Le Sénat américain a mis Binance en joue. Accusée de laisser des entités iraniennes opérer sur sa plateforme en violation des sanctions américaines, la plus grande plateforme crypto au monde a choisi l’offensive plutôt que le silence. Sa réponse, documentée, chiffrée, sans concession, transforme un simple échange de courriers en bras de fer institutionnel.
En bref :
- Binance nie toute violation des sanctions iraniennes et conteste les preuves avancées par le Sénat américain.
- Deux plateformes suspectes, Hexa Whale et Blessed Trust, ont été retirées après coopération avec les autorités.
- La plateforme affiche 71 000 enquêtes traitées en 2025 et une exposition illicite réduite à 0,009 %.
Des allégations rejetées, des preuves réclamées
Le torchon brûle entre Binance et Washington. En février dernier, le sénateur Richard Blumenthal adressait une lettre cinglante à la plus grande plateforme crypto au monde, pointant du doigt ses failles supposées en matière de sanctions contre l’Iran. Binance a répondu officiellement, et sans détour.
Eleanor Hughes, conseillère juridique de Binance, a qualifié les allégations de « fausses et non étayées par des preuves crédibles ». La plateforme conteste notamment un chiffre clé : les fameux 2 000 comptes iraniens supposément actifs sur sa plateforme. Selon Binance, ce nombre s’expliquerait davantage par des tentatives de contournement via VPN que par une présence iranienne réelle.
Sur le fond, Binance rappelle ses règles en vigueur : vérification KYC obligatoire pour chaque compte, interdiction explicite d’accès aux résidents iraniens, et surveillance continue des transactions. Des procédures qui, selon elle, rendent les accusations infondées.
Deux entités retirées, des chiffres qui parlent
L’enquête du Sénat s’est concentrée sur deux acteurs précis : Hexa Whale et Blessed Trust, deux plateformes de trading indirectement exposées à des portefeuilles potentiellement liés à l’Iran. Binance a agi,mais de manière progressive et documentée.
Dès avril 2025, les forces de l’ordre alertent Binance sur des transactions suspectes, évoquant un possible lien avec le financement du terrorisme. La plateforme lance immédiatement un audit interne, transmet les journaux d’activité et les données KYC aux autorités. Hexa Whale est retirée en août 2025, Blessed Trust en janvier 2026.
Binance a également publié des données chiffrées impressionnantes : plus de 71 000 demandes d’enquête traitées en 2025, 752 millions de dollars d’actifs saisis en trois ans en coopération avec les autorités, et une exposition aux portefeuilles illicites réduite de 0,284 % à 0,009 % du volume d’échanges en 18 mois. Des résultats que la plateforme présente comme la preuve d’un engagement sérieux envers la conformité.
Avec plus de 1 500 employés dédiés à la conformité et des centaines de millions investis dans son infrastructure, Binance entend prouver qu’elle joue le jeu des régulateurs, même face à un Congrès américain de plus en plus scrutateur. Cette affaire illustre la tension permanente entre la nature décentralisée de la crypto et les exigences croissantes des États. La bataille réglementaire est loin d’être terminée.
