Vodacom signe une forte progression annuelle. Le groupe sud-africain profite de son expansion en Afrique, de la fintech et d’une base clients plus large, malgré un marché domestique moins brillant.
Une hausse du profit qui confirme le virage continental
Vodacom a vu son bénéfice annuel grimper de 22,9 % sur l’exercice clos au 31 mars 2026. Le groupe télécom a porté son bénéfice par action ajusté, ou HEPS, à 10,53 rands, contre 8,57 rands un an plus tôt. Cette progression intervient alors que la croissance de ses activités africaines compense le recul observé en Afrique du Sud, son marché historique.
Le signal est net. Vodacom n’est plus seulement une histoire sud-africaine. Le groupe ressemble de plus en plus à une plateforme panafricaine, construite autour de la connectivité, des paiements mobiles et des services numériques. Cette logique rejoint le mouvement plus large de souveraineté numérique visible dans le projet de satellite régional en Afrique de l’Est.
Le dividende final suit la même direction. Vodacom a annoncé 405 cents par action, un choix qui montre que la direction veut aussi parler aux actionnaires. Le message est simple : la croissance africaine ne sert pas seulement à gonfler les volumes. Elle commence à produire du rendement.
L’Afrique hors Afrique du Sud devient le vrai moteur
Le chiffre d’affaires annuel de Vodacom a atteint 167,7 milliards de rands, en hausse de 10,1 %. Les revenus de services ont progressé de 10,6 %, à 133,6 milliards de rands. Sur une base normalisée, la hausse monte même à 12,9 %.
Cette performance repose sur plusieurs marchés. Vodacom cite notamment l’Égypte, la Tanzanie, la RDC et le Lesotho parmi les moteurs de croissance. C’est un détail important. La dynamique ne dépend pas d’un seul pays. Elle vient d’un portefeuille plus large, donc moins fragile.
L’Égypte se distingue particulièrement. Vodacom indique que les revenus de services y ont progressé de 36,2 % en monnaie locale, tandis que l’EBITDA a bondi de 44,5 %. Cette contribution pèse désormais lourd dans l’équilibre du groupe. Elle donne aussi une marge face à une Afrique du Sud plus mature.
La fintech change la valeur du modèle Vodacom
La vraie bascule se joue aussi dans les services financiers. Vodacom a vu ses revenus financiers progresser de 19,6 %, à 16,8 milliards de rands. Ils représentent désormais 12,6 % des revenus de services du groupe.
Ce n’est plus un simple complément au métier télécom. La fintech devient une colonne vertébrale. Paiements, assurance, épargne, crédit et services marchands élargissent la relation avec le client. Le téléphone n’est plus seulement un canal de communication. Il devient un portefeuille, une agence et parfois une première porte vers l’économie formelle.
Vodacom revendique 103 millions de clients dans les services financiers, en incluant Safaricom sur une base de 100 %. Le volume traité est tout aussi parlant : 525,6 milliards de dollars de transactions sur l’année, en hausse de 16,6 %. À cette échelle, la fintech africaine n’est plus une promesse. C’est déjà une infrastructure.
Ce glissement rapproche les télécoms des banques. Il complète une autre transformation du secteur financier africain, visible avec la montée en puissance de Rawbank en RDC ou avec l’entrée de BGFI Holding à la BVMAC. Les réseaux, les paiements et les marchés de capitaux commencent à se répondre.
Safaricom, fibre et Vision 2030 : Vodacom prépare l’étape suivante
Vodacom a ajouté 26 millions de clients sur l’exercice, portant sa base totale à 237,3 millions dans huit marchés. Ce chiffre dépasse largement son objectif annuel lié à Vision 2030. Le groupe relève donc son ambition à 275 millions de clients d’ici 2030.
Safaricom reste une pièce stratégique. L’opérateur kényan a enregistré une croissance de 11,5 % de ses revenus de services en shillings, avec un EBITDA en hausse de 27,9 %. Sa contribution au résultat opérationnel de Vodacom a atteint 4,6 milliards de rands. La montée en puissance de l’Éthiopie ajoute une autre piste de croissance, même si le marché reste en construction.
Le groupe avance aussi sur la fibre avec Maziv en Afrique du Sud. L’objectif est clair : ne plus dépendre uniquement du mobile. Vodacom veut renforcer les services fixes, l’IoT, le digital et la finance. Ce mouvement paraît logique. En Afrique, la prochaine bataille télécom ne se jouera pas seulement sur les minutes ou les données. Elle se jouera sur l’écosystème complet autour du client.
En bref
- Vodacom affiche un bénéfice annuel en hausse de 22,9 %.
- La croissance vient surtout de l’Afrique, de la fintech et de Safaricom.
- Le groupe prépare une phase plus large autour de Vision 2030.
