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Actualité Crypto Afrique

Crypto au Maroc : réglementation, Bitcoin, USDT et guide complet

Le Maroc possède l’un des marchés crypto les plus paradoxaux d’Afrique. En 2025, le Royaume occupait la 24e place mondiale dans le Global Crypto Adoption Index de Chainalysis, devant l’Égypte, l’Afrique du Sud et plusieurs autres grands marchés. Il était également le premier pays d’Afrique du Nord dans ce classement. Pourtant, au 24 septembre 2026, le Maroc ne dispose toujours pas d’un régime définitivement entré en vigueur permettant aux particuliers d’acheter librement du Bitcoin contre des dirhams auprès d’exchanges crypto locaux agréés.

Un utilisateur marocain consulte Bitcoin et USDT dans un environnement financier à Casablanca
Le Maroc prépare un cadre pour les crypto-actifs tandis que Bitcoin et USDT restent déjà largement accessibles.

La situation devrait changer.

Le projet de loi n°42.25 relatif aux crypto-actifs a été élaboré par les autorités marocaines, soumis à consultation publique du 31 octobre au 30 novembre 2025 et continue son parcours institutionnel. En juin 2026, le wali de Bank Al-Maghrib, Abdellatif Jouahri, indiquait encore que le projet de réglementation était en cours et faisait l’objet de discussions avec le Secrétariat général du gouvernement sur plusieurs amendements. Les documents 2026 de l’Autorité Marocaine du Marché des Capitaux continuent eux aussi à parler de « projet de loi », et non d’une loi crypto déjà pleinement applicable.

Le changement de doctrine reste considérable.

Pendant des années, la position publique reposait principalement sur l’interdiction des transactions utilisant les monnaies virtuelles au regard de la réglementation des changes. L’Office des Changes rappelle encore que les transactions financières internationales doivent passer par des intermédiaires agréés et utiliser les devises étrangères cotées par Bank Al-Maghrib. Son interprétation historique considère les opérations en monnaies virtuelles réalisées en dehors de ce cadre comme des infractions à la réglementation des changes.

Le Maroc ne cherche pourtant plus simplement à repousser les crypto-actifs hors de son système financier.

Il prépare leur intégration.

Le projet 42.25 prévoit un régime d’agrément des prestataires, des règles prudentielles, des obligations de contrôle interne et une coordination entre autorités. Il s’inspire notamment du règlement européen MiCA et des recommandations du Groupe d’action financière, le GAFI.

Parallèlement, Bank Al-Maghrib expérimente sa propre monnaie digitale de banque centrale, ou MDBC. Une première expérimentation a porté sur les paiements de détail entre particuliers. Une deuxième a été menée avec la Banque centrale d’Égypte et l’appui de la Banque mondiale sur les transferts transfrontaliers. Aucune décision définitive d’émettre un « dirham numérique » n’a cependant été annoncée.

Tout cela se déroule dans une économie déjà très numérisée.

Bank Al-Maghrib recensait 13,7 millions de M-Wallets en 2024, contre 10,4 millions un an plus tôt. Le Maroc possède également une diaspora dont les transferts constituent une ressource majeure : les Marocains résidant à l’étranger ont envoyé 122,0 milliards de dirhams en 2025, puis 74,8 milliards sur les sept premiers mois de 2026.

Bitcoin et surtout les stablecoins se retrouvent donc face à un marché naturel.

Épargne.

Investissement.

Transferts internationaux.

Freelance.

Paiement de fournisseurs.

Diaspora.

Accès au dollar numérique.

Mais l’utilité technique et l’autorisation juridique sont deux choses différentes.

Cette page explique précisément cette frontière : état de la crypto au Maroc, Bitcoin, USDT, réglementation, Office des Changes, projet de loi 42.25, plateformes, P2P, dirham, M-Wallets, stablecoins, wallets, sécurité, fiscalité, diaspora, monnaie digitale de Bank Al-Maghrib, entreprises et perspectives.

Dernière mise à jour : 24 septembre 2026.

Ce contenu est informatif. Le cadre marocain est en transition et toute opération importante impliquant crypto-actifs, devises ou transferts internationaux mérite une vérification juridique et fiscale adaptée.

Crypto au Maroc : un marché important malgré les restrictions

Le Maroc prépare sa réglementation après des années durant lesquelles l’usage a progressé beaucoup plus vite que le droit. BrefCrypto avait déjà analysé la préparation de l’AMMC à superviser le marché crypto dès l’arrivée du nouveau cadre. Cette montée en compétence institutionnelle n’est pas anecdotique : lorsqu’un pays occupe la 24e place mondiale d’un classement d’adoption malgré un environnement aussi restrictif, continuer à traiter le phénomène comme marginal devient difficile.

Le Maroc est devenu le premier marché crypto d’Afrique du Nord

Dans son Global Crypto Adoption Index 2025, Chainalysis place le Maroc à la 24e position mondiale.

Le pays obtenait un score de 0,142.

Il devançait notamment l’Égypte, classée 26e, tandis que l’Algérie, la Tunisie et la Libye se trouvaient plus loin.

Au niveau continental, le Maroc faisait partie des marchés africains les mieux classés, derrière le Nigeria et l’Éthiopie dans cette édition.

Le détail du classement est intéressant.

Le Maroc apparaissait 20e pour l’activité retail via les services centralisés, 23e pour la valeur reçue via ces plateformes, 25e sur l’activité DeFi et 28e sur le segment institutionnel.

Cela suggère un marché beaucoup plus diversifié qu’un simple phénomène P2P.

Des particuliers utilisent des exchanges centralisés.

Une activité DeFi existe.

Des montants plus importants circulent également.

Le Maroc ne possède pourtant pas encore un réseau d’exchanges domestiques agréés comparable à celui de l’Afrique du Sud.

C’est précisément ce contraste qui rend le marché remarquable.

Les classements ne disent pas combien de Marocains possèdent réellement Bitcoin

Il faut résister à une tentation fréquente.

Un classement d’adoption n’est pas un recensement de propriétaires.

Chainalysis utilise différentes données on-chain et off-chain, puis ajuste certaines mesures selon la population ou le pouvoir économique.

Cela permet de comparer des marchés.

Cela ne permet pas d’affirmer précisément :

« X millions de Marocains détiennent Bitcoin aujourd’hui ».

Plusieurs estimations privées circulent.

Certaines parlent d’un million.

D’autres de plusieurs millions.

Les méthodologies varient énormément.

Une adresse Bitcoin n’a pas de passeport.

Un utilisateur peut posséder dix wallets.

Un compte exchange peut être inactif.

Un même Marocain peut avoir des comptes sur plusieurs plateformes.

Cette page préfère donc utiliser les mesures vérifiables plutôt qu’un chiffre spectaculaire impossible à auditer.

Le classement 24e mondial est déjà suffisamment parlant.

En 2024, le Maroc avait reçu environ 12,7 milliards de dollars on-chain

Les données Chainalysis relatives à la région MENA donnent un autre ordre de grandeur.

Entre juillet 2023 et juin 2024, le Maroc avait reçu environ 12,7 milliards de dollars de valeur crypto on-chain et occupait alors la 27e place de l’indice mondial.

Là encore, 12,7 milliards de dollars ne correspondent pas à la fortune crypto des ménages marocains.

Il s’agit de valeur transférée sur une période.

Un même USDT peut bouger plusieurs fois.

Un exchange peut recevoir les fonds d’un utilisateur et les transférer.

Un trader peut multiplier les opérations.

Une entreprise peut réaliser des règlements.

La différence entre flux et stock doit être conservée.

Sinon, on finit rapidement par écrire que les Marocains « possèdent » plusieurs milliards de dollars de cryptomonnaies alors que les données ne disent pas cela.

Pourquoi autant de crypto dans un environnement restrictif ?

La première réponse est simple.

Internet ne s’arrête pas à la frontière réglementaire.

Un Marocain peut télécharger un wallet.

Recevoir du Bitcoin.

Interagir avec un smart contract.

Utiliser une plateforme étrangère lorsque celle-ci accepte son profil.

La difficulté apparaît surtout au moment où la crypto rencontre le dirham, la banque ou une transaction internationale réglementée.

C’est là que l’Office des Changes entre en scène.

Cette distinction entre blockchain mondiale et monnaie nationale explique une bonne partie de l’histoire crypto marocaine.

Le dirham n’est pas une monnaie totalement convertible

Le Maroc possède un régime de change administré.

Le dirham n’est pas librement convertible dans toutes les situations comme l’euro ou le dollar.

L’Office des Changes fixe les règles permettant aux personnes physiques et morales d’effectuer des paiements, investissements et transferts internationaux.

L’Instruction Générale des Opérations de Change 2026, entrée en application en 2026, poursuit une libéralisation progressive de certaines opérations tout en maintenant le principe d’un contrôle des flux extérieurs.

Cela aide à comprendre pourquoi la crypto pose un problème particulier.

Bitcoin permet de transférer de la valeur vers une adresse étrangère sans demander au réseau si l’Office des Changes a autorisé l’opération.

USDT peut déplacer une valeur proche du dollar sans passer directement par le marché bancaire des devises.

La technologie et la réglementation poursuivent donc deux logiques différentes.

Le conflit historique vient davantage du change que de Bitcoin lui-même

En 2017, l’Office des Changes expliquait que les opérations utilisant les monnaies virtuelles constituaient une infraction à la réglementation des changes.

Il rappelait que les transactions avec l’étranger doivent passer par les intermédiaires agréés et utiliser les devises étrangères cotées par Bank Al-Maghrib.

La Banque centrale et l’AMMC avaient également alerté sur :

volatilité ;

absence de protection ;

risques de fraude ;

blanchiment ;

financement d’activités criminelles.

La position était donc à la fois monétaire, prudentielle et liée à la protection du consommateur.

Le problème n’était pas que SHA-256 soit illégal.

Il était qu’une nouvelle infrastructure de valeur apparaissait en dehors des circuits réglementés.

Et pourtant, le marché a continué

C’est probablement l’enseignement majeur des années 2017-2025.

L’interdiction n’a pas supprimé l’usage.

Elle a surtout empêché la construction d’un marché domestique officiellement supervisé.

Des utilisateurs se sont tournés vers :

plateformes étrangères ;

P2P ;

wallets personnels ;

DeFi ;

transactions informelles.

Cela peut même compliquer le travail du régulateur.

Un exchange local licencié peut fournir du KYC, des historiques, des mécanismes de plainte et coopérer avec les autorités.

Un vendeur inconnu sur Telegram beaucoup moins.

C’est une des raisons pour lesquelles plusieurs gouvernements ayant commencé par une approche restrictive migrent ensuite vers la réglementation.

Bitcoin occupe une place particulière

Bitcoin ne ressemble ni à USDT ni à un token émis par une startup.

Il n’existe pas d’entreprise centrale capable d’émettre 10 millions de nouveaux BTC demain.

Son protocole limite l’offre totale à 21 millions d’unités.

La validation repose sur un réseau mondial de mineurs et de nœuds.

Une personne contrôlant ses propres clés peut recevoir et conserver Bitcoin sans ouvrir un compte auprès d’un intermédiaire financier.

Ces propriétés expliquent une partie de son intérêt au Maroc.

Investissement.

