L’Iran est au centre d’une nouvelle montée de tension militaire. Au douzième jour du conflit, Washington annonce une séquence de frappes plus lourde que les précédentes, pendant que les marchés tentent de mesurer le risque réel sur l’énergie, l’inflation et les actifs spéculatifs.
En bref
- Les États-Unis annoncent une phase de frappes plus intense contre l’Iran.
- Le pétrole a reculé, mais le risque énergétique reste très élevé.
- Le bitcoin rebondit par moments, sans sortir de la zone de forte volatilité.
L’Iran fait face à une journée que Washington présente comme la plus dure depuis le début de la guerre
Les États-Unis disent se préparer à leur journée de frappes la plus intense depuis l’ouverture du conflit avec l’Iran. Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a affirmé le 10 mars que ce serait “notre journée de frappes la plus intense” à l’intérieur de l’Iran. Reuters et l’Associated Press ont relayé cette déclaration, au moment où le conflit entrait dans une nouvelle phase d’escalade.
Washington affirme aussi que l’Iran a lancé des missiles depuis des zones civiles, notamment à proximité d’écoles et d’hôpitaux. À ce stade, il faut le présenter comme une accusation américaine, et non comme un fait établi de manière indépendante. Cette nuance compte, surtout dans une guerre où la communication fait déjà partie de l’arsenal.
En parallèle, les messages venus de la Maison-Blanche restent contradictoires. Donald Trump a répété ces derniers jours qu’une discussion avec Téhéran restait possible, tout en ayant auparavant exigé une “capitulation sans condition”. Ce double langage entretient une impression de flottement stratégique : la pression militaire augmente, mais la porte diplomatique n’est pas totalement fermée.
Le pétrole recule, mais le risque Iran reste entier
Le marché pétrolier a réagi avec nervosité extrême. Après une flambée brutale en début de semaine, les cours ont reflué. Mercredi 11 mars, le Brent évoluait autour de 87,57 dollars et le WTI autour de 83,08 dollars. Dire que “le pétrole passe sous 84 dollars” est donc juste pour le WTI, pas pour le Brent. C’est un détail, mais il change la lecture.
Ce recul ne signifie pas que la crise se détend. Il reflète surtout l’idée que les grandes puissances cherchent déjà à amortir le choc. Reuters rapporte que l’Agence internationale de l’énergie pousse pour une libération exceptionnelle de réserves stratégiques, avec un scénario de plus de 100 millions de barils sur un mois. Le Wall Street Journal évoque même une proposition pouvant atteindre 400 millions de barils, ce qui serait sans précédent.
Le vrai sujet reste le détroit d’Ormuz. Tant que cette zone demeure sous tension, le marché sait qu’un simple incident peut renverser la tendance en quelques heures. Reuters rappelait déjà fin février qu’un conflit prolongé autour de l’Iran pouvait pousