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Est-ce rentable d’investir dans la crypto-monnaie en 2027 ?

Oui, investir dans la crypto-monnaie peut être rentable. Parfois même extrêmement rentable. Bitcoin a gagné environ 155 % en 2023, puis encore 121 % en 2024. Quelques années auparavant, il avait terminé 2022 à -64 %. Et sur les deux dernières années, les données Glassnode et Bybit montrent une autre réalité : Bitcoin progresse d’environ 28 %, Ethereum tourne autour de l’équilibre, tandis que l’altcoin médian de moyenne capitalisation perd 74 %.

Une balance oppose le potentiel de rendement de Bitcoin aux risques des cryptomonnaies
La rentabilité crypto dépend de l’actif, du prix d’achat, de la durée, des frais et du risque accepté.

Voilà toute la difficulté de la question.

Demander si la crypto est rentable revient un peu à demander si investir en Bourse est rentable sans préciser s’il s’agit du S&P 500, d’une petite biotech ou d’une entreprise proche de la faillite. Le mot « crypto » regroupe Bitcoin, Ethereum, des stablecoins, des protocoles DeFi, des milliers d’altcoins et une armée de meme coins dont certains disparaîtront probablement sans laisser beaucoup de traces.

La rentabilité dépend donc de l’actif acheté, du prix d’entrée, de la durée de détention, de la méthode utilisée, des frais, de la fiscalité et surtout du risque accepté.

Oui, Bitcoin a produit des rendements exceptionnels

Commençons par l’actif qui domine encore largement le marché. Sur longue période, Bitcoin a produit des performances difficiles à retrouver parmi les grandes classes d’actifs traditionnelles. Cette hausse ne s’est pourtant jamais faite en ligne droite, comme le montre aussi notre dossier sur les raisons de la forte volatilité du Bitcoin.

Quelques années suffisent pour comprendre le phénomène.

Bitcoin gagne environ 92 % en 2019, 303 % en 2020 et presque 60 % en 2021. Arrive ensuite 2022 : -64 %. Puis le marché repart avec environ +155 % en 2023 et +121 % en 2024. Les données historiques compilées par BitQuant illustrent parfaitement ces écarts d’une année à l’autre. (bitquant.com)

Un investisseur qui regarde seulement 2020 pourrait croire à une machine à enrichissement. Celui qui aurait découvert Bitcoin fin 2021 aurait connu une expérience radicalement différente quelques mois plus tard.

L’Autorité des marchés financiers donne un exemple encore plus parlant en euros : Bitcoin cotait environ 56 301 euros en novembre 2021, avant de tomber à environ 15 421 euros le 25 décembre 2022. Une perte proche de 73 %. Il a pourtant ensuite établi un nouveau record au-dessus de 106 000 euros en octobre 2025. (amf-france.org)

Rentable sur plusieurs années ? Oui.

Confortable ? Beaucoup moins.

La durée de détention change complètement le résultat

Prenons deux personnes achetant exactement le même actif.

La première investit dans Bitcoin quelques semaines avant un sommet de marché et revend six mois plus tard parce qu’elle a besoin de liquidités. La seconde effectue le même achat, conserve sa position pendant plusieurs années et traverse le marché baissier.

Même actif. Même technologie. Résultat potentiellement opposé.

La durée devient donc une composante essentielle de la rentabilité.

Plus l’horizon est court, plus le prix d’entrée prend de l’importance. Sur quelques heures ou quelques semaines, le marché peut être dominé par des liquidations, les statistiques économiques américaines, la politique monétaire, des flux ETF ou simplement une modification rapide du sentiment des traders.

Sur plusieurs années, la question change. L’investisseur cherche plutôt à savoir si l’adoption, la demande et la rareté de l’actif peuvent augmenter durablement.

Cela ne signifie pas que conserver éternellement garantit un bénéfice.

De nombreuses cryptos du cycle 2017 n’ont jamais retrouvé leurs anciens sommets. Même scénario pour plusieurs stars du marché 2021. Attendre longtemps ne transforme pas automatiquement un mauvais actif en bon investissement.

Avec Bitcoin, l’histoire est jusqu’ici différente : plusieurs corrections de 70 % ou davantage ont été suivies de nouveaux sommets. Rien ne garantit que cette mécanique se répétera éternellement, mais elle explique pourquoi la durée de détention apparaît constamment dans les performances des investisseurs.

La patience peut réduire l’importance du bruit quotidien.

Elle ne remplace pas la qualité de l’actif.

Toutes les cryptos ne sont absolument pas égales

C’est probablement le point le plus important.

Depuis deux ans, selon les données Glassnode et Bybit évoquées récemment, Bitcoin affiche environ +28 % tandis que l’altcoin médian de moyenne capitalisation affiche -74 %. Ethereum est globalement proche de zéro.

L’écart entre Bitcoin et le mid-cap médian dépasse donc 100 points de pourcentage.

Imaginons deux investissements de 1 000 dollars réalisés au début de cette période. Avec +28 %, le premier termine autour de 1 280 dollars. Avec -74 %, le second tombe à environ 260 dollars.

Pour que 260 dollars redeviennent 1 000 dollars, il faut ensuite gagner environ 285 %.

Voilà pourquoi les pertes importantes deviennent si difficiles à récupérer.

Cette différence est également visible dans l’approche de certains investisseurs professionnels. Peregrine Capital, un gestionnaire sud-africain, considère par exemple qu’une faible allocation à Bitcoin peut avoir une justification dans un portefeuille, tout en assimilant une grande partie de la spéculation sur les meme coins à du jeu d’argent.

Un meme coin peut évidemment faire x10.

Le problème est que des centaines d’autres tokens peuvent perdre 90 %, disparaître des principales plateformes ou simplement mourir dans l’indifférence.

Les énormes gagnants sont visibles sur X.

Les milliers de perdants font beaucoup moins de bruit.

Parler de la rentabilité « de la crypto » sans distinguer ces actifs ne veut donc presque rien dire.

Le prix d’achat compte plus qu’on ne le croit

Même Bitcoin peut devenir un mauvais investissement pendant plusieurs années si l’achat intervient à un prix particulièrement élevé.

C’est là que le FOMO entre en scène.

Un actif progresse de 30 %. Les médias commencent à en parler. Il prend encore 20 %. Les captures de portefeuilles apparaissent sur les réseaux sociaux. Quelqu’un explique qu’il sera bientôt « trop tard ».

L’investisseur achète.

Le marché corrige.

Ce schéma est vieux comme la spéculation.

Une crypto peut être excellente tout en étant trop chère à un instant précis. À l’inverse, un actif très risqué peut sembler « bon marché » simplement parce qu’il vient de perdre 80 %.

Le prix unitaire trompe également beaucoup de débutants.

Une crypto à 0,01 dollar n’est pas forcément moins chère qu’un Bitcoin à plusieurs dizaines de milliers de dollars. Il faut regarder la capitalisation totale.

Un token disposant de 100 milliards d’unités et valant 0,01 dollar possède déjà une capitalisation de 1 milliard de dollars. Pour atteindre 1 dollar sans modifier son offre, sa valorisation devrait passer à 100 milliards.

Le fameux « il ne coûte que quelques centimes » ne constitue donc aucune thèse d’investissement.

Il faut également surveiller l’offre future. Certains projets lancent seulement 10 ou 20 % de leurs tokens, puis libèrent progressivement le reste pour les équipes et investisseurs privés.

Le prix peut monter.

L’offre aussi.

Et lorsque l’offre augmente plus vite que la demande, la rentabilité de l’investisseur en souffre.

Le DCA change la manière de prendre le risque

Personne ne connaît avec certitude le meilleur moment pour acheter.

Le DCA, pour Dollar Cost Averaging, cherche justement à réduire ce problème. La méthode consiste à investir régulièrement la même somme plutôt que tout le capital en une seule opération.

Prenons 2 400 euros.

Première stratégie : investir les 2 400 euros aujourd’hui.

Deuxième stratégie : investir 200 euros par mois pendant douze mois.

Si le marché monte immédiatement et durablement, le premier scénario peut être beaucoup plus rentable puisque la totalité du capital est exposée dès le départ.

Si Bitcoin perd 30 % deux semaines après l’achat, le second investisseur possède encore une grande partie de ses liquidités. Ses achats suivants seront effectués à des prix inférieurs.

Le DCA n’améliore donc pas automatiquement les performances.

Il répartit surtout le risque du point d’entrée.

Pour une personne rémunérée chaque mois, cette méthode possède également un avantage pratique : elle correspond au rythme auquel l’épargne est créée.

Elle réduit une autre faiblesse humaine : attendre éternellement « la prochaine grosse baisse ».

