progression suffit à montrer qu’une demande existe.
Cette demande est assez facile à comprendre lorsqu’on regarde l’économie égyptienne.
Plus de 110 millions d’habitants.
Une diaspora immense.
Une livre égyptienne qui a traversé plusieurs épisodes de forte dépréciation.
Des besoins importants en devises étrangères.
Des millions de travailleurs numériques.
Une infrastructure de paiement qui se modernise extrêmement vite.
Et surtout 47,3 milliards de dollars de remittances reçues durant l’exercice 2025/2026, un record absolu selon la Central Bank of Egypt. Les transferts des Égyptiens travaillant à l’étranger ont bondi de 29,6 % sur un an.
À cette échelle, le sujet des stablecoins devient difficile à ignorer.
Un token comme USDT permet techniquement de déplacer une valeur proche du dollar en quelques minutes entre deux wallets. Un travailleur expatrié peut comprendre immédiatement l’intérêt. Un importateur aussi. Un freelance payé par une entreprise étrangère également.
La réglementation égyptienne, elle, voit une autre dimension.
Contrôle monétaire.
Protection de la livre.
Blanchiment.
Fraude.
Protection du consommateur.
Flux internationaux.
Une infrastructure financière capable de déplacer des dollars numériques hors des canaux réglementés n’est pas seulement une innovation de paiement. Elle touche directement au fonctionnement du système monétaire.
Le gouvernement ne rejette pourtant pas la technologie blockchain dans son ensemble.
C’est l’une des évolutions les plus intéressantes de 2026.
La Financial Regulatory Authority a autorisé dans son sandbox des projets utilisant la tokenisation d’actifs financiers réglementés. En août 2026, elle a notamment donné une approbation préliminaire à un projet porté par Tarmiiz et Granite visant à représenter numériquement des parts de fonds monétaires sur un registre électronique contrôlé. La FRA parle explicitement de tokenisation tout en maintenant un environnement supervisé.
Le message devient donc plus sophistiqué que « Égypte contre blockchain ».
Cryptomonnaies non licenciées : cadre très restrictif.
Paiement numérique bancaire : accélération massive.
Tokenisation réglementée : expérimentation.
Identité financière numérique : déploiement.
CBDC : recherche et prototypage.
L’Égypte ne refuse pas l’argent numérique.
Elle veut contrôler qui l’émet, qui le déplace et sous quelles règles.
Cette page constitue le guide BrefCrypto de référence sur la crypto en Égypte. Elle couvre Bitcoin, USDT et stablecoins, loi n°194/2020, article 206, plateformes, wallets, P2P, livre égyptienne, remittances, InstaPay, mobile wallets, tokenisation, monnaie numérique de banque centrale, fiscalité, sécurité et perspectives réglementaires.
Dernière mise à jour : 24 septembre 2026.
Les informations juridiques et fiscales présentées ici sont générales. Le cadre égyptien peut être appliqué différemment selon la nature de l’opération, l’activité professionnelle et les faits d’un dossier. Pour une opération importante, une entreprise ou une activité de trading, un conseil juridique ou fiscal local reste indispensable.
Crypto en Égypte : Bitcoin et USDT progressent malgré les restrictions
L’Égypte illustre parfaitement la différence entre l’adoption technologique et l’autorisation juridique. Pour comprendre ce qui attire les utilisateurs, il faut d’abord séparer Bitcoin des milliers d’autres tokens. Notre guide complet BrefCrypto sur Bitcoin revient sur son fonctionnement, les clés privées et le mining. Dans le contexte égyptien, cette distinction est essentielle : Bitcoin, USDT, un memecoin et un actif financier tokenisé peuvent tous utiliser une blockchain sans présenter le même risque économique.
L’Égypte est passée de la 44e à la 26e place dans Chainalysis
En 2024, le Global Crypto Adoption Index de Chainalysis classait l’Égypte 44e.
Un an plus tard, la République arabe d’Égypte apparaît 26e.
Dans le détail du classement 2025, elle occupe la 19e place pour l’activité retail passant par les services centralisés, la 26e pour la valeur totale reçue par ces services, la 34e pour la DeFi et la 29e pour l’activité institutionnelle centralisée.
Le profil est intéressant.
L’activité retail est relativement forte.
Le marché n’est donc pas uniquement porté par quelques sociétés effectuant d’énormes transactions.
Une population d’utilisateurs individuels apparaît dans les données.
TRM Labs aboutit à une conclusion similaire avec une méthodologie différente : l’Égypte occupait sa 20e place mondiale en 2025.
Il ne faut surtout pas fusionner les deux classements.
20e chez TRM ne « corrige » pas 26e chez Chainalysis.
Chaque société choisit ses données, pondérations et méthodes.
Ce qui nous intéresse est la convergence : deux acteurs spécialisés observent une activité crypto importante dans le pays.
Le classement 2026 ne doit pas être extrapolé
Chainalysis a changé sa méthodologie pour son rapport 2026.
Le nouvel indice étudie davantage les entrées vers les services, le P2P domestique, les flux transfrontaliers et les actifs conservés on-chain. Le rapport public cite notamment le Brésil, les États-Unis, Singapour, le Canada et l’Ukraine parmi les marchés majeurs.
Au moment de la dernière vérification de cette page, BrefCrypto n’a pas trouvé dans le résumé public une position égyptienne suffisamment détaillée pour remplacer proprement le rang 2025.
Nous conservons donc la 26e place 2025 comme dernière position nationale directement vérifiable, plutôt que d’inventer un rang 2026.
Ce genre de prudence est important pour les pages pays.
Un classement est utile seulement si l’année et la méthodologie restent visibles.
Le marché égyptien existait déjà bien avant 2025
Chainalysis plaçait l’Égypte 24e mondial en 2022.
À l’époque, l’organisme expliquait déjà que les fortes variations de la monnaie locale avaient contribué à l’intérêt pour les crypto-actifs, notamment comme outil de préservation de valeur et de transfert.
L’Égypte était ensuite 35e en 2023, puis 44e en 2024.
La trajectoire n’est donc pas une ligne droite.
Bull markets.
Bear markets.
Restrictions.
Prix de Bitcoin.
Taux de change.
Pouvoir d’achat.
Disponibilité des plateformes.
Tout cela influence l’activité.
Il serait artificiel de conclure que « l’Égypte adopte toujours plus chaque année ».
Le phénomène est beaucoup plus irrégulier.
La livre égyptienne explique une partie de l’intérêt
Les actifs numériques ne naissent jamais dans un vide macroéconomique.
Pendant plusieurs années, l’Égypte a connu d’importantes tensions sur les devises et une forte dépréciation de l’EGP.
Le programme soutenu par le Fonds monétaire international a notamment demandé une plus grande flexibilité du taux de change afin de réduire les déséquilibres du marché des devises. Le FMI décrit encore dans son rapport 2025 la réforme du régime de change comme l’une des pièces importantes de la stabilisation macroéconomique.
Lorsqu’une monnaie locale perd fortement du pouvoir d’achat contre le dollar, deux actifs crypto deviennent particulièrement visibles.
Bitcoin.
USDT.
Pas pour les mêmes raisons.
Bitcoin attire ceux qui recherchent un actif monétaire indépendant
Bitcoin n’est adossé à aucune devise.
Il possède sa propre politique monétaire.
Le réseau prévoit une émission décroissante et une offre maximale de 21 millions de BTC.
La Banque centrale égyptienne ne peut pas produire davantage de BTC.
La Federal Reserve non plus.
Tether non plus.
Pour certains investisseurs, cette rareté programmable est précisément le produit.
Ils ne cherchent pas un dollar numérique.
Ils cherchent un actif dont la quantité finale est connue à l’avance.
Le revers est évident : la valeur du BTC fluctue fortement.
Une personne ayant besoin de son argent dans trois semaines peut subir une chute importante.
Bitcoin n’est donc pas un substitut stable à l’EGP ou au dollar.
USDT cherche au contraire à supprimer la volatilité dollar
Tether construit USDT autour d’une promesse beaucoup plus simple :
1 USDT doit rester proche de 1 USD.
Pour un Égyptien, cela ouvre un autre cas d’usage.
Il peut être moins intéressé par le potentiel de hausse du token que par sa stabilité relative contre le dollar.
Freelance.
Paiement international.
Trading.
Épargne temporaire.
Règlement entre deux plateformes.
Commerce transfrontalier.
Le produit répond à des besoins très différents de Bitcoin.
C’est précisément pourquoi les stablecoins sont devenus une infrastructure centrale de la crypto mondiale.
Notre dossier BrefCrypto sur Tether en 2026 détaille cette puissance, mais aussi la centralisation, les gels d’adresses et le risque d’émetteur d’USDT.
USDT n’est pas un compte bancaire en dollars
La confusion revient souvent.
Un détenteur possède 1 000 USDT.
L’interface affiche environ 1 000 dollars.
L’impression peut être celle d’un compte USD.
Ce n’est pas la même chose.
Un dépôt bancaire implique une banque, une juridiction, un contrat, des mécanismes réglementaires et éventuellement des systèmes de protection des dépôts.
USDT est un token émis par une société privée.
Sa valeur dépend notamment des réserves de Tether, de sa liquidité et de la confiance du marché dans la capacité de l’émetteur à maintenir la parité.
Le dollar est la référence.
USDT est l’instrument.
La distinction est particulièrement importante dans un pays où l’accès aux devises est un sujet macroéconomique sensible.
Les remittances expliquent pourquoi le sujet ne disparaîtra pas
L’Égypte est l’un des plus grands marchés mondiaux de transferts des travailleurs expatriés.
La Central Bank of Egypt indique que les remittances ont atteint 41,5 milliards de dollars pendant l’année civile 2025, contre 29,6 milliards en 2024.
