Tech Afrique : une bourse de 50 millions de nairas veut former 100 nouveaux talents
Codar Tech Africa lance une bourse de 50 millions de nairas pour former 100 Africains aux métiers technologiques. Candidatures jusqu’au 11 septembre.

50 millions de nairas pour 100 candidats africains. Codar Tech Africa ouvre un nouveau programme de bourses destiné aux débutants, étudiants et professionnels souhaitant se reconvertir dans les métiers technologiques.
Les candidats retenus auront accès à une formation technique, du mentorat et un réseau professionnel panafricain. La date limite de candidature est fixée au 11 septembre 2026.
Sur le papier, cela représente en moyenne 500 000 nairas de soutien par candidat si l’enveloppe était répartie uniformément.
L’intérêt du programme dépasse pourtant son montant. Au moment où l’IA augmente la demande de compétences numériques en Afrique, la bataille du continent commence aussi dans les salles de formation.
Tech Afrique : 100 candidats pour une enveloppe de 50 millions ₦
La bourse arrive dans un écosystème où l’Afrique attire du capital, mais le concentre désormais sur un nombre de plus en plus réduit d’entreprises.
Former les futurs salariés et fondateurs devient donc presque aussi important que financer les startups déjà créées.
Selon les informations publiées par TechMedia Africa sur le programme de Codar Tech Africa, l’enveloppe totale atteint 50 millions de nairas.
L’objectif est de sélectionner 100 personnes à travers l’Afrique.
Trois profils peuvent notamment candidater :
les débutants qui veulent entrer dans la tech ;
les étudiants qui souhaitent ajouter des compétences professionnelles à leur formation ;
les salariés ou professionnels qui veulent changer de carrière.
Aucun parcours d’ingénieur n’est présenté comme obligatoire.
Codar insiste davantage sur la motivation du candidat, son besoin de soutien financier et sa capacité à aller jusqu’au bout du programme.
La candidature comprend notamment une déclaration expliquant les ambitions professionnelles du candidat dans le secteur technologique.
La date limite est fixée au 11 septembre.
Les personnes sélectionnées doivent ensuite être contactées directement.
Le programme promet une formation structurée autour de compétences recherchées sur le marché, accompagnée par des professionnels du secteur.
Mentorat.
Travaux pratiques.
Communauté panafricaine.
Préparation au marché de l’emploi.
Cette combinaison compte.
Apprendre quelques commandes Python sur YouTube est relativement simple.
Devenir suffisamment compétent pour être recruté l’est beaucoup moins.
La formation professionnelle doit donc fournir autre chose qu’une accumulation de vidéos.
Projets.
Feedback.
Portfolio.
Réseau.
Et idéalement une expérience suffisamment proche des situations rencontrées dans une entreprise.
L’IA change déjà les compétences recherchées
Le marché tech de 2026 n’est plus celui de 2021.
Pendant longtemps, la promesse était relativement simple : apprendre le développement web, obtenir un premier emploi, puis progresser.
L’intelligence artificielle modifie cette trajectoire.
Un développeur junior peut aujourd’hui produire davantage de code avec Copilot, Claude, Codex ou d’autres assistants.
Les tâches les plus répétitives deviennent donc plus faciles à automatiser.
Cela ne signifie pas que les développeurs disparaissent.
Cela signifie que la barre d’entrée change.
Comprendre un problème.
Vérifier ce que produit l’IA.
Concevoir une architecture.
Déboguer.
Sécuriser une application.
Travailler avec des données.
Communiquer avec une équipe.
Ces compétences prennent davantage de poids.
L’Afrique commence justement à multiplier les programmes destinés à former davantage de spécialistes.
La Libye vise par exemple 10 000 professionnels de l’IA et 100 startups d’ici 2030.
L’Algérie investit également dans la formation universitaire et l’éducation virtuelle.
Le Ghana accueille un laboratoire appliqué de Google.
Le COMESA prépare maintenant une stratégie régionale sur l’IA et l’inclusion numérique.
Tout converge vers le même problème : le continent peut-il produire assez de personnes capables de construire la technologie qu’il veut adopter ?
Acheter un logiciel étranger reste toujours possible.
Posséder les compétences permettant de le modifier, le sécuriser ou construire une alternative locale est beaucoup plus stratégique.
C’est ici que les petits programmes de formation jouent un rôle souvent moins spectaculaire que les annonces de data centers.
Cent personnes ne transformeront pas à elles seules le marché du travail africain.
Mais les écosystèmes technologiques grandissent rarement à partir d’une seule initiative gigantesque.
Ils accumulent des cohortes.
Une centaine ici.
Un bootcamp ailleurs.
Une promotion universitaire.
Une startup qui forme ensuite ses propres ingénieurs.
Un ancien étudiant qui lance sa société.
La profondeur arrive progressivement.
La bourse ne garantit pas un emploi
Il faut toutefois éviter une promesse devenue trop fréquente dans la formation tech africaine.
Une bourse de formation ne garantit pas un poste.
Le marché s’est durci.
Les startups africaines lèvent de l’argent de manière beaucoup plus sélective qu’il y a quelques années. En avril, les levées étaient même tombées à seulement 110 millions de dollars.
Les entreprises cherchent donc davantage de profils immédiatement utiles.
La concurrence est aussi devenue mondiale.
Un développeur à Lagos ne concurrence plus uniquement les autres candidats de Lagos.
Il peut travailler à distance pour Londres ou Berlin.
Mais un développeur indien, brésilien ou européen peut également candidater au même poste.
La formation doit donc produire des compétences visibles.
Un certificat seul possède une valeur limitée.
Un bon portfolio peut en avoir beaucoup plus.
Pour les candidats, le programme de Codar sera réellement intéressant s’il permet de sortir avec des projets démontrables, une meilleure maîtrise des outils utilisés en entreprise et un réseau capable d’ouvrir des opportunités.
Le coût constitue également un enjeu.
L’enveloppe de 50 millions de nairas paraît importante.
Répartie théoriquement sur 100 bénéficiaires, elle correspondrait à environ 500 000 nairas par candidat.
Cela ne signifie pas nécessairement que chacun recevra cette somme en espèces.
Il s’agit d’un fonds consacré aux frais de formation.
La distinction doit être claire pour éviter une mauvaise compréhension de l’offre.
Le candidat gagne essentiellement un accès subventionné à une formation et aux services associés.
Pas un chèque de 500 000 nairas.
La valeur finale dépendra donc de la qualité réelle du programme.
Contenu.
Durée.
Mentors.
Projets.
Accompagnement après formation.
Taux de complétion.
Et surtout insertion professionnelle.
Le continent ne manque déjà plus de promesses autour des « compétences du futur ».
Il a besoin de résultats mesurables.
Cette bataille rejoint également le développement au Ghana de programmes destinés à transformer la recherche et les talents IA en produits commercialisables.
Former est la première étape.
Construire vient ensuite.
Puis vendre.
Pour Codar Tech Africa, la vraie réussite ne sera donc pas d’annoncer 100 boursiers.
Elle sera de savoir où ces 100 personnes se trouvent un an après la formation.
En bref
- Codar Tech Africa annonce un fonds de 50 millions de nairas pour financer des formations technologiques.
- 100 candidats africains doivent être sélectionnés.
- Le programme s’adresse aux débutants, étudiants et personnes souhaitant se reconvertir.
- Les bénéficiaires doivent obtenir formation technique, mentorat et accès à une communauté professionnelle.
- Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 11 septembre 2026.
- Les 50 millions de nairas représentent une enveloppe de formation, et non nécessairement un versement direct de 500 000 nairas à chaque bénéficiaire.

