On peut regarder une action qui chute de deux manières : soit le marché a raison, soit il s’emballe et vend tout sans nuance. Dans le cas de Bitmine Immersion Technologies (BMNR), Wall Street ressemble plutôt à quelqu’un qui profite du moment où tout le monde recule : pendant que le cours dérapait, les gros investisseurs institutionnels continuaient, calmement, à ajouter des positions. Et ce qui surprend, c’est le profil de ceux qui achètent : pas des joueurs de casino, mais des mastodontes qui n’aiment pas se ridiculiser… et qui ont pourtant choisi de renforcer pile quand le graphique commençait à faire transpirer.
En bref :
- Morgan Stanley, ARK et d’autres géants ont renforcé Bitmine malgré une chute boursière brutale encore.
- Chaque grand actionnaire a accumulé au T4 2025, alors que BMNR perdait 48% sec là.
- Ces achats soutiennent le mNAV et financent l’empilement d’ETH, malgré un marché nerveux persistant global.
Quand Wall Street achète pendant que le cours saigne
Au quatrième trimestre 2025, les principaux actionnaires de BMNR ont renforcé leurs positions malgré la chute du titre. Morgan Stanley, premier détenteur déclaré, a augmenté sa position d’environ 26% pour dépasser 12,1 millions d’actions, valorisées autour de 331 millions de dollars en fin de trimestre.
Dans le même mouvement, ARK Investment Management (l’univers Cathie Wood) a gonflé sa ligne d’environ 27% à plus de 9,4 millions d’actions (environ 256 millions de dollars). Et derrière, l’effet domino est spectaculaire : BlackRock (+166%), Goldman Sachs (+588%), Vanguard (+66%) et Bank of America (+1 668%).
Le plus piquant, c’est que cette accumulation s’est faite malgré un marché crypto chahuté et un titre en chute libre : -48% sur le T4 2025, -60% sur six mois, avec un cours autour de 19,90–19,96 $ à l’écran. C’est littéralement acheter pendant que la foule s’éloigne.
Le vrai thermomètre n’est pas le prix, c’est le mNAV
Avec les “treasury companies” crypto, le prix de l’action raconte une histoire… mais pas toujours la bonne. Le nerf de la guerre, c’est souvent la capacité de l’entreprise à continuer à se financer sans se faire détruire par la dilution. C’est là qu’entre en scène un indicateur devenu obsessionnel : le mNAV (market net asset value), qui compare la valeur d’entreprise au poids du trésor crypto.
Quand le mNAV passe sous 1, lever des fonds devient plus compliqué : émettre de nouvelles actions ressemble alors à vendre son ETH “à rabais” via le marché, et la machine se grippe. À l’inverse, un mNAV au-dessus de 1 laisse de l’oxygène : l’entreprise peut encore financer sa stratégie, même si le marché fait la grimace.
Et c’est probablement là que l’institutionnel joue une partie plus subtile que “je crois à ETH”. En renforçant au mauvais moment (sur le papier), ces acteurs stabilisent le tour de table, soutiennent la liquidité, et maintiennent une base de capital qui évite à la thèse “treasury ETH” de s’écraser sur un mur de financement.
Bitmine, version ETH de Strategy, mais avec une mèche différente
Bitmine s’est imposée comme un véhicule de trésorerie Ethereum, un peu à la manière de Strategy avec Bitcoin, mais avec une particularité : ETH n’est pas seulement une réserve, c’est aussi un actif “productif” via le staking. Ce détail change la narration : on n’achète pas uniquement un coffre-fort, on achète aussi une potentielle usine à rendement (avec tous les risques que ça implique).
Côté chiffres, Bitmine continue d’empiler : environ 45 759 ETH achetés sur une semaine pour un montant communiqué autour de 90+ millions de dollars, et un coût moyen proche de 1 992 $/ETH selon les informations relayées par plusieurs médias financiers.
Au total, les données publiques citées récemment situent les avoirs autour de 4,37 millions d’ETH, soit environ 8,7 milliards de dollars selon les prix évoqués au moment des annonces. Dit autrement : Bitmine n’est plus “exposée à Ethereum”, elle est Ethereum en version bilan comptable.
