Et derrière elle, le calendrier de Dijkstra et Leios.
Crypto : Cardano manque encore de votes
À moins de 30 heures de l’échéance, la situation est très différente selon les deux collèges.
Les DReps ne sont plus qu’à 0,7 point du seuil de 67 %. Pour les Stake Pool Operators, l’écart atteint encore 12 points. Intersect appelle donc les opérateurs de pools à voter avant la fermeture de l’action « Update Constitutional Committee 2026 ».
Ce vote constitue la dernière étape permettant d’installer les quatre candidats retenus lors de l’élection 2026 du Comité constitutionnel.
La gouvernance n’est plus un simple détail administratif chez Cardano. Depuis le hard fork Plomin, une partie importante des décisions concernant le protocole passe directement par ces mécanismes on-chain.
Cette évolution rappelle une question déjà visible dans d’autres débats crypto : quel poids donner aux différents participants lorsqu’un réseau doit modifier ses propres règles ?
Cardano pourrait bloquer sa propre gouvernance
Le problème vient du calendrier des mandats.
Certains membres actuels du Comité constitutionnel arrivent à leur terme. Sans renouvellement, le comité tomberait sous le committeeMinSize, désormais fixé à cinq membres.
Et là, plusieurs opérations deviennent impossibles à ratifier.
Retraits du Trésor. Modifications des paramètres. Changements constitutionnels. Initiation d’un hard fork.
Intersect avait justement fait réduire ce seuil de sept à cinq en juillet afin d’éviter qu’une seule vacance ne suffise à gripper tout le système. L’organisation explique dans sa mise à jour officielle sur la gouvernance Cardano qu’un échec de renouvellement peut malgré tout remettre le réseau dans cette situation.
Le paradoxe est assez savoureux : Cardano a construit l’une des gouvernances décentralisées les plus élaborées du marché crypto, et cette gouvernance dépend maintenant suffisamment de la participation pour pouvoir ralentir ses propres upgrades.
Cette échéance s’ajoute aux autres catalyseurs récemment surveillés autour de Cardano et d’ADA.
Dijkstra et Leios se retrouvent derrière le vote
Dijkstra constitue la prochaine grande étape technique de Cardano.
La première phase doit introduire Linear Leios ainsi que les Nested Transactions. Leios vise notamment à augmenter fortement la capacité du réseau en permettant de traiter davantage de données en parallèle plutôt que d’imposer tout le travail au bloc principal.
Les équipes Cardano visent toujours un déploiement de cette première phase sur le mainnet avant la fin de 2026. Une seconde étape intégrant Ouroboros Peras est prévue en 2027.
Le développement continue d’ailleurs normalement : les équipes travaillent déjà sur les clés BLS, les blocs Dijkstra, les transactions imbriquées et le prototype Leios.
Le risque n’est donc pas technique.
Sans Comité constitutionnel opérationnel, les actions de gouvernance nécessaires pour accompagner Dijkstra peuvent être retardées. Intersect reconnaît elle-même que l’échec du vote pourrait affecter le calendrier du hard fork.
Le vote arrive également alors que Cardano reste observé autour de ses principaux supports de marché. Mais son enjeu immédiat se trouve bien dans la capacité du réseau à faire fonctionner sa propre gouvernance.
Cardano n’a donc pas 30 heures pour « sauver son réseau ». Il a 30 heures pour éviter de créer lui-même un goulot d’étranglement au moment où l’un de ses upgrades les plus ambitieux approche.