Patrick Witt défend le CLARITY Act comme un texte favorable aux forces de l’ordre, alors que le Congrès tente d’accélérer son adoption. Le conseiller crypto de la Maison-Blanche répond ainsi aux critiques de certains élus et groupes policiers, qui jugent le projet encore trop faible face au blanchiment et aux crimes financiers. Le débat devient crucial, car la fenêtre politique avant les élections de mi-mandat se referme vite.
La Maison-Blanche veut rassurer sur la sécurité
Patrick Witt cherche à déplacer le débat. Pour lui, le CLARITY Act n’est pas un cadeau fait à l’industrie crypto, alors même que le calendrier du vote au Sénat reste déjà sous tension. Il s’agit au contraire d’un cadre capable d’améliorer la surveillance, de clarifier les responsabilités et de renforcer l’action des autorités.
Lors d’une réunion virtuelle organisée par la Blockchain Association, il a insisté sur un point : si les États-Unis ne fixent pas leurs propres règles, ils devront suivre celles des autres. The Block rapporte que Witt a présenté le texte comme un projet pro-régulation et pro-application de la loi, malgré les critiques des groupes policiers sur les risques de crimes financiers.
Cette défense arrive au bon moment pour les partisans du texte. Le CLARITY Act avance, mais son image reste fragile. Une partie des démocrates craint que certaines protections accordées aux développeurs réduisent la capacité des enquêteurs à suivre les fonds illicites.
Le BRCA devient le point de tension
Le sujet le plus sensible concerne le Blockchain Regulatory Certainty Act, intégré à la dernière version du texte. Cette disposition vise à préciser que les développeurs non dépositaires ne doivent pas être traités comme des intermédiaires financiers.
Pour l’industrie crypto, cette protection est indispensable. Un développeur qui écrit du code sans contrôler les fonds des utilisateurs ne devrait pas, selon elle, être soumis aux mêmes obligations qu’une plateforme d’échange ou qu’un dépositaire.
Mais les forces de l’ordre et certains élus voient un risque. Ils craignent que cette exemption crée des zones difficiles à surveiller. Catherine Cortez Masto a notamment voté contre le texte en raison de ces inquiétudes, estimant que le projet pouvait compliquer la traque des financements illicites.
Le calendrier politique ajoute de la pression
Le CLARITY Act doit avancer vite. Les élections de mi-mandat approchent, et chaque semaine perdue rend l’adoption plus compliquée. Cynthia Lummis a déjà prévenu que si le texte n’était pas adopté cette année, il pourrait attendre plusieurs années avant de revenir sérieusement sur la table.
Cette urgence pousse les soutiens du projet à multiplier les prises de parole. La Blockchain Association a aussi publié une lettre signée par 160 anciens responsables de la sécurité, du renseignement, de la défense et des forces de l’ordre pour soutenir l’avancée du texte.
Le message est clair : les défenseurs du CLARITY Act veulent montrer que la loi n’est pas seulement favorable à l’innovation. Elle serait aussi utile pour mieux identifier les acteurs responsables, renforcer la conformité et sortir d’un flou réglementaire qui profite aux mauvais joueurs, notamment dans des affaires comme les escroqueries crypto usurpant Coinbase, Meta ou SpaceX.
Un vote qui dépasse la crypto
Le CLARITY Act n’est pas un simple texte technique. Il pourrait définir la frontière entre les actifs numériques supervisés par la SEC, ceux relevant de la CFTC, et les activités qui échappent aux règles financières classiques. C’est pourquoi le débat devient aussi intense.
Pour les banques, les plateformes crypto, les développeurs DeFi et les régulateurs, l’enjeu est énorme. Une loi trop souple pourrait être accusée d’ouvrir des failles. Une loi trop dure pourrait pousser l’innovation hors des États-Unis. Le compromis doit donc tenir sur une ligne très fine.
Patrick Witt tente de vendre ce compromis comme le plus solide possible. Mais son argument ne suffira pas seul. Les législateurs devront encore convaincre les démocrates sceptiques que le texte ne limite pas les enquêtes et ne protège pas indirectement des outils utilisés par des criminels.
La suite dépendra donc de quelques ajustements politiques. Si les dispositions anti-blanchiment sont renforcées sans étouffer les développeurs non dépositaires, le CLARITY Act peut encore avancer. Sinon, le texte risque de rester coincé dans le même piège que beaucoup de lois crypto américaines : tout le monde veut de la clarté, mais personne ne s’accorde sur le prix à payer. Ce débat touche aussi les marchés de prédiction, déjà surveillés par Washington dans l’offensive démocrate contre certains acteurs du secteur.
En bref
- Patrick Witt défend le CLARITY Act comme un texte favorable aux forces de l’ordre.
- Les critiques visent surtout le BRCA et les risques liés au blanchiment.
- Le Congrès doit agir vite avant que le calendrier politique ne referme la fenêtre d’adoption.
