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Afrique

Télécoms Afrique : le Mozambique teste ANGOSAT-2, l’Angola exporte son satellite

Tmcel teste ANGOSAT-2 pour ses services télécoms au Mozambique. L’Angola accélère ainsi l’expansion régionale de son satellite en Afrique australe.

Satellite ANGOSAT-2 reliant le Mozambique et plusieurs pays d’Afrique australe
Le Mozambique teste les capacités du satellite angolais ANGOSAT-2 pour ses services télécoms.

Le Mozambique commence à tester ANGOSAT-2, le satellite de télécommunications angolais. L’opérateur public Tmcel veut vérifier s’il peut utiliser ses capacités pour fournir des services télécoms sur le territoire mozambicain.

L’enjeu dépasse une simple coopération bilatérale. ANGOSAT-2 couvre l’ensemble du continent africain et Luanda cherche désormais à transformer son infrastructure spatiale en véritable service régional.

La Zambie l’utilise déjà. L’Afrique du Sud l’a testé. Le Mozambique pourrait suivre.

ANGOSAT-2 sort des frontières angolaises

Cette montée en puissance rejoint le débat africain sur la souveraineté des infrastructures numériques. Cette fois, l’infrastructure n’est ni américaine ni européenne : elle appartient à un État africain.

Tmcel mène actuellement une preuve de concept, ou PoC. Le but est de mesurer si le satellite peut supporter concrètement des services de télécommunications au Mozambique.

L’initiative découle des accords signés en juin entre Luanda et Maputo dans les domaines spatial, télécom et numérique.

La communication officielle du gouvernement angolais confirme que ces essais suivent ceux de Televisão de Moçambique. TVM a déjà testé ANGOSAT-2 avec succès et prépare désormais un accord commercial pour distribuer son signal à l’échelle nationale.

Le satellite commence donc à passer du projet souverain au produit exportable.

L’Angola veut vendre de la capacité à la SADC

ANGOSAT-2 a été lancé en octobre 2022 et placé sur l’orbite géostationnaire à 23° Est.

Il possède six canaux en bande C et 24 en bande Ku. Sa bande C couvre tout le continent africain, avec une attention particulière pour l’Afrique australe.

L’Angola affirme avoir déjà commercialisé plus de 80 % de sa capacité en bande C. Le satellite fournit des services en Zambie, tandis que des essais ont également été réalisés avec Sentech en Afrique du Sud.

Le Mozambique devient donc une nouvelle pièce d’une stratégie régionale.

Cette logique répond aussi au problème posé par la dépendance africaine aux infrastructures cloud et télécom étrangères.

Un satellite africain utilisé par plusieurs opérateurs de la SADC ne supprime pas cette dépendance. Il crée néanmoins une infrastructure régionale supplémentaire capable de couvrir les zones où la fibre ou les antennes terrestres restent difficiles à déployer.

Le satellite complète les réseaux terrestres

Le Mozambique ne remplacera évidemment pas sa fibre, sa 4G ou ses antennes par ANGOSAT-2.

Le satellite devient surtout intéressant là où construire une infrastructure terrestre coûte trop cher : villages isolés, frontières, mines, routes éloignées ou services publics hors des grandes villes.

C’est un problème visible dans toute la région. En RDC, par exemple, la data est devenue la première source de revenus des télécoms, alors que la qualité et l’accessibilité restent encore très inégales.

ANGOSAT-2 illustre donc un changement intéressant.

Pendant longtemps, les programmes spatiaux africains étaient surtout jugés sur leur capacité à lancer un satellite.

L’Angola cherche maintenant à répondre à une question beaucoup plus utile : combien de services peut-il réellement vendre grâce à lui ?

Le Mozambique sera un bon test.

En bref

  • Tmcel teste ANGOSAT-2 pour fournir des services télécoms au Mozambique.
  • TVM a déjà réalisé des essais concluants et prépare un accord commercial.
  • ANGOSAT-2 couvre l’Afrique et possède six canaux en bande C et 24 en bande Ku.
  • L’Angola dit avoir commercialisé plus de 80 % de sa bande C.
  • Le satellite fournit déjà des services en Zambie et a été testé en Afrique du Sud.

À propos de l’auteur

Evan's Selemani

Evan's Selemani

J’ai plongé dans Bitcoin dès 2017, bien avant qu’il ne devienne un sujet grand public. Depuis, j’ai transformé cette immersion de terrain en expertise concrète : analyse des cycles de marché, compréhension fine des protocoles, décryptage des narratifs et des enjeux réglementaires. Rédacteur crypto et formateur sur le terrain, je traduis la complexité de la blockchain en contenus clairs, précis et stratégiques, pensés autant pour les investisseurs avertis que pour les nouveaux entrants.