Neel Kashkari ne mâche pas ses mots. Le président de la Fed de Minneapolis vient de déclarer que la crypto n’a servi à rien en dix ans, et que les stablecoins ne sont qu’un empilement de buzzwords. Pendant ce temps, l’IA, elle, « change déjà le monde ».
En bref
- Kashkari juge les cryptos « totalement inutiles » face à l’IA, déjà utile au quotidien.
- Il critique les stablecoins comme inefficaces pour les paiements, même internationaux.
- Il appelle à exiger des réponses claires à l’industrie crypto, sans se satisfaire du jargon.
Kashkari vs Crypto : le clash qui ne surprend personne
Soyons clairs : le président de la Réserve fédérale de Minneapolis, Neel Kashkari, n’a jamais été un ami de la crypto. Mais cette fois, il va encore plus loin. Lors du sommet Midwest Economic Outlook le 20 février 2026, il sort l’artillerie lourde, et visé juste au cœur de l’industrie.
Son argument est brutal dans sa simplicité : la crypto existe depuis plus d’une décennie. L’IA, depuis quelques années seulement. Et pourtant, c’est l’IA qu’on utilise chaque jour pas le Bitcoin pour payer son café. Pour Kashkari, la conclusion s’impose d’elle-même : une technologie qui n’a pas trouvé son usage en dix ans n’en trouvera probablement jamais.
Ce discours n’est pas anodin. Il intervient au moment précis où le Congrès américain débat d’une loi encadrant les stablecoins. Un timing qui ressemble fort à un tir de semonce institutionnel.
Stablecoins : Kashkari étrille le jargon de l’industrie
C’est sur les stablecoins que Kashkari frappe le plus fort, et le plus précisément. Il pose une question volontairement basique, presque provocatrice : « Qu’est-ce qu’un stablecoin peut faire que Venmo ou PayPal ne fait pas déjà ? »
Résultat ? Du vide habillé en technologie. À chaque fois qu’il pose cette question à des acteurs du secteur, il récolte ce qu’il appelle sans détour « un ramassis de mots à la mode », dépôts tokenisés, rails de paiement décentralisés, et autres formules creuses qui sonnent bien mais n’expliquent rien.
Il enfonce le clou avec un exemple concret et personnel : son beau-père aux Philippines. Même en recevant des stablecoins en quelques secondes, il doit quand même passer par une conversion en monnaie locale, avec des frais. La friction ne disparaît pas, elle se déplace. Et tant que chaque pays défend sa souveraineté monétaire, les stablecoins ne changeront pas la donne pour les transferts internationaux.
Son message final est une invitation directe à la méfiance : « Posez les questions les plus élémentaires, et n’acceptez pas des réponses confuses. »
Les propos de Kashkari ne sont pas une surprise venue d’un régulateur traditionnel, mais leur timing est stratégique. Alors que les stablecoins gagnent du terrain politique à Washington, la Fed réaffirme son scepticisme. Le vrai défi pour l’industrie crypto reste le même : convaincre non pas avec des mots, mais avec des usages réels.