Diversification.

Actif mondial.

Transfert de valeur.

Épargne de long terme pour certains utilisateurs.

Spéculation pour d’autres.

Il faut éviter de réunir tous ces profils sous le mot « trader ».

Bitcoin n’est cependant pas stable

C’est évident pour les habitués.

Beaucoup moins pour un nouvel utilisateur.

Une personne transforme 50 000 MAD en Bitcoin.

BTC perd 20 %.

La personne possède toujours la même quantité de BTC.

Sa valeur en dirhams ou dollars a pourtant chuté.

Bitcoin ne remplit donc pas la même fonction qu’un stablecoin.

Pour un paiement à échéance courte, cette volatilité peut devenir un problème.

Pour un investissement de long terme, certains utilisateurs l’acceptent précisément en échange du potentiel de valorisation et des propriétés monétaires du réseau.

Les horizons changent la lecture.

USDT répond à un autre besoin marocain

USDT cherche à maintenir une valeur proche d’un dollar américain.

Le token est émis par Tether.

Il peut circuler sur plusieurs blockchains.

Son intérêt au Maroc est assez facile à comprendre.

Le dollar reste central dans le commerce mondial.

Une personne peut avoir besoin d’une valeur dollar pour :

payer un fournisseur ;

recevoir un client étranger ;

travailler à distance ;

trader ;

conserver temporairement une valeur ;

déplacer des fonds entre plateformes.

Le stablecoin transforme cette unité de compte en token utilisable sur Internet.

C’est extrêmement pratique.

C’est précisément pourquoi les banques centrales le surveillent.

USDT n’est pas un billet de banque numérique

Le symbole $ ne suffit pas.

Un USDT n’est pas un billet de la Federal Reserve.

Ce n’est pas non plus un dépôt bancaire marocain en dollars.

Il s’agit d’un actif émis par une entreprise privée qui organise les réserves, la création et le remboursement institutionnel des tokens.

USDC possède une architecture comparable avec un autre émetteur.

La stabilité du cours ne supprime donc pas :

risque de contrepartie ;

risque réglementaire ;

risque blockchain ;

risque de gel ;

risque de plateforme ;

risque de liquidité dans certains marchés.

Stable signifie principalement stabilité recherchée du prix.

Pas absence de risque.

Le futur projet marocain traite justement les stablecoins séparément

Le projet de loi 42.25 distingue plusieurs catégories de crypto-actifs.

Il prévoit notamment un traitement spécifique des jetons adossés à des actifs, catégorie proche de ce que le règlement européen MiCA appelle asset-referenced tokens.

Le projet prévoit aussi des utility tokens et d’autres crypto-actifs.

Les analyses du texte indiquent que Bank Al-Maghrib devrait jouer un rôle important sur la partie monétaire et les jetons à valeur stable, tandis que l’AMMC superviserait davantage les plateformes, émissions et activités proches des marchés de capitaux.

Le partage définitif devra cependant être vérifié dans la version finalement adoptée.

Un projet de loi peut encore changer.

Le Maroc regarde clairement MiCA

Bank Al-Maghrib l’écrit directement dans son rapport sur la supervision bancaire.

Le projet marocain s’inspire notamment du règlement européen Markets in Crypto-Assets, MiCA, ainsi que des recommandations du FSB et du GAFI.

Ce choix n’est pas surprenant.

L’Union européenne est le premier partenaire économique du Maroc.

Les banques marocaines ont déjà d’importantes relations avec les infrastructures financières européennes.

Adopter un vocabulaire réglementaire compatible peut faciliter la coopération.

Cela ne signifie pas que le Maroc copie MiCA article par article.

Le régime des changes marocain impose ses propres contraintes.

La diaspora crée un gigantesque cas d’usage

Les Marocains résidant à l’étranger ont transféré 122,023 milliards de MAD en 2025, contre 118,979 milliards en 2024.

Sur les sept premiers mois de 2026, les transferts atteignaient déjà 74,788 milliards de MAD, soit une progression de 8,1 % sur un an.

À l’échelle de la Banque mondiale, les remittances reçues par le Maroc représentaient environ 13,7 milliards de dollars en 2025, soit 7,5 % du PIB.

Voilà pourquoi les stablecoins méritent une vraie analyse marocaine.

Pas parce qu’ils seraient automatiquement meilleurs que Western Union, Wise, banque ou autre service.

Parce que le corridor économique existe déjà.

Les stablecoins peuvent théoriquement réduire certaines étapes

Prenons un Marocain vivant en France.

Il souhaite transférer 500 euros à un membre de sa famille.

Dans un système crypto, une route possible serait techniquement :

EUR vers stablecoin.

Stablecoin vers wallet.

Stablecoin vers MAD.

Chaque étape possède cependant un coût.

Spread.

Frais d’achat.

Frais blockchain.

Frais de conversion.

Frais de sortie.

Risque juridique.

Risque de plateforme.

Le véritable coût ne correspond donc jamais uniquement au gas fee.

Un transfert blockchain à 0,10 dollar peut conduire à un coût total supérieur si la conversion finale est mauvaise.

Le Maroc n’a donc pas besoin d’un stablecoin simplement parce qu’il existe

La concurrence est économique.

Les rails classiques ont également évolué.

Banques.

Fintechs.

Paiements instantanés.

Applications mobiles.

Transferts internationaux.

Pour qu’un stablecoin soit réellement utile, il doit apporter une amélioration sur au moins un critère :

coût ;

rapidité ;

accessibilité ;

disponibilité 24/7 ;

interopérabilité ;

programmabilité.

C’est la même évolution que BrefCrypto suit dans les infrastructures africaines reliant progressivement USDT et USDC aux monnaies locales et aux rails de paiement.

La blockchain n’est pas utile parce qu’elle est blockchain.

Elle doit supprimer une friction.

Le mobile payment marocain progresse lui aussi

Bank Al-Maghrib recensait 13,7 millions de M-Wallets en 2024, contre 10,4 millions en 2023, soit une progression de 32 %.

73 % avaient été émis par des établissements de paiement et 27 % par des banques.

Le marché était beaucoup plus petit quelques années auparavant.

6,1 millions en 2021.

7,7 millions en 2022.

10,4 millions en 2023.

13,7 millions en 2024.

La courbe est claire.

Le Maroc ne ressemble cependant pas encore au Kenya

M-Pesa domine une grande partie de la vie financière quotidienne au Kenya.

Le Maroc conserve un système bancaire plus développé et le cash y reste important.

Les M-Wallets progressent, mais ils ne possèdent pas encore la même centralité culturelle que le mobile money kényan.

Cela change la future intégration crypto.

Un exchange marocain agréé pourrait s’intégrer à :

comptes bancaires ;

cartes ;

virements ;

M-Wallets ;

fintechs.

Il n’est pas obligé de construire tout son modèle autour d’un seul opérateur mobile.

Le gouvernement veut justement réduire le cash

En février 2026, la Banque africaine de développement a accordé une subvention de 510 000 dollars au fonds créé par Bank Al-Maghrib pour développer l’acceptation des paiements électroniques.

L’objectif annoncé est clair : accélérer l’inclusion financière et réduire l’usage du cash.

La future crypto réglementée arrivera donc dans une économie où la bataille entre cash et paiement numérique est déjà engagée.

Elle ne partira pas de zéro.

Une crypto réglementée pourrait s’intégrer aux rails existants

Imaginons le futur.

Un PSCA agréé propose BTC/MAD.

Le client effectue un virement depuis sa banque.

Les fonds arrivent sur le compte réglementé.

Il achète du BTC.

Il peut le conserver ou le retirer vers un wallet personnel selon les règles applicables.

Pour vendre :

BTC vers PSCA.

Conversion en MAD.

Retrait vers banque ou M-Wallet.

Ce modèle est techniquement banal.

Le problème marocain n’est pas la technologie.

Il est juridique.

La loi 42.25 est précisément censée construire cette passerelle.

Un marché réglementé pourrait aussi réduire la prime P2P

Lorsque l’accès officiel est difficile, le prix local peut diverger du marché mondial.

Un acheteur paie parfois une prime pour obtenir de l’USDT.

Le vendeur rémunère :

rareté ;

risque ;

moyen de paiement ;

liquidité ;

friction réglementaire.

Un exchange légal et liquide peut réduire ce spread.

Mais seulement si les règles permettent réellement aux utilisateurs de déposer et retirer facilement.

Une licence sans rail bancaire ne suffit pas.

Le P2P marocain existe déjà techniquement

Binance affiche encore une marketplace P2P permettant d’acheter ou vendre de l’USDT contre des MAD.

Cette réalité technique ne doit surtout pas être confondue avec une autorisation du Maroc.

Binance rappelle d’ailleurs dans ses propres documents que ses fonctionnalités peuvent être indisponibles dans certaines régions et que les utilisateurs doivent respecter les restrictions de leur juridiction.

C’est probablement l’exemple parfait de la différence entre marché et droit.

Le bouton existe.

Cela ne dit rien, à lui seul, sur la conformité de l’opération avec la réglementation des changes.

L’existence d’un marché P2P prouve surtout la demande

La présence de MAD dans une marketplace mondiale indique qu’il existe des acheteurs et vendeurs.

Elle ne suffit pas à mesurer leur nombre.

Elle ne garantit pas non plus la sécurité.

Un marché P2P introduit une contrepartie humaine.

L’acheteur envoie des dirhams.

Le vendeur libère les tokens.

L’escrow réduit le risque.

Il ne supprime pas :

faux paiement ;

compte tiers ;

litige ;

phishing ;

ingénierie sociale ;

risque réglementaire.

Les utilisateurs doivent donc comprendre que P2P ne signifie pas « décentralisé donc sans règles ».

Le projet de loi pourrait complètement modifier cette situation

Si des plateformes reçoivent un agrément marocain, l’économie P2P informelle pourrait perdre une partie de son avantage.

Pourquoi acheter à un inconnu si un exchange réglementé offre :

MAD direct ;

liquidité ;

historique fiscal ;

service client ;

protection du consommateur ;

retrait bancaire ?

À l’inverse, si les coûts réglementaires sont trop élevés, le P2P peut rester compétitif.

C’est l’un des grands arbitrages que le Maroc doit réussir.

Réglementation crypto au Maroc : de l’interdiction de change au projet 42.25

L’histoire réglementaire marocaine est souvent racontée trop brutalement : « les cryptomonnaies sont interdites depuis 2017 ». La phrase contient une partie de vérité mais masque la mécanique juridique et surtout la transition actuelle. Le régime historique vient largement des règles de change et de l’absence de reconnaissance comme moyen de paiement. Le futur régime doit, lui, créer une catégorie juridique et des prestataires autorisés.

Novembre 2017 reste la date fondatrice

L’Office des Changes avait constaté que certaines personnes physiques et morales utilisaient des monnaies virtuelles dans leurs transactions financières.

Sa réponse était explicite.

Les transactions réalisées via monnaies virtuelles constituaient, selon l’Office, une infraction à la réglementation des changes susceptible d’entraîner sanctions et amendes.

Les opérations financières avec l’étranger doivent passer par les intermédiaires agréés et utiliser des devises cotées par Bank Al-Maghrib.

Bank Al-Maghrib, l’AMMC et l’Office des Changes ont ensuite renouvelé leurs mises en garde.

