Singapour durcit son contrôle sur les acteurs crypto. La Monetary Authority of Singapore a révoqué la licence de paiement de Bsquared Technology Pte Ltd, aussi appelée BSQ, après avoir relevé plusieurs manquements réglementaires. La décision est effective depuis le 14 mai 2026, selon le régulateur singapourien.
La licence crypto de Bsquared tombe à Singapour
Cette décision rappelle que les grands hubs financiers veulent encadrer les actifs numériques sans perdre le contrôle des risques. La sanction est nette : Bsquared n’est plus autorisée à fournir des services de jetons de paiement numérique à Singapour. La société détenait une Major Payment Institution Licence, un statut important pour opérer dans le secteur des paiements et des services crypto sous supervision locale.
Dans son communiqué officiel, la MAS indique avoir révoqué la licence de Bsquared Technology Pte Ltd avec effet au 14 mai 2026. Le régulateur reproche à l’entreprise plusieurs manquements touchant la gouvernance, la gestion des risques, les conflits d’intérêts et l’externalisation.
Selon Cointelegraph, l’autorité monétaire singapourienne a également pointé des informations fausses ou trompeuses fournies à plusieurs reprises. Cela aurait commencé dès la demande de licence et se serait poursuivi pendant l’inspection sur site.
Une licence crypto n’est pas un simple badge
À Singapour, une licence crypto ne sert pas seulement à rassurer les clients. Elle impose un cadre. Elle oblige les entreprises à maintenir des contrôles solides, une gouvernance claire et une capacité réelle à gérer les risques.
Le Payment Services Act 2019 encadre les prestataires de paiement dans la cité-État. MAS le présente comme un cadre flexible et tourné vers l’avenir pour réguler les systèmes de paiement et les fournisseurs de services de paiement.
Dans ce contexte, la révocation de Bsquared envoie un signal simple. Les ambitions crypto restent acceptées à Singapour, mais pas au prix d’une gouvernance légère. Le régulateur veut des entreprises capables de prouver ce qu’elles déclarent.
Ce message rejoint d’autres marchés où la conformité devient plus décisive que le simple récit d’innovation, comme dans le cadre canadien sur la garde crypto.
Le traitement des fonds clients sous surveillance
MAS a demandé à Bsquared de fournir un certificat de clôture établi par ses auditeurs. Ce document doit confirmer que tous les fonds des clients ont été retournés aux bénéficiaires concernés. La société a indiqué au régulateur qu’elle ne détenait plus d’actifs clients en attente.
Cette exigence n’est pas un détail administratif. Elle montre que le régulateur veut fermer proprement le dossier. Dans la crypto, les sorties de marché mal contrôlées peuvent vite devenir explosives, surtout lorsque des fonds d’utilisateurs restent bloqués.
MAS a aussi précisé qu’il examinait les responsabilités des dirigeants clés de BSQ. Cette phrase pèse lourd. Elle suggère que l’affaire ne se limite pas à une erreur de procédure, mais pourrait toucher la conduite interne de l’entreprise.
Singapour garde une ligne dure, mais pas anti-crypto
Cette décision ne signifie pas que Singapour tourne le dos aux actifs numériques. Au contraire, le pays reste l’un des hubs crypto les plus structurés d’Asie. Des entreprises comme Coinbase, Ripple ou Crypto.com y ont développé une présence importante.
Mais Singapour veut éviter l’image d’un refuge facile pour les acteurs fragiles. La stratégie est plus fine. Attirer les entreprises sérieuses, filtrer les autres, et protéger la crédibilité de son marché financier.
La révocation de Bsquared illustre donc une tendance plus large. Les régulateurs ne regardent plus seulement les promesses technologiques. Ils regardent les contrôles internes, la qualité des déclarations et la capacité des plateformes à respecter leurs engagements.
Ce durcissement réglementaire fait écho à la pression observée aux États-Unis, où la loi américaine sur la structure du marché crypto cherche aussi à clarifier les responsabilités.
En bref
- Singapour a révoqué la licence crypto de Bsquared pour manquements réglementaires.
- MAS reproche à l’entreprise des faiblesses de gouvernance et des informations trompeuses.
- Le pays confirme une ligne pro-innovation, mais stricte sur la conformité.
