Fin janvier 2026, un indicateur suivi par Capriole Investments remet une zone précise sur la table : entre 59 000 et 74 000 dollars, là où miner un bitcoin devient, en moyenne, beaucoup moins confortable. Tant que le bitcoin reste au-dessus, le réseau respire. S’il glisse sous 60 000 $, le marché pourrait entrer dans une phase où certains mineurs coupent les machines, par nécessité plus que par panique.
En bref :
- Le bitcoin se rapproche d’une zone où miner devient plus tendu, autour de 59 000 à 74 000 $.
- La baisse récente du hash rate rappelle que l’industrie Bitcoin coupe vite quand l’énergie se complique.
- Un creux plus bas peut aussi préparer un retour vers une valeur plus “équilibrée” selon certains modèles.
Un signal venu des coûts, pas du sentiment
Le point clé, c’est que ce scénario n’est pas une prophétie. C’est une lecture “industrie”. Elle part des coûts d’électricité et de production du bitcoin. Capriole estime qu’en janvier, le coût électrique moyen pour produire 1 BTC tourne autour de 59 450 $, et la dépense de production nette autour de 74 300 $. Dit autrement, le prix actuel a de la marge pour baisser… avant que la douleur devienne systémique.
Les marchés adorent les narratifs, mais les mineurs Bitcoin vivent dans un tableur. Quand le prix se rapproche des coûts, la psychologie change. Les couvertures se renforcent. Les trésoreries deviennent prudentes. Et les opérateurs les plus fragiles réduisent la voilure.

Cette “zone des coûts” agit comme un aimant en phase de stress. Elle attire l’attention des traders, car elle ressemble à un plancher industriel. Mais un plancher industriel n’est pas un support magique. Il peut céder, surtout si la liquidité se raréfie.
Le détail important, c’est que tous les mineurs Bitcoin n’ont pas le même coût. Certains ont des contrats d’énergie très avantageux. D’autres subissent des prix spot, ou des contraintes locales. Donc un bitcoin à 62 000 $ peut être “ok” pour une ferme, et invivable pour une autre. C’est précisément ce décalage qui alimente l’idée d’“exode”.
Le hash rate du bitcoin décroche : météo, arbitrage… ou autre chose
À la fin janvier, le hash rate a brièvement reculé vers des niveaux observés mi-2025. CoinWarz a notamment montré un passage autour de 663 EH/s, soit une baisse marquée en peu de temps. Plusieurs lectures coexistent. La plus concrète est météorologique : une tempête hivernale aux États-Unis a provoqué des coupures et des tensions sur le réseau électrique. AccuWeather évoquait un épisode touchant de nombreux États, avec des pannes et une forte perturbation énergétique.
L’autre lecture est économique. Quand l’énergie devient chère ou instable, on coupe. Quand d’autres activités paient mieux (calcul haute performance, IA, contrats réseau), certains arbitrent. Dans tous les cas, le message est le même : le hash rate n’est pas une ligne droite. C’est un baromètre de rentabilité, parfois brutal.
La mécanique Bitcoin : quand ça coupe, la difficulté finit par suivre
Un recul du hash rate a un effet que beaucoup sous-estiment. Le protocole du bitcoin ajuste la difficulté environ tous les 2 016 blocs, soit à peu près toutes les deux semaines. Si la puissance baisse, la difficulté peut baisser ensuite. Miner redevient un peu plus “facile”.
Ce mécanisme sert d’amortisseur. Il ne protège pas le prix. Mais il aide le réseau à rester fonctionnel, même quand une partie des mineurs s’éteint. C’est une différence majeure avec les marchés classiques : ici, l’infrastructure s’auto-régule.
L’histoire le montre aussi. Après l’interdiction du minage du bitcoin en Chine en 2021, le hash rate avait décroché fortement, puis le réseau s’est réorganisé. Le prix avait d’abord chuté avant de rebondir. Ce n’est pas un modèle parfait, mais c’est un rappel utile : “moins de mineurs actifs” ne signifie pas “fin du réseau”.
Zone de douleur, puis retour vers la “valeur énergétique” ?
Là où l’analyse devient intéressante, c’est quand on combine peur et fondamentaux. Capriole suit aussi une “energy value”, une estimation de valeur basée sur les intrants énergétiques du réseau. Dans le papier relayé ces derniers jours, cette valeur ressortait autour de 120 950 à 121 000 $.
Le raisonnement n’est pas : “Bitcoin doit valoir 121 000 $”. Le raisonnement est : après de longues phases baissières, le prix a souvent tendance à revenir vers une zone jugée plus “équilibrée” par certains modèles. Cela peut prendre du temps. Et cela peut passer par un creux plus bas que ce que le marché accepte aujourd’hui.
Au fond, le scénario “la cassure des 60 000 $ pour bitcoin” et le scénario “rebond violent” ne se contredisent pas. Ils peuvent même se suivre. Une capitulation minière peut nettoyer l’excès d’optimisme. Puis la baisse de difficulté et la stabilisation des marges peuvent redonner de l’air. C’est inconfortable, mais ce n’est pas illogique.
