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    Accueil » Or artisanal en Afrique : les États veulent reprendre la main
    Afrique

    Or artisanal en Afrique : les États veulent reprendre la main

    Guy GomezBy Guy Gomez20 mai 2026Aucun commentaire4 Mins Read
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    Mineur artisanal africain tenant une pépite d’or face à des autorités et une balance
    L’or artisanal devient un enjeu de souveraineté économique pour plusieurs États africains.
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    L’or artisanal en Afrique devient un dossier stratégique pour plusieurs gouvernements. La hausse des prix transforme une activité longtemps tolérée, parfois ignorée, en levier d’exportation, de réserves monétaires et de contrôle public. Le Ghana, la Zambie, le Burkina Faso et la RDC accélèrent donc la formalisation du secteur, mais le chantier reste fragile.

    Une ruée vers l’or artisanal en Afrique qui change de dimension

    Cette reprise en main rejoint la bataille de la RDC pour mieux contrôler ses minerais stratégiques. L’or artisanal n’est plus seulement une économie de survie. Il devient une économie d’État. Cette bascule se voit surtout dans les pays où les volumes exportés commencent à peser lourd dans les comptes publics.

    En Zambie, ZCCM-IH a créé Kyalo Goldfields Limited avec Mining Mineral Resources. La société publique détient 51 % de cette coentreprise, destinée à développer les ressources aurifères de Kikonge, dans le nord-ouest du pays. Reuters précise que l’objectif est aussi de formaliser l’activité artisanale et de mieux encadrer la sécurité locale.

    Ce modèle montre une chose simple : les États ne veulent plus regarder l’or sortir par des circuits parallèles. Ils veulent organiser les mineurs, contrôler les achats, retenir plus de valeur et réduire les pertes liées à la contrebande.

    Le Ghana donne le ton, la RDC suit sa voie

    Le Ghana reste l’exemple le plus visible. GoldBod a dépassé son objectif de 100 tonnes d’or artisanal exportées en 2025, avec plus de 10 milliards de dollars de recettes annoncées, selon MyJoyOnline. Ce chiffre explique pourquoi le modèle attire l’attention d’autres pays africains.

    Le pays va plus loin. Sa banque centrale veut désormais acheter 30 % de la production annuelle des grands mineurs pour renforcer ses réserves. Reuters indique que les réserves d’or du Ghana atteignaient 19,2 tonnes en février 2026, avec un objectif de 157 tonnes d’ici 2028.

    La RDC avance avec une logique proche, mais sur un terrain plus complexe. Le pays veut mieux capter l’or artisanal, réduire la fraude et accroître les devises rapatriées. La raffinerie pilote de Kalemie, lancée en mars 2026, doit soutenir cette ambition. DRC Gold Trading vise entre 15 et 18 tonnes d’exportations d’or artisanal en 2026.

    Le prix de l’or pousse les États à agir

    Le moteur de cette accélération reste le prix de l’or. Même après un recul récent, le métal jaune évolue à des niveaux historiquement élevés. Reuters rapportait le 20 mai 2026 un prix autour de 4 472 dollars l’once, malgré la pression du dollar et des rendements américains.

    À ces niveaux, l’or artisanal devient trop important pour rester informel. Chaque gramme non déclaré représente une perte fiscale, une sortie de devises et un trou dans la traçabilité. Pour les banques centrales, c’est aussi une occasion rare de transformer une ressource locale en réserve stratégique.

    Cette logique rappelle que les finances publiques africaines dépendent souvent d’un équilibre délicat entre nouvelles recettes et crédibilité budgétaire, comme le montre le cas du Sénégal face à la dette et aux recettes pétrolières.

    Mais le prix élevé crée aussi un effet pervers. Il attire plus de mineurs, plus d’intermédiaires et parfois plus de réseaux illégaux. Plus l’or monte, plus la formalisation devient urgente. Mais elle devient aussi plus difficile.

    Formaliser ne suffit pas encore

    Le vrai test n’est pas d’ouvrir des bureaux d’achat. Le vrai test est de rendre ces bureaux plus attractifs que les circuits informels. Si les prix officiels sont trop bas, les mineurs vendront ailleurs. C’est mécanique.

    La traçabilité reste aussi un point sensible. Acheter de l’or artisanal ne garantit pas qu’il provient d’un site responsable. Il faut des données, des contrôles, des registres fiables et une connexion réelle entre les comptoirs, les autorités minières et les banques centrales.

    L’enjeu dépasse la simple comptabilité publique. Les filières opaques peuvent aussi nourrir des fraudes transfrontalières, comme l’a montré l’affaire de la fausse vente d’or payée en USDT au Kenya. Plus la chaîne officielle est faible, plus les intermédiaires douteux trouvent de l’espace.

    Enfin, la sécurité des mineurs ne doit pas être oubliée. La formalisation ne peut pas seulement servir les exportations. Elle doit aussi réduire l’usage du mercure, améliorer les conditions de travail et limiter les accidents. Sinon, l’État récupère la valeur, mais laisse le risque aux plus vulnérables.

    En bref

    • L’or artisanal devient un actif stratégique pour plusieurs États africains.
    • La formalisation peut augmenter les recettes, mais seulement si elle reste compétitive.
    • La traçabilité sera le vrai juge de cette nouvelle ruée vers l’or.
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    Guy Gomez

    Guy Gomez est analyste et journaliste spécialisé en cryptomonnaies chez BrefCrypto. Ses articles se distinguent par une lecture experte des marchés, intégrant cycles, psychologie des investisseurs et rapports de force macro-économiques. Il analyse avec précision les enjeux réglementaires internationaux, en évaluant leur impact concret sur Bitcoin, les altcoins et l’adoption institutionnelle. Guy Gomez accorde une place centrale aux risques systémiques et à la sécurité, en décortiquant les mécanismes de fraude, d’ingénierie sociale et les erreurs récurrentes des investisseurs. Il apporte enfin un regard stratégique sur l’Afrique, où il étudie l’équilibre entre régulation, souveraineté financière et usages réels des crypto-actifs.

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