Bitcoin tombe de 80 000 à 70 000 dollars ? On attend 60 000. Il repart à 75 000 ? On attend le prochain recul. Il atteint 90 000 ? L’investisseur finit par acheter parce qu’il a peur de manquer le rallye.

La méthode régulière retire une partie de cette émotion.

Pas toute.

Voir un portefeuille perdre 40 % reste désagréable, même lorsque l’achat est automatisé.

Le bull market donne une vision trompeuse de la rentabilité

Dans un marché haussier puissant, presque tout le monde semble devenir un bon investisseur.

Bitcoin monte. Ethereum monte. Les altcoins montent davantage. Un meme coin lancé trois semaines auparavant gagne 600 %. Un trader publie son x20.

Puis la liquidité change de direction.

Le phénomène est particulièrement violent sur les actifs à petite capitalisation. Une hausse de 200 % suivie d’une chute de 80 % donne une impression trompeuse lorsqu’on regarde seulement le premier chiffre.

Partons de 100.

Après +200 %, le portefeuille vaut 300.

Après -80 %, il ne reste que 60.

L’investisseur termine donc à -40 % par rapport à son capital initial malgré une hausse spectaculaire de 200 % à un moment du parcours.

Les cycles de Bitcoin ont historiquement produit ce type de séquences à une échelle plus large. Une phase d’accumulation peut être suivie d’une forte expansion, puis d’une période d’euphorie et enfin d’un marché baissier qui détruit une partie considérable des gains.

Le calendrier institutionnel n’empêche pas ces corrections. Même les ETF Bitcoin spot peuvent connaître des retraits très rapides. En mai 2027, les ETF américains ont enregistré 649 millions de dollars de sorties nettes en une seule séance.

Wall Street a facilité l’accès à Bitcoin.

Elle n’a pas supprimé son risque.

Bitcoin peut battre la Bourse, avec beaucoup plus de secousses

La comparaison avec les actifs traditionnels permet de mieux mesurer ce que signifie « rentable ».

Depuis son lancement en janvier 2024 jusqu’au début septembre 2027, l’ETF Bitcoin IBIT de BlackRock affichait environ 71 % de performance cumulée, contre environ 66 % pour le Vanguard S&P 500 ETF sur la même période. BrefCrypto avait détaillé cette étonnante avance d’IBIT sur Vanguard.

Cinq points d’écart.

À première vue, Bitcoin gagne.

La trajectoire est pourtant très différente.

Un indice comme le S&P 500 repose sur plusieurs centaines de grandes entreprises. Bitcoin repose sur un seul actif. Sa volatilité est nettement supérieure et ses corrections sont beaucoup plus brutales.

Deux investissements affichant la même performance finale ne sont donc pas nécessairement équivalents.

Passer de 100 à 150 de manière relativement régulière n’a pas la même expérience psychologique que passer de 100 à 180, retomber à 95, remonter à 160, revenir à 120 puis terminer à 150.

Un investisseur qui panique pendant la chute ne touchera jamais la performance finale.

C’est ici qu’intervient le rendement ajusté au risque.

Plus un actif fluctue, plus l’investisseur doit être capable d’absorber ces mouvements financièrement et psychologiquement.

Bitcoin peut offrir un rendement supérieur.

La facture se paie en volatilité.

Pour certains, ce compromis est acceptable.

Pour d’autres, il ne l’est pas du tout.

Les rendements passifs ne sont jamais gratuits

La rentabilité crypto ne vient pas uniquement de la hausse des prix.

Staking, lending, pools de liquidité, protocoles DeFi et produits proposés par certaines plateformes promettent également un rendement sur les actifs détenus.

Un taux de 4 ou 5 % sur un actif que l’on comptait de toute façon conserver peut sembler intéressant.

À 15, 30 ou 100 %, la question doit changer : qui paie ?

Un rendement possède toujours une source.

Dans le staking, les récompenses peuvent provenir de l’émission monétaire du réseau et des frais de transaction. Pour le lending, un emprunteur paie des intérêts. Dans un pool de liquidité, les traders paient des commissions. Dans certains programmes, la récompense consiste simplement à distribuer davantage du même token.

Ce dernier cas peut devenir trompeur.

Recevoir 20 % de tokens supplémentaires ne signifie rien si le prix du token chute de 70 %.

Même les stablecoins ne suppriment pas complètement le risque. Ils réduisent principalement la volatilité du prix lorsqu’ils maintiennent leur ancrage. Risque d’émetteur, qualité des réserves, plateforme de lending, smart contract ou désancrage restent possibles. Notre dossier sur les avantages et les risques des stablecoins revient précisément sur cette différence.

