Le pétrole a reculé après la décision de Donald Trump de suspendre une attaque prévue contre l’Iran. Ce repli donne un peu d’air aux marchés, mais il ne règle rien. Le risque reste entier autour du détroit d’Ormuz, des stocks américains et d’une diplomatie encore fragile.
Une baisse du pétrole Iran qui ressemble plus à une respiration qu’à un retournement
Cette détente reste fragile, car le détroit d’Ormuz demeure le vrai nerf du risque pétrolier entre l’Iran et Trump. Les cours du pétrole ont chuté de près de 2 % mardi en début de séance asiatique.
Le Brent pour livraison en juillet est tombé à 110,12 dollars le baril, tandis que le WTI américain de juin reculait à 108,36 dollars. Cette baisse est intervenue après que Trump a déclaré avoir mis en pause une action militaire contre l’Iran pour laisser une chance aux négociations, selon Reuters.
Le marché a donc réagi vite. Mais il n’a pas paniqué à l’envers. Les prix restent élevés, car la prime géopolitique n’a pas disparu. Elle a seulement perdu un peu de pression, comme une soupape ouverte quelques minutes dans une salle trop chaude.
La veille, les deux références avaient touché leurs plus hauts niveaux depuis début mai ou fin avril. Cela montre que les traders ne lisent pas la pause américaine comme une paix. Ils la lisent comme un délai.
Trump tente la négociation, le marché attend des preuves
Donald Trump a affirmé qu’il existait une “très bonne chance” d’obtenir un accord avec l’Iran pour empêcher Téhéran de se doter d’une arme nucléaire. Cette déclaration a pesé sur les prix, car elle réduit temporairement le scénario d’un choc militaire immédiat.
Mais une phrase ne suffit pas à calmer durablement le brut. Les analystes cités par Reuters estiment que le marché veut savoir si cette pause marque une vraie désescalade ou seulement un geste tactique. C’est toute la nuance. Le pétrole n’aime pas les demi-promesses.
L’opinion américaine ajoute une contrainte politique. Une majorité d’Américains souhaite une sortie rapide du conflit avec l’Iran, mais doute d’un accord proche. Ce climat rejoint le pari fragile d’une paix États-Unis-Iran surveillé par les marchés.
Ormuz reste le vrai bouton rouge du pétrole
Le point le plus sensible reste le détroit d’Ormuz. Reuters rappelle que ce passage clé transporte environ un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz naturel liquéfié. Le conflit au Moyen-Orient a fortement perturbé ce corridor, ce qui maintient les marchés sous tension.
Même avec une pause militaire, les opérateurs surveillent donc les flux de tankers. Les mots de Trump comptent. Mais les navires, eux, comptent davantage. Si les mouvements restent bloqués, la baisse actuelle peut s’effacer très vite.
L’Iran a aussi transmis une nouvelle position aux États-Unis via le Pakistan, selon Reuters. Mais les détails restent flous. Un responsable pakistanais a évoqué une progression lente. Autrement dit, la diplomatie existe, mais elle avance avec des chaussures de plomb.
Ce risque maritime est aussi devenu un thème financier à part entière, comme le montre l’idée d’une assurance maritime libellée en bitcoin pour le détroit stratégique. Quand Ormuz tremble, ce n’est jamais seulement une histoire de barils.
Stocks américains, sanctions et nervosité durable
Un autre facteur soutient les prix : les réserves américaines. Les États-Unis ont retiré 9,9 millions de barils de leur réserve stratégique la semaine précédente. Les stocks sont tombés à environ 374 millions de barils, leur plus bas niveau depuis juillet 2024.
Ce chiffre affaiblit l’idée d’un marché confortable. Washington peut amortir une partie du choc, mais pas indéfiniment. Plus les réserves baissent, plus chaque nouvelle tension au Moyen-Orient devient explosive pour les prix.
La question des sanctions ajoute encore du brouillard. L’agence iranienne Tasnim a affirmé que Washington aurait accepté d’alléger certaines restrictions sur les exportations pétrolières iraniennes pendant les discussions. Un responsable américain l’a démenti. Le marché, lui, déteste ce genre de contradiction.
Cette nervosité dépasse le marché énergétique. Un pétrole cher pèse aussi sur les actifs risqués, comme on l’a vu lorsque le pétrole à 110 dollars a étouffé Ethereum. Si la prime géopolitique revient, les cryptos et les marchés actions peuvent vite reperdre l’air gagné.
En bref
- Le pétrole recule après la pause militaire annoncée par Trump.
- Mais Ormuz et les stocks américains maintiennent une forte tension.
- La diplomatie avance, sans encore rassurer durablement le marché.