+40,5 %.
Un bond considérable.
Sur l’exercice fiscal 2025/2026, le chiffre est encore plus impressionnant : 47,3 milliards de dollars, contre 36,5 milliards durant l’exercice précédent.
En juin 2026 seulement, les transferts ont atteint environ 4,2 milliards.
Ce corridor est donc énorme.
Et chaque technologie financière capable de déplacer de la valeur internationalement voudra une partie du marché.
Pourquoi un stablecoin semble séduisant pour les remittances
Prenons un travailleur égyptien installé aux Émirats.
Il doit envoyer 500 dollars de valeur à sa famille.
Une architecture stablecoin peut théoriquement fonctionner ainsi :
l’expéditeur achète un stablecoin ;
le transfère ;
le bénéficiaire le convertit en EGP.
Techniquement, quelques minutes peuvent suffire.
Mais le coût réel ne se limite jamais au frais blockchain.
Il faut ajouter :
achat du stablecoin ;
spread ;
frais de plateforme ;
conversion en EGP ;
retrait ;
conformité réglementaire ;
risque de contrepartie.
La blockchain peut réduire certaines frictions.
Elle ne fait pas disparaître les extrémités du paiement.
Les banques égyptiennes améliorent justement leurs propres remittances
Voilà pourquoi la comparaison doit rester honnête.
En décembre 2024, la CBE a autorisé plusieurs banques à créditer instantanément les transferts reçus depuis l’étranger sur les comptes des bénéficiaires via l’Instant Payment Network.
Le pilote avait commencé en juin.
La Banque centrale présente cette infrastructure comme disponible 24h/24 afin d’accélérer les remittances officielles.
C’est un développement important.
Si la finance traditionnelle permet à un expatrié d’envoyer de l’argent rapidement et à faible coût directement vers un compte égyptien, l’avantage d’un stablecoin diminue.
La concurrence ne se fait donc pas entre « crypto moderne » et « banque de 1995 ».
Le système bancaire évolue lui aussi.
DCS Pay et Kotani Pay veulent malgré tout intégrer l’Égypte
L’intérêt commercial pour le marché est déjà visible.
BrefCrypto a rapporté en septembre 2026 que DCS Pay et Kotani Pay préparaient une infrastructure permettant de convertir USDT et USDC vers des monnaies locales et des rails domestiques dans six marchés africains, dont l’Égypte.
Lire l’analyse BrefCrypto sur DCS Pay et Kotani Pay
Le Nigeria doit servir de premier marché avant une extension vers le Kenya, le Ghana, l’Égypte, l’Afrique du Sud et la Tanzanie.
L’annonce n’annule évidemment pas la loi égyptienne.
Une entreprise qui veut effectivement fournir le service en Égypte devra se conformer aux autorisations applicables.
C’est exactement là que technologie et réglementation finissent par se rencontrer.
L’Égypte possède déjà une énorme infrastructure numérique domestique
Il serait faux de présenter Bitcoin comme la seule alternative au cash.
Le pays a énormément investi dans ses rails de paiement.
À fin juin 2026, la CBE recensait 56,4 millions de citoyens disposant de comptes transactionnels actifs, sur 71,4 millions d’Égyptiens âgés d’au moins 15 ans.
Taux d’inclusion financière : 79 %.
Fin 2025, le taux était encore de 77,6 %.
En dix ans, l’inclusion financière a donc progressé très rapidement.
Cela inclut :
comptes bancaires ;
Egypt Post ;
mobile wallets ;
cartes prépayées.
La crypto arrive dans un écosystème qui devient déjà très numérique.
55,5 millions de mobile wallets
La transformation est particulièrement spectaculaire du côté des wallets mobiles.
En juin 2025, le gouverneur de la CBE indiquait que l’Égypte comptait environ 55,5 millions de portefeuilles mobiles.
Ces wallets avaient effectué environ 1,4 milliard de transactions, représentant plus de 1 800 milliards de livres égyptiennes sur la période communiquée.
Le nombre de wallets ne correspond évidemment pas au nombre de personnes uniques.
La CBE autorise jusqu’à trois portefeuilles par carte d’identité nationale, avec un wallet maximum par numéro de téléphone.
La métrique reste énorme.
Les Égyptiens savent déjà ce que signifie déplacer de la valeur depuis un téléphone.
Vodafone Cash, Orange Cash et les wallets bancaires ont donc une longueur d’avance
Le marché mobile égyptien dispose de multiples portefeuilles émis par des banques et distribués via différents réseaux et agents.
Pour le consommateur, ces services ont des avantages évidents.
EGP natif.
Cash-in et cash-out.
Paiements.
Factures.
Réseaux locaux.
Support.
Réglementation CBE.
Une crypto n’a aucune raison d’être utilisée pour envoyer 500 EGP à un proche à Alexandrie si le mobile wallet effectue déjà l’opération facilement.
Le cas d’usage devient plus convaincant lorsque la frontière intervient.
InstaPay est encore plus difficile à concurrencer localement
L’Instant Payment Network connecte désormais les comptes bancaires, cartes Meeza et mobile wallets.
Le transfert est disponible 24h/24.
InstaPay permet notamment de relier plusieurs comptes bancaires dans une même application.
En 2024, le réseau avait traité environ 1,5 milliard de transactions pour 2 900 milliards d’EGP.
L’application comptait alors environ 12,5 millions d’utilisateurs.
En juin 2025, le nombre d’utilisateurs dépassait déjà 16 millions, avec plus de 1,1 milliard d’opérations représentant 2 400 milliards d’EGP sur la période rapportée.
Le marché domestique des paiements est donc loin d’être vide.
La crypto doit apporter quelque chose de différent
Pour un paiement purement domestique, les arguments en faveur d’un stablecoin sont moins évidents.
Pourquoi convertir EGP en USDT, payer un frais, envoyer USDT puis reconvertir en EGP si InstaPay effectue déjà le transfert directement ?
Le cas d’usage change avec :
dollar ;
commerce international ;
DeFi ;
investissement crypto ;
transfert vers une personne hors Égypte ;
paiement provenant d’un client étranger.
C’est précisément pour ces usages que la réglementation monétaire devient plus sensible.
L’avantage technologique et le risque réglementaire apparaissent au même endroit.
L’Égypte n’interdit pas pour autant la tokenisation financière
C’est probablement le tournant le plus intéressant de 2026.
Le 29 août, la Financial Regulatory Authority a approuvé l’entrée de deux nouveaux projets dans son Regulatory Sandbox.
L’un d’eux concerne directement la tokenisation d’un fonds monétaire réglementé.
Tarmiiz Information Technology et Granite Financial Holding doivent tester la représentation numérique de parts de fonds sur un registre électronique contrôlé afin d’améliorer les processus d’émission, de transfert, de remboursement et de gestion du cycle de vie des actifs.
Le mot token apparaît donc officiellement dans la finance égyptienne.
Simplement, pas de la même manière qu’un Bitcoin acheté sur Binance.
Tokenisation n’est pas cryptomonnaie
Prenons une part d’un fonds monétaire égyptien.
Aujourd’hui, le droit économique correspondant existe dans une infrastructure financière traditionnelle.
Tokeniser cette part signifie créer une représentation numérique contrôlée permettant éventuellement d’automatiser certains processus.
Le sous-jacent reste réglementé.
Le gestionnaire reste identifié.
La FRA conserve sa supervision.
Le token ne devient pas nécessairement librement échangeable sur une blockchain publique mondiale.
Voilà pourquoi le gouvernement peut autoriser un projet de tokenisation tout en maintenant l’article 206.
Les deux politiques ne se contredisent pas nécessairement.
Le Caire distingue progressivement technologie et monnaie
Cette distinction pourrait définir la prochaine décennie.
Blockchain comme infrastructure de registre ?
Oui, possiblement.
Identité numérique ?
Oui.
Paiements instantanés ?
Oui.
Digital banking ?
Oui.
Tokenisation supervisée ?
Oui, désormais en sandbox.
Cryptomonnaie privée non licenciée utilisée comme marché parallèle ?
Toujours très fortement restreinte.
C’est beaucoup plus précis que « l’Égypte déteste la crypto ».
La CBDC suit la même logique
Le FMI indique que la Central Bank of Egypt a reçu une assistance technique concernant la faisabilité d’une central bank digital currency.
Selon le rapport Article IV publié en 2025, les autorités égyptiennes se sont ensuite montrées davantage intéressées par une expérimentation technique et le développement d’un prototype de CBDC avec l’appui de la Banque mondiale.
Cette information mérite une formulation prudente.
L’Égypte n’a pas lancé de livre numérique grand public.
Le projet reste au stade d’étude et d’expérimentation.
Mais la direction technologique est claire.
Pourquoi une livre numérique si InstaPay fonctionne déjà ?
C’est une question légitime.
InstaPay permet déjà des transferts numériques rapides.
Les mobile wallets aussi.
Une CBDC peut cependant être différente parce qu’elle représente directement une créance sur la banque centrale selon l’architecture retenue, alors qu’un solde bancaire ou wallet dépend d’un intermédiaire.
Une CBDC peut également permettre :
nouveaux mécanismes de règlement ;
paiements offline ;
programmabilité limitée ;
interopérabilité ;
paiements transfrontaliers entre banques centrales.
Encore faut-il démontrer qu’elle améliore réellement le système existant.
Un projet technologique n’est pas utile simplement parce qu’il possède le mot « digital ».
Réglementation crypto en Égypte : l’article 206 reste la règle centrale
L’Égypte n’a pas attendu 2026 pour légiférer sur les cryptomonnaies. Le cadre déterminant remonte à la loi n°194 de 2020 sur la Banque centrale et le système bancaire. Son article 206 est suffisamment large pour couvrir une grande partie des activités commerciales qui structurent normalement un marché crypto : émission, trading, promotion, plateformes et autres activités liées.
