Crypto : Hunter Biden nie avoir profité du crash de LAPTOP
Hunter Biden nie avoir profité du crash de LAPTOP. Nansen relève 117 800 $ de pertes sur un wallet et Bubblemaps surveille les détenteurs.

Hunter Biden assure n’avoir gagné « pas un seul dollar » avec LAPTOP après l’effondrement de plus de 95 % du memecoin lors de son lancement. Le fils de l’ancien président américain affirme également qu’aucun membre de son équipe n’a vendu ses tokens. Pendant ce temps, Nansen recense un wallet en perte latente de 117 800 dollars et Bubblemaps relève une concentration inhabituelle de nouveaux wallets parmi les principaux détenteurs.
Crypto : Hunter Biden dément tout profit
Le lancement de LAPTOP avait déjà démarré dans une atmosphère tendue. Avant même les premiers échanges, Kraken avait retiré une promotion et Base avait publiquement pris ses distances avec le memecoin.
Après le crash, les accusations ont rapidement changé de registre. Plusieurs utilisateurs sur X ont évoqué un possible « rug pull », c’est-à-dire un scénario dans lequel des initiés profitent de la liquidité apportée par les acheteurs avant de vendre massivement ou de retirer les fonds.
Hunter Biden nie catégoriquement.
Selon ses déclarations rapportées par Cointelegraph, les tokens attribués à l’équipe sont bloqués et personne de son côté n’aurait effectué de vente. « I, personally, have not made a single dollar », a-t-il affirmé mercredi.
Les documents du projet indiquent effectivement que 300 millions de LAPTOP, soit 30 % de l’offre totale d’un milliard de tokens, sont réservés aux fondateurs. Ces actifs restent bloqués pendant six mois avant une acquisition progressive sur les 24 mois suivants.
Cette structure ne permet donc pas, à elle seule, d’établir que Biden aurait profité directement du sommet initial.
Les bots accusés, 4 millions de tokens ajoutés
L’équipe donne une autre explication au mouvement spectaculaire du prix : une liquidité initiale insuffisante combinée à l’arrivée de sniper bots.
Ces programmes automatisés détectent l’ouverture d’un nouveau marché et exécutent des achats en quelques fractions de seconde. Lorsque le pool contient peu de liquidité, quelques transactions peuvent alors faire exploser artificiellement le prix avant que les premiers acheteurs ne commencent à revendre.
Dans son compte rendu officiel publié sur Medium, l’équipe affirme que LAPTOP avait été introduit dans son premier pool à 0,05 dollar. La demande et les bots auraient ensuite dépassé les capacités du market maker, produisant la hausse puis la chute brutale observées au lancement.
Pour stabiliser le marché, le projet prévoit d’injecter 4 millions de LAPTOP, soit 0,4 % de l’offre, comme incitations de liquidité sur Aerodrome.
Dix millions de tokens supplémentaires, équivalant à 1 % de l’offre initiale, doivent également être détruits dans le cadre du système de prédictions du projet.
L’épisode rappelle toutefois la mécanique extrêmement fragile des petites capitalisations. Bref Crypto avait observé un modèle différent avec Cyberleek, qui aurait extrait environ 250 000 dollars de son memecoin GTA VI en monétisant les volumes et les frais plutôt qu’en organisant nécessairement une vente brutale de tokens.
60 % des gros wallets étaient nouveaux
Les données on-chain empêchent néanmoins de refermer immédiatement le dossier.
Nansen a analysé plusieurs wallets ayant négocié LAPTOP. L’un affichait une perte latente de 117 800 dollars, un autre perdait environ 12 300 dollars. Deux autres comptes restaient dans le vert avec respectivement 13 100 et 1 800 dollars de gains latents. Aucun de ces quatre wallets n’avait encore vendu lors du relevé.
Sur 24 heures, Nansen comptabilisait surtout 46 675 transactions d’achat contre 16 038 ventes, avec 20 085 acheteurs uniques et seulement 8 714 vendeurs.
Bubblemaps ajoute un chiffre plus intriguant : 60 % des wallets figurant parmi les principaux détenteurs de LAPTOP n’avaient aucune activité antérieure. La société définit comme « fresh wallets » les adresses financées depuis moins de dix jours et indique que la majorité avait été alimentée le jour même du lancement.
Ce point mérite de rester exactement à sa place. Un wallet récent n’est pas une preuve d’insider trading. Il peut appartenir à n’importe quel trader ayant créé une nouvelle adresse spécifiquement pour participer au lancement.
Il ajoute néanmoins une couche de surveillance on-chain à une opération déjà contestée.
LAPTOP fournit ainsi une nouvelle illustration de la différence entre soupçon et preuve dans la crypto. Une chute de 95 %, des wallets récents et des traders lourdement perdants ne suffisent pas à démontrer un rug pull. Le glossaire de Bref Crypto réserve ce terme aux situations où l’équipe retire effectivement la liquidité ou vend massivement ses positions.
Pour l’instant, le fait établi est plus simple : Hunter Biden affirme n’avoir rien vendu et les allocations fondateurs annoncées sont verrouillées. Les données blockchain devront désormais déterminer si d’autres adresses liées au projet ont, ou non, bénéficié de l’explosion initiale.
Le crash est visible. L’enrichissement personnel de Hunter Biden, lui, n’est pas démontré.