Le dollar reste coincé entre deux forces contraires. Le ralentissement de l’inflation américaine éloigne une hausse immédiate des taux de la Fed. Mais les tensions entre Washington et Téhéran soutiennent encore la devise américaine grâce à son statut de valeur refuge.
Le dollar perd le soutien de l’inflation américaine
Le dollar a peu évolué le 15 juillet après avoir reculé de 0,4 % lors de la séance précédente, dans un contexte macroéconomique déjà très surveillé par les marchés crypto. L’indice qui mesure sa performance face à six grandes devises se maintenait autour de 100,97 points. L’euro évoluait près de 1,1418 dollar, tandis que la livre sterling atteignait environ 1,3399 dollar.
Cette fragilité vient directement des chiffres de l’inflation américaine. En juin, l’indice des prix à la consommation a reculé de 0,4 % sur un mois. Il s’agit de sa première baisse mensuelle depuis avril 2020. Sur un an, l’inflation est tombée à 3,5 %, contre 4,2 % en mai et 3,8 % attendus par les économistes.
L’inflation sous-jacente envoie également un signal plus calme. Hors alimentation et énergie, les prix n’ont pas progressé sur le mois. Leur hausse annuelle a ralenti à 2,6 %, contre 2,9 % précédemment. Le marché a donc réduit ses paris sur un resserrement monétaire immédiat.
La Fed peut patienter en juillet
Les investisseurs considèrent désormais une hausse des taux en juillet comme très improbable. La prochaine réunion de la Réserve fédérale se tiendra les 28 et 29 juillet 2026. Les taux directeurs devraient rester dans leur fourchette actuelle de 3,50 % à 3,75 %.
Les anticipations n’ont cependant pas totalement disparu. Les marchés évaluaient à environ 70 % la probabilité d’une hausse en septembre. Le chiffre était proche de 60 % juste après la publication de l’inflation, preuve que les attentes changent rapidement avec les données économiques et les tensions géopolitiques.
Le président de la Fed, Kevin Warsh, conserve d’ailleurs un discours prudent. Il affirme que la banque centrale ne tolérera pas une inflation durablement élevée. Une seule bonne publication ne suffira donc pas à abandonner complètement l’idée d’une nouvelle hausse des taux avant la fin de l’année.
Le pétrole empêche le dollar de décrocher
La baisse de l’inflation provient en grande partie du recul temporaire de l’énergie. Les prix énergétiques ont chuté de 5,7 % en juin. L’essence a perdu 9,7 % sur le mois. Cette détente explique une grande partie du repli de l’indice général des prix.
Mais ce moteur favorable pourrait déjà s’essouffler. La reprise des affrontements entre les États-Unis et l’Iran, ainsi que les perturbations autour du détroit d’Ormuz, ont fait remonter le pétrole à un sommet d’environ un mois. Le Brent a clôturé à 84,73 dollars, en hausse de 1,7 %.
Ce retournement place le dollar dans une position étrange. Un pétrole plus cher peut relancer l’inflation et pousser la Fed à relever ses taux, ce qui soutiendrait la devise. En parallèle, l’escalade militaire augmente la demande de dollars comme actif refuge. La faiblesse provoquée par l’inflation est donc amortie par le risque géopolitique.
Bitcoin profite du recul des craintes monétaires
Un dollar moins solide et une Fed moins pressée de relever ses taux créent généralement un environnement plus favorable aux actifs risqués. Les actions, les obligations et les cryptomonnaies ont réagi positivement à la publication de l’inflation. Les rendements obligataires américains ont également reculé.
Bitcoin a dépassé 65 000 dollars le 15 juillet, après avoir évolué près de 62 000 dollars avant la publication des chiffres. Le marché crypto bénéficie de la perspective d’un coût du capital moins élevé. Une pause de la Fed réduit aussi l’attrait relatif des placements rémunérés en dollars.
La hausse reste pourtant fragile. Une nouvelle flambée du pétrole pourrait raviver les anticipations de hausse des taux. Le dollar retrouverait alors de la force et les actifs risqués subiraient une nouvelle pression. Le marché ne célèbre donc pas encore la fin de l’inflation. Il profite seulement d’un peu d’air entre deux menaces.
En bref
- L’inflation américaine est tombée à 3,5 % en juin.
- La Fed devrait maintenir ses taux inchangés en juillet.
- Le pétrole et les tensions avec l’Iran empêchent le dollar de chuter davantage.
