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Actu crypto Afrique : l’Afrique du Sud veut durcir les transferts, le secteur craint un exode

Actu crypto Afrique : l’Afrique du Sud prépare de nouvelles règles sur les transferts crypto. L’industrie craint un exode vers les plateformes offshore.

Des flux crypto sud-africains se divisent devant un contrôle transfrontalier numérique
L’Afrique du Sud consulte le secteur sur un encadrement renforcé des transferts crypto transfrontaliers.

L’Afrique du Sud veut placer les transferts crypto transfrontaliers sous un contrôle beaucoup plus strict. Les nouvelles règles proposées par le Trésor national et la Banque centrale pourraient toutefois produire l’effet inverse de celui recherché : pousser utilisateurs, paiements et entreprises vers des plateformes étrangères.

Carel van Wyk, PDG de MoneyBadger et ancien cofondateur de Luno, alerte notamment sur le traitement des wallets personnels et sur les restrictions qui pourraient toucher les paiements internationaux en stablecoins.

Actu crypto Afrique : les wallets privés inquiètent

L’Afrique cherche déjà le bon équilibre entre réglementation crypto et innovation. En Afrique du Sud, le débat devient beaucoup plus concret avec le projet de Crypto Asset Manual for Cross-Border Activities, publié début août.

Le document officiel de la Banque centrale sud-africaine prévoit qu’un transfert depuis un prestataire crypto sud-africain autorisé vers un exchange étranger soit considéré comme transfrontalier. Plus surprenant : l’envoi vers un wallet non custodial déclencherait également ce traitement.

Ainsi, un Sud-Africain transférant ses bitcoins depuis un exchange local vers son propre Ledger pourrait entrer dans le régime des flux transfrontaliers, même si la personne et son wallet restent physiquement dans le pays.

Pour Van Wyk, cette logique est difficile à justifier.

Les stablecoins pourraient partir offshore

Le projet prévoit également que les flux transfrontaliers passent par des prestataires crypto autorisés et soient déclarés au Financial Surveillance Department de la SARB.

Le problème apparaît au retour. Moneyweb rapporte qu’un utilisateur pourrait transférer ses cryptos d’un exchange local vers son wallet personnel, sans pouvoir nécessairement les renvoyer directement vers la même plateforme. Passer par un exchange étranger pourrait paradoxalement devenir plus simple.

C’est précisément ce que l’industrie redoute : déplacer l’activité hors du périmètre que le régulateur cherche à surveiller.

La question dépasse le trading. Standard Bank développe déjà fortement ses paiements numériques et transfrontaliers en Afrique, tandis que les stablecoins deviennent une infrastructure de règlement pour les entreprises africaines.

Or le projet exclurait initialement les entreprises de certains usages crypto transfrontaliers, notamment pour le commerce international.

Peut mieux faire.

Réguler la crypto sans perdre sa visibilité

Pretoria a pourtant une raison légitime d’intervenir. Le gouvernement veut réduire le blanchiment, empêcher la fuite illégale de capitaux et éviter que la crypto contourne complètement les règles de change.

Les prestataires sud-africains sont déjà encadrés par la FSCA et soumis aux obligations du Financial Intelligence Centre. Les nouvelles règles ajouteraient donc une couche consacrée aux flux internationaux.

La comparaison avec le Ghana, qui vient de créer un comité commun de supervision des actifs virtuels, illustre les différentes stratégies actuellement testées en Afrique.

Surtout, rien n’est encore définitif. Le Trésor et la SARB précisent que le projet reste soumis à consultation et peut encore être modifié. Les commentaires sur le Crypto Asset Manual sont ouverts jusqu’au 30 septembre 2026.

Le dilemme sud-africain tient finalement en peu de mots : surveiller davantage les flux sans rendre l’offshore plus attractif.

Une réglementation qui pousse les transactions hors de portée du régulateur aurait réussi exactement l’inverse.

En bref

  • L’Afrique du Sud prépare de nouvelles règles sur les transferts crypto transfrontaliers.
  • Les transferts vers certains wallets personnels seraient eux aussi considérés comme transfrontaliers.
  • L’industrie craint une migration vers les exchanges offshore et le P2P.
  • Les entreprises pourraient être limitées dans certains paiements internationaux en crypto et stablecoins.
  • La consultation reste ouverte jusqu’au 30 septembre 2026.

À propos de l’auteur

Evan's Selemani

Evan's Selemani

J’ai plongé dans Bitcoin dès 2017, bien avant qu’il ne devienne un sujet grand public. Depuis, j’ai transformé cette immersion de terrain en expertise concrète : analyse des cycles de marché, compréhension fine des protocoles, décryptage des narratifs et des enjeux réglementaires. Rédacteur crypto et formateur sur le terrain, je traduis la complexité de la blockchain en contenus clairs, précis et stratégiques, pensés autant pour les investisseurs avertis que pour les nouveaux entrants.