Le calendrier législatif américain sur les cryptos vient de glisser. La loi clé sur la structure du marché crypto ne sera probablement pas examinée avant fin février, voire mars. En cause, un changement de priorité au Sénat, désormais concentré sur le logement et le pouvoir d’achat, sous l’impulsion politique de Donald Trump.
En bref :
- La loi américaine sur la structure du marché crypto est retardée à fin février ou mars.
- Le Sénat privilégie désormais les mesures sur le logement et le pouvoir d’achat.
- La régulation crypto avance, mais reste dépendante du calendrier politique.
Un texte crypto mis en pause plus longtemps que prévu
Le projet de loi sur la structure du marché crypto devrait être retardé de plusieurs semaines. En effet, la Senate Banking Committee a décidé de réorienter son agenda. Ainsi, le logement et l’accessibilité financière passent devant la régulation des actifs numériques.
Cette mise en pause intervient alors même que le Sénat américain venait de relancer officiellement les discussions autour d’une loi dédiée à la structure du marché crypto
Ce texte est pourtant stratégique. Il vise à clarifier le partage des rôles entre la SEC et la CFTC. Il doit aussi offrir un cadre plus lisible aux plateformes crypto opérant aux États-Unis. Son report n’est donc pas anodin. Il envoie un signal de prudence, voire d’hésitation, au marché.

Ce n’est pas la première fois que la crypto subit ce type de ralentissement à Washington. Mais le contexte politique actuel amplifie l’effet. La campagne présidentielle influence désormais directement les priorités législatives. Et la crypto n’est plus seule sur la table.
Le logement devient une urgence politique
La hausse des loyers et des taux hypothécaires pèse lourd sur les ménages américains. Donald Trump a décidé d’en faire un axe central de son discours économique.
Cette pression politique a poussé le Sénat à ajuster son agenda. La commission bancaire travaille désormais sur des mesures liées à l’offre de logements, au crédit immobilier et à la baisse des coûts pour les ménages. Dans ce contexte, la crypto apparaît comme un sujet moins urgent, du moins à court terme.
Donald Trump n’est pourtant pas hostile aux actifs numériques. Il a même récemment adopté un ton plus favorable envers le secteur. Mais sa priorité immédiate reste le pouvoir d’achat. La régulation crypto peut attendre quelques semaines de plus, sans coût électoral immédiat.
Ce choix montre à quel point la crypto progresse à Washington, mais elle reste sensible aux cycles politiques classiques. Logement, inflation et emploi passent toujours en premier.
Une incertitude persistante pour l’industrie crypto
Ce report crée un flou inconfortable pour les acteurs du secteur. Les plateformes, les émetteurs de tokens et les investisseurs institutionnels attendent des règles claires. Chaque mois de retard prolonge l’incertitude juridique.
Certaines entreprises y voient un risque. D’autres y trouvent un répit. Sans nouveau cadre, l’application actuelle des règles reste fragmentée. La SEC continue d’agir par enforcement, au cas par cas. Mais, la CFTC, elle, attend un mandat plus large.
Ce décalage peut aussi ralentir certaines décisions d’investissement. Les grands acteurs préfèrent souvent attendre un cadre stabilisé avant de déployer du capital aux États-Unis. À l’inverse, d’autres juridictions avancent plus vite, comme l’Union européenne avec MiCA.
Pour autant, ce report ne signifie pas un abandon. Les discussions techniques se poursuivent en coulisses. Les équipes parlementaires affinent le texte. Le débat n’est pas gelé, il est simplement repoussé.
Le retour du projet de loi fin février ou en mars reste une estimation. Le calendrier dépendra de l’évolution des débats sur le logement et des équilibres politiques internes. Un nouveau sujet prioritaire pourrait encore bousculer l’agenda.