La phrase « crypto interdite en Égypte » reste néanmoins trop courte pour expliquer précisément le texte.
Ce que dit réellement l’article 206
Le texte arabe indique en substance qu’il est interdit :
d’émettre des cryptomonnaies ou de la monnaie électronique ;
d’en faire le commerce ;
d’en faire la promotion ;
de créer ou exploiter des plateformes pour leur trading ;
d’effectuer les activités correspondantes ;
sans obtenir une licence du conseil d’administration de la Central Bank of Egypt conformément aux règles et procédures qu’il établit.
Les derniers mots changent l’interprétation.
Le Parlement n’a pas écrit :
« aucune licence ne pourra jamais être délivrée ».
Il a donné à la CBE le pouvoir de décider.
Dans la pratique, la CBE a choisi une ligne très restrictive
En septembre 2022, la banque centrale renouvelait son avertissement contre toutes les formes de monnaies virtuelles cryptées.
Elle invoquait notamment :
forte volatilité ;
risques de crimes financiers ;
piratage ;
absence d’une autorité centrale responsable ;
absence de garantie gouvernementale.
La CBE rappelait également que les transactions à l’intérieur du pays doivent utiliser les monnaies officielles approuvées.
En mars 2023, elle allait encore plus loin.
« No license has ever been issued or granted » pour les activités de trading crypto sur le marché égyptien, indiquait son quatrième avertissement.
BrefCrypto n’a identifié aucune licence retail publique en 2026
Il faut être précis ici.
Le communiqué de 2023 ne permet pas à lui seul de prouver qu’aucune autorisation n’a jamais été délivrée depuis.
BrefCrypto a donc également vérifié les ressources de licensing publiquement accessibles par la CBE en septembre 2026.
On y trouve banques, bureaux de change, sociétés de transfert, services de paiement et autres unités agréées.
Nous n’avons pas trouvé de registre officiel présentant un exchange Bitcoin/EGP ou un opérateur retail crypto comme licencié sous l’article 206.
Cette absence publique ne vaut pas démonstration juridique universelle.
Elle suffit pour une conclusion pratique :
aucune plateforme ne devrait être présentée par BrefCrypto comme “exchange crypto agréé en Égypte” sans document CBE explicite.
Les tribunaux appliquent réellement la loi
Le jugement économique rendu dans l’affaire n°1139/2025, publié en 2026, est particulièrement utile.
Le dossier concernait notamment une plateforme d’investissement frauduleuse.
Mais la juridiction a aussi examiné séparément les activités crypto de plusieurs accusés.
Les investigations techniques avaient trouvé des comptes et wallets sur Binance, Bitget et OKX, ainsi que des opérations d’achat et de vente d’USDT.
La cour retient qu’ils avaient exécuté des activités liées aux cryptomonnaies sans licence du conseil d’administration de la CBE, en violation de l’article 206.
Voilà une information beaucoup plus forte qu’un simple avertissement de banque centrale.
L’article est utilisé dans les poursuites.
La sanction vient de l’article 225
Le même jugement reproduit la règle pénale.
Une violation de l’article 206 est passible d’une peine d’emprisonnement et d’une amende d’au moins 1 million EGP et au plus 10 millions EGP, ou de l’une de ces deux sanctions.
Les montants sont suffisamment élevés pour que personne ne traite l’environnement juridique égyptien comme une zone grise inoffensive.
Il ne s’agit pas d’un simple avis administratif.
Posséder une seed n’est pas exactement la même chose qu’exploiter un exchange
La prudence fonctionne dans les deux sens.
Le texte parle d’émission, commerce, promotion, plateformes et activités liées.
Le jugement 2026 concernait des personnes effectuant des opérations de vente et d’achat dans un contexte plus large d’activité commerciale et frauduleuse.
Nous ne devons donc pas inventer une décision judiciaire disant que le simple fait de mémoriser douze mots ou de recevoir accidentellement quelques satoshis est systématiquement poursuivi de la même manière.
Les faits comptent.
Détention.
Trading.
Business.
Promotion.
Gestion des fonds d’autrui.
Exploitation d’une plateforme.
Ce ne sont pas nécessairement les mêmes comportements.
Mais la CBE demande clairement au public de ne pas trader
La prudence précédente ne doit pas diluer la position officielle.
Le quatrième avertissement de la CBE demande explicitement aux citoyens de ne pas traiter avec les cryptomonnaies, que ce soit avec des particuliers, sociétés, applications ou plateformes.
La Banque centrale considère ces activités comme juridiquement problématiques dans le régime actuel.
Un lecteur égyptien ne devrait donc pas prendre la nuance juridique de l’article 206 comme une invitation à chercher une faille.
Sans licence identifiable, le risque existe réellement.
Binance n’est pas une licence égyptienne
C’est une distinction que toutes nos pages pays doivent désormais conserver.
Une application peut être téléchargeable.
Le site peut s’ouvrir.
Le KYC peut accepter un passeport égyptien.
L’utilisateur peut éventuellement voir certains produits.
Rien de cela ne constitue une licence de la Central Bank of Egypt.
La loi nationale ne disparaît pas lorsque le serveur se trouve hors du pays.
L’affaire judiciaire publiée en 2026 mentionne justement Binance parmi les applications utilisées pour les opérations examinées par les enquêteurs.
Même chose pour OKX et Bitget
Une grande marque internationale n’est pas automatiquement autorisée dans chaque pays.
OKX possède des licences dans certaines juridictions.
Bitget aussi.
Cela ne permet pas de transposer ces autorisations en Égypte.
L’article 206 demande une licence du conseil d’administration de la CBE dans son propre cadre.
Voilà pourquoi les comparateurs « meilleurs exchanges en Égypte » disponibles sur Internet peuvent être trompeurs.
Ils répondent souvent à :
« quelles applications sont accessibles ? »
Pas :
« quels exchanges sont légalement agréés par la CBE ? »
Ce sont deux questions totalement différentes.
Le P2P ne constitue pas une exemption automatique
Un utilisateur pourrait penser :
« Je n’utilise pas directement la banque pour acheter de la crypto. Je transfère seulement de l’argent à un autre particulier. »
Cela ne suffit pas à conclure que l’article 206 devient sans objet.
Le texte vise le commerce et les activités liées.
La jurisprudence récente montre que les opérations d’achat et de vente peuvent être examinées par les autorités.
Et la CBE demande explicitement de ne pas traiter avec des cryptomonnaies via des particuliers.
P2P décrit un mode d’exécution.
Pas un statut juridique privilégié.
Promotion crypto : les influenceurs doivent également être prudents
L’article 206 ne vise pas uniquement l’exchange.
Il mentionne la promotion des cryptomonnaies.
Une personne rémunérée pour encourager son audience à utiliser une plateforme, acheter un token ou rejoindre un système d’investissement peut donc rencontrer un problème différent de celui du journaliste qui explique un phénomène.
Cette frontière est importante.
Information.
Analyse.
Éducation.
Publicité.
Affiliation.
Conseil personnalisé.
Promotion commerciale.
Ce ne sont pas les mêmes activités.
Les créateurs égyptiens devraient éviter de supposer qu’une publication sponsorisée devient légale parce qu’elle contient la phrase « not financial advice ».
L’affaire HoggPool a renforcé les avertissements
Le quatrième avertissement de la CBE faisait suite à une affaire dans laquelle une plateforme numérique aurait collecté d’importantes sommes auprès de citoyens en prétendant investir dans des activités crypto avec des gains rapides.
La Banque centrale utilisait précisément cette affaire pour rappeler l’absence de licences crypto.
Cette histoire est utile.
Dans beaucoup de scams, la blockchain n’est même pas au cœur du système.
Le fraudeur vend une histoire.
Mining.
Robot.
Staking.
IA.
Arbitrage.
La victime dépose.
Le tableau de bord affiche des profits.
Puis le retrait devient impossible.
L’Égypte réglemente pourtant massivement la fintech
Voilà pourquoi il ne faut pas interpréter l’article 206 comme une peur générale du numérique.
La CBE possède un Regulatory Sandbox pour les fintechs.
Les candidats s’engagent explicitement à ne pas lancer un service financier réglementé avant d’obtenir l’autorisation correspondante.
L’Égypte possède également un régime de banques digitales.
La CBE a publié en 2023 les règles de licence, avec notamment un capital minimum de 2 milliards d’EGP pour une banque digitale exerçant l’ensemble des activités autorisées hors financement des grandes entreprises.
Digital oui.
Sans licence, non.
La logique apparaît assez constante.
L’identité financière numérique franchit une nouvelle étape en 2026
En août 2026, la CBE a approuvé les règles de la Digital Financial Identity Platform.
Cette infrastructure doit permettre l’eKYC, l’identification et la vérification à distance des clients.
À terme, un Égyptien pourra ouvrir davantage de services bancaires numériques sans devoir se rendre physiquement en agence.
Cette évolution peut sembler éloignée de Bitcoin.
Elle est pourtant directement pertinente.
Un futur marché d’actifs numériques réglementés aura besoin de KYC numérique, d’identité, de signatures et de rails de paiement.
Le pays construit donc plusieurs composants dont une industrie crypto licenciée aurait besoin un jour.
Il ne les applique simplement pas encore aux exchanges crypto retail.
La FRA avance en parallèle
La Financial Regulatory Authority supervise les activités financières non bancaires.
En 2025, elle comptait 73 fintechs dans son écosystème réglementaire, dont 45 opérationnelles et 28 dans les dernières phases de licence.
Elle autorise aussi les sandboxes.
