Il y a des financements qui sentent la com’ et d’autres qui sentent la poussière du réel. Le quatrième trimestre 2025 de la Human Rights Foundation (HRF) appartient clairement à la deuxième catégorie : 1,3 milliard de satoshis distribués via son Bitcoin Development Fund à 22 projets qui travaillent, souvent loin des projecteurs, sur une idée simple et brutale : rendre bitcoin plus difficile à censurer.
En bref :
- HRF balance 1,3 milliard de satoshis sur 22 projets
- Ce financement vise l’endurance, là où l’argent devient un outil de contrôle.
- HRF mise sur Bitcoin comme porte de sortie.
Un financement qui ne cherche pas à plaire, mais à durer
La logique de HRF, c’est l’endurance. Pas le buzz. Le fonds finance des briques open source, des outils anti coupure et des initiatives qui aident des gens à recevoir conserver et envoyer de la valeur quand le système officiel devient hostile surtout dans un climat où certains États veulent remettre la crypto dans le rang en la rattachant au fisc et en grignotant l’anonymat des utilisateurs comme on le voit au Nigeria.
Ce qui frappe, c’est le choix des terrains. L’accent est mis sur l’Asie, l’Afrique et l’Amérique latine, là où l’argent n’est pas seulement un outil économique, mais un instrument politique. Dans ce décor, bitcoin n’est plus un “investissement”, c’est une porte de sortie.
Et HRF n’en est pas à son premier essai. Depuis le lancement du fonds (2020), l’organisation indique avoir attribué 9,6 millions de dollars en BTC à 319 projets dans 62 pays. Ça ressemble moins à une opération ponctuelle qu’à une stratégie de long terme.
Les chantiers techniques qui rendent bitcoin moins fragile qu’il n’en a l’air
Il y a le nerf du réseau : le minage. Quand trop de pouvoir remonte vers quelques pools, la question de la censure n’est plus théorique. HRF finance notamment Stratum V2 (et son implémentation de référence) pour redonner aux mineurs plus de contrôle sur ce qu’ils minent, et soutenir aussi des approches de pool plus distribuées comme Braidpool.
Ensuite, il y a le cœur : le code. Sans développeurs, bitcoin se fige. HRF soutient des contributeurs Bitcoin Core, comme Devgitotox (développeuse Bitcoin Core tanzanienne, selon HRF) et Stratospher, avec un fil conducteur : robustesse du réseau, qualité du logiciel, résistance aux attaques et à la surveillance.
Puis vient la couche qui fait le pont avec la vie réelle : paiements, collecte, et autonomie. HRF remet aussi des moyens à des outils comme BTCPay Server, utile pour des ONG et dissidents qui veulent accepter des dons sans dépendre d’intermédiaires, et à des rails plus “terrain” comme Bitika, qui facilite l’accès à bitcoin via M-Pesa au Kenya.
Côté éducation, l’exemple le plus parlant est Bitcoin Famba au Mozambique : former, créer des habitudes, bâtir des micro économies circulaires. Dans les pays où l’inflation et le contrôle se répondent, apprendre bitcoin, c’est parfois apprendre à respirer autrement. Pendant ce temps, bitcoin vise les 100 000 dollars malgré une loi crypto gelée.
