Le Bitcoin pourrait retenter la zone des 100 000 $ si le contexte macro continue de se détendre et si Washington avance vers un cadre plus clair pour les actifs numériques. Le décor est simple. Un chiffre d’inflation américaine jugé respirable, et un texte de régulation qui progresse. Ce mélange suffit parfois à rallumer la mèche.
Dès les premières réactions, le marché a surtout retenu ceci. L’inflation sous-jacente américaine reste contenue, et le bitcoin tient au-dessus d’un seuil technique que beaucoup surveillent autour de 92 000 $. Les données de décembre montrent une hausse des prix stable au global, avec un cœur de l’inflation qui monte moins vite.
Un chiffre d’inflation qui rassure, sans tout résoudre
Le rapport publié mardi sur l’inflation de décembre n’a pas renversé la table. Il a plutôt confirmé une tendance : l’IPC global ressort à 2,7% sur un an, et l’IPC « core » (hors alimentation et énergie) est à 2,6% sur un an. Sur un mois, le core progresse de 0,2%. Ce n’est pas une chute spectaculaire. Mais c’est assez régulier pour calmer les scénarios de surchauffe.
Ce type de lecture compte pour le Bitcoin, même si le lien n’est pas mécanique. Quand l’inflation ne surprend pas à la hausse, les taux peuvent respirer. Et quand les taux respirent, les actifs risqués retrouvent un peu de place dans les portefeuilles. D’ailleurs, plusieurs observateurs estiment que la Fed devrait rester prudente à court terme, après les baisses de taux de fin 2025, avec une réunion très suivie fin janvier.
Il faut aussi noter un détail que les traders adorent : l’énergie a pesé moins lourd. Les prix de l’essence ont reculé dans les composantes récentes, ce qui entretient l’idée d’une inflation moins collante qu’en 2024. C’est une nuance, pas une victoire. Mais en marché, les nuances font parfois bouger des milliards.
CLARITY Act : la promesse d’un cadre plus lisible
En parallèle, le dossier réglementaire américain revient sur le devant de la scène. Le Digital Asset Market Clarity Act (souvent résumé en « CLARITY Act ») vise à poser un cadre pour distinguer certains actifs numériques, et à clarifier la répartition des rôles entre régulateurs. Pour le secteur, l’enjeu est moins idéologique que pratique : savoir qui supervise quoi, et sur quelles bases.
Le point sensible, c’est le calendrier. Le texte existe, mais la mécanique politique est rarement linéaire. Certaines sources évoquent des étapes de “markup” en janvier, tandis que d’autres signalent des décalages et des arbitrages encore ouverts, notamment sur la manière de traiter certaines catégories d’activités crypto. Autrement dit, il y a du mouvement, mais pas encore de certitude.
Pour le Bitcoin, cette séquence joue surtout sur le sentiment. La perspective d’un marché américain plus lisible réduit un risque difficile à chiffrer. Le risque de règles qui tombent « par surprise ». Même sans vote final, chaque avancée crédible peut agir comme un petit vent arrière. Et c’est souvent ce que les opérateurs achètent : un peu moins de brouillard.
Triangle ascendant pour bitcoin : pourquoi le marché regarde 100 000 $
Sur le graphique journalier, beaucoup décrivent une construction en triangle ascendant. Le principe est connu : une résistance horizontale qui retient le prix, tandis que les creux remontent progressivement. C’est une figure qui traduit une pression acheteuse. Elle ne garantit rien. Mais elle raconte une histoire simple : les vendeurs reculent, centimètre par centimètre.

Dans ce contexte, la zone des 92 000 $ est devenue un repère psychologique et technique. Tant que le Bitcoin reste au-dessus, l’idée d’une tentative vers le haut survit. Le niveau rond des 100 000 $ agit, lui, comme une enseigne lumineuse. Tout le monde la voit. C’est justement ce qui la rend délicate. Plus un niveau est attendu, plus la volatilité peut s’y concentrer.
Le scénario haussier tient donc à deux fils. Le premier est macro : inflation qui ne repart pas, conditions financières qui ne se durcissent pas trop. Le second est technique : éviter une cassure nette sous la ligne de tendance qui soutient la figure. Si ce support lâche, le marché peut vite passer du mode « objectif » au mode « protection ». Et au passage, méfiance avec les encarts trop beaux pour être vrais : des promesses de rendement à deux chiffres circulent souvent autour de ces périodes d’euphorie. Elles n’ont rien à voir avec la trajectoire réelle du Bitcoin, et elles ajoutent surtout du bruit.