La tokenisation de parts de fonds monétaires approuvée en août 2026 montre que l’autorité veut expérimenter les registres numériques sans abandonner le cadre financier existant.
Le scénario égyptien pourrait donc évoluer par deux portes différentes.
CBE pour monnaie, banques, paiement et cryptomonnaies.
FRA pour tokenisation de certains instruments financiers non bancaires.
Tokeniser un fonds ne légalise pas USDT
Il faudra répéter cette nuance autant de fois que nécessaire.
Une part de fonds réglementée représentée par un token dans un sandbox FRA ne donne pas automatiquement le droit à Binance d’ouvrir BTC/EGP.
Le token de fonds possède :
un émetteur identifié ;
un sous-jacent réglementé ;
un gestionnaire ;
des investisseurs encadrés ;
un superviseur.
Bitcoin n’a pas d’émetteur.
USDT a un émetteur étranger.
Un memecoin peut n’avoir aucun actif derrière lui.
Le droit peut donc traiter chaque objet différemment.
L’Égypte prépare davantage la tokenisation que la libéralisation crypto
Au 24 septembre 2026, les signaux disponibles vont plutôt dans cette direction.
Les autorités accélèrent :
fintech ;
eKYC ;
sandbox ;
tokenisation ;
paiements digitaux ;
bancaire numérique ;
recherche CBDC.
En revanche, aucun changement officiel comparable n’est visible dans la doctrine CBE sur le trading Bitcoin/USDT retail.
Ce constat peut évoluer rapidement.
Pour l’instant, il doit rester la base du guide.
La future CBDC mérite également d’être séparée des cryptomonnaies
Le FMI indique que l’Égypte a reçu une assistance technique pour évaluer une CBDC.
Un projet de prototype avec la Banque mondiale a ensuite davantage intéressé les autorités.
Une monnaie numérique de banque centrale ne serait pourtant pas du Bitcoin égyptien.
Elle serait une forme numérique de la livre, sous la responsabilité de la CBE.
Pas de prix flottant autonome.
Pas d’offre déterminée par un protocole comme Bitcoin.
Pas de société privée comme Tether.
Trois architectures monétaires différentes.
Une CBDC pourrait aider les paiements transfrontaliers
Avec 47,3 milliards de dollars de remittances annuelles, l’Égypte possède une raison évidente d’explorer de nouvelles infrastructures.
Les CBDC peuvent théoriquement réduire les délais de règlement entre deux systèmes monétaires lorsqu’elles sont interopérables.
Stablecoins et monnaies de banque centrale numériques cherchent donc parfois à résoudre le même problème avec des modèles opposés.
Stablecoin :
émetteur privé.
CBDC :
banque centrale.
Le marché dira quelle infrastructure fonctionne le mieux pour chaque usage.
Fiscalité crypto : il n’existe pas encore un guide aussi clair qu’en Afrique du Sud
C’est une autre différence entre nos pages pays.
SARS en Afrique du Sud publie directement des pages consacrées à la taxation des crypto-assets.
L’administration fiscale égyptienne ne propose pas, dans les ressources publiques vérifiées pour cette page, un guide équivalent établissant un régime complet et spécifique du Bitcoin, de l’USDT, du staking et de la DeFi.
Nous ne devons donc pas inventer une « taxe Bitcoin égyptienne ».
Cela ne signifie pas que les revenus numériques échappent à l’impôt
L’Egyptian Tax Authority explique par exemple que le commerce électronique, la création de contenu et le freelance sont imposés dans le cadre des lois fiscales générales, faute d’une loi fiscale séparée propre à ces activités.
Le principe est utile par analogie prudente.
Une technologie nouvelle ne fait pas automatiquement disparaître la nature économique d’un revenu.
Un développeur facture une prestation.
Il reçoit une contrepartie.
Le fait que cette contrepartie soit numérique ne suffit pas à conclure que le fisc n’existe plus.
La situation crypto ajoute cependant une difficulté : certaines activités sont elles-mêmes juridiquement restreintes.
Le fisc n’est donc pas le premier problème du trader crypto
Dans certains pays, la priorité est :
« comment déclarer correctement mon gain ? »
En Égypte, une question vient avant :
« l’activité elle-même a-t-elle été réalisée conformément à l’article 206 ? »
Une fiscalité éventuelle ne légalise pas une activité réglementée sans licence.
Payer un impôt n’est pas une autorisation CBE.
C’est un principe banal mais important.
Le mining mérite lui aussi une lecture prudente
L’article 206 vise les activités liées aux cryptomonnaies de manière large.
BrefCrypto n’a pas identifié de régime public dédié permettant de présenter le mining Bitcoin commercial comme une industrie autorisée et organisée en Égypte à la manière de l’Éthiopie.
Le pays possède pourtant des infrastructures énergétiques importantes et un climat qui peut intéresser certains projets.
Mais l’Égypte n’est pas, aujourd’hui, un hub minier comparable à Addis-Abeba.
Un entrepreneur ne devrait donc pas installer des milliers d’ASIC en supposant que « le mining n’est pas du trading, donc tout est permis ».
Il faut vérifier les autorisations applicables.
La publicité d’un projet de mining peut même tomber sur plusieurs règles
Imaginez une entreprise qui vend au public des « packages de mining ».
Elle collecte de l’argent.
Promet un rendement.
Convertit en USDT.
Investit les fonds.
Distribue un revenu.
Ce modèle peut toucher :
article 206 ;
règles sur la collecte de fonds ;
droit des sociétés ;
fiscalité ;
fraude ;
protection du consommateur.
Le mot mining ne simplifie rien.
C’est souvent l’inverse.
Acheter, utiliser et sécuriser la crypto en Égypte : ce qu’il faut réellement savoir
Cette partie du guide ne peut pas être un tutoriel « achetez de l’USDT en Égypte en cinq minutes ». Ce serait ignorer la loi que nous venons d’expliquer. L’objectif utile est plutôt de comprendre comment le marché fonctionne, quels outils existent mondialement, pourquoi certains Égyptiens les utilisent, quels risques accompagnent ces usages et à quoi pourrait ressembler un futur marché réglementé.
Il n’existe pas aujourd’hui de Luno Égypte comparable à Luno Afrique du Sud
En Afrique du Sud, nous pouvons citer des prestataires identifiables disposant d’un numéro FSP.
Au Nigeria, nous pouvons regarder le registre ARIP de la SEC.
Au Rwanda, nous avons une nouvelle loi et un processus de licences en construction.
En Égypte, la CBE déclarait n’avoir accordé aucune licence de trading crypto lors de son dernier avertissement spécifique, et aucune liste publique actualisée de retail CASP agréés n’a été identifiée pour septembre 2026.
Cette différence doit apparaître avant toute discussion sur les plateformes.
Une plateforme accessible n’est pas une plateforme autorisée
C’est probablement la règle la plus utile pour l’utilisateur.
Vous pouvez trouver une application dans un store.
Créer un compte.
Passer le KYC.
Déposer de la crypto.
Cela prouve seulement que l’infrastructure informatique vous laisse avancer.
Pas que la Central Bank of Egypt a autorisé le service.
Les autorités elles-mêmes citent dans des procédures des comptes ouverts auprès de grandes plateformes internationales.
L’accès technique n’est donc pas la question juridique centrale.
La licence l’est.
Il faut éviter les comparateurs automatiques
De nombreux sites publient :
« Best Crypto Exchanges in Egypt ».
Ils classent Binance.
OKX.
Bybit.
Bitget.
D’autres.
Souvent, leur méthodologie compare les frais et le nombre de tokens.
La première question devrait pourtant être :
quelle autorisation égyptienne possède l’opérateur ?
Si la réponse n’existe pas, le classement commercial ne répond pas au problème local.
Notre guide BrefCrypto sur les exchanges, CEX et DEX permet de comprendre les différents modèles techniques. En Égypte, il faut ajouter une couche : le statut CBE.
Un DEX n’efface pas le droit
Certains utilisateurs voient la DeFi comme une solution.
Uniswap n’a pas besoin d’un compte bancaire.
Un smart contract peut fonctionner sans demander un passeport.
Techniquement, c’est vrai.
Juridiquement, le fait qu’un protocole soit décentralisé ne garantit pas que toutes les activités réalisées depuis une juridiction deviennent autorisées.
Le logiciel ne connaît pas l’article 206.
L’utilisateur, lui, vit dans un système juridique.
Cette tension entre code et territoire est l’un des grands sujets du droit crypto mondial.
Un wallet n’est pas un exchange
Cette distinction reste fondamentale.
Un exchange centralisé gère généralement les clés pour son client.
Un wallet self-custodial donne à l’utilisateur le contrôle direct des clés.
Les risques ne sont pas identiques.
Exchange :
risque de contrepartie.
Wallet :
risque de perte ou compromission des clés.
L’article 206 ajoute encore une dimension locale sur les activités crypto.
La technique de conservation ne remplace jamais l’analyse juridique de l’opération qui a permis d’obtenir l’actif.
La seed reste la pièce la plus sensible
Une phrase de récupération peut permettre de reconstruire un wallet.
Elle ne doit jamais être donnée à :
un faux support ;
un influenceur ;
un exchange ;
un policier contactant sur Telegram ;
un prétendu employé CBE ;
un site de « vérification réglementaire ».
Le scénario peut devenir particulièrement convaincant en Égypte.
« Votre wallet doit être déclaré à la Banque centrale. Entrez vos douze mots. »
C’est exactement le type d’ingénierie sociale qu’un cadre réglementaire strict peut involontairement aider à rendre crédible.
Aucune vérification de conformité normale n’exige votre seed.
Ne sauvegardez pas la seed sur WhatsApp
Ni dans votre e-mail.