Volatilité.

Fraude.

Blanchiment.

Financement criminel.

Absence de protection du consommateur.

Cela ne signifie pas nécessairement que posséder une clé privée est en soi un crime

La nuance est importante.

Les communiqués historiques visent surtout l’utilisation des monnaies virtuelles dans les transactions financières et la violation des règles de change.

Ils ne décrivent pas toujours avec la précision d’une loi crypto moderne chaque scénario possible :

recevoir 10 000 satoshis ;

détenir une seed ;

créer un wallet ;

développer un nœud Bitcoin ;

écrire un smart contract ;

recevoir un NFT ;

exécuter du code open source.

C’est justement ce manque de précision que le projet 42.25 cherche en partie à résoudre.

Une réglementation moderne doit qualifier l’activité.

Le Maroc a progressivement abandonné la logique d’interdiction pure

Le tournant est visible dans les rapports de Bank Al-Maghrib.

La Banque centrale a créé avec les autres autorités un groupe de travail national consacré aux crypto-actifs.

Présidence du Ministère Public.

Ministère de l’Économie et des Finances.

Bank Al-Maghrib.

AMMC.

ACAPS.

ANRF.

Office des Changes.

Le travail vise à encadrer les risques, aligner le Maroc sur les standards internationaux et définir les responsabilités des différentes institutions.

Ce n’est plus la logique :

« avertir et attendre que l’usage disparaisse ».

C’est :

« reconnaître l’usage et l’encadrer ».

2024 : Bank Al-Maghrib annonce publiquement le projet

En novembre 2024, Abdellatif Jouahri annonce que Bank Al-Maghrib a préparé un projet de loi sur les crypto-actifs et qu’il se trouve dans le circuit d’adoption.

La Banque mondiale a notamment apporté son assistance technique.

Le gouverneur explique simultanément que la Banque centrale étudie les monnaies digitales de banque centrale.

La direction stratégique devient alors publique.

Crypto privée : réglementer.

Monnaie digitale souveraine : expérimenter.

2025 : le texte devient le projet 42.25

Le travail débouche sur le projet de loi n°42.25 relatif aux crypto-actifs.

L’AMMC indique que le texte a été soumis à consultation publique du 31 octobre au 30 novembre 2025.

La consultation est une étape importante.

Elle permet aux entreprises, experts, juristes et autres parties prenantes de commenter le dispositif.

Elle ne transforme pas le texte en loi.

Ce point est particulièrement important aujourd’hui.

En septembre 2026, le projet n’est toujours pas à traiter comme une loi entrée en vigueur

Plusieurs signaux officiels convergent.

L’AMMC, dans ses priorités 2026, parle toujours de sa contribution à l’élaboration du projet 42.25.

En juin 2026, Abdellatif Jouahri indiquait que la réglementation était « en cours » et que Bank Al-Maghrib discutait encore certains amendements avec le Secrétariat général du gouvernement.

Les sources parlementaires officielles consultées pour cette page ne permettent pas d’établir que le texte a été définitivement voté, promulgué et publié comme loi applicable au 24 septembre 2026.

C’est donc un projet, pas encore notre nouvelle règle de droit définitive.

Pourquoi cette distinction est importante

Imaginez qu’un article écrive aujourd’hui :

« Les cryptomonnaies sont désormais légales au Maroc grâce à la loi 42.25. »

Un lecteur transfère ensuite des dirhams via une opération internationale en considérant que le nouveau régime l’autorise.

Le problème est évident.

La loi invoquée n’est pas encore en vigueur.

Un article juridique doit distinguer :

ce qui existe aujourd’hui ;

ce que prévoit le projet ;

ce qui devra être précisé par les textes d’application.

Cette page suivra cette règle à chaque mise à jour.

Que prévoit le projet 42.25 ?

Dans son état publié, le texte construit un cadre complet pour les crypto-actifs et leurs prestataires.

Les grandes lignes comprennent :

définition des crypto-actifs ;

catégories de tokens ;

agrément des prestataires ;

règles prudentielles ;

protection des investisseurs ;

contrôle interne ;

LBC/FT ;

supervision des émissions ;

coordination entre autorités.

Bank Al-Maghrib précise que le projet vise notamment à protéger les usagers, préserver l’intégrité des marchés et limiter les risques éventuels pour la stabilité financière.

Un PSCA deviendra l’acteur central du système

PSCA signifie prestataire de services sur crypto-actifs.

L’équivalent du CASP européen ou VASP dans d’autres cadres.

Pour comprendre simplement son rôle, on peut le comparer à un intermédiaire financier spécialisé.

Une entreprise veut exploiter une plateforme de négociation.

Elle peut devoir obtenir un agrément.

Une entreprise veut conserver des crypto-actifs pour ses clients.

Même problème.

Conseil.

Gestion.

Achat et vente.

Transfert.

Les catégories exactes dépendront de la version finale du texte.

Pour ceux qui veulent comprendre la différence entre plateforme custodiale et infrastructure décentralisée, BrefCrypto dispose d’un guide complet sur les exchanges crypto, CEX, DEX, frais et sécurité.

L’agrément changera radicalement le rapport aux banques

Aujourd’hui, une banque marocaine voit une opération crypto avec prudence.

Demain, elle pourrait voir :

un PSCA agréé par l’AMMC ou l’autorité compétente ;

une société identifiée ;

un capital réglementaire ;

un responsable conformité ;

du KYC ;

du reporting ;

des comptes audités.

La relation change totalement.

Le mot « crypto » ne disparaît pas.

Le risque de contrepartie devient mieux défini.

C’est précisément ce qui s’est produit dans d’autres marchés après l’introduction des licences.

Le projet prévoit des exigences prudentielles

Ce point est essentiel.

Une plateforme détenant les fonds de milliers de personnes ne devrait pas fonctionner comme une simple startup de livraison.

Capital.

Liquidité.

Séparation des fonds.

Contrôle interne.

Cybersécurité.

Gouvernance.

Gestion des risques.

Le projet marocain prévoit la mise en place de règles prudentielles et d’obligations de contrôle pour les acteurs autorisés.

Les paramètres définitifs devront néanmoins être vérifiés dans la loi et ses règlements.

La coordination inter-autorités évite théoriquement les angles morts

L’AMMC mentionne un mécanisme associant notamment :

AMMC ;

Bank Al-Maghrib ;

ACAPS.

D’autres institutions comme l’Office des Changes, l’ANRF ou la CNDP peuvent intervenir selon la nature du problème.

Cette architecture est nécessaire.

USDT peut simultanément être :

un crypto-actif ;

un instrument utilisé pour un transfert ;

un risque de change ;

un produit proposé par une entreprise ;

un objet de conformité AML ;

une donnée liée à un utilisateur.

Aucune institution ne possède seule toutes ces compétences.

Le projet ne fait pas de Bitcoin une monnaie légale

C’est probablement la confusion la plus importante à prévenir.

Réglementer Bitcoin ne signifie pas transformer BTC en dirham.

Le projet classe les crypto-actifs dans une catégorie propre.

Les analyses du texte publié indiquent qu’ils ne deviennent pas un moyen de paiement ayant cours légal.

Le dirham reste la monnaie nationale.

Bank Al-Maghrib reste la banque centrale.

Un commerçant ne sera pas nécessairement obligé d’accepter BTC.

Le futur cadre crée un marché réglementé d’actifs numériques.

Pas un Bitcoin standard marocain.

Les NFT seraient traités séparément

Le projet publié exclut notamment certains NFT de son champ général lorsque leur nature ne les fait pas entrer dans une autre catégorie réglementée, selon les analyses du texte.

Attention toutefois à la logique.

Écrire « NFT » sur un token ne permet pas forcément d’échapper à une réglementation.

Si 100 000 tokens prétendument uniques sont utilisés comme produit d’investissement standardisé, l’autorité peut examiner la substance économique.

En droit financier, le nom commercial ne décide pas toujours de la qualification.

Le mining serait également hors du cœur du projet

Le mining Bitcoin n’est pas le même métier qu’un exchange.

Un mineur fournit de la puissance de calcul au protocole.

Il ne gère pas nécessairement les fonds d’un client.

Les analyses du projet 42.25 indiquent donc que le mining est exclu du périmètre principal du texte.

Cela ne signifie pas absence totale de règles.

Électricité.

Entreprise.

Importation de machines.

Fiscalité.

Environnement.

Les réglementations ordinaires peuvent toujours s’appliquer.

La DeFi reste l’un des dossiers les plus difficiles

Comment licencier un protocole qui n’a pas de société centrale ?

Qui est le prestataire ?

Le développeur ?

Le DAO ?

L’interface Web ?

Le détenteur des clés administratives ?

Le fournisseur de liquidité ?

La question n’est pas propre au Maroc.

MiCA lui-même n’a pas résolu toute la DeFi.

Des travaux académiques marocains publiés en 2026 soulignent d’ailleurs que le projet 42.25 est beaucoup plus adapté aux prestataires identifiables qu’aux protocoles réellement décentralisés.

Ce débat reviendra probablement après l’entrée en vigueur du premier cadre.

Le GAFI pèse fortement sur le futur régime

Le Maroc ne construit pas son système uniquement pour son marché domestique.

Les recommandations internationales de lutte contre le blanchiment jouent un rôle majeur.

La recommandation 15 du GAFI traite notamment des virtual assets et VASP.

Elle pousse les pays à :

identifier les prestataires ;

imposer du KYC ;

évaluer les risques ;

surveiller les flux ;

coopérer internationalement ;

appliquer la Travel Rule.

Bank Al-Maghrib cite explicitement cette convergence dans ses travaux.

La Travel Rule signifie la fin du fantasme d’un exchange anonyme

Une plateforme réglementée devra probablement connaître ses clients.

Pour certains transferts entre prestataires, les informations sur l’expéditeur et le destinataire devront circuler selon les règles applicables.

Une blockchain publique affiche déjà :

adresse source ;

adresse destination ;

montant ;

date.

Le KYC ajoute une identité à certains points de cette carte.

Cela ne rend pas toutes les adresses du monde immédiatement identifiées.

Cela rend les rampes réglementées beaucoup moins anonymes.

Cela peut également améliorer la lutte contre les arnaques

La crypto est souvent décrite uniquement comme un outil permettant de cacher de l’argent.

La réalité on-chain est plus compliquée.

Une transaction Bitcoin ou Ethereum laisse une trace publique.

Les entreprises d’analyse blockchain peuvent suivre certains flux, relier des adresses et aider les enquêteurs.

BrefCrypto a montré dans son analyse des flux crypto illicites mondiaux que les activités identifiées comme illicites restent minoritaires dans le volume on-chain attribué, malgré des montants absolus très élevés.

Cela ne rend pas la fraude marginale pour la victime.

Cela montre que blockchain et anonymat absolu ne sont pas synonymes.

L’AMMC se prépare déjà techniquement

En décembre 2025, l’AMMC avait organisé avec Chainalysis une formation consacrée à la supervision des crypto-actifs.

Les participants comprenaient plusieurs institutions marocaines.

Analyse blockchain.

Typologies.

Traçage.

Investigation.

Compréhension des actifs.

Le timing est parlant.

Le régulateur essaie d’apprendre le marché avant que le régime soit pleinement appliqué.

