Le Bitcoin est tombé sous 66 000 dollars dans un marché dominé par la peur. La pression vient à la fois des sorties d’ETF, du boom des actions liées à l’intelligence artificielle et du retour des prévisions extrêmes de Peter Schiff.
Bitcoin casse un seuil sensible et ravive la peur
Cette cassure s’inscrit dans une séquence déjà tendue, marquée par la chute de Bitcoin sous 66 000 dollars après le choc Iran-USA. Le seuil technique a cédé au moment où les liquidations, les sorties d’ETF et la rotation vers l’IA pesaient déjà sur le sentiment.
Le Bitcoin a glissé jusqu’à 65 422 dollars, son plus bas niveau récent, après une nouvelle journée de vente. La baisse dépasse 20 % sur un mois. Pour un actif habitué à la volatilité, le signal reste lourd, car il intervient au moment où les acheteurs institutionnels se montrent moins agressifs.
Le seuil des 66 000 dollars avait une valeur psychologique. Il servait de repère à court terme pour les traders. Sa rupture a donc déclenché des ventes supplémentaires, surtout dans un marché déjà fragilisé par les liquidations et les sorties de capitaux.
L’indice de peur et de cupidité crypto est tombé en zone de peur extrême. Ce n’est pas seulement une statistique d’humeur. C’est un indicateur de prudence générale. Quand la peur domine, les investisseurs réduisent le risque avant même d’attendre une confirmation plus solide.
L’IA aspire la liquidité que la crypto espérait garder
Le vrai malaise vient aussi d’ailleurs. Selon K33 Research, les capitaux se dirigent désormais vers les actions liées à l’intelligence artificielle. Le Bitcoin n’est plus la star naturelle du risque. Il doit rivaliser avec Nvidia, les grandes valeurs technologiques et les promesses d’introductions en bourse autour de SpaceX ou Anthropic.
Cette rotation change l’équilibre du marché. Pendant les phases d’euphorie crypto, les investisseurs acceptent de payer cher l’exposition au Bitcoin. Aujourd’hui, ils comparent. Et face à des actions IA en forte progression, le coût d’opportunité de détenir du BTC devient plus visible.
Cette lecture rejoint l’analyse selon laquelle l’IA capte les capitaux pendant que la crypto devient un pari à contre-courant. La crypto ne disparaît pas du radar, mais elle doit désormais prouver davantage pour attirer les mêmes flux.
Le rapport de K33 évoque une forme de « tristesse estivale ». L’expression résume bien le moment. Les ETF Bitcoin au comptant enregistrent l’une de leurs plus fortes séquences de sorties sur trois semaines. Dans le même temps, les positions ouvertes restent élevées, ce qui augmente le risque de mouvements violents.
Peter Schiff remet le scénario des 20 000 dollars sur la table
Peter Schiff, critique historique du Bitcoin et défenseur de l’or, a profité de la baisse pour réactiver son scénario noir. Selon lui, le marché reste trop complaisant pour avoir déjà touché un plancher. Il estime qu’une rupture sous 50 000 dollars pourrait ouvrir la voie à une chute rapide vers 20 000 dollars.
Cette prévision doit être lue pour ce qu’elle est : une thèse très baissière portée par l’un des adversaires les plus constants du Bitcoin. Schiff s’est souvent trompé sur la durée et l’ampleur des cycles haussiers du BTC. Mais ses interventions trouvent toujours un écho lorsque le marché vacille.
Son argument vise aussi Strategy, l’entreprise de Michael Saylor. La vente de bitcoins par Strategy et la pression sur ses instruments financiers, dont STRC, alimentent le débat. Pour Schiff, le modèle devient vulnérable si le prix du Bitcoin continue de baisser et si l’action MSTR subit une dilution plus forte.
Ce discours prolonge le débat ouvert quand la vente taboue de Strategy a donné à Schiff son scénario catastrophe. Le sujet n’est plus seulement le prix du BTC, mais la solidité des structures financières bâties autour de lui.
Strategy et les ETF deviennent des points de tension
La pression sur Strategy compte parce que l’entreprise a longtemps incarné la conviction institutionnelle autour du Bitcoin. Quand un acteur aussi symbolique vend, même modestement, le marché y voit plus qu’une opération comptable. Il y voit une fissure dans le récit.
Les ETF Bitcoin ajoutent une autre couche d’incertitude. Leur lancement avait installé l’idée d’une demande institutionnelle régulière. Mais les sorties récentes montrent que ces véhicules peuvent aussi accélérer la pression vendeuse. L’argent entre vite quand le récit est puissant. Il sort vite quand une autre histoire attire davantage.
C’est là que l’IA devient un problème pour le Bitcoin. Elle ne le concurrence pas techniquement. Elle le concurrence dans les portefeuilles. Les investisseurs ne vendent pas forcément parce qu’ils ne croient plus au BTC. Ils vendent parfois parce qu’ils pensent trouver une performance plus rapide ailleurs.
Les sorties récentes des fonds confirment ce changement de ton : les ETF Bitcoin saignent pendant que les institutions lâchent le marché crypto. Ce n’est pas un rejet définitif, mais c’est un signal de prudence fort.
Le support suivant dira si la panique est excessive
À court terme, la zone des 60 000 dollars devient centrale. Si le Bitcoin défend ce niveau, le marché pourra parler de correction sévère mais encore maîtrisée. Si ce seuil cède, les scénarios plus sombres gagneront en crédibilité.
Cela ne signifie pas que l’objectif de 20 000 dollars de Peter Schiff deviendra automatique. Entre 65 000 et 20 000 dollars, plusieurs zones de support existent. Mais dans un marché dominé par la peur, les chiffres extrêmes circulent plus vite que les analyses nuancées.
Le Bitcoin entre donc dans une séquence de vérité. Il doit absorber les sorties d’ETF, la concurrence des actions IA, la nervosité macroéconomique et les attaques de ses critiques les plus bruyants. Le marché n’a pas encore tranché. Mais il a déjà envoyé un message clair : la hausse ne sera plus gratuite.
En bref
- Le Bitcoin est tombé sous 66 000 dollars dans un climat de peur extrême.
- Les capitaux se dirigent vers l’IA, ce qui réduit l’appétit pour la crypto.
- Peter Schiff relance son scénario d’un Bitcoin à 20 000 dollars.