Ni dans Google Drive.
Ni en photo.
Ni dans un chat IA.
La personne qui obtient les mots peut généralement reconstruire l’accès sans posséder votre téléphone.
Pour une somme importante, une sauvegarde physique protégée reste préférable.
Pour un patrimoine très important, des méthodes plus avancées existent :
multisig ;
passphrase ;
copies géographiquement séparées.
Plus de complexité apporte cependant de nouveaux risques.
Il faut savoir ce que l’on fait.
Un hardware wallet ne protège pas contre la manipulation
Un appareil spécialisé empêche notamment la clé privée de rester exposée sur un ordinateur généraliste.
C’est utile.
Mais une victime peut parfaitement utiliser son Ledger ou autre appareil pour signer volontairement une transaction frauduleuse.
Le hardware wallet affiche une demande.
La victime confirme.
La blockchain exécute exactement l’instruction.
C’est pourquoi la sécurité sociale reste centrale.
Les attaques de phishing deviennent d’ailleurs de plus en plus crédibles. BrefCrypto a documenté une campagne utilisant de faux e-mails Google pour viser les utilisateurs d’exchanges et de DeFi.
Le meilleur réflexe consiste à supprimer l’urgence
Un message dit :
« Votre compte sera fermé dans 30 minutes. »
Un autre :
« La CBE vient de geler votre wallet. »
Ou :
« Vous devez convertir vos USDT avant minuit ».
Ne cliquez pas.
Ouvrez directement le site officiel de l’institution ou l’application de la plateforme.
Vérifiez.
Un attaquant dépend souvent de la vitesse de la victime.
Lui retirer l’urgence suffit déjà à casser une partie de l’attaque.
USDT possède des risques que Bitcoin n’a pas
Tether peut geler certaines adresses.
L’entreprise travaille avec les forces de l’ordre de plusieurs pays.
Ce pouvoir peut aider à combattre certaines activités criminelles.
Il signifie aussi qu’USDT est un actif centralisé.
Bitcoin n’a pas de société pouvant décider de geler une adresse directement au niveau du protocole.
En contrepartie, Bitcoin n’offre pas la stabilité du dollar.
Chaque modèle possède ses compromis.
USDT existe sur plusieurs réseaux
Autre piège.
« USDT » n’indique pas toujours la blockchain.
TRON.
Ethereum.
Solana.
D’autres réseaux.
Deux interfaces peuvent afficher exactement le même symbole.
Si le destinataire accepte uniquement USDT-TRC20 et que l’expéditeur utilise un réseau non pris en charge, la récupération peut être difficile.
Toujours vérifier :
actif ;
réseau ;
adresse.
Puis tester avec une petite somme lorsque le montant final est important.
Les stablecoins prennent une place croissante en Afrique
Cette évolution dépasse l’Égypte.
Notre analyse des narratives crypto 2026 place les stablecoins parmi les infrastructures les plus importantes du marché.
Leur avantage est facile à expliquer.
Un dollar numérique peut circuler 24h/24.
Il peut être programmé.
Il peut entrer dans des smart contracts.
Il peut se déplacer entre exchanges sans retour bancaire immédiat.
Dans des économies confrontées à un accès compliqué aux devises, l’utilité devient encore plus évidente.
Cette même utilité explique l’inquiétude des banques centrales.
L’Égypte a surtout besoin d’un futur cadre clair
Le cadre actuel possède une particularité.
La loi imagine la possibilité d’une licence.
La CBE n’a historiquement pas ouvert un marché retail licencié.
La demande continue.
Résultat : une partie de l’activité se retrouve à l’extérieur de l’infrastructure domestique supervisée.
Ce modèle possède des limites.
Moins de visibilité.
Moins de protection.
Moins de recours.
Moins de données.
Les autorités doivent ensuite combattre les fraudes dans un marché qu’elles ne reconnaissent pas officiellement.
Une réglementation future pourrait partir de l’article 206 lui-même
Il n’est pas nécessaire de modifier toute la loi pour ouvrir une première porte.
L’article 206 donne déjà au conseil d’administration de la CBE le pouvoir de délivrer des licences selon les règles et procédures qu’il fixe.
La Banque centrale pourrait donc, en théorie, définir un régime si sa politique évoluait.
Capital minimum.
Custody.
Stablecoins autorisés.
KYC.
Travel Rule.
Reporting.
Cybersécurité.
Limites EGP.
Séparation des fonds clients.
Le texte juridique contient déjà le mécanisme de licence.
La décision politique est une autre affaire.
L’Égypte peut observer les expériences africaines
Elle dispose désormais de plusieurs laboratoires proches.
Nigeria :
régulation VASP et stablecoins.
Kenya :
nouveau cadre VASP.
Afrique du Sud :
FSCA et centaines de CASP.
Rwanda :
loi spécifique très restrictive sur les paiements.
Ghana :
sandbox avant licences complètes.
Maroc :
projet de cadre inspiré de MiCA.
L’Égypte n’est donc plus obligée d’inventer son système à partir de zéro.
Elle peut regarder ce qui fonctionne.
Et ce qui échoue.
Un régime trop strict peut conserver l’activité offshore
Supposons qu’une licence exige une somme immense, interdise les retraits self-custody et limite fortement l’achat.
Seules quelques multinationales pourraient participer.
Une partie des utilisateurs chercherait probablement encore d’autres moyens.
À l’inverse, un régime trop permissif peut créer :
fraude ;
fuite de capitaux ;
dollarisation ;
risque consommateur.
Le calibrage est difficile.
Surtout avec plus de 110 millions d’habitants.
Le stablecoin serait probablement le dossier le plus sensible
Bitcoin est volatil et donc moins adapté comme unité de compte quotidienne.
USDT est plus dangereux du point de vue de la substitution monétaire précisément parce qu’il fonctionne mieux comme quasi-dollar.
Une économie dans laquelle des millions de personnes stockent leurs liquidités quotidiennes en USDT peut voir apparaître un système de dollarisation numérique parallèle.
Ce sujet dépasse la crypto.
Il touche la demande de monnaie nationale.
Les réserves de change.
La transmission de la politique monétaire.
Voilà pourquoi la CBE peut être beaucoup plus préoccupée par un stablecoin très efficace que par un memecoin qui s’effondre en deux jours.
Les remittances peuvent néanmoins pousser vers une solution intermédiaire
47,3 milliards de dollars annuels créent une incitation énorme à rendre les transferts plus efficaces.
Une réglementation pourrait, par exemple, autoriser certains VASP à utiliser des stablecoins uniquement comme rail de règlement, avec conversion immédiate vers EGP.
L’utilisateur final ne conserverait peut-être jamais l’USDT.
Il recevrait simplement ses livres plus vite.
La blockchain fonctionnerait en coulisses.
C’est un modèle très différent d’une dollarisation massive des wallets.
DCS Pay et Kotani illustrent justement cette logique
L’infrastructure annoncée pour plusieurs pays africains vise la conversion entre stablecoins et monnaies locales.
Pour l’Égypte, la pertinence dépendra entièrement du cadre.
Si la CBE permet un jour à des prestataires agréés de régler des transferts avec un stablecoin puis de remettre l’EGP au bénéficiaire, la technologie pourrait être utilisée sans faire d’USDT une monnaie quotidienne.
La différence se trouve dans l’expérience utilisateur.
USDT comme monnaie conservée.
Ou USDT comme rail invisible pendant quelques secondes.
Même token.
Impact monétaire très différent.
L’Instant Payment Network donne déjà un modèle
L’Égypte connaît parfaitement cette logique d’infrastructure invisible.
L’utilisateur InstaPay ne pense pas au mécanisme de règlement entre banques à chaque transfert.
Il veut envoyer de l’argent.
La technologie disparaît derrière le service.
Une infrastructure blockchain mature devrait viser le même résultat.
Un exportateur ne devrait pas avoir besoin de devenir spécialiste de TRON pour recevoir son paiement.
Si cinq écrans demandent :
network ;
gas ;
memo ;
slippage ;
bridge ;
la technologie n’est pas encore vraiment invisible.
La tokenisation égyptienne peut évoluer plus vite que Bitcoin retail
C’est peut-être le scénario le plus probable à court terme.
La FRA possède déjà un sandbox.
Des sociétés travaillent sur des fonds monétaires tokenisés.
Les marchés financiers ont besoin de moderniser leurs registres.
Les entreprises sont identifiées.
Le sous-jacent existe.
La technologie peut améliorer certaines opérations sans concurrencer directement la livre.
Cette combinaison est politiquement beaucoup plus facile à accepter qu’un exchange permettant à 20 millions de personnes de transformer instantanément leurs EGP en USDT.
Les fonds monétaires ne seront probablement qu’un début
Si l’expérimentation fonctionne, d’autres actifs peuvent suivre.
Obligations.
Immobilier.
Créances.
Sukuk.
Fonds.
Private equity.
La tokenisation n’améliore cependant pas automatiquement leur qualité.
Une mauvaise obligation tokenisée reste une mauvaise obligation.
Un immeuble surévalué reste surévalué.
La blockchain améliore potentiellement :
distribution ;
registre ;
fractionnement ;
règlement ;
programmabilité.
Elle ne crée pas la valeur économique du sous-jacent.
Les entreprises crypto locales restent encore peu visibles
Comparé au Nigeria, l’Égypte ne possède pas actuellement un écosystème public d’exchanges réglementés locaux.
Cela ne signifie pas absence de développeurs Web3.
Des ingénieurs égyptiens travaillent pour des sociétés internationales.
Des communautés blockchain existent.
Des startups expérimentent la tokenisation et la fintech.
Mais il faut distinguer talent blockchain égyptien et VASP égyptien licencié.