C’est plus efficace que découvrir la technologie après avoir délivré les premières licences.

Bank Al-Maghrib prépare également une monnaie digitale

La Banque centrale ne s’intéresse pas uniquement aux actifs privés.

Elle étudie depuis plusieurs années une MDBC.

En juillet 2025, Abdellatif Jouahri annonçait qu’une première expérimentation avait porté sur un paiement P2P de détail.

Une autre expérimentation était menée avec la Banque centrale d’Égypte et la Banque mondiale pour les transferts transfrontaliers.

C’est probablement l’un des projets numériques les plus importants à suivre après la loi crypto.

Un dirham numérique ne serait pas une cryptomonnaie comme Bitcoin

La différence doit être extrêmement claire.

Bitcoin :

pas de banque centrale ;

offre définie par le protocole ;

réseau public ;

prix variable.

MDBC marocaine :

émise par Bank Al-Maghrib ;

valeur égale au dirham ;

passif de la banque centrale selon l’architecture retenue ;

règles définies par l’institution monétaire.

Les deux peuvent utiliser des technologies numériques similaires sans partager le même modèle de confiance.

Une MDBC pourrait concurrencer certains usages des stablecoins

Pour les paiements domestiques en dirhams, oui.

Pour l’exposition au dollar, non.

Un dirham numérique vaut un dirham.

Un USDT vise un dollar.

Si le dirham varie contre le dollar, la MDBC suit le dirham.

USDT suit le dollar.

La question monétaire demeure.

Le numérique ne supprime pas le taux de change.

Les paiements transfrontaliers sont justement le terrain intéressant

Pourquoi Bank Al-Maghrib teste-t-elle sa MDBC avec l’Égypte ?

Parce que le paiement transfrontalier reste difficile.

Banques correspondantes.

Devises.

Horaires.

Règlement.

Conformité.

Frais.

Une infrastructure utilisant de la monnaie de banque centrale numérique pourrait réduire certaines étapes sans introduire le risque d’émetteur d’un stablecoin privé.

Les stablecoins proposent une autre réponse.

C’est probablement là que la compétition technologique sera la plus intéressante.

Le Maroc pourrait finir avec plusieurs formes d’argent numérique

Compte bancaire en MAD.

M-Wallet.

Cash.

MDBC.

Stablecoin dollar.

Crypto-actifs.

Dépôt tokenisé.

Ils peuvent tous apparaître sur un smartphone.

Ils ne représentent pas la même chose.

C’est un point que les futures campagnes d’éducation financière devront expliquer correctement.

Le mot « digital » ne suffit plus.

Acheter, sécuriser et utiliser la crypto au Maroc

En 2026, la question « comment acheter du Bitcoin au Maroc ? » doit être traitée avec plus de prudence que dans nos guides sur le Kenya ou l’Afrique du Sud. Le Royaume prépare une voie réglementée, mais elle n’est pas encore opérationnelle. BrefCrypto ne doit donc pas transformer les pratiques informelles actuelles en tutoriel pour contourner la réglementation des changes.

Ce qu’un utilisateur peut faire techniquement et ce qu’il peut faire conformément aux règles en vigueur doivent rester séparés.

Peut-on acheter Bitcoin en dirhams aujourd’hui ?

Un marché existe.

Des particuliers utilisent déjà des plateformes étrangères et des mécanismes P2P.

Binance affiche par exemple une marketplace permettant des échanges USDT/MAD.

Mais la présence du MAD sur une plateforme internationale ne constitue pas une autorisation de l’Office des Changes, de Bank Al-Maghrib ou de l’AMMC.

C’est la distinction essentielle.

Le futur projet 42.25 devrait permettre l’émergence de prestataires agréés.

En attendant, l’utilisateur doit vérifier les règles actuelles plutôt que supposer que l’application décide du droit marocain.

Carte bancaire ne signifie pas automatiquement conformité

Même logique.

Une plateforme étrangère peut accepter théoriquement une carte internationale.

Une banque peut autoriser ou bloquer la transaction selon ses systèmes.

Cela ne suffit pas à résoudre la réglementation des changes.

Une transaction internationale possède deux dimensions :

la capacité technique d’être exécutée ;

son autorisation réglementaire.

Le paiement « passe » n’est pas une définition juridique.

Le P2P ajoute encore plus de complexité

P2P signifie peer-to-peer.

La plateforme met en relation un acheteur et un vendeur.

Les tokens sont généralement placés en escrow.

L’acheteur envoie la monnaie fiat au vendeur.

Le vendeur confirme.

Les tokens sont libérés.

Ce modèle est expliqué en détail dans le guide BrefCrypto consacré aux exchanges et aux différentes architectures de marché.

Il réduit le risque que le vendeur disparaisse immédiatement avec la crypto.

Il ne règle pas la question du droit de change marocain.

P2P ne veut pas dire invisible

Virement bancaire.

Nom du titulaire.

Historique.

Conversation.

Compte exchange.

KYC.

Adresse blockchain.

Une transaction P2P peut laisser de nombreuses traces.

Le mot pair-à-pair décrit surtout la structure de l’échange.

Pas un anonymat garanti.

Un utilisateur qui pense « P2P = personne ne peut voir » part donc d’une hypothèse dangereuse.

Les faux paiements restent un risque classique

L’escroc achète de l’USDT.

Il envoie une capture de virement.

Le vendeur libère les tokens.

Le compte bancaire n’a pourtant jamais été crédité.

La blockchain a parfaitement fonctionné.

L’escrow aussi.

L’erreur humaine se trouve au dernier clic.

Une notification ou capture ne doit jamais remplacer la vérification réelle du solde.

Les comptes bancaires de tiers sont un autre signal d’alerte

Un acheteur possède un nom.

Le virement arrive depuis un autre nom.

Il explique :

« c’est le compte de mon cousin ».

Cela peut sembler anodin.

Cela peut aussi introduire :

fraude ;

compte compromis ;

blanchiment ;

litige ;

chargeback selon le rail utilisé.

Dans un environnement réglementaire déjà sensible, les incohérences d’identité doivent être prises au sérieux.

L’USDT/MAD peut afficher un prix différent du marché

Un stablecoin vaut approximativement un dollar mondialement.

Son prix en dirhams P2P dépend cependant de l’offre et de la demande locale.

Si beaucoup de Marocains veulent acheter de l’USDT et que peu veulent en vendre, une prime apparaît.

Inversement, une abondance de vendeurs peut réduire le spread.

Le prix local contient donc plusieurs informations :

USD/MAD ;

liquidité ;

risque ;

moyen de paiement ;

demande ;

friction réglementaire.

Ce n’est pas simplement « le prix du dollar ».

Les futurs PSCA pourraient changer ce spread

Avec une rampe officielle liquide, un market maker peut connecter plus facilement le marché marocain aux marchés internationaux.

Le spread devrait théoriquement diminuer si la concurrence est suffisante.

Encore faut-il que les flux de devises et les règles de l’Office des Changes permettent l’opération.

C’est pourquoi la loi crypto ne pourra pas fonctionner isolément.

Elle devra être cohérente avec la réglementation des changes.

Le Maroc possède déjà l’infrastructure de paiement nécessaire

13,7 millions de M-Wallets en 2024.

Banques largement digitalisées.

Cartes.

Virements.

Paiement instantané en développement.

Fintech.

Morocco FinTech Center.

Une future plateforme crypto agréée n’aura donc pas besoin de créer une infrastructure financière à partir de zéro.

Le principal défi sera l’interopérabilité réglementaire.

Comment le MAD entre-t-il ?

Comment sort-il ?

Quel compte bancaire ?

Quelle déclaration ?

Quelles limites ?

Quels actifs sont autorisés ?

C’est là que le futur marché se jouera.

Quels exchanges utiliser au Maroc ?

Tant que le nouveau régime n’est pas opérationnel, BrefCrypto ne peut pas présenter une liste de plateformes comme « exchanges marocains autorisés ».

Ce statut n’existe pas encore de manière vérifiable sous la future loi.

Les plateformes internationales peuvent offrir certains services aux utilisateurs marocains.

Cela dépend :

du produit ;

du KYC ;

du paiement ;

de la résidence ;

des restrictions régionales ;

de la réglementation marocaine.

Une plateforme peut accepter votre passeport tout en ne disposant d’aucune licence marocaine.

Après la loi, le registre du régulateur devra devenir la référence

Lorsque les premiers PSCA seront agréés, le réflexe devra être :

chercher le nom juridique ;

vérifier l’agrément ;

vérifier le service autorisé ;

vérifier le domaine officiel.

Pas simplement :

« tout le monde utilise cette application ».

Une plateforme connue mondialement peut ne pas disposer de l’autorisation locale requise.

Une petite plateforme marocaine peut en disposer.

Le registre décidera.

Acheter Bitcoin et le conserver sont deux décisions différentes

Supposons que l’acquisition soit effectuée par une voie conforme.

Que faire ensuite ?

Option 1 :

laisser le BTC sur la plateforme.

Option 2 :

retirer vers son wallet.

Les risques changent.

Sur exchange, l’entreprise contrôle généralement les clés des actifs.

En self-custody, l’utilisateur contrôle les clés.

Aucune solution n’est totalement sans risque.

L’exchange apporte une protection opérationnelle

Mot de passe oublié ?

Support.

Téléphone perdu ?

Procédure de récupération.

Erreur d’utilisation ?

Parfois réversible si la transaction reste interne.

Mais l’utilisateur dépend de la plateforme.

Faillite.

Hack.

Gel.

Restriction réglementaire.

Problème de retrait.

La phrase « not your keys, not your coins » résume ce risque de contrepartie.

Elle ne raconte pas l’autre moitié du problème.

Self-custody signifie aussi « aucune hotline pour votre seed »

Avec un wallet personnel, vous contrôlez les clés.

Si vous perdez la phrase de récupération sans autre sauvegarde, personne ne peut généralement recréer les clés à votre place.

Bank Al-Maghrib ne peut pas annuler le protocole.

L’AMMC ne peut pas réinitialiser la seed.

Bitcoin n’a pas de service client central.

La souveraineté possède un coût opérationnel.

Une seed photographiée n’est pas une seed sécurisée

Le smartphone sauvegarde parfois automatiquement les photos dans le cloud.

Un attaquant qui compromet le compte cloud peut alors découvrir la phrase.

Même chose pour :

e-mail ;

Google Drive ;

Notes ;

WhatsApp ;

messagerie personnelle.

La seed d’une épargne importante devrait idéalement rester hors ligne.

Pour des patrimoines plus importants, le multisig peut encore réduire le risque d’un point unique de défaillance.

BrefCrypto a analysé cette question après plusieurs incidents touchant la self-custody et les hardware wallets Bitcoin.

L’appareil n’est qu’une couche.

La procédure compte autant.

Un hardware wallet n’est pas une assurance absolue

Vous pouvez acheter le meilleur wallet du marché.

Puis saisir votre seed sur un faux site.

Perte.

Vous pouvez signer une transaction vers un escroc.

Perte.

Vous pouvez perdre les seules sauvegardes.

Perte.

Vous pouvez acheter un appareil compromis auprès d’un vendeur douteux.

Risque.

L’appareil protège principalement la clé contre certaines formes d’exposition numérique.

