Capital B accélère sa stratégie Bitcoin avec une levée de 15,2 millions d’euros, soit environ 17,8 millions de dollars. L’opération, soutenue par Adam Back et TOBAM, pourrait permettre à la société française d’ajouter 182 BTC à sa trésorerie. Le signal est clair : malgré un marché plus prudent, certains acteurs cotés continuent de traiter Bitcoin comme une réserve stratégique, pas comme une simple ligne spéculative.
Capital B renforce sa trésorerie Bitcoin
Capital B vient de boucler un placement privé de 15,2 millions d’euros auprès d’investisseurs institutionnels. Parmi eux figurent Adam Back, patron de Blockstream, et TOBAM, gestionnaire d’actifs basé à Paris. La société présente cette opération comme un accélérateur de sa stratégie de « Bitcoin Treasury Company ».
Cette stratégie s’inscrit dans un mouvement plus large des sociétés cotées qui utilisent Bitcoin comme actif de bilan. Aux États-Unis, Strategy de Michael Saylor reste le modèle le plus visible, même si son approche devient plus complexe avec les dividendes et les instruments préférentiels.
Le mécanisme choisi n’est pas anodin. Capital B émet des actions avec bons de souscription attachés. Chaque titre donne accès à quatre bons. L’ensemble ouvre donc la porte à une levée beaucoup plus large si les warrants sont exercés. Ce montage donne de l’oxygène immédiat, tout en laissant une option de financement futur.
Selon la société, les fonds levés, combinés aux opérations en cours, pourraient financer l’achat de 182 bitcoins supplémentaires. Ses avoirs passeraient alors potentiellement de 2 943 BTC à 3 125 BTC. Ce n’est pas un saut géant. Mais dans une stratégie d’accumulation, chaque palier compte.
Un financement pensé pour durer
L’intérêt de cette opération dépasse le simple montant levé. Si tous les bons de souscription liés à la transaction étaient exercés, Capital B pourrait obtenir 99,1 millions d’euros supplémentaires. Cela passerait par l’émission de plus de 92 millions d’actions ordinaires.
Les prix d’exercice sont échelonnés. Ils vont de 0,86 euro à 1,46 euro selon les catégories de bons. Cette structure crée une sorte de marche financière. Si le marché suit, l’entreprise peut renforcer ses fonds propres. Si le titre reste sous pression, l’effet sera plus limité.
Le pari reste donc double. Capital B mise sur Bitcoin, mais aussi sur la capacité de son action à attirer de nouveaux capitaux. C’est une mécanique connue des sociétés de trésorerie Bitcoin. Elles ne se contentent pas d’acheter du BTC. Elles transforment leur action en véhicule d’exposition au Bitcoin.
Une position européenne encore modeste, mais visible
Capital B détient actuellement 2 943 BTC, selon les données de Bitcoin Treasuries. Cela la place au 25e rang mondial des sociétés cotées détenant du Bitcoin. En Europe, elle reste derrière Bitcoin Group SE, qui affiche 3 605 BTC.
Même avec 182 BTC supplémentaires, Capital B ne dépasserait donc pas encore son concurrent allemand. Mais l’écart se resserrerait. Et surtout, la société française confirme une ligne constante. Elle ne vend pas son récit Bitcoin au marché. Elle continue de l’alimenter avec des opérations concrètes.
Ce point compte dans un secteur où plusieurs entreprises deviennent plus défensives. Certaines cherchent à couvrir leurs avoirs. D’autres réduisent leur dette ou vendent une partie de leur trésorerie. Capital B choisit une autre voie. Elle assume encore l’accumulation, avec les risques que cela implique.
Le contraste est net avec des sociétés plus contraintes, comme Sequans et sa trésorerie Bitcoin sous pression. La leçon est simple : une stratégie BTC fonctionne mieux quand l’accès au capital reste ouvert.
Adam Back, TOBAM et le signal envoyé au marché
La présence d’Adam Back donne une couleur particulière à cette levée. Son nom parle directement à l’écosystème Bitcoin. Il ne garantit rien, bien sûr. Mais il renforce la crédibilité narrative de Capital B auprès des investisseurs les plus proches de la culture BTC.
TOBAM apporte un autre type de signal. Son profil institutionnel inscrit l’opération dans un cadre plus financier. Capital B ne cherche donc pas seulement l’adhésion des bitcoiners historiques. Elle tente aussi de convaincre le capital traditionnel que Bitcoin peut devenir un actif de bilan structuré.
Le marché a plutôt bien accueilli l’annonce, avec une progression du titre après la publication. Mais il faut rester lucide. L’action reste volatile, et l’accumulation de Bitcoin expose fortement la société aux cycles du BTC. Si le marché repart, l’effet levier peut séduire. Si le marché se retourne, la pression peut revenir vite.
Ce pari français arrive aussi dans une période où Bitcoin retrouve une place centrale dans les allocations. Le débat autour de l’après-cycle 2021-2024 montre que les investisseurs reviennent plus exigeants : ils regardent moins les slogans et davantage la structure financière.
En bref
- Capital B a levé 17,8 millions de dollars pour renforcer sa trésorerie Bitcoin.
- L’opération pourrait lui permettre d’ajouter 182 BTC à ses réserves.
- Le pari reste offensif, alors que d’autres sociétés Bitcoin deviennent plus prudentes.
