Crypto Afrique : 10 M R d’amendes pour les dirigeants d’ABC
La FSCA inflige 10 millions de rands d’amendes et 20 ans d’exclusion à trois responsables d’Africa Bitcoin Corporation pour des transactions de 2022.

La Financial Sector Conduct Authority (FSCA) reproche à trois responsables d’Africa Bitcoin Corporation, anciennement Altvest Capital, d’avoir coordonné des transactions ayant artificiellement soutenu le cours de l’action en septembre 2022. Le régulateur sud-africain leur impose 10 millions de rands d’amendes cumulées et 20 ans d’exclusion du secteur financier. Les trois contestent les conclusions. Africa Bitcoin Corporation elle-même n’a reçu aucune sanction.
La FSCA détaille quatre jours de transactions
Le dossier complète les premières sanctions contre trois responsables d’Africa Bitcoin Corporation rapportées par Bref Crypto. La FSCA donne désormais le cœur de son accusation : Warren Wheatley, Tatum Keshwar-Wheatley et Akshay Karan auraient coordonné des transactions sur l’action Altvest entre le 5 et le 8 septembre 2022.
Selon le régulateur sud-africain, ces opérations ont créé un prix artificiellement gonflé et une apparence fausse ou trompeuse de demande, d’offre ou d’activité sur le titre.
À l’époque, Altvest était coté sur le Cape Town Stock Exchange depuis seulement quelques mois et son action restait peu liquide. Sur ce type de marché, des volumes relativement modestes peuvent donc davantage influencer le prix affiché et donner une impression trompeuse de l’intérêt des investisseurs.
La FSCA estime que les faits contreviennent à la section 80 du Financial Markets Act de 2012, qui interdit précisément les pratiques créant une représentation fausse ou trompeuse de l’activité sur un titre coté.
Les sanctions atteignent 10 millions de rands
Les pénalités ne sont pas réparties également.
Warren Wheatley et WGW Capital doivent payer conjointement 5 millions de rands. WGW Capital détenait alors environ 34 % d’Altvest et Wheatley effectuait les transactions via le compte de trading de cette société.
Tatum Keshwar-Wheatley et Tatum Keshwar Investments écopent de 3 millions de rands. Son véhicule d’investissement possédait environ 17 % du capital d’Altvest. Akshay Karan reçoit pour sa part une pénalité de 2 millions de rands.
Total : 10 millions de rands.
Les trois personnes sont également exclues pendant 20 ans de certaines activités relevant du secteur financier sud-africain. Elles contestent les conclusions et prévoient de saisir le Financial Services Tribunal. En l’absence de suspension prononcée par celui-ci, les décisions restent applicables.
La réponse de l’entreprise est déjà visible. Wheatley a quitté le conseil, lui et Karan ont été placés en congé conservatoire, tandis que Stafford Masie assure désormais la direction par intérim.
L’affaire intervient alors que l’Afrique du Sud renforce parallèlement son encadrement des activités crypto et des transferts internationaux.
Le Bitcoin n’est pas à l’origine de l’affaire
Cette chronologie mérite d’être soulignée.
Les transactions sanctionnées datent de septembre 2022. Altvest n’a adopté sa stratégie de trésorerie Bitcoin et son identité Africa Bitcoin Corporation que plusieurs années plus tard, en 2025. L’affaire réglementaire ne concerne donc ni des achats de BTC ni une manipulation du marché Bitcoin.
C’est le principal élément à ne pas perdre dans les titres consacrés à ce dossier.
Africa Bitcoin Corporation est ensuite devenue la première société africaine cotée à adopter une stratégie de trésorerie centrée sur Bitcoin. En mai 2026, elle a rejoint le marché principal de la Johannesburg Stock Exchange. La JSE décrit un modèle associant une trésorerie Bitcoin et une activité de crédit aux PME africaines.
La société détenait récemment environ 5,53 BTC, alors qu’elle avait affiché l’ambition beaucoup plus large de lever jusqu’à 210 millions de dollars pour développer sa réserve. Son projet d’expansion internationale avait déjà rencontré un contretemps lorsque sa cotation prévue à Londres avait été retardée.
La FSCA précise surtout qu’aucune entité du groupe Africa Bitcoin Corporation n’a été sanctionnée dans cette procédure. Les décisions concernent les trois personnes et certaines sociétés d’investissement liées aux transactions de 2022.
Pour la Crypto Afrique, le dossier pose donc moins une question sur Bitcoin qu’une question de gouvernance. Une entreprise peut construire une stratégie de trésorerie en BTC et rester soumise aux mêmes exigences de transparence des marchés que n’importe quelle autre société cotée.