La question pertinente n’est donc pas seulement : « Quel est le rendement ? »

C’est : « Quel risque dois-je accepter pour recevoir ce rendement ? »

Les deux vont toujours ensemble.

Les frais et impôts réduisent la rentabilité réelle

Un portefeuille peut afficher +20 % sans que l’investisseur ait réellement gagné 20 %.

Prenons 1 000 euros investis.

Le prix de la crypto gagne 20 %. Valeur théorique : 1 200 euros.

Il faut ensuite tenir compte des éventuels frais de carte, frais de trading, spread appliqué lors de l’achat, frais de retrait, frais blockchain et conversion finale en monnaie locale.

Ajoutons la fiscalité lorsqu’elle s’applique.

Le rendement net peut devenir sensiblement inférieur au chiffre affiché sur le graphique.

Plus l’investisseur multiplie les opérations, plus cette différence devient importante.

Un trader qui achète et revend cinquante fois ne supporte pas le même coût qu’une personne effectuant un achat puis conservant ses actifs pendant trois ans.

Les frais sont particulièrement dangereux sur de petits montants.

Payer 5 euros de frais sur une transaction de 100 euros revient à perdre 5 % avant même que l’investissement commence.

La fiscalité dépend ensuite du pays de résidence, du statut de l’investisseur et du type d’opération. Une vente, un paiement avec de la crypto ou certains revenus de staking peuvent être traités différemment selon la juridiction.

Il faut donc distinguer trois performances : le rendement brut de l’actif, le rendement après frais et le rendement réellement conservé après fiscalité.

Le premier fait les titres.

Le troisième paie les factures.

Une arnaque peut ramener le rendement à -100 %

Il existe un risque encore plus brutal qu’un bear market.

Perdre les actifs eux-mêmes.

En septembre, FinCEN a retracé 33 904 signalements représentant environ 12,7 milliards de dollars d’activité financière suspecte liée à des réseaux d’arnaques d’investissement. L’enquête montre à quel point les fraudes crypto se sont industrialisées.

Une personne peut parfaitement choisir un bon actif, acheter au bon prix et attendre suffisamment longtemps.

Puis communiquer sa seed phrase à un faux support client.

Rentabilité finale : -100 %.

Les erreurs de réseau produisent parfois le même résultat. Envoyer des tokens vers une adresse incompatible peut rendre les fonds impossibles à récupérer. Une plateforme frauduleuse peut également disparaître avec les dépôts.

C’est pourquoi la sécurité fait partie du rendement.

L’AMF rappelle que la conservation personnelle implique de protéger ses clés privées et que leur perte peut entraîner la perte définitive des actifs. Elle recommande également, lorsqu’un intermédiaire est utilisé, de vérifier son statut réglementaire et d’activer des protections telles que l’authentification forte. (amf-france.org)

Un hardware wallet n’est pas une formule magique non plus.

Si son propriétaire enregistre sa phrase de récupération dans Google Drive, photographie ses 24 mots ou les communique à quelqu’un, le meilleur portefeuille physique du monde ne changera rien.

La rentabilité commence par ne pas perdre les actifs.

L’effet de levier transforme l’investissement en autre chose

Bitcoin gagne 10 %.

Avec 1 000 dollars investis au comptant, le gain brut est de 100 dollars.

Avec un levier x10, l’exposition théorique peut atteindre 10 000 dollars. Le même mouvement favorable produit alors un gain beaucoup plus important.

Voilà la partie séduisante.

Le mouvement inverse existe aussi.

Un recul relativement limité peut suffire à liquider complètement la position. Le marché n’a pas besoin de « s’effondrer ». Il doit seulement se déplacer suffisamment dans la mauvaise direction.

L’utilisation systématique du levier change donc profondément la question « est-il rentable d’investir dans la crypto ? ».

On ne parle plus vraiment d’une simple détention d’actifs. Il s’agit d’entrer dans le trading de produits dérivés.

Le récent rapport de Glassnode et Bybit montre d’ailleurs à quel point ce marché est devenu sophistiqué. Les options représentent désormais près de la moitié de l’open interest notionnel des dérivés Bitcoin sur les plateformes crypto-native étudiées, contre environ un quart auparavant. (research.glassnode.com)

Cette sophistication sert les professionnels pour couvrir ou construire des positions complexes.

