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Crypto Afrique : le Ghana crée son comité de supervision des actifs virtuels

Le Ghana crée le VACC pour coordonner banque centrale, SEC, cybersécurité et renseignement financier sur un marché de plus de 3 millions d’utilisateurs crypto.

Régulateurs ghanéens réunis autour de la supervision des actifs virtuels
Le Ghana réunit cinq institutions dans son nouveau comité de coordination des actifs virtuels.

Plus de 3 millions d’utilisateurs crypto et désormais un comité réunissant banque centrale, SEC, renseignement financier et cybersécurité. Le Ghana passe à l’étape suivante de sa régulation des actifs virtuels. La Bank of Ghana a inauguré le 25 août le Virtual Assets Coordinating Committee (VACC). Sa mission : coordonner les différents régulateurs chargés d’appliquer le Virtual Asset Service Providers Act adopté en 2025.

Accra ne cherche plus à décider s’il faut réglementer la crypto. Il construit maintenant la machine pour le faire.

Crypto Afrique : cinq institutions autour de la table

Le Ghana rejoint un mouvement déjà visible ailleurs sur le continent, où plusieurs gouvernements africains cherchent désormais à construire leurs propres règles crypto.

Le VACC rassemble la Bank of Ghana, la Securities and Exchange Commission, le ministère des Finances, la Cyber Security Authority et le Financial Intelligence Centre.

Le gouverneur Johnson Asiama veut notamment éviter que chaque institution supervise sa partie du marché sans partager suffisamment d’informations.

La Bank of Ghana estime désormais que plus de 3 millions de personnes utilisent des actifs virtuels dans le pays. Le marché est donc devenu trop important pour rester dans une zone réglementaire fragmentée.

Le comité devra coordonner les réponses sur le blanchiment, le financement du terrorisme, la cybersécurité, la protection des consommateurs et les risques pour la stabilité financière.

Exchanges et tokenisation passent déjà au sandbox

Le Ghana ne part pas de zéro.

La SEC a publié le 19 août une liste de 20 entreprises admises dans son Virtual Asset Sandbox. Elles testent notamment exchanges crypto, brokerage, tokenisation d’or, obligations, bons du Trésor et plateformes de trading.

Yellow Card, WhiteBIT, KoinKoin et GoldBod figurent parmi les participants.

Ce mouvement arrive alors que les stablecoins prennent déjà une place croissante dans les paiements africains.

La SEC ghanéenne explique que les données recueillies dans le sandbox serviront à finaliser les règles de licence.

Le cadre complet ne sera toutefois pas opérationnel immédiatement. La Bank of Ghana et la SEC visent 2027 pour achever les directives, mécanismes de supervision et procédures d’autorisation.

Le Ghana veut réguler sans fermer le marché

Johnson Asiama insiste sur cet équilibre.

Le Ghana veut réduire les risques sans transformer la conformité en barrière empêchant toute innovation locale.

La création du VACC montre surtout que la réglementation crypto devient multisectorielle. Un exchange ne pose pas seulement une question financière. Il touche aussi aux données, à la cybersécurité, aux flux internationaux et au renseignement financier.

Cette évolution rappelle le choix du Zimbabwe de faire entrer progressivement les entreprises crypto dans un cadre officiel.

Le Ghana va plus loin avec une véritable architecture interinstitutionnelle.

Après la loi vient donc la partie difficile : licences, contrôles et sanctions.

Le marché crypto ghanéen entre dans sa phase adulte.

En bref

  • Le Ghana crée le Virtual Assets Coordinating Committee.
  • Cinq institutions participent à la supervision.
  • Plus de 3 millions de Ghanéens utiliseraient des actifs virtuels.
  • 20 acteurs participent déjà au sandbox de la SEC.
  • Le cadre doit être pleinement opérationnel en 2027.

À propos de l’auteur

Gregoire Lacroix

Gregoire Lacroix

Grégoire Lacroix est analyste et rédacteur chez BrefCrypto, spécialisé dans les cryptomonnaies et les marchés numériques. Il se concentre sur Bitcoin, l’analyse de marché, les cadres réglementaires et l’adoption réelle de la blockchain. Son travail privilégie une lecture stratégique et factuelle, orientée usage et impact économique. Il apporte un regard expert sur l’écosystème crypto africain, entre opportunités, risques et structuration du marché.