Il ne remplace pas la compréhension.

Pour USDT, le réseau est aussi important que l’adresse

Une erreur courante consiste à penser :

« j’envoie USDT vers une adresse USDT ».

Ce n’est pas suffisant.

USDT peut exister sur plusieurs blockchains.

Ethereum.

Tron.

Et d’autres.

Le destinataire doit prendre en charge le même réseau.

Une plateforme acceptant USDT sur Tron ne garantit pas qu’elle récupérera facilement un dépôt envoyé via une autre blockchain.

Avant chaque retrait :

actif ;

réseau ;

adresse.

Trois vérifications.

Les transferts de test restent utiles

Vous devez envoyer l’équivalent de 100 000 MAD ?

Une petite transaction préalable peut sembler inutile.

Elle vérifie pourtant :

adresse ;

réseau ;

wallet ;

réception.

Si les frais sont raisonnables, payer deux transactions peut coûter beaucoup moins cher qu’une erreur sur le montant principal.

Cette règle n’a rien de sophistiqué.

Elle fonctionne.

USDT peut être gelé

Autre différence majeure avec Bitcoin.

Tether possède des mécanismes administratifs lui permettant notamment de geler certaines adresses selon les circonstances.

Bitcoin n’a pas d’émetteur équivalent capable de placer une adresse sur liste noire au niveau du protocole de la même manière.

Cette distinction compte pour comprendre le risque.

Un stablecoin dollar combine blockchain et contrôle d’émetteur.

Il n’est donc pas une version « stable de Bitcoin ».

La régulation marocaine pourrait préférer cette contrôlabilité

Pour un régulateur, un stablecoin dont l’émetteur peut coopérer possède certains avantages.

Gel de fonds suspects.

Réponse judiciaire.

Reporting.

Remboursement.

Identification des réserves.

Pour l’utilisateur recherchant la censure minimale, ces mêmes propriétés peuvent être perçues comme une faiblesse.

Il n’existe pas une architecture parfaite.

Il existe des compromis différents.

Les scams seront probablement le plus gros risque retail

Le futur agrément des plateformes ne supprimera pas les escrocs.

Ils peuvent simplement changer de discours.

Aujourd’hui :

« Investis en Bitcoin, 10 % par mois ».

Demain :

« Nous sommes le premier PSCA agréé au Maroc ».

Même si c’est faux.

Les utilisateurs devront vérifier directement auprès du régulateur.

Un logo AMMC copié sur une page Web ne vaut rien.

Le faux support reste extrêmement efficace

« Votre compte sera bloqué par la nouvelle réglementation. »

« Envoyez vos BTC vers ce wallet de migration. »

« Donnez votre seed pour valider votre identité. »

« Payez la nouvelle taxe crypto avant le retrait. »

Toutes ces attaques peuvent apparaître dès que la réglementation entre dans le vocabulaire public.

Le meilleur réflexe consiste à ne jamais utiliser le lien fourni dans le message.

Ouvrez l’application officielle indépendamment.

Aucun support ne doit demander votre seed

Jamais.

Une plateforme centralisée possède son propre système d’authentification.

Elle n’a pas besoin de votre phrase de récupération d’un wallet personnel.

Une personne qui demande les douze ou vingt-quatre mots essaie généralement d’obtenir le contrôle du portefeuille.

Les mots ne servent pas de justificatif d’identité.

Ils sont la clé.

Les faux investissements utilisent de plus en plus l’IA

Bot de trading.

IA institutionnelle.

Arbitrage automatique.

Agent quantique.

Rendement garanti.

Les termes deviennent sophistiqués.

Le modèle économique reste parfois un Ponzi.

Une question élimine beaucoup de bruit :

d’où vient le rendement ?

Si la seule réponse est « notre algorithme est secret », prudence.

Un modèle IA réel ne supprime ni volatilité ni risque.

Les arnaques ne signifient pas que la blockchain est elle-même frauduleuse

BrefCrypto a documenté plusieurs opérations où les attaquants ne piratent aucun protocole.

Ils manipulent simplement l’utilisateur.

C’est un point important pour la pédagogie.

Bitcoin peut fonctionner exactement comme prévu pendant qu’un propriétaire envoie volontairement ses fonds à un escroc.

Le réseau ne sait pas que la victime a été trompée.

La cybersécurité crypto concerne donc autant le comportement que le code.

Le Maroc possède un contexte supplémentaire : les faux investissements internationaux

Une plateforme peut se présenter comme basée à Dubaï, Londres ou New York.

Faux certificat.

Faux régulateur.

Numéro d’entreprise réel copié sur une autre société.

Faux tableau de bord.

Le dépôt apparaît.

Le profit augmente.

Le retrait demande soudain une « taxe ».

Puis une « assurance ».

Puis une « vérification AML ».

Le meilleur moment pour vérifier une entreprise est avant le premier dépôt.

Pas au troisième paiement demandé pour débloquer les fonds.

Fiscalité : pas de taux crypto unique identifiable aujourd’hui

Le Maroc possède évidemment un système fiscal sur les revenus, profits et activités professionnelles.

Mais au 24 septembre 2026, BrefCrypto n’a pas identifié dans les ressources officielles vérifiées une doctrine générale permettant d’écrire sérieusement :

« les gains Bitcoin des particuliers sont toujours taxés à X % ».

Ce serait particulièrement imprudent alors que le cadre même des crypto-actifs est encore en cours d’adoption.

Il faut donc éviter les chiffres copiés depuis des blogs sans base officielle.

Réglementer l’actif permettra probablement de clarifier l’impôt

Un marché autorisé doit résoudre plusieurs questions.

Qu’est-ce qu’un gain ?

Quand est-il réalisé ?

BTC vers MAD ?

BTC vers USDT ?

Achat d’un bien ?

Staking ?

Mining ?

Airdrop ?

Comment calculer le coût d’acquisition ?

Comment déclarer une perte ?

Qui transmet l’information ?

Le projet de loi crypto ne répondra pas nécessairement seul à toutes ces questions.

L’administration fiscale devra probablement apporter ses propres précisions.

Conservez néanmoins les historiques dès maintenant

Même en l’absence d’une doctrine crypto simplifiée, conserver ses données reste intelligent.

Date.

Montant.

Prix.

Frais.

Wallet.

Exchange.

Contrepartie.

Justificatifs.

Taux de change.

Une transaction de 2026 peut devenir difficile à reconstituer en 2030.

La blockchain conserve son historique.

Les utilisateurs devraient en faire autant.

Le mining Bitcoin n’est pas un grand secteur marocain

Le Maroc possède d’importantes ambitions énergétiques, notamment solaire et éolien.

Cela pourrait faire penser à un futur hub de mining.

Pour l’instant, rien ne justifie de placer le pays dans la même catégorie que l’Éthiopie.

Le futur projet 42.25 exclut d’ailleurs le mining de son cœur réglementaire selon les analyses disponibles.

Cette exclusion ne crée pas une politique nationale de mining.

Il faudrait examiner séparément :

électricité ;

fiscalité ;

importation du matériel ;

activité d’entreprise ;

rentabilité.

Un particulier peut techniquement miner, mais le problème est économique

Un ASIC Bitcoin moderne consomme plusieurs kilowatts continuellement.

Le Maroc n’offre pas nécessairement les tarifs industriels extrêmement faibles qui ont attiré les mineurs en Éthiopie.

Solaire abondant ne signifie pas électricité gratuite 24 heures sur 24.

Un mineur doit calculer :

tarif ;

uptime ;

refroidissement ;

difficulté Bitcoin ;

prix du BTC ;

efficacité de l’ASIC.

Le mot « renouvelable » ne garantit pas la rentabilité.

La blockchain peut se développer sans cryptomonnaie publique

Le Maroc explore également différentes utilisations de la blockchain indépendantes de Bitcoin.

Authentification.

Traçabilité.

Infrastructures financières.

Tokenisation.

Preuve documentaire.

Smart contracts.

Le projet 42.25 ne doit donc pas être lu comme une « loi blockchain ».

Une entreprise peut utiliser un registre distribué sans émettre de token publiquement négociable.

Cette distinction est fondamentale pour les entreprises.

Tokeniser un actif marocain sera un dossier majeur

Immobilier.

Créances.

Titres.

Parts de fonds.

Actifs financiers.

Le potentiel est important.

Mais la tokenisation n’efface pas le droit traditionnel.

Un token représentant un appartement doit réellement donner un droit sur l’appartement.

La blockchain peut prouver que le token a été transféré.

Elle ne suffit pas à déterminer si le registre foncier reconnaît automatiquement le nouveau propriétaire.

La couche juridique reste indispensable.

Le Morocco FinTech Center peut devenir une pièce importante

Le Maroc cherche parallèlement à structurer son écosystème fintech.

L’AMMC mentionne dans ses priorités 2026 son implication dans la stratégie et la feuille de route du Morocco FinTech Center, ainsi que l’accompagnement des porteurs de projets.

La future industrie crypto devrait naturellement se connecter à ce dispositif.

Sandbox.

Régulateurs.

Startups.

Banques.

Investisseurs.

Un pays qui veut faire émerger des acteurs locaux doit fournir plus qu’une loi.

Il doit créer un chemin d’entrée.

Le risque serait que seuls les grands exchanges étrangers puissent se conformer

C’est un problème déjà rencontré ailleurs.

Capital minimum très élevé.

Compliance coûteuse.

Audit.

Cybersécurité.

Personnel.

Reporting.

Assurance.

Une startup marocaine peut ne pas disposer des mêmes ressources qu’un exchange mondial.

Trop peu de réglementation crée des risques.

Trop de coûts peut empêcher la naissance d’acteurs locaux.

Le niveau des futures exigences prudentielles sera donc crucial.

Un cadre réussi doit permettre l’innovation locale

Le Maroc possède des développeurs.

Des banques importantes.

Casablanca Finance City.

Des fintechs.

Une diaspora.

Des liens économiques avec l’Europe et l’Afrique subsaharienne.

Un cadre crypto bien calibré peut produire des entreprises travaillant sur :

custody ;

RegTech ;

stablecoins ;

tokenisation ;

paiements ;

wallets ;

cybersécurité ;

analyse blockchain.

Le marché ne doit pas être réduit au trading.

Les banques marocaines pourraient devenir de grands acteurs crypto africains

Attijariwafa Bank.

Bank of Africa.

Banque Centrale Populaire.

Ces groupes opèrent dans plusieurs pays africains.

Le jour où le droit marocain permet clairement certaines activités crypto ou de tokenisation, leurs décisions pourront dépasser les frontières du Royaume.

Custody.

Paiement.

Stablecoin.

Dépôt tokenisé.

Infrastructure blockchain.

La stratégie africaine du secteur bancaire marocain rend cet angle particulièrement intéressant.

Les stablecoins seront probablement le dossier le plus sensible

Bitcoin attire les gros titres.

USDT touche plus directement la souveraineté monétaire.

Un actif indexé sur le dollar peut être utilisé comme quasi-dollar dans une économie dont la monnaie n’est pas totalement convertible.

Si des millions d’utilisateurs commencent à conserver une partie importante de leur épargne en stablecoins, la question dépasse le trading.

Change.

Réserves.

Politique monétaire.

