L’info crypto, claire et rapide
BrefCryptoCrypto · Bitcoin · Afrique
Menu
Actu Crypto

Crypto : Cyberleek retire environ 250 000 $ de son memecoin GTA VI

Cyberleek aurait retiré environ 250 000 $ grâce à son memecoin Solana promu dans des fuites de GTA VI, après avoir monétisé les frais de trading.

Un opérateur anonyme monétise des fuites de jeu vidéo avec un memecoin sur Solana
Cyberleek aurait tiré environ 250 000 dollars des frais et ventes liés à son memecoin sur Solana.

Le mystérieux Cyberleek, derrière une série de fuites attribuées à GTA VI, aurait retiré environ 250 000 dollars de son opération crypto. Pendant plusieurs jours, des séquences inédites du jeu ont servi à promouvoir CYBERLEEK, un memecoin lancé sur Solana. La mécanique est presque plus intéressante que le piratage lui-même.

Crypto : les fuites de GTA VI deviennent une machine à frais

Cyberleek commence à diffuser des vidéos inédites de GTA VI à la mi-août. Sur les images apparaissent le nom de son token et des messages encourageant la communauté à faire monter sa capitalisation. Le procédé rappelle les rug pulls et autres mécanismes spéculatifs décrits dans notre glossaire crypto, même si la stratégie employée ici est plus subtile.

Selon les données on-chain relayées par plusieurs médias spécialisés, le responsable du projet aurait gagné l’essentiel de la somme grâce aux frais de fournisseur de liquidité.

Plus les internautes échangeaient CYBERLEEK, plus les pools généraient des commissions. Les leaks produisaient l’attention. L’attention créait du volume. Le volume produisait de l’argent.

Les estimations divergent légèrement. Tom’s Hardware évoque environ 250 000 dollars, tandis que d’autres calculs montent vers 270 000 dollars. Aucune source solide consultée ne permet toutefois de confirmer le total de 350 000 dollars parfois avancé.

CYBERLEEK profite de l’attention autour du jeu

Le token a été lancé autour du 15 août avant d’exploser avec la diffusion des vidéos. Une première analyse avait identifié environ 146 000 dollars en wrapped SOL récupérés par le propriétaire du contrat, auxquels s’ajoutaient 15,4 millions de tokens reçus en frais de création puis vendus contre environ 125 000 dollars de SOL.

Une partie des fonds aurait ensuite été envoyée vers plusieurs wallets et services OTC. Au moins 91 SOL auraient également rejoint KuCoin lors des premiers transferts.

Ce comportement rappelle pourquoi les memecoins restent la partie la plus spéculative du marché crypto. Ici, la matière première de la spéculation n’était même pas une personnalité ou une blague : c’était du contenu supposément volé à l’un des jeux les plus attendus au monde.

Rockstar cherche toujours qui se cache derrière Cyberleek

Une nuance reste indispensable : l’identité de Cyberleek n’est pas publiquement confirmée. Il ne faut notamment pas le confondre avec Arion Kurtaj, membre de Lapsus$ condamné après le précédent piratage de Rockstar en 2022.

Take-Two cherche désormais à identifier le ou les responsables des nouvelles fuites. Microsoft, Discord, X et Google ont notamment été visés par des procédures demandant des informations permettant de remonter jusqu’aux comptes concernés.

Pour la crypto, l’épisode illustre surtout la puissance d’un modèle devenu extrêmement simple : créer un token, provoquer artificiellement une attention massive puis monétiser chaque transaction produite par cette audience.

Cyberleek n’avait même pas besoin de vendre brutalement des centaines de millions de tokens pour gagner de l’argent. Les traders ont payé ses revenus en échangeant entre eux.

Après les fraudes crypto reposant sur de faux rendements, l’affaire GTA VI montre une autre variante : lorsqu’une audience devient suffisamment massive, le volume lui-même peut devenir le produit.

À propos de l’auteur

Guy Gomez

Guy Gomez

Guy Gomez est analyste et journaliste spécialisé en cryptomonnaies chez BrefCrypto. Ses articles se distinguent par une lecture experte des marchés, intégrant cycles, psychologie des investisseurs et rapports de force macro-économiques. Il analyse avec précision les enjeux réglementaires internationaux, en évaluant leur impact concret sur Bitcoin, les altcoins et l’adoption institutionnelle. Guy Gomez accorde une place centrale aux risques systémiques et à la sécurité, en décortiquant les mécanismes de fraude, d’ingénierie sociale et les erreurs récurrentes des investisseurs. Il apporte enfin un regard stratégique sur l’Afrique, où il étudie l’équilibre entre régulation, souveraineté financière et usages réels des crypto-actifs.