Un débutant n’en a pas besoin pour posséder du Bitcoin.

Ajouter du levier à un actif déjà volatil revient à accélérer une voiture qui roule déjà vite.

Cela peut raccourcir le trajet.

Ou l’arrêter contre un mur.

Combien investir pour que le risque reste supportable ?

La crypto peut être rentable sans devoir représenter 100 % du patrimoine.

C’est même l’une des confusions les plus fréquentes.

Supposons un portefeuille total de 10 000 euros.

Une allocation de 5 % représente 500 euros. Une chute de 70 % de cette position crée une perte de 350 euros, soit 3,5 % du patrimoine initial.

Avec une allocation de 50 %, exactement la même chute détruit 3 500 euros.

Le comportement de la crypto n’a pas changé.

Celui du portefeuille, énormément.

L’exposition doit donc tenir compte de la situation financière de l’investisseur. Une somme destinée au loyer, aux soins médicaux, à la scolarité, au remboursement d’une dette ou à une dépense prévue dans trois mois ne possède pas le même horizon qu’une épargne disponible pendant cinq ans.

Dans certaines économies, cette question prend encore une autre dimension. Bitcoin et les stablecoins peuvent également servir de rails de transfert ou d’accès au dollar, et pas seulement de produits spéculatifs. Notre guide sur les usages de la crypto en RDC illustre justement cette différence entre paiement, conservation de valeur et investissement.

Un bon investissement peut devenir mauvais lorsqu’il oblige à vendre au pire moment.

La capacité à attendre est donc aussi financière.

Pas seulement psychologique.

Alors, est-ce vraiment rentable d’investir dans la crypto ?

Oui. Les performances historiques de Bitcoin suffisent pour répondre à cette partie de la question. Plusieurs périodes ont produit des rendements extraordinaires, et l’arrivée de BlackRock, Fidelity et d’autres acteurs financiers a encore élargi l’accès au marché.

Cela ne signifie absolument pas que n’importe quelle crypto est rentable. Les chiffres récents sont même assez cruels : Bitcoin +28 %, Ethereum presque stable, altcoin médian de moyenne capitalisation -74 % sur deux ans dans les données Glassnode et Bybit évoquées plus haut.

La sélection compte. Le prix d’achat compte. La durée compte. La taille de la position compte. Les frais, la sécurité et la fiscalité comptent aussi. Il existe donc une différence majeure entre demander « la crypto peut-elle rapporter de l’argent ? » et « acheter cette crypto aujourd’hui à ce prix constitue-t-il un bon investissement ? ».

La première question possède une réponse historique : oui. La seconde nécessite toujours une analyse. L’investisseur qui cherche uniquement le prochain x100 entre sur un terrain où les rendements potentiels sont immenses parce que les pertes potentielles le sont également. Celui qui choisit des actifs plus établis, accepte un horizon long et dimensionne correctement son exposition joue une partie très différente.

Bitcoin lui-même reste capable de corrections brutales. L’existence des ETF, l’adoption institutionnelle et sa capitalisation supérieure n’ont pas supprimé ce comportement. Elles ont surtout changé la taille et la composition de ses acheteurs.

Et c’est probablement la conclusion la plus utile.

La crypto peut être rentable. Elle n’est jamais automatiquement rentable. Ce qui a enrichi certains investisseurs n’est pas simplement le fait d’avoir « acheté de la crypto ». C’est parfois d’avoir choisi le bon actif, suffisamment tôt, avec un horizon assez long, puis d’avoir réussi à ne pas vendre pendant une correction.

Ce qui ruine d’autres portefeuilles ressemble beaucoup au scénario inverse : token fragile, achat après une hausse verticale, levier, concentration excessive et vente forcée pendant le marché baissier. Entre les deux se trouve l’investissement. Beaucoup moins spectaculaire. Et souvent beaucoup plus durable.

Sources citées1
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Auteur

Evan's Selemani

J’ai plongé dans Bitcoin dès 2017, bien avant qu’il ne devienne un sujet grand public. Depuis, j’ai transformé cette immersion de terrain en expertise concrète : analyse des cycles de marché, compréhension fine des protocoles, décryptage des narratifs et des enjeux réglementaires. Rédacteur crypto et formateur sur le terrain, je traduis la complexité de la blockchain en contenus clairs, précis et stratégiques, pensés autant pour les investisseurs avertis que pour les nouveaux entrants.