Flux de capitaux.

Fiscalité.

Le futur rôle de Bank Al-Maghrib autour de ces actifs sera donc central.

La MDBC représente une réponse souveraine, pas un substitut exact

Le futur dirham numérique pourrait faciliter les paiements.

Il ne donnera pas à un Marocain une exposition au dollar.

Un stablecoin MAD privé pourrait apporter davantage de programmabilité.

USDT apporterait l’exposition USD.

Bitcoin apporterait une architecture monétaire différente.

Les quatre peuvent exister simultanément.

La question est de savoir comment ils peuvent interagir.

Les transferts MRE pourraient être le meilleur laboratoire

122 milliards de MAD par an.

C’est énorme.

Même une réduction de 1 % du coût moyen de transfert représente une somme significative.

Le corridor MRE est donc un terrain naturel pour :

fintech ;

paiement instantané ;

MDBC ;

stablecoin réglementé ;

tokenized deposits.

Le gagnant ne sera pas nécessairement la technologie la plus « crypto ».

Ce sera celle qui combine :

prix ;

vitesse ;

simplicité ;

conformité ;

confiance.

La blockchain devra battre un système qui s’améliore

C’est une nuance souvent absente des récits Web3.

Le système bancaire ne reste pas immobile.

Paiements instantanés.

Applications.

M-Wallets.

APIs.

Réduction des frais.

Nouveaux concurrents.

Plus ces infrastructures progressent, plus le bénéfice marginal d’un stablecoin doit être clair.

Un transfert bancaire instantané à faible coût peut être meilleur qu’un système crypto comportant cinq conversions.

L’innovation n’obtient pas de bonus parce qu’elle utilise une blockchain.

Le futur marché marocain sera probablement hybride

Banque pour le MAD.

PSCA pour l’accès crypto.

Wallet pour la self-custody.

Stablecoin pour certaines opérations internationales.

Blockchain pour certains actifs tokenisés.

MDBC pour certains paiements publics ou privés.

Il est peu probable qu’une seule infrastructure remplace toutes les autres.

La finance fonctionne généralement par couches.

La crypto ajoute une couche supplémentaire.

FAQ : crypto au Maroc

La crypto est-elle légale au Maroc en 2026 ?

Le Maroc se trouve dans une phase de transition.

La position historique de l’Office des Changes considère les transactions utilisant des monnaies virtuelles en violation de la réglementation des changes comme non autorisées.

Un projet de loi, le n°42.25, doit créer un cadre réglementé pour les crypto-actifs et leurs prestataires. Au 24 septembre 2026, les sources officielles vérifiées continuent de le présenter comme un projet en cours d’adoption et non comme une loi pleinement entrée en vigueur.

Le projet de loi 42.25 est-il déjà applicable ?

Non selon les sources vérifiées pour cette mise à jour.

Le texte a été soumis à consultation publique fin 2025 et des amendements étaient encore discutés avec le Secrétariat général du gouvernement en juin 2026.

Il faut vérifier son statut avant toute décision future.

Le Maroc va-t-il légaliser Bitcoin ?

Le projet vise à réglementer les crypto-actifs et les prestataires.

Il ne transforme pas Bitcoin en monnaie nationale ni en monnaie ayant cours légal.

Le terme « légalisation » est donc trop imprécis.

La direction actuelle est celle d’un marché autorisé et réglementé pour certaines activités.

Bitcoin deviendra-t-il une monnaie officielle ?

Rien dans le projet vérifié ne va dans cette direction.

Le dirham reste la monnaie nationale.

Bitcoin serait traité comme crypto-actif, pas comme remplacement du MAD.

Peut-on posséder Bitcoin au Maroc ?

Le cadre historique vise surtout les transactions financières utilisant les monnaies virtuelles et les violations des règles de change.

Le statut précis de chaque type de détention ou opération doit être distingué.

Le futur projet doit justement apporter davantage de clarté.

Peut-on acheter Bitcoin avec des dirhams ?

Des marchés techniques P2P MAD existent sur des plateformes internationales.

Cela ne constitue pas une autorisation marocaine.

Le futur régime devrait ouvrir une voie via des prestataires agréés, mais celle-ci n’est pas encore opérationnelle au 24 septembre 2026.

Binance fonctionne-t-il au Maroc ?

Binance affiche actuellement un marché P2P USDT/MAD.

La plateforme rappelle néanmoins que certains produits peuvent être indisponibles selon les juridictions et que les utilisateurs sont responsables du respect de leurs règles locales.

Accessibilité technique ne signifie pas agrément marocain.

Binance est-il licencié par l’AMMC ?

BrefCrypto n’a pas identifié, au 24 septembre 2026, de licence marocaine PSCA délivrée sous le projet 42.25 à Binance.

Le futur régime d’agrément n’est pas encore opérationnel comme un registre définitif de prestataires crypto.

Existe-t-il un exchange crypto marocain agréé ?

BrefCrypto n’a pas identifié de registre officiel de PSCA agréés sous la future loi 42.25 au moment de cette mise à jour.

Lorsque le régime sera opérationnel, les listes officielles de l’AMMC et des autres autorités compétentes devront devenir la référence.

Le P2P est-il légal ?

Il faut distinguer le fonctionnement technique de la plateforme et la réglementation marocaine.

L’Office des Changes maintient historiquement que les transactions en monnaies virtuelles réalisées en violation de la réglementation des changes sont interdites.

Le P2P ne bénéficie pas automatiquement d’une exemption parce que l’échange intervient entre particuliers.

Peut-on utiliser son compte bancaire pour acheter de l’USDT en P2P ?

Le fait qu’un virement bancaire puisse être techniquement effectué ne prouve pas que l’opération satisfait les règles de change applicables.

Il faut vérifier la réglementation et la position de l’établissement.

USDT est-il légal au Maroc ?

USDT est un crypto-actif privé indexé sur le dollar.

Le futur projet de loi prévoit un cadre concernant notamment les jetons adossés à des actifs.

Au régime actuel, son utilisation doit encore être analysée à la lumière des restrictions existantes sur les monnaies virtuelles et des règles de change.

USDT est-il identique au dollar ?

Non.

USDT est émis par Tether.

Un dollar bancaire est une créance sur une banque libellée en USD.

Un billet est émis par la Federal Reserve.

Les risques et droits associés ne sont pas identiques.

Pourquoi les Marocains utilisent-ils des stablecoins ?

Les cas d’usage peuvent inclure trading, conservation temporaire d’une valeur dollar, transferts internationaux, paiements professionnels ou accès à la DeFi.

Les données disponibles ne permettent pas d’attribuer une motivation unique à tous les utilisateurs.

Le Maroc possède-t-il un stablecoin en dirhams ?

Aucun stablecoin privé national en MAD ne doit être confondu aujourd’hui avec une monnaie officielle de Bank Al-Maghrib.

Le futur cadre pourrait permettre l’émergence de nouveaux actifs sous conditions.

Qu’est-ce que le projet de dirham numérique ?

Bank Al-Maghrib étudie une Monnaie Digitale de Banque Centrale.

Une première expérimentation a porté sur les paiements P2P retail et une autre sur les transferts transfrontaliers avec l’Égypte et l’appui de la Banque mondiale.

Le dirham numérique est-il déjà lancé ?

Non.

Bank Al-Maghrib étudie et expérimente une MDBC.

Aucune décision finale de lancement généralisé n’a été identifiée dans les sources vérifiées pour cette page.

Une MDBC est-elle une cryptomonnaie ?

Pas au sens de Bitcoin.

Une MDBC est émise par une banque centrale et représente la monnaie souveraine.

Bitcoin fonctionne sans banque centrale émettrice.

Le dirham numérique utilisera-t-il forcément une blockchain publique ?

Non.

Une MDBC peut utiliser différentes architectures techniques.

L’existence d’une monnaie digitale de banque centrale n’implique pas automatiquement Ethereum ou une blockchain publique.

Combien de Marocains utilisent la crypto ?

Il n’existe pas un recensement officiel exhaustif permettant de donner un chiffre exact et actuel.

Les estimations privées varient.

Le chiffre robuste à retenir est plutôt le classement : le Maroc était 24e mondial dans l’indice Chainalysis 2025.

Quelle valeur crypto circulait au Maroc ?

Chainalysis estimait environ 12,7 milliards de dollars de valeur on-chain reçue entre juillet 2023 et juin 2024.

Il s’agit de flux sur une période, pas du patrimoine crypto total détenu par les Marocains.

Pourquoi le Maroc est-il aussi haut dans les classements malgré les restrictions ?

L’accès aux wallets et aux services Internet internationaux rend l’interdiction difficile à appliquer techniquement à chaque usage.

Le marché P2P et les plateformes étrangères ont également permis à l’activité de continuer.

Quel est le rôle de l’Office des Changes ?

Il régule notamment les opérations de change et les transferts internationaux.

Sa position est donc essentielle lorsque des dirhams sont convertis ou lorsqu’une valeur financière quitte le Maroc.

L’Instruction Générale des Opérations de Change 2026 légalise-t-elle la crypto ?

L’IGOC 2026 poursuit la libéralisation et la simplification de nombreuses opérations de change.

Elle ne constitue pas, à elle seule, la future loi crypto 42.25.

Les deux sujets doivent être distingués.

Qui régulera la crypto après l’adoption de la loi ?

Le projet prévoit une supervision partagée et coordonnée entre les autorités selon les activités.

L’AMMC devrait notamment intervenir sur les prestataires, marchés et émissions relevant de son périmètre, avec Bank Al-Maghrib et d’autres institutions sur les questions monétaires et prudentielles.

Qu’est-ce qu’un PSCA ?

Un prestataire de services sur crypto-actifs.

Il peut s’agir, selon l’activité et le régime final, d’une plateforme d’échange, d’un custodian, d’un service de gestion ou d’un autre intermédiaire crypto.

Les PSCA devront-ils obtenir une licence ?

Le projet prévoit un régime d’agrément ou d’habilitation des prestataires.

Les conditions définitives devront être lues dans le texte adopté et ses règlements.

Les exchanges devront-ils faire du KYC ?

Le cadre est construit autour des standards internationaux de lutte contre le blanchiment.

Un régime crypto réglementé sans identification des utilisateurs importants serait donc peu probable.

Le détail viendra de la version finale et des textes d’application.

Qu’est-ce que la Travel Rule ?

C’est une norme du GAFI imposant à certains prestataires de collecter et transmettre des informations relatives à l’expéditeur et au bénéficiaire lors de transferts d’actifs virtuels.

Elle rapproche les transferts crypto réglementés des obligations existant déjà dans le système financier.

Les wallets personnels seront-ils interdits ?

Les sources vérifiées sur le projet 42.25 ne permettent pas de conclure à une interdiction générale de la self-custody.

La réglementation vise surtout les prestataires et certaines activités.

Les obligations appliquées aux transferts depuis et vers des wallets personnels devront néanmoins être suivies.

Quel wallet utiliser pour Bitcoin ?

Le choix dépend du montant et de l’usage.

Un wallet mobile peut convenir à de petites sommes.

Une solution hardware ou multisig peut devenir pertinente pour une épargne importante.

La priorité reste la gestion correcte des clés.

Qu’est-ce qu’une seed ?