La deuxième catégorie est beaucoup plus difficile à identifier sous le cadre actuel.
Un entrepreneur doit comprendre l’article 206 avant d’écrire une ligne de code commerciale
Créer un wallet non custodial open source n’est pas exactement la même chose que lancer une plateforme qui collecte les EGP de clients et vend de l’USDT.
Créer un protocole de vérification documentaire n’est pas exploiter un exchange.
Tokeniser des parts d’un fonds dans un sandbox FRA n’est pas lancer un ICO libre.
La fonction réelle du produit décidera largement du risque réglementaire.
Un fondateur égyptien doit donc commencer par :
« quelle activité financière suis-je réellement en train d’exercer ? »
Pas par :
« quel token vais-je lancer ? »
Les scams vont exploiter l’intérêt croissant pour la tokenisation
C’est presque garanti.
Lorsqu’un gouvernement commence à parler de blockchain réglementée, les fraudeurs récupèrent immédiatement le vocabulaire.
« Token approuvé par la FRA ».
« Fonds blockchain gouvernemental ».
« Digital pound investment ».
« CBE stablecoin ».
« Egyptian official crypto ».
Un investisseur doit demander le document primaire.
Quel régulateur ?
Quelle décision ?
Quel numéro ?
Quelle entité juridique ?
Quel registre ?
Une capture d’écran ne constitue jamais une licence.
Attention aux fausses CBDC
Même risque.
Le FMI confirme le travail exploratoire de la CBE sur une CBDC.
Cela ne signifie pas qu’un token « Digital EGP » disponible aujourd’hui sur un DEX est officiel.
Une banque centrale n’a pas besoin de vendre sa future CBDC via un groupe Telegram.
Le jour où une monnaie numérique souveraine égyptienne sera lancée, la Central Bank of Egypt sera la source principale.
Pas un influenceur.
L’IA rend les faux supports plus crédibles
Voix synthétique.
Arabe parfait.
Logo bancaire.
Vidéo d’un faux responsable.
Documents imitant la CBE.
Le phishing de 2026 n’a plus besoin de fautes grossières.
Cela renforce une règle simple :
ne jugez pas la légitimité à la qualité de la présentation.
Vérifiez la source indépendamment.
Tapez vous-même l’adresse du site.
Appelez le numéro officiel.
Consultez le registre.
FAQ : crypto en Égypte en 2026
La crypto est-elle légale en Égypte ?
Le cadre est restrictif.
L’article 206 de la loi n°194/2020 interdit l’émission, le trading, la promotion de cryptomonnaies, la création ou exploitation de plateformes et les activités liées sans licence du conseil d’administration de la Central Bank of Egypt.
La CBE a historiquement indiqué qu’aucune licence de trading crypto n’avait été délivrée sur le marché égyptien.
Bitcoin est-il interdit ?
La réponse juridiquement précise est que les activités visées par l’article 206 sont interdites sans licence.
La CBE demande par ailleurs au public de ne pas traiter avec les cryptomonnaies dans son cadre actuel.
Le terme « Bitcoin interdit » résume donc une politique très restrictive, mais ne reproduit pas exactement la formulation conditionnelle de l’article 206.
Bitcoin a-t-il cours légal en Égypte ?
Non.
La Central Bank of Egypt précise que les transactions dans la République arabe d’Égypte doivent utiliser les monnaies officielles qu’elle approuve.
Bitcoin n’est pas une monnaie légale nationale.
USDT a-t-il cours légal ?
Non.
USDT est un stablecoin privé émis par Tether.
Il ne constitue ni la livre égyptienne ni une monnaie officielle de la CBE.
Peut-on acheter du Bitcoin légalement sur un exchange égyptien ?
BrefCrypto n’a pas identifié, au 24 septembre 2026, de registre public CBE présentant un exchange retail Bitcoin/EGP agréé.
L’utilisateur ne doit donc pas supposer qu’une plateforme est autorisée simplement parce qu’elle fonctionne depuis l’Égypte.
Binance est-il licencié en Égypte ?
Aucune licence retail CBE vérifiée au nom de Binance n’a été identifiée pour cette page.
Un jugement publié en 2026 mentionne même des opérations sur Binance parmi les éléments d’un dossier d’activités crypto sans licence.
Cela ne signifie pas que Binance était défendeur dans ce procès.
Le dossier concernait les utilisateurs poursuivis.
Et OKX ?
Même prudence.
La présence d’OKX dans une application ou son utilisation par des résidents ne prouve pas une licence CBE.
Le jugement économique 2026 mentionne également OKX parmi les plateformes utilisées par certains accusés.
Bitget est-il autorisé ?
Même réponse.
Bitget est cité dans le même dossier comme application utilisée pour des opérations USDT.
Cela ne constitue évidemment pas une décision globale sur tous les services de Bitget, mais rappelle qu’une plateforme internationale n’annule pas l’article 206.
Quelle est la sanction pour trading crypto sans licence ?
L’article 225 prévoit une peine d’emprisonnement et une amende comprise entre 1 million et 10 millions d’EGP, ou l’une de ces sanctions, pour certaines violations dont l’article 206.
L’application dépend des faits précis du dossier.
Le P2P est-il autorisé ?
Il ne faut pas traiter le P2P comme une exemption automatique.
La CBE inclut explicitement les transactions avec des particuliers dans ses avertissements contre le traitement en cryptomonnaies.
Pour une situation concrète, le droit local doit être vérifié.
Peut-on simplement posséder un wallet ?
Un wallet est un outil technique de gestion de clés.
L’article 206 cible des activités économiques et commerciales liées aux cryptomonnaies.
Cette page ne prétend pas qu’une simple installation logicielle équivaut automatiquement à toutes les infractions prévues.
Il faut regarder l’activité réellement exercée.
Peut-on recevoir du Bitcoin depuis l’étranger ?
Bitcoin peut techniquement être envoyé vers n’importe quelle adresse valide.
La conformité d’une opération impliquant un résident égyptien est une autre question.
Les règles relatives à l’article 206, aux revenus, aux paiements et aux devises doivent être analysées selon les faits.
Peut-on être payé en USDT comme freelance ?
Techniquement, un client peut envoyer un stablecoin.
Juridiquement et fiscalement, cela ne signifie pas que l’opération est automatiquement autorisée.
L’Egyptian Tax Authority considère déjà les revenus de freelance et d’activités numériques comme relevant du cadre fiscal général.
La crypto ajoute ensuite la question de l’article 206.
L’Égypte taxe-t-elle Bitcoin ?
BrefCrypto n’a pas trouvé de guide officiel ETA créant une taxe Bitcoin unique applicable à toutes les situations.
Le pays applique des lois fiscales générales aux activités économiques.
Une activité crypto peut donc soulever des questions fiscales sans disposer pour autant d’un régime simple comparable à celui publié par SARS en Afrique du Sud.
Payer une taxe rend-il le trading légal ?
Non.
Fiscalité et autorisation réglementaire sont deux sujets distincts.
Une activité peut générer des obligations fiscales tout en étant soumise à une licence financière.
Pourquoi autant d’Égyptiens s’intéressent-ils alors à la crypto ?
Les motivations peuvent inclure :
investissement ;
exposition au dollar ;
diversification ;
paiements internationaux ;
DeFi ;
travail en ligne ;
spéculation.
La volatilité de la livre et les besoins en devises constituent également un contexte important.
Cela ne signifie pas que chaque utilisateur possède le même objectif.
Quel est le rang crypto de l’Égypte ?
Dans le Global Crypto Adoption Index 2025 de Chainalysis, l’Égypte était 26e mondiale.
Dans le classement 2025 de TRM Labs, elle était 20e.
Les deux indices utilisent des méthodologies différentes.
Quel était son rang en 2024 ?
44e dans l’indice Chainalysis 2024.
La comparaison doit rester prudente en raison des évolutions de méthodologie et de marché.
Existe-t-il un rang 2026 ?
Chainalysis a publié son rapport 2026 avec une nouvelle méthodologie.
Le résumé public consulté ne permet pas de documenter proprement un rang égyptien comparable au 26e de 2025.
BrefCrypto conserve donc le dernier rang vérifiable plutôt que d’en extrapoler un.
Combien d’Égyptiens possèdent de la crypto ?
Il n’existe pas de recensement officiel exhaustif vérifié permettant de donner un chiffre exact.
Les estimations d’entreprises privées doivent être traitées comme telles.
Un utilisateur peut posséder plusieurs wallets et comptes.
Pourquoi USDT est-il intéressant en Égypte ?
Parce qu’il vise une valeur proche du dollar.
Il peut donc intéresser des personnes recherchant une unité USD pour le trading ou certains paiements internationaux.
Son usage reste cependant soumis au cadre juridique égyptien.
USDT est-il plus sûr que Bitcoin ?
Pas dans tous les sens.
USDT est moins volatil contre le dollar.
Il dépend d’un émetteur centralisé.
Bitcoin est beaucoup plus volatil mais ne dépend pas d’une société chargée de maintenir une parité.
Chaque actif possède un risque différent.
Tether peut-il geler mes USDT ?
Oui, Tether possède la capacité technique de geler certaines adresses selon les blockchains et situations concernées.
C’est une différence fondamentale avec Bitcoin.
USDT peut-il perdre son peg ?
Oui.
Un stablecoin cherche à maintenir une parité.
Ce n’est pas une garantie mathématique absolue.
La confiance dans les réserves, la liquidité et l’émetteur compte.
Quel réseau faut-il utiliser ?
Le réseau accepté par la destination.
Ne choisissez pas TRON, Ethereum ou une autre blockchain uniquement en fonction du prix du retrait.
Vérifiez la compatibilité.
Peut-on récupérer une transaction envoyée au mauvais réseau ?
