Bitcoin pourrait encore passer deux mois dans une zone fragile avant de retrouver une dynamique haussière plus claire. Plusieurs analystes surveillent septembre ou octobre comme fenêtre possible de retournement, alors que le BTC reste coincé entre 61 000 et 65 000 dollars. Le marché hésite. Les signaux techniques s’améliorent par endroits, mais la macroéconomie continue de serrer l’étau.
Bitcoin reste bloqué sous une résistance lourde
Bitcoin a commencé la semaine sous pression, avec un retour vers 62 500 dollars après plusieurs échecs sous la zone des 64 000 à 65 000 dollars. Brefcrypto décrit un marché encore enfermé dans un range court terme, malgré quelques tentatives de reprise. Le niveau des 65 000 dollars reste donc la barrière à franchir pour changer le ton.
Cette résistance n’est pas seulement psychologique. Elle concentre les vendeurs, les prises de bénéfices et l’attente des traders. Tant que bitcoin ne s’installe pas au-dessus, chaque rebond peut ressembler à une respiration plutôt qu’à un vrai départ.
Le trader Daan Crypto Trades résume ce climat avec une idée simple. Le BTC évolue encore entre 61 000 et 65 000 dollars. Dans cette zone, le marché peut produire beaucoup de bruit, mais peu de confirmation. C’est exactement le piège actuel. Bitcoin bouge, mais ne tranche pas.
Septembre devient le scénario qui intrigue
Une thèse plus optimiste circule pourtant. Le trader Ryker estime que le prochain cycle haussier pourrait commencer dès septembre ou octobre 2026, alors que beaucoup d’investisseurs attendent plutôt 2027. Son argument repose sur le comportement classique des marchés : lorsque la foule attend un point bas évident, les grands acteurs peuvent anticiper le mouvement.
Cette lecture ne garantit rien. Elle dit surtout que le consensus peut devenir dangereux lorsqu’il est trop confortable. Si tout le monde attend encore plusieurs mois de baisse, le marché peut rebondir avant que les retardataires ne se replacent.
Le signal technique le plus commenté vient aussi du “death cross” hebdomadaire entre les moyennes mobiles simples à 50 et 100 semaines. En temps normal, le terme sonne négatif. Mais certains traders rappellent que le dernier signal comparable, en septembre 2022, était apparu quelques mois avant le point bas du précédent bear market.
Hormuz, pétrole et inflation compliquent le rebond
Le problème de Bitcoin ne se limite pas aux graphiques. Le contexte géopolitique pèse lourd. Reuters rapporte que le trafic dans le détroit d’Hormuz est tombé à un plus bas de deux mois, dans un climat de tensions renouvelées entre les États-Unis et l’Iran. Ce passage reste essentiel pour le pétrole mondial.
La situation est confuse. Donald Trump a affirmé que le détroit restait ouvert au trafic commercial, mais les marchés réagissent surtout au risque d’approvisionnement et à la hausse de la prime géopolitique.
Pour Bitcoin, l’effet est indirect mais puissant. Un pétrole plus cher peut raviver les anticipations d’inflation. Une inflation plus tenace peut pousser la Réserve fédérale à rester dure plus longtemps. Et des taux élevés pèsent souvent sur les actifs risqués, dont la crypto.
Le CPI américain peut faire bouger le marché
Cette semaine, les investisseurs surveillent aussi l’inflation américaine. Reuters indique que les chiffres du CPI de juin sont attendus ce mardi 14 juillet, avec le PPI et le témoignage du président de la Fed, Kevin Warsh, également au programme.
C’est un rendez-vous important. Un chiffre d’inflation plus chaud que prévu pourrait renforcer l’idée d’un durcissement monétaire. À l’inverse, une donnée plus modérée donnerait de l’air à Bitcoin, surtout si le dollar et les rendements obligataires se calment.
Cointelegraph note que le marché anticipe désormais une stabilité des taux jusqu’en septembre, avec une majorité qui envisage ensuite une hausse de 0,25 %. Cette perspective limite l’appétit pour le risque. Bitcoin peut rebondir dans ce contexte, mais il doit se battre contre un décor monétaire peu accommodant.
Les détenteurs moyens envoient un signal paradoxal
Les données on-chain ajoutent une nuance intéressante. CryptoQuant rapporte que les portefeuilles détenant entre 100 et 1 000 BTC ont enregistré une distribution nette d’environ 67 000 BTC le 13 juillet. C’est leur plus forte activité vendeuse depuis le 19 février.
À première vue, ce chiffre paraît négatif. Des détenteurs importants vendent, donc le marché devrait s’inquiéter. Mais l’historique donne une lecture moins évidente. Selon l’analyse citée, cette cohorte a déjà réduit son exposition avant des rebonds locaux du prix de Bitcoin.
Le signal ne confirme pas un point bas. Il indique plutôt que le marché arrive dans une zone de transition. Les mains intermédiaires vendent. Les traders hésitent. Les indicateurs techniques se mélangent. Dans ce genre de moment, Bitcoin prépare souvent un mouvement plus large. Reste à savoir dans quel sens.
Une reprise possible, mais encore fragile
Bitcoin n’a pas encore repris son marché haussier. Il a surtout cessé de tomber franchement. C’est différent. Pour changer la structure, il devra reconquérir les 65 000 dollars, absorber les ventes des détenteurs moyens et survivre aux prochains chiffres macroéconomiques.
Le scénario septembre-octobre mérite d’être surveillé, car il colle à plusieurs signaux de fin de cycle baissier. Mais il reste une hypothèse. Le marché crypto aime les surprises, surtout lorsque tout le monde pense avoir trouvé le calendrier.
Pour l’instant, Bitcoin joue une partie serrée. Les vendeurs gardent le contrôle sous 65 000 dollars. Les acheteurs cherchent une cassure propre. Et la macroéconomie peut encore décider du rythme. Si septembre doit vraiment marquer le retour du bull market, juillet devra d’abord prouver que le pire est derrière.
En bref
- Bitcoin reste coincé entre 61 000 et 65 000 dollars.
- Certains analystes surveillent septembre ou octobre comme possible fenêtre de retournement.
- La macroéconomie, le pétrole et l’inflation américaine restent les grands risques à court terme.
