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Bitcoin : Liquid récupère 3 400 des 4 000 BTC retirés

Liquid Network récupère 3 400 des 4 000 BTC retirés lors de l’incident du 6 septembre. Environ 598 BTC restent encore sous contrôle des hackers.

La majorité des bitcoins retirés revient dans une réserve tandis qu’une partie reste au-delà d’un réseau secondaire suspendu
Liquid Network a récupéré environ 85 % des bitcoins retirés, mais près de 598 BTC restent encore sous contrôle des auteurs.

Liquid Network a récupéré 3 400 des quelque 4 000 BTC retirés de son portefeuille fédéré lors de l’incident du 6 septembre, soit environ 85 % des fonds. Les acteurs, qui se présentent comme des hackers « white hat », ont effectué le remboursement après que Blockstream a confirmé le déploiement d’un correctif sur les nœuds concernés. Environ 598 BTC, soit près de 47 millions de dollars, restent cependant sous leur contrôle et le réseau Liquid demeure suspendu. Bitcoin lui-même n’a pas été compromis.

Bitcoin : 3 400 BTC reviennent dans les réserves de Liquid

Le retour de 3 400 BTC réduit considérablement l’urgence financière apparue dimanche. L’incident avait retiré environ 4 000 BTC d’une réserve proche de 4 200 BTC, laissant seulement 197 BTC dans le portefeuille fédéré. Le montant soustrait représentait alors près de 320 millions de dollars.

L’affaire arrive quelques semaines après la faille Coldcard qui avait déclenché le déplacement de 233 000 BTC. La mécanique est toutefois très différente.

Liquid est une sidechain de Bitcoin développée à partir du logiciel Elements. Pour transférer du BTC vers ce réseau, l’utilisateur verrouille des bitcoins sur la blockchain principale et reçoit l’équivalent sous forme de L-BTC. La documentation officielle de Liquid précise que chaque L-BTC doit normalement être garanti à raison de 1 BTC pour 1 L-BTC détenu par la fédération.

Le retrait de presque toute la réserve a donc temporairement cassé cette relation économique.

Avec 3 400 BTC revenus, la situation s’améliore nettement. Elle n’est pas encore complètement résolue : Samson Mow, ancien dirigeant de Blockstream et actuel CEO de JAN3, indique qu’environ 598 BTC restent à récupérer et que les discussions se poursuivent avec les auteurs.

Une faille d’Elements, pas du réseau Bitcoin

Le détail technique est probablement le plus important de l’affaire : la blockchain Bitcoin n’a pas été piratée et aucune clé privée du portefeuille fédéré n’aurait été compromise.

Selon les informations communiquées par Blockstream, le problème venait d’un bug logiciel au niveau de certains nœuds utilisant Elements, la technologie sur laquelle Liquid est construit. Les fonds ont ensuite transité par SideSwap, une infrastructure normalement autorisée à interagir avec le réseau.

C’est assez différent d’un vol classique où des hackers obtiennent la seed ou les clés administratives d’un protocole. Les compromissions de clés restent pourtant l’une des grandes sources de pertes dans la crypto.

Les acteurs ont ensuite utilisé Bitcoin lui-même pour communiquer. Des messages ont été inscrits dans des transactions afin de demander à Blockstream de corriger la vulnérabilité avant le retour des fonds. Une fois les nœuds affectés patchés, 3 400 BTC ont été renvoyés en une transaction vers le portefeuille de la fédération.

Le terme « white hat » reste néanmoins à prendre avec précaution. Les auteurs se présentent ainsi et ont effectivement rendu la majorité des fonds. Ils conservent encore près de 600 BTC, et aucune information publique ne permet pour l’instant de considérer cette somme comme une prime officiellement négociée.

Autrement dit, l’intention éthique revendiquée n’est pas encore totalement démontrée.

Liquid reste arrêté malgré le retour des fonds

Blockstream ne redémarre pas immédiatement Liquid.

Les opérateurs doivent encore renforcer la sécurité, résoudre un chain split apparu pendant la suspension et vérifier que le système peut redémarrer sans compromettre le backing de L-BTC. Samson Mow a demandé aux utilisateurs de ne pas envoyer de BTC vers les adresses de peg-in tant que la reprise officielle n’a pas été confirmée.

Les autres actifs émis sur Liquid, notamment USDT, n’ont pas été directement affectés par l’incident, selon les informations disponibles.

Liquid reste pourtant une infrastructure importante. Lancée en 2018, cette sidechain vise notamment les exchanges et les marchés de capitaux Bitcoin. Elle permet des règlements plus rapides, avec des blocs toutes les minutes, des transactions confidentielles et l’émission d’actifs tokenisés. Son site affiche aujourd’hui environ 5 milliards de dollars de valeur totale sur le réseau.

C’est précisément ce qui rend l’incident intéressant. Bitcoin a fonctionné normalement pendant toute l’affaire ; la faiblesse se trouvait dans l’infrastructure construite autour de lui. Le suivi des bitcoins liés au groupe Lazarus avait déjà montré à quel point la blockchain principale pouvait continuer à fournir une trace publique même lorsque des infrastructures annexes étaient compromises.

Le retour de 85 % des BTC évite pour l’instant le scénario le plus difficile pour Liquid. Il reste néanmoins deux questions avant de parler de dossier clos : que deviendront les 598 BTC toujours détenus par les auteurs, et surtout, le correctif appliqué élimine-t-il complètement la classe de vulnérabilité qui a rendu possible le retrait initial ?

Pour Liquid, récupérer les bitcoins était la première urgence. Rétablir la confiance dans le mécanisme qui garantit chaque L-BTC à 1 pour 1 sera la suivante.

À propos de l’auteur

Lydie Musekwa

Lydie Musekwa

Lydie Musekwa, enseignante chercheuse passionnée par les nouvelles technologies, plonge dans l'univers des cryptomonnaies avec un regard analytique et innovant. Depuis sa découverte du bitcoin, son parcours s'est orienté vers une exploration exhaustive de la blockchain et de ses applications. Armée d'un esprit critique et d'une soif d'apprendre, elle s'attache à démystifier les concepts technologiques complexes pour ses lecteurs, tout en scrutant les dernières tendances et avancées. En tant que rédactrice, Lydie s'engage à partager des connaissances précises et à jour, faisant le pont entre le monde académique et la sphère digitale en constante évolution.