Une phrase de récupération, généralement 12 ou 24 mots, permettant de reconstruire les clés du wallet.

Quiconque possède cette phrase peut généralement prendre le contrôle des actifs.

Peut-on envoyer sa seed au support Binance ?

Non.

Jamais.

Une plateforme n’a pas besoin de la phrase de récupération de votre wallet personnel pour vérifier votre identité.

Peut-on stocker une seed dans Google Drive ?

Pour une épargne importante, ce n’est pas une bonne pratique.

Une sauvegarde cloud augmente l’exposition à la compromission d’un compte.

Faut-il acheter un hardware wallet ?

Pas nécessairement pour quelques dizaines de dollars.

Plus la somme devient importante pour votre patrimoine, plus une solution dédiée peut être pertinente.

Elle doit être accompagnée d’une bonne sauvegarde de la seed.

Un hardware wallet peut-il être piraté ?

Aucun dispositif n’est absolument invulnérable.

Les risques peuvent venir du firmware, de la supply chain, d’une mauvaise configuration ou surtout d’une seed compromise.

La sécurité doit être conçue en plusieurs couches.

Les stablecoins sont-ils plus sûrs que Bitcoin ?

La question mélange plusieurs risques.

USDT est moins volatil en dollars mais dépend d’un émetteur.

Bitcoin est beaucoup plus volatil mais ne dépend pas d’un émetteur central.

« Plus sûr » dépend donc du risque que l’on mesure.

Quelle blockchain utiliser pour USDT ?

Celle prise en charge par le wallet ou la plateforme de destination.

Ne choisissez jamais un réseau uniquement parce qu’il affiche les frais les plus faibles.

Vérifiez la compatibilité avant d’envoyer.

Peut-on récupérer une transaction envoyée sur le mauvais réseau ?

Parfois.

Pas toujours.

La récupération dépend de la plateforme, du wallet et des clés disponibles.

Elle peut être impossible ou facturée très cher.

D’où l’intérêt d’une petite transaction test.

Peut-on annuler une transaction Bitcoin ?

Une transaction confirmée n’offre généralement pas de mécanisme central permettant de l’annuler comme un paiement par carte.

Il faut donc vérifier l’adresse et le montant avant l’envoi.

Bitcoin est-il anonyme ?

Il est surtout pseudonyme.

Les transactions et adresses sont publiques.

Une fois qu’une adresse est reliée à une identité, son historique peut être analysé.

Les cryptomonnaies servent-elles principalement au crime ?

Non.

Les activités illicites représentent une minorité des flux on-chain identifiés globalement, même si les montants absolus peuvent être importants. BrefCrypto a consacré un dossier aux dernières estimations de Chainalysis sur les flux crypto illicites.

Cela n’empêche pas les utilisateurs de devoir se protéger contre les nombreuses fraudes.

Comment reconnaître une arnaque crypto ?

Les principaux signaux restent assez classiques.

Rendement garanti très élevé.

Pression.

Faux support.

Faux régulateur.

Recrutement de nouveaux membres.

Retrait bloqué.

Taxe supplémentaire à payer avant de récupérer l’argent.

Seed demandée.

Entreprise impossible à vérifier.

Une belle application ne prouve rien.

Le Maroc taxe-t-il les gains Bitcoin ?

BrefCrypto n’a pas identifié, au 24 septembre 2026, un taux unique officiel spécifiquement applicable à toutes les plus-values crypto des particuliers.

Les règles fiscales générales peuvent devenir pertinentes selon la nature du revenu ou de l’activité.

Le futur cadre devrait permettre d’apporter davantage de précision.

Dois-je garder mes historiques de transactions ?

Oui.

Même indépendamment de l’évolution fiscale.

Dates, prix, montants, frais, wallets et justificatifs peuvent devenir utiles en cas de contrôle, litige ou calcul de performance.

Peut-on être payé en Bitcoin pour un travail ?

Techniquement, une adresse peut recevoir du BTC.

La conformité au droit marocain est une autre question, notamment en matière de change, fiscalité et rémunération.

Le fait que le réseau accepte une transaction ne constitue pas un avis juridique.

Peut-on recevoir un salaire en USDT depuis l’étranger ?

Même prudence.

Il faut distinguer la capacité technique de recevoir le token et les obligations liées au revenu, au change et au rapatriement des recettes.

Un freelance ou une entreprise devrait vérifier le cadre applicable.

Les stablecoins peuvent-ils réduire les frais des MRE ?

Ils peuvent réduire certaines frictions techniques, mais le coût total comprend achat, blockchain, conversion finale et conformité.

Avec plus de 122 milliards de MAD de transferts MRE en 2025, l’usage potentiel est considérable.

Cela ne garantit pas que la crypto soit toujours moins chère qu’un service traditionnel.

Combien de M-Wallets existe-t-il au Maroc ?

Bank Al-Maghrib recensait 13,7 millions de M-Wallets à fin 2024, soit 32 % de plus qu’en 2023.

Un M-Wallet marocain est-il un wallet crypto ?

Non.

Un M-Wallet géré par un établissement de paiement ou une banque représente de la monnaie traditionnelle dans une infrastructure réglementée.

Un wallet Bitcoin peut donner directement accès à un actif enregistré sur une blockchain.

Les M-Wallets pourront-ils servir à acheter de la crypto ?

Techniquement, une intégration est possible.

Juridiquement, cela dépendra du futur cadre, des autorisations et des partenariats entre prestataires.

Il ne faut pas considérer cette possibilité future comme déjà autorisée.

Le Maroc peut-il créer un stablecoin en dirhams ?

Le futur cadre pourrait permettre des actifs à valeur stable sous certaines conditions.

La version définitive de la loi et la position de Bank Al-Maghrib détermineront ce qui sera autorisé.

Pourquoi créer un stablecoin MAD si un dirham numérique arrive ?

Les deux pourraient avoir des fonctions différentes.

Une MDBC est une monnaie de banque centrale.

Un stablecoin privé est une créance ou un token émis par une entreprise.

Leur gouvernance, interopérabilité et risques diffèrent.

Le Maroc peut-il devenir un hub crypto africain ?

Le pays possède plusieurs avantages.

Système financier développé.

Casablanca Finance City.

Grandes banques présentes sur le continent.

Diaspora.

Fintech.

Développeurs.

Proximité européenne.

Cadre réglementaire en préparation.

Sa capacité à devenir un hub dépendra cependant du contenu réel de la loi, du coût des licences et de la facilité pour les acteurs sérieux d’accéder aux banques et au dirham.

Le Maroc est-il en avance sur l’Algérie et la Tunisie ?

Sur l’adoption mesurée par Chainalysis en 2025, oui : le Maroc était le premier marché d’Afrique du Nord.

Sur la réglementation, les trajectoires nationales restent différentes et évolutives.

Une comparaison complète mérite des pages pays séparées.

Pourquoi le Maroc ne légalise-t-il pas simplement tout ?

Parce que le sujet touche plusieurs fonctions sensibles.

Change.

Protection des investisseurs.

Blanchiment.

Stabilité financière.

Souveraineté monétaire.

Fiscalité.

Une ouverture totale laisserait des angles morts.

Une interdiction totale a déjà montré ses limites.

Le projet 42.25 essaie justement de construire une troisième voie.

Que faudra-t-il surveiller maintenant ?

Le prochain événement véritablement structurant sera le franchissement des dernières étapes du projet 42.25.

Puis viendront :

publication du texte définitif ;

date d’entrée en vigueur ;

règlements d’application ;

capital exigé ;

premiers PSCA agréés ;

règles applicables aux stablecoins ;

conditions de conversion MAD/crypto ;

traitement fiscal ;

règles sur la publicité ;

obligations de transfert vers les wallets personnels.

C’est à ce moment que cette page devra être actualisée en profondeur.

Les dernières actualités Maroc sur BrefCrypto

Pour suivre le passage vers ce nouveau régime, notre dossier Maroc : vers une régulation crypto proactive portée par l’AMMC reste le complément direct de cette page.

Il détaille notamment la préparation technique de l’autorité de marché avant l’entrée en vigueur du futur cadre.

Les usages marocains doivent également être replacés dans un environnement africain où les stablecoins prennent une place croissante. L’exemple du Kenya, qui commence déjà à encadrer très précisément les stablecoins proposés par ses intermédiaires, montre à quoi peut ressembler l’étape suivante lorsqu’une banque centrale décide de ne plus simplement observer.

Le Maroc ne suivra pas nécessairement le même modèle.

Mais la question sera comparable :

quels actifs peuvent entrer dans le système financier local et sous quelles conditions ?

Le Maroc prépare surtout la fin d’un paradoxe

Pendant presque une décennie, deux Maroc crypto ont coexisté.

Le Maroc officiel disait :

prudence.

Réglementation des changes.

Risque.

Non-autorisation.

Le Maroc numérique, lui, utilisait déjà :

Bitcoin.

USDT.

Exchanges.

P2P.

DeFi.

Wallets.

Chainalysis a fini par mesurer l’écart.

27e mondial en 2024.

24e en 2025.

Premier d’Afrique du Nord.

Un marché suffisamment important pour apparaître dans les statistiques internationales, mais sans industrie domestique réglementée capable de représenter proprement cette demande.

Ce modèle atteint ses limites.

Il protège mal l’utilisateur.

Il prive les régulateurs de visibilité.

Il empêche des entreprises marocaines de construire certaines infrastructures localement.

Il complique la relation avec les banques.

Et il laisse les plateformes étrangères capter la demande sans nécessairement disposer d’une implantation réglementaire correspondante dans le Royaume.

Le projet 42.25 est la réponse à ce paradoxe.

Pas une capitulation face à la crypto.

Pas une adoption de Bitcoin comme monnaie.

Une tentative de faire rentrer un marché déjà existant dans le droit.

Le défi sera l’exécution.

Si un PSCA marocain doit franchir une montagne réglementaire pendant qu’un utilisateur peut toujours accéder en quelques secondes à une plateforme étrangère, le marché local risque de rester faible.

Si les règles sont trop souples, les problèmes de fraude, de custody et de blanchiment que les autorités veulent précisément réduire resteront importants.

Le niveau des exigences décidera donc beaucoup.

Capital.

Gouvernance.

Banque partenaire.

Cybersécurité.

Assurance.

Protection des fonds clients.

Reporting.

Travel Rule.

Publicité.

Liquidité.

Le Maroc dispose d’un avantage : il peut apprendre des pays ayant réglementé plus tôt.

MiCA en Europe.

FSCA en Afrique du Sud.

Nigeria.

Kenya.

Rwanda.

Émirats arabes unis.

Les erreurs sont déjà visibles.

Une licence ne suffit pas si les banques refusent les acteurs.

Une loi ne suffit pas si aucun registre public n’existe.

Un stablecoin réglementé ne sert à rien s’il n’a aucune liquidité.

Une réglementation trop restrictive peut déplacer l’activité offshore.

Une réglementation trop légère finit souvent par coûter cher après le premier grand scandale.

Le Royaume peut donc arriver plus tard et construire mieux.

Bitcoin n’est probablement pas le dossier le plus difficile

Bitcoin est finalement relativement simple à définir.

Pas d’émetteur.

Pas de promesse de parité.

Pas de réserve gérée par une société.