Parfois.
Pas systématiquement.
La récupération dépend de l’accès aux clés et des politiques de la plateforme de destination.
Quel wallet utiliser pour Bitcoin ?
Le choix dépend du montant et de l’usage.
Wallet mobile pour de petites sommes.
Hardware wallet pour certaines épargnes plus importantes.
Multisig pour des architectures avancées.
Le meilleur outil mal configuré reste dangereux.
Faut-il laisser Bitcoin sur un exchange ?
Un exchange offre commodité et récupération de compte.
Il ajoute un risque de contrepartie.
Un wallet personnel réduit ce risque mais rend l’utilisateur responsable de ses clés.
Il faut choisir en comprenant la différence.
Qu’est-ce qu’une seed ?
Une phrase de récupération permettant généralement de reconstruire un wallet.
Quiconque la possède peut souvent contrôler les fonds.
Le support d’un exchange peut-il demander ma seed ?
Non.
Ne partagez jamais votre seed avec un prétendu support.
Une plateforme centralisée n’en a pas besoin pour vérifier votre compte.
Peut-on stocker une seed dans son téléphone ?
Pour un patrimoine significatif, une sauvegarde numérique non protégée est déconseillée.
Photo, cloud ou messagerie créent de nouveaux points de compromission.
Bitcoin est-il anonyme ?
Non au sens absolu.
Le réseau est pseudonyme.
Les transactions sont publiques.
Une adresse reliée à une identité peut être suivie.
Pourquoi la CBE met-elle en garde contre les cryptos ?
Elle cite notamment volatilité, criminalité financière, piratage, absence d’autorité émettrice officielle et absence de garantie publique.
La CBE pourrait-elle délivrer une licence crypto à l’avenir ?
L’article 206 prévoit juridiquement un mécanisme de licence du conseil d’administration.
Cela rend une évolution théoriquement possible.
Aucune décision publique vérifiée pour septembre 2026 ne permet cependant d’annoncer un calendrier.
L’Égypte prépare-t-elle une CBDC ?
Elle étudie le sujet.
Le FMI indique que la CBE a travaillé sur la faisabilité d’une CBDC et s’est intéressée à un prototype avec l’assistance de la Banque mondiale.
La livre numérique existe-t-elle déjà ?
Non sous la forme d’une CBDC retail nationale officiellement lancée au public selon les sources vérifiées.
Il s’agit encore d’un travail d’étude et d’expérimentation.
InstaPay est-il une CBDC ?
Non.
InstaPay est une application utilisant l’Instant Payment Network pour déplacer rapidement l’argent détenu dans les infrastructures financières existantes.
Un mobile wallet est-il une crypto ?
Non.
Les mobile wallets égyptiens représentent de la monnaie électronique réglementée en EGP.
Bitcoin fonctionne avec sa propre blockchain et ne représente pas une créance en livre sur une institution égyptienne.
Combien existe-t-il de mobile wallets ?
La CBE indiquait environ 55,5 millions de wallets électroniques en juin 2025.
Ce chiffre ne correspond pas à autant de personnes uniques.
Quelle est l’inclusion financière en Égypte ?
79 % à fin juin 2026.
56,4 millions de citoyens sur 71,4 millions de personnes éligibles possédaient alors un compte actif permettant d’effectuer des transactions.
Combien les Égyptiens de l’étranger envoient-ils au pays ?
47,3 milliards de dollars durant l’exercice fiscal 2025/2026 selon la CBE.
C’est l’un des plus grands marchés de remittances au monde.
Les stablecoins pourraient-ils prendre une partie de ces transferts ?
Techniquement oui.
Ils peuvent servir de rail transfrontalier.
Leur utilisation conforme dépend néanmoins du cadre réglementaire.
L’amélioration rapide des remittances bancaires égyptiennes constitue également une concurrence sérieuse.
DCS Pay et Kotani Pay vont-ils fonctionner en Égypte ?
Le partenariat annonce l’Égypte parmi ses marchés d’expansion.
Cela ne signifie pas que toutes les autorisations égyptiennes sont déjà obtenues.
La mise en œuvre locale devra respecter la CBE et les autres autorités compétentes.
La blockchain est-elle interdite en Égypte ?
Non comme technologie générale.
La FRA autorise déjà des expérimentations de tokenisation dans son sandbox.
C’est la meilleure preuve que blockchain et cryptomonnaie ne sont pas traitées comme des synonymes.
L’Égypte tokenise-t-elle réellement des actifs ?
Oui, au stade expérimental réglementé.
La FRA a donné une approbation préliminaire en août 2026 à un projet de tokenisation de parts de fonds monétaires.
Peut-on acheter ces tokens comme un memecoin ?
Il ne faut pas confondre un pilote de sandbox réglementaire avec un token librement tradé sur un DEX.
Les modalités d’accès et de distribution dépendent du cadre défini par la FRA.
Le pays pourrait-il tokeniser l’immobilier ?
Techniquement, la tokenisation immobilière est possible.
Juridiquement, elle exige un cadre reliant correctement les tokens aux droits économiques et de propriété.
La FRA expérimente déjà la technologie, mais chaque catégorie d’actif nécessite ses propres règles.
Le mining Bitcoin est-il autorisé ?
BrefCrypto n’a pas identifié un régime national de mining comparable à celui de l’Éthiopie.
Un projet de mining doit donc vérifier son statut juridique, énergétique, fiscal et commercial au lieu de supposer que l’absence d’exchange suffit à déterminer sa légalité.
Peut-on créer une startup blockchain en Égypte ?
Oui, la blockchain comme technologie peut être utilisée dans différents projets.
Si la startup fournit une activité financière, un service crypto ou manipule les fonds de clients, les autorisations deviennent cependant centrales.
Le sandbox CBE ou FRA peut être pertinent selon le modèle.
Les influenceurs peuvent-ils promouvoir Bitcoin ?
L’article 206 mentionne explicitement la promotion des cryptomonnaies sans licence.
Un créateur rémunéré devrait donc être particulièrement prudent.
L’éducation journalistique n’est pas automatiquement identique à une campagne commerciale, mais le contexte de la publication compte.
Une mention « ceci n’est pas un conseil financier » suffit-elle ?
Non.
Un disclaimer ne transforme pas automatiquement une activité réglementée en activité libre.
La substance de ce que fait ou vend la personne compte davantage que la formule ajoutée en bas de page.
Les arnaques crypto sont-elles courantes ?
Les autorités égyptiennes ont déjà utilisé plusieurs affaires frauduleuses pour renouveler leurs avertissements.
Les faux investissements, rendements garantis et plateformes non autorisées restent des risques importants.
Comment reconnaître un Ponzi crypto ?
Le rendement constitue souvent le premier indice.
5 % par semaine.
Doublement du capital.
Profit garanti.
Bonus de parrainage.
Retrait bloqué.
Paiement supplémentaire exigé.
Aucun token ne rend mathématiquement durable un rendement absurde.
L’IA peut-elle garantir un rendement crypto ?
Non.
Un modèle d’intelligence artificielle peut assister une stratégie.
Il ne supprime pas le risque de marché.
Une entreprise qui promet un rendement fixe uniquement grâce à un « AI bot » doit expliquer d’où vient économiquement ce rendement.
La FRA autorise-t-elle l’IA pour conseiller les investisseurs ?
Dans sa réglementation 2026 sur certaines plateformes numériques de courtage, la FRA a même interdit l’utilisation de l’IA pour générer des conseils d’investissement ou influencer les décisions des investisseurs dans le cadre précis de ces plateformes promotionnelles.
Cela montre le niveau de prudence du régulateur vis-à-vis de l’automatisation financière.
Faut-il déclarer les revenus de freelance même s’ils sont numériques ?
L’Egyptian Tax Authority indique que les freelances et activités numériques restent couverts par les lois générales sur l’impôt sur le revenu et la TVA selon leur situation.
Le moyen de paiement n’efface pas automatiquement le revenu.
L’Égypte pourrait-elle assouplir la crypto avant 2030 ?
C’est possible puisque l’article 206 prévoit lui-même une licence.
Il n’existe toutefois pas de calendrier officiel vérifié annonçant l’ouverture d’un régime VASP retail.
Les faits à surveiller seront les circulaires de la CBE, les licences et toute modification législative.
Quelles actualités Égypte faut-il suivre sur BrefCrypto ?
La page actuelle doit servir de hub principal.
Les futurs articles consacrés aux décisions de la CBE, à une éventuelle licence, aux stablecoins, à la CBDC ou à la tokenisation devront renvoyer ici.
Notre article sur DCS Pay et Kotani Pay constitue déjà une première sous-branche parce que l’Égypte fait partie des marchés africains visés par leur infrastructure de paiements stablecoins.
L’Égypte n’a pas besoin de Bitcoin pour devenir numérique
C’est probablement la leçon la plus intéressante de ce guide.
56,4 millions de citoyens possèdent déjà des comptes transactionnels actifs.
55,5 millions de mobile wallets étaient recensés en juin 2025.
InstaPay dépasse les milliards de transactions.
L’eKYC devient national.
Les banques digitales sont réglementées.
La FRA tokenise ses premiers instruments dans un sandbox.
La CBE travaille sur une CBDC.
Le pays avance rapidement vers la finance numérique sans avoir libéralisé Bitcoin.
Cette différence est fondamentale.
La révolution numérique et la révolution crypto ne sont pas la même chose.
Et pourtant, Bitcoin ne disparaît pas
C’est l’autre moitié de l’histoire.
Malgré les avertissements.
Malgré l’absence de licence retail.
Malgré les sanctions.
L’Égypte remonte dans les classements d’adoption.
26e chez Chainalysis.
20e chez TRM.
