Il y a des journées où la crypto ne chute pas seulement en prix : elle change d’humeur. Les ETF spot Bitcoin et Ethereum aux États-Unis ont subi l’un des pires retraits combinés. Presque 1 milliard de dollars retiré en une seule séance. C’est brutal, et surtout très parlant : quand la volatilité monte et que les bougies rouges s’allongent, les institutions ne “rêvent” pas… elles coupent.
En bref :
- Le 29 janvier, les ETF spot Bitcoin et Ethereum ont enregistré près d’1 milliard de dollars de retraits, signe d’une purge institutionnelle.
- Avec un BTC tombé vers 81 000 $ et un ETH en baisse d’environ 6 %, les sorties ressemblent à une réduction de risque, pas à un simple rééquilibrage.
- Les plus gros fonds (IBIT, FBTC, ETHA, FETH) ont concentré l’hémorragie, tandis que le contexte macro et la liquidité rendent les ETF utiles comme “thermomètre” du marché.
Le signal des sorties : une purge institutionnelle, pas une simple rotation
D’après les données relayées, les ETF Bitcoin ont vu 817,9 M$ sortir le 29 janvier, plus forte fuite depuis le 20 novembre. Les ETF Ethereum ont suivi avec 155,6 M$ de retraits. Additionnez, et vous obtenez ce chiffre rond qui claque : près d’1 milliard. Et cette mécanique des flux, justement, ravive le débat sur l’impact réel des ETF sur le marché, certains y voyant même un risque structurel, comme le suggère cet angle sur les ETF et la menace qu’ils feraient peser sur le Bitcoin.
Ce qui rend l’épisode intéressant, c’est la dynamique : on ne parle pas d’un petit ajustement de portefeuille. On parle d’un geste collectif, synchronisé, déclenché par un contexte où les prix baissent et la volatilité s’énerve. Quand ces deux ingrédients se rencontrent, les desks institutionnels pensent d’abord en termes de contrôle du risque.
Et le marché n’a pas soufflé dans le même sens. Bitcoin est passé sous 85 000 $, a glissé vers 81 000 $, puis a tenté un rebond autour de 83 000 $ tôt vendredi, tandis que 17 000 BTC sur les exchanges ravivaient l’idée d’une pression vendeuse qui remonte. Ethereum a, lui, lâché environ 6% sur la journée. Dans ce décor, les sorties d’ETF ressemblent moins à un “caprice” qu’à une liquidation propre : on réduit l’exposition, on coupe l’émotion.
Les fonds les plus touchés : quand les géants toussent, tout le secteur écoute
Au centre de la scène, les noms qui pèsent lourd. BlackRock IBIT a encaissé 317,8 M$ de sorties. Fidelity FBTC a perdu 168 M$. Côté Ethereum, BlackRock ETHA recule de 54,9 M$, et Fidelity FETH de 59,2 M$. Ce sont des montants qui ne se cachent pas dans un tableau : ils font du bruit.
Ce détail change aussi le récit côté crypto. En début janvier, le flux était plus stable, avec des entrées régulières. Ici, le basculement est net : on passe d’une logique d’accumulation à une logique de défense. Et quand les plus gros véhicules saignent en même temps, le marché comprend le message : les mains “professionnelles” ne cherchent pas un pari héroïque, elles cherchent une sortie ordonnée.
Autre point révélateur côté crypto : les sorties ne se limitent pas au duo BTC/ETH. Les ETF liés à XRP affichent aussi une fuite notable, autour de 92,92 M$. Pendant ce temps, les fonds Solana n’ont “que” 2,22 M$ de retraits. Ce contraste ne signifie pas que Solana est “invincible”, il suggère surtout que la réduction de risque se fait d’abord là où l’exposition est la plus lourde, la plus liquide, la plus institutionnelle.
Le facteur macro crypto : liquidité, peur et narratifs qui se fissurent
Dans cette baisse, Arthur Hayes a avancé une lecture macro : le recul du Bitcoin viendrait d’un drain de liquidité en dollars, lié à la gestion des réserves de cash et aux flux autour du Trésor américain. Qu’on adhère ou non à l’idée, le fil conducteur est crédible : la crypto adore les périodes où la liquidité circule facilement et elle déteste quand l’argent devient “cher” ou se raréfie.
C’est exactement ce que les ETF rendent visible. Ils ne disent pas seulement “les prix baissent”. Ils montrent comment le capital institutionnel réagit quand ça bouge trop vite. Les ETF sont un thermomètre. Quand la température monte, certains sortent de la pièce au lieu d’ouvrir la fenêtre.