Le régulateur peut surtout contrôler les points de contact :

exchanges ;

custodians ;

brokers ;

conseillers ;

paiements.

USDT est plus compliqué.

Il ressemble beaucoup plus à de la monnaie.

Lorsque quelques milliers de personnes en possèdent, le sujet reste limité.

Lorsque plusieurs millions d’utilisateurs commencent à conserver une partie de leur épargne en dollars tokenisés, la banque centrale doit se demander si un nouveau marché de devises vient de naître hors de son périmètre traditionnel.

Le régime de change marocain rend cette question encore plus sensible.

Voilà pourquoi l’avenir du marché marocain se jouera probablement moins sur la question :

« Bitcoin est-il autorisé ? »

que sur :

comment convertir légalement le dirham vers des actifs numériques sans créer un second marché des changes parallèle ?

C’est là que Bank Al-Maghrib et l’Office des Changes devront trouver un mécanisme cohérent avec l’AMMC.

Les MRE pourraient pousser le système à évoluer

122 milliards de dirhams de transferts en 2025.

74,8 milliards sur les sept premiers mois de 2026.

Ces flux sont trop importants pour ignorer toute technologie capable de réduire les coûts ou délais.

La réponse marocaine pourrait ne pas être USDT.

Elle pourrait être un M-Wallet amélioré.

Une MDBC.

Une infrastructure bancaire instantanée.

Un stablecoin réglementé.

Une combinaison.

Peu importe.

La concurrence technologique commence.

Bank Al-Maghrib l’a déjà compris puisqu’elle expérimente le paiement P2P et transfrontalier en monnaie digitale souveraine.

Les stablecoins exercent donc une pression utile.

Ils obligent le système traditionnel à devenir plus efficace.

Le dirham numérique pourrait finalement être l’héritage le plus important de la crypto

Bitcoin a obligé les banques centrales à réfléchir à la monnaie numérique.

Les stablecoins leur ont montré qu’une unité monétaire pouvait circuler 24 heures sur 24 sur une infrastructure programmable.

Cela ne signifie pas qu’une MDBC doive copier Bitcoin.

Au contraire.

Elle cherche à conserver les caractéristiques de la monnaie souveraine tout en modernisant le rail.

Si Bank Al-Maghrib finit par émettre une MDBC, la crypto aura participé indirectement à transformer le système monétaire marocain même si la majorité des citoyens ne possèdent jamais un seul satoshi.

C’est une perspective beaucoup plus large que le cours du BTC.

Le futur utilisateur marocain devrait avoir plus de choix, pas moins de responsabilité

Un cadre réglementé peut aider.

Prestataires identifiés.

Procédures de plainte.

Custody encadrée.

Information.

Supervision.

Mais aucune loi ne peut protéger un investisseur de chaque erreur.

Bitcoin peut perdre 30 %.

Un memecoin peut tomber à zéro.

Un stablecoin peut connaître un problème.

Une seed peut être perdue.

Un smart contract peut être exploité.

Un fraudeur peut convaincre une victime de signer elle-même la transaction.

L’éducation restera donc indispensable.

C’est aussi pour cette raison que les pages pays de BrefCrypto doivent aller au-delà de « où acheter ».

Comprendre le système est plus important que connaître le bouton.

Une réglementation claire pourrait aussi révéler la vraie taille du marché

Aujourd’hui, beaucoup d’activité reste estimée.

On-chain.

Plateformes étrangères.

P2P.

Enquêtes.

Après régulation, les autorités pourront disposer de données beaucoup plus précises.

Nombre de clients.

Volumes MAD.

BTC détenus.

USDT.

Sorties vers wallets.

Transactions institutionnelles.

Fraude.

Âge des utilisateurs.

Répartition géographique.

Ce sera alors possible de distinguer les mythes des usages réels.

Peut-être que le marché est encore plus grand qu’estimé.

Peut-être que quelques utilisateurs très actifs produisent une part importante des volumes.

Nous le saurons mieux lorsque l’industrie deviendra mesurable localement.

Le projet 42.25 sera donc le vrai point zéro

2017 restera la date de l’interdiction historique.

2025, celle de la consultation.

2026, celle de la préparation finale.

Le vrai changement arrivera avec :

promulgation ;

publication ;

entrée en vigueur ;

premières licences.

À partir de là, BrefCrypto pourra commencer à créer les futures sous-pages :

Bitcoin Maroc.

USDT Maroc.

Acheter Bitcoin au Maroc.

Exchanges crypto au Maroc.

Fiscalité crypto Maroc.

Stablecoins Maroc.

Wallet Bitcoin Maroc.

Pour l’instant, cette page doit rester le centre.

Elle permet de comprendre pourquoi acheter du BTC, envoyer de l’USDT, exploiter un exchange et développer une blockchain ne sont pas quatre versions d’une seule activité.

Ce sont quatre sujets juridiques et économiques différents.

En bref

  • Le Maroc était 24e mondial dans le Global Crypto Adoption Index 2025 de Chainalysis et premier en Afrique du Nord.
  • Il occupait la 27e position en 2024.
  • Chainalysis estimait à environ 12,7 milliards de dollars la valeur crypto reçue par le Maroc entre juillet 2023 et juin 2024.
  • Le Royaume ne possède pas encore, au 24 septembre 2026, de régime PSCA définitivement opérationnel comparable à ceux du Kenya ou de l’Afrique du Sud.
  • La position historique de l’Office des Changes considère les transactions utilisant des monnaies virtuelles en violation de la réglementation des changes comme non autorisées.
  • Le projet de loi n°42.25 doit créer un cadre dédié aux crypto-actifs.
  • Il a été soumis à consultation publique du 31 octobre au 30 novembre 2025.
  • En juin 2026, Bank Al-Maghrib indiquait encore discuter de certains amendements avec le Secrétariat général du gouvernement.
  • Les documents officiels 2026 de l’AMMC continuent de le présenter comme un projet de loi.
  • Le futur régime prévoit l’agrément et la supervision des prestataires de services sur crypto-actifs.
  • Des règles prudentielles et de contrôle interne sont prévues.
  • Le cadre s’inspire notamment de MiCA, du FSB et du GAFI.
  • Bitcoin ne doit pas être confondu avec une monnaie ayant cours légal.
  • Les stablecoins constituent un sujet particulièrement sensible en raison du régime marocain de change.
  • Binance affiche techniquement une marketplace P2P USDT/MAD, mais cela ne constitue pas un agrément marocain.
  • La disponibilité d’une plateforme n’équivaut pas à son autorisation par l’AMMC ou Bank Al-Maghrib.
  • Le Maroc comptait 13,7 millions de M-Wallets en 2024, contre 10,4 millions en 2023.
  • Les transferts des Marocains résidant à l’étranger ont atteint environ 122 milliards de MAD en 2025.
  • Ils atteignaient déjà 74,8 milliards de MAD à fin juillet 2026.
  • Bank Al-Maghrib expérimente parallèlement une monnaie digitale de banque centrale.
  • Une première expérimentation a porté sur les paiements P2P retail.
  • Une autre expérimentation avec l’Égypte et la Banque mondiale porte sur les transferts transfrontaliers.
  • Aucune décision définitive de lancement d’un dirham numérique n’a encore été annoncée.
  • BrefCrypto n’a pas identifié de taux fiscal unique officiellement applicable à toutes les plus-values Bitcoin des particuliers au Maroc.
  • Les utilisateurs devraient conserver leurs historiques de transactions en attendant une doctrine fiscale plus détaillée.
  • Le prochain événement majeur sera l’adoption définitive du projet 42.25 puis la publication des premiers agréments PSCA.

Sources principales et méthodologie

La principale source réglementaire de cette page est Bank Al-Maghrib. Son rapport sur la supervision bancaire confirme l’élaboration d’un projet de loi sur les crypto-actifs par un groupe de travail réunissant le Ministère de l’Économie et des Finances, Bank Al-Maghrib, l’AMMC, l’ACAPS, l’ANRF, l’Office des Changes et la Présidence du Ministère Public. Il confirme également que le projet prévoit un agrément des prestataires et s’inspire notamment de MiCA, du FSB et du GAFI.

La situation du projet en 2026 est vérifiée grâce aux publications de l’AMMC. L’autorité confirme que le projet de loi n°42.25 a été soumis à consultation publique du 31 octobre au 30 novembre 2025 et le cite toujours parmi les travaux relatifs à l’innovation financière dans ses priorités d’action 2026.

Cette lecture est renforcée par les déclarations de juin 2026 du wali de Bank Al-Maghrib, indiquant que le projet réglementaire restait en cours et faisait encore l’objet de discussions avec le Secrétariat général du gouvernement concernant certains amendements.

Le cadre de change repose sur les publications de l’Office des Changes. L’Office rappelle historiquement que les transactions financières internationales doivent passer par des intermédiaires agréés et que l’utilisation de monnaies virtuelles en violation de ce régime constitue une infraction. L’Instruction Générale des Opérations de Change 2026 modernise plusieurs règles mais ne remplace pas la future réglementation spécifique aux crypto-actifs.

Les chiffres d’adoption reposent principalement sur Chainalysis. Le Maroc occupait la 24e place du Global Crypto Adoption Index 2025 et la première position en Afrique du Nord. En 2024, Chainalysis estimait à environ 12,7 milliards de dollars la valeur on-chain reçue par le pays entre juillet 2023 et juin 2024.

Cette page n’utilise volontairement pas d’estimation non vérifiable du nombre total de détenteurs marocains de Bitcoin. Les méthodologies privées varient trop fortement et une adresse blockchain ne correspond pas nécessairement à une personne unique.

Les données relatives aux paiements numériques proviennent de Bank Al-Maghrib. Le nombre de M-Wallets a atteint 13,7 millions à fin 2024, contre 10,4 millions en 2023 et 7,7 millions en 2022.

Les données sur les Marocains résidant à l’étranger viennent de l’Office des Changes. Les transferts MRE se sont élevés à 122,023 milliards de MAD en 2025 et à 74,788 milliards sur les sept premiers mois de 2026.

La Banque mondiale estime de son côté les remittances reçues par le Maroc en 2025 à environ 13,7 milliards de dollars, soit 7,5 % du PIB.

Les informations relatives à la MDBC reposent sur les déclarations de Bank Al-Maghrib. La Banque centrale a déjà réalisé une expérimentation sur les paiements P2P de détail et travaille avec la Banque centrale d’Égypte et la Banque mondiale sur un cas d’usage transfrontalier. Cela ne signifie pas qu’une MDBC marocaine a été officiellement lancée.

Enfin, cette page distingue volontairement accessibilité technique, légalité de l’opération et agrément du prestataire. L’existence d’un marché P2P MAD sur une plateforme internationale n’est jamais utilisée comme preuve que cette plateforme possède une autorisation marocaine ou que toute opération proposée respecte automatiquement la réglementation des changes.

Sources citées3
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Mosengo Léon
Auteur

Mosengo Léon

Mosengo Léon est un analyste crypto et rédacteur pour BrefCrypto.com, reconnu pour ses analyses approfondies des marchés Bitcoin et cryptomonnaies, l’impact des événements structurants comme les crises et levées de fonds, et sa capacité à rendre accessibles les enjeux techniques et économiques de la blockchain pour investisseurs et passionnés