Le marché crypto paraît expliquer tout par un événement isolé, souvent simple déclencheur. Le 1er février, Ripple a débloqué 1 milliard de XRP, en pleine tempête.
En bref :
- Un milliard de XRP a été débloqué par Ripple, puis en partie reverrouillé, nuançant l’idée d’un dump.
- La chute de XRP s’explique surtout par l’effet Bitcoin et le stress macro, chaque annonce devenant un amplificateur de peur.
- Malgré la volatilité, Ripple continue de renforcer ses connexions avec la finance traditionnelle via des partenariats et de l’infrastructure.
Un milliard qui “sort”… mais pas forcément un milliard qui “inonde”
D’abord, les chiffres bruts. Quatre transferts consécutifs ont été repérés (400M, 100M, 400M, 100M), soit 1 milliard de XRP déplacés d’un bloc. Cela ressemble à une trappe qui s’ouvre sous le marché, et forcément, ça nourrit la narration “dump”.
Sauf que la mécanique de Ripple n’est pas un one-shot improvisé. Depuis 2018, Ripple débloque chaque mois environ 1 milliard de XRP pour soutenir la liquidité. D’ailleurs, ces usages ne sortent pas de nulle part : ils s’appuient aussi sur des partenariats qui se renforcent, comme lorsqu’ la plus grande banque turque consolide son alliance avec Ripple. Le marché connaît donc ce rituel… mais il continue de sur-réagir dès que le timing est mauvais.
Ensuite, 700 millions de XRP ont été reverrouillés, ce qui atténue l’idée d’une vente massive. Dit autrement : l’impact psychologique peut être énorme, même si l’impact net sur l’offre circulante est plus nuancé.
La chute de XRP n’est pas un accident isolé : effet Bitcoin
Le même mouvement s’est vu partout : quand Bitcoin éternue, le reste de la crypto attrape une grippe. Sur la séquence, Bitcoin est passé brutalement d’une zone autour de 87 876 $ à un plus bas proche de 75 393 $, déclenchant une vague de ventes sur l’ensemble du marché.
Plusieurs médias citent la nomination de Kevin Warsh à la Fed, jugé plus hawkish par des investisseurs. Dans un marché qui vit (encore) au rythme des anticipations de taux, ce genre de nouvelle agit comme un aimant à stress.
Dans ce contexte, XRP a glissé d’environ 1,80 $ vers 1,54 $, avant de revenir autour de 1,59 $ dans le rebond technique. Ce n’est donc pas juste “Ripple a débloqué” puis “XRP baisse” : c’est souvent “tout baisse” puis “chaque événement devient un amplificateur de peur”, même quand, en parallèle, Ripple continue d’étendre ses passerelles avec la finance traditionnelle, comme le montre Ripple et DXC qui connectent la blockchain au système bancaire mondial.
Ce que les traders lisent entre les lignes de Ripple
Le marché trade autant les perceptions que les faits. Un déblocage d’escrow, même routinier, peut être interprété comme un risque de pression vendeuse à court terme, surtout quand la liquidité se tend et que les positions à effet de levier se font rincer.
Les données on-chain (via des trackers de transferts) donnent de la matière aux récits. Mais elles ne disent pas toujours qui vend, combien, ni à quel rythme. Le retour en escrow d’une large partie des fonds rappelle que la “masse” annoncée ne correspond pas automatiquement à une “masse” vendue immédiatement.
Les releases mensuelles, connues d’avance, deviennent paradoxalement plus dangereuses quand le marché est fragile : elles offrent une date facile à commenter, à dramatiser… et donc à trader. Moralité : sur XRP, le prix ne raconte pas seulement une histoire de tokenomics. Il raconte aussi l’humeur du marché, la macro, et la vitesse à laquelle la peur se propage. (Ce texte est informatif, pas un conseil financier.)