Pourquoi ?
Parce que la demande pour un actif numérique mondial ne vient pas seulement de la qualité de l’infrastructure bancaire domestique.
Elle peut venir de l’investissement.
Du dollar.
Du commerce international.
Du travail numérique.
De la spéculation.
De la DeFi.
De la recherche d’un actif non émis par l’État.
La réglementation peut modifier les voies d’accès.
Elle ne supprime pas automatiquement ces motivations.
Le dilemme de la CBE va donc devenir plus difficile
Plus la finance traditionnelle égyptienne devient numérique, plus la frontière technique avec les actifs tokenisés devient fine.
Un utilisateur peut avoir sur le même smartphone :
InstaPay.
Mobile wallet.
Application bancaire.
Compte de courtage.
Wallet Ethereum.
Wallet Bitcoin.
La différence entre les actifs ne se voit plus physiquement.
Elle est juridique et monétaire.
Voilà pourquoi l’éducation devient presque aussi importante que la réglementation.
Le futur ne se jouera probablement pas sur « interdire ou autoriser »
Le débat devient déjà plus sophistiqué.
Quels actifs ?
Quels services ?
Quels clients ?
Quels montants ?
Quelle custody ?
Quels stablecoins ?
Quels flux internationaux ?
Quels tokens peuvent représenter des titres ?
Quels protocoles peuvent entrer dans un sandbox ?
C’est ainsi que les grands marchés finissent généralement par évoluer.
Une seule règle globale laisse place à plusieurs catégories.
L’Égypte commence déjà à faire cette distinction avec la tokenisation.
Le marché réglementé pourrait un jour naître sans renier la loi de 2020
C’est une particularité importante.
L’article 206 autorise conceptuellement la CBE à délivrer des licences.
Le pays n’a donc pas nécessairement besoin de supprimer la disposition pour autoriser un premier opérateur.
Il peut changer la politique d’application.
Publier des critères.
Ouvrir un sandbox crypto.
Fixer du capital.
Autoriser certains actifs.
C’est beaucoup plus simple juridiquement qu’un système où la loi interdirait absolument tout sans mécanisme de permission.
Aucun signal officiel ne permet cependant de dire que cette étape est imminente.
Le premier opérateur licencié changerait toute la page
Le jour où la CBE délivrera une licence crypto clairement identifiable, plusieurs paragraphes de ce guide devront être réécrits.
« Aucun exchange retail vérifié » ne sera plus vrai.
Il faudra comparer :
services ;
actifs ;
rails EGP ;
frais ;
custody ;
retraits ;
limites.
Cette page est donc volontairement conçue comme un contenu vivant.
Pas comme une photographie définitive.
L’utilisateur ne doit pas prendre de l’avance sur le régulateur
C’est la conclusion pratique la plus utile aujourd’hui.
Le fait qu’un futur cadre paraisse possible ne légalise pas une activité actuelle.
Le fait que la FRA tokenise des fonds ne légalise pas automatiquement Bitcoin trading.
Le fait que la CBE étudie une CBDC ne valide pas USDT.
Le fait qu’un exchange international accepte votre inscription ne crée pas une licence égyptienne.
Chaque affirmation doit rester à sa place.
En bref
- L’Égypte était 26e mondiale dans le Global Crypto Adoption Index 2025 de Chainalysis.
- TRM Labs la classait 20e dans son propre indice 2025.
- L’Égypte était 44e chez Chainalysis en 2024.
- L’article 206 de la loi n°194/2020 interdit l’émission, le trading, la promotion de cryptomonnaies, l’exploitation de plateformes et les activités associées sans licence du conseil d’administration de la CBE.
- La CBE indiquait en 2023 n’avoir délivré aucune licence de trading crypto sur le marché égyptien.
- BrefCrypto n’a pas identifié de registre public présentant un exchange Bitcoin/EGP retail licencié au 24 septembre 2026.
- Une violation de l’article 206 peut entraîner une peine d’emprisonnement et/ou une amende comprise entre 1 et 10 millions d’EGP.
- Un jugement économique publié en 2026 montre l’application de l’article 206 à des opérations USDT réalisées via Binance, Bitget et OKX dans un dossier pénal.
- Bitcoin n’a pas cours légal en Égypte.
- USDT n’est pas une monnaie officielle égyptienne.
- L’Égypte possède néanmoins un niveau d’adoption crypto mesurable important.
- Les remittances ont atteint un record de 47,3 milliards de dollars durant l’exercice 2025/2026.
- 56,4 millions de citoyens possédaient un compte financier transactionnel actif à fin juin 2026.
- Le taux d’inclusion financière atteignait 79 %.
- En juin 2025, l’Égypte comptait environ 55,5 millions de mobile wallets.
- Ceux-ci avaient traité environ 1,4 milliard de transactions pour plus de 1 800 milliards d’EGP.
- InstaPay et l’Instant Payment Network offrent déjà des paiements bancaires instantanés 24h/24.
- La CBE a également développé le crédit instantané de certaines remittances internationales vers les comptes bancaires.
- L’Égypte étudie une CBDC mais n’a pas lancé de livre numérique nationale grand public.
- Le FMI indique que la CBE travaille sur des expérimentations et un prototype avec l’appui de la Banque mondiale.
- La Financial Regulatory Authority expérimente déjà la tokenisation d’actifs financiers réglementés.
- En août 2026, un projet de tokenisation de parts de fonds monétaires a rejoint le FRA Sandbox.
- Tokenisation réglementée et trading Bitcoin non licencié doivent être clairement distingués.
- L’Egyptian Tax Authority ne publie pas encore un régime Bitcoin complet comparable à celui de l’Afrique du Sud.
- Les revenus numériques et freelance restent néanmoins couverts par le droit fiscal général.
- DCS Pay et Kotani Pay citent l’Égypte parmi les marchés qu’ils souhaitent connecter à leurs infrastructures stablecoins, sous réserve des conditions réglementaires nécessaires.
- La prochaine grande évolution à surveiller est une éventuelle ouverture par la CBE d’un véritable régime de licences crypto retail.
Sources et méthodologie
La source juridique centrale de cette page est la loi n°194 de 2020 sur la Banque centrale et le système bancaire. Son article 206 interdit les principales activités relatives aux cryptomonnaies sans licence du conseil d’administration de la CBE.
La position opérationnelle de la Central Bank of Egypt repose notamment sur ses avertissements de 2022 et 2023. La Banque centrale y déconseille explicitement au public de traiter avec les cryptomonnaies et indiquait en mars 2023 n’avoir accordé aucune licence pour les activités de trading crypto sur le marché égyptien.
Pour vérifier que la disposition n’est pas seulement théorique, BrefCrypto s’appuie également sur le jugement de l’affaire économique n°1139/2025, publié en 2026. La juridiction y applique les articles 206 et 225 à certaines opérations d’achat et vente de cryptomonnaies sans licence et mentionne Binance, Bitget et OKX parmi les applications utilisées.
Les données d’adoption viennent de Chainalysis et TRM Labs. Chainalysis classe l’Égypte 26e dans son Global Crypto Adoption Index 2025, contre 44e en 2024. TRM Labs la classe 20e selon sa propre méthodologie. Ces indices ne sont jamais présentés comme un recensement du nombre de détenteurs.
Les données de remittances proviennent directement de la Central Bank of Egypt. Les transferts des Égyptiens travaillant à l’étranger ont atteint 47,3 milliards de dollars pendant l’exercice fiscal 2025/2026, contre 36,5 milliards l’année précédente.
Les chiffres relatifs à l’inclusion financière sont également issus de la CBE. À fin juin 2026, 56,4 millions d’Égyptiens âgés d’au moins 15 ans possédaient des comptes transactionnels actifs, soit 79 % de la population éligible.
Pour les paiements numériques, les données CBE indiquent qu’en juin 2025, les mobile wallets avaient atteint environ 55,5 millions d’unités et réalisé près de 1,4 milliard de transactions représentant plus de 1 800 milliards de livres. InstaPay comptait parallèlement plus de 16 millions d’utilisateurs.
Les informations concernant le projet de CBDC égyptienne reposent principalement sur le Fonds monétaire international. Son rapport Article IV indique que la CBE a exploré la faisabilité d’une CBDC et s’est ensuite intéressée à l’expérimentation technique et au développement d’un prototype avec l’assistance de la Banque mondiale.
La tokenisation est documentée à partir des décisions de la Financial Regulatory Authority et du State Information Service. En août 2026, la FRA a approuvé l’entrée dans son sandbox d’un projet visant la tokenisation réglementée de parts de fonds monétaires.
La fiscalité est traitée volontairement avec prudence. L’Egyptian Tax Authority explique que plusieurs formes d’activités numériques et freelance restent soumises aux lois fiscales générales même lorsqu’aucune loi fiscale sectorielle spécifique ne leur est consacrée. Cette page n’en déduit pas artificiellement un taux universel de taxation du Bitcoin, qu’aucune source fiscale officielle vérifiée ne permet d’établir pour tous les cas.
Enfin, le guide distingue systématiquement quatre notions qui sont trop souvent mélangées : accessibilité technique d’une plateforme, licence de la plateforme, légalité de l’activité de l’utilisateur et fonctionnement de la technologie.
Un site qui s’ouvre en Égypte n’est pas nécessairement licencié en Égypte.
Un wallet qui fonctionne n’est pas une autorisation réglementaire.
Un token qui suit le dollar n’est pas un dollar bancaire.
Et un projet utilisant une blockchain dans le sandbox de la FRA ne signifie pas que le trading libre de Bitcoin est devenu autorisé.
C’est précisément cette séparation qui permet de comprendre l’Égypte crypto de 2026.
Dernière vérification : 24 septembre 2026.