L’action d’Avalanche Treasury a perdu environ 73 % depuis son premier cours de clôture au Nasdaq. Introduite en Bourse le 11 juin après une fusion évaluée à 675 millions de dollars, la société subit la chute d’AVAX et les inquiétudes entourant ses finances. Son modèle de trésorerie crypto traverse déjà un test brutal.
Avalanche Treasury chute dès ses débuts au Nasdaq
Avalanche Treasury devait offrir aux investisseurs une exposition réglementée à l’écosystème Avalanche. L’entreprise est entrée au Nasdaq sous le symbole AVAT après son rapprochement avec Mountain Lake Acquisition Corp, une société d’acquisition spécialisée.
L’accueil du marché a pourtant été glacial. L’action a clôturé sa première séance à 1,85 dollar, en baisse de plus de 38 %. Elle est ensuite tombée autour de 0,50 dollar, ce qui représente un recul proche de 73 % depuis cette clôture initiale.
Cette chute montre que le marché ne valorise pas AVAT comme une simple copie d’AVAX. Les investisseurs intègrent aussi les pertes, la liquidité, les risques de dilution et la capacité de l’entreprise à financer sa stratégie.
Avalanche Treasury affirme vouloir investir dans les validateurs, les partenariats et les projets construits sur le réseau. Elle ambitionne également d’acquérir plus d’un milliard de dollars d’AVAX à long terme. Pour l’instant, la Bourse sanctionne surtout son exposition au token.
Les réserves d’AVAX perdent plus de 140 millions
Au 31 mars, Avalanche Treasury détenait 13,79 millions d’AVAX. Leur coût d’acquisition atteignait environ 265,29 millions de dollars. Leur juste valeur n’était plus que de 122,76 millions.
L’écart dépasse 142 millions de dollars. Il ne correspond pas entièrement à la perte du premier trimestre, car une partie de la dépréciation avait déjà été comptabilisée auparavant. Entre décembre et mars, l’entreprise a enregistré une perte latente supplémentaire de 46,2 millions.
Elle détenait également 1,18 million de stAVAX. Ces tokens issus du staking affichaient une valeur comptable de 10,19 millions de dollars, contre un coût initial de 15,25 millions. Une dépréciation de 5,1 millions a donc été enregistrée.
Les revenus du staking ont atteint environ 2,1 millions de dollars durant le trimestre. Ce rendement reste faible face à la volatilité des réserves. Une baisse rapide d’AVAX peut effacer en quelques jours plusieurs mois de récompenses.
Avec AVAX autour de 6,67 dollars, la pression demeure forte. Si le nombre de tokens n’a pas changé depuis mars, les réserves classiques d’AVAX vaudraient désormais environ 92 millions de dollars. Cette estimation ne tient pas compte des mouvements ultérieurs ni des restrictions de transfert.
Une alerte financière désormais officiellement levée
Les comptes du premier trimestre font apparaître une perte nette de 26,78 millions de dollars. Avalanche Treasury disposait alors de 1,22 million de dollars en liquidités et affichait un déficit de fonds de roulement de 9,06 millions.
Dans ces conditions, la direction avait exprimé un doute sérieux sur la capacité de l’entreprise à poursuivre ses activités pendant les douze mois suivants. Cette formule comptable a fortement attiré l’attention après la publication du rapport.
La situation doit toutefois être nuancée. L’avertissement avait été établi avant la finalisation de la fusion. À cette époque, le financement dépendait encore du vote des actionnaires et de plusieurs conditions de clôture.
La fusion a finalement été réalisée le 11 juin. Avalanche Treasury affirme que les capitaux et les prêts obtenus permettent désormais de couvrir ses besoins pendant au moins douze mois. La direction considère donc que le doute sur la continuité d’exploitation est levé.
Cette amélioration ne supprime pas les risques. La société devra encore financer son fonctionnement, développer ses services et éventuellement lever de nouveaux capitaux. Des émissions supplémentaires d’actions pourraient diluer les actionnaires existants.
Le modèle des trésoreries crypto montre ses limites
Avalanche Treasury présente sa stratégie comme un investissement dans un écosystème, et non comme un simple pari sur le prix d’AVAX. Ses résultats montrent pourtant que la valeur du token domine encore largement ses comptes.
Une trésorerie concentrée sur un seul actif amplifie les mouvements. Lorsque le token progresse, la valeur comptable et l’action peuvent monter rapidement. Lorsqu’il chute, les pertes se transmettent au bilan et à la confiance des investisseurs.
Certaines réserves d’AVAX sont également soumises à des restrictions pouvant durer jusqu’à cinq ans. Cette structure réduit le risque de ventes forcées, mais elle limite aussi la capacité de l’entreprise à mobiliser rapidement ses actifs.
Le problème ne concerne pas uniquement Avalanche. Plusieurs entreprises cotées ont adopté des stratégies centrées sur Bitcoin, Ethereum ou d’autres tokens. Leur succès dépend de leur capacité à lever des fonds lorsque le marché reste favorable.
AVAT devient ainsi un avertissement pour le secteur. Détenir une grande réserve crypto ne suffit pas à justifier une valorisation élevée. Le marché exige aussi une activité rentable, une liquidité solide et une stratégie capable de fonctionner lorsque le token baisse.
Avalanche Treasury voulait créer une nouvelle porte d’entrée institutionnelle vers Avalanche. Trois semaines après son arrivée au Nasdaq, son action raconte déjà une autre histoire : la Bourse accepte l’exposition crypto, mais refuse d’ignorer son risque.
En bref
- L’action AVAT a chuté d’environ 73 % depuis ses débuts.
- Les réserves d’AVAX ont perdu une grande partie de leur valeur.
- La fusion a amélioré la liquidité sans éliminer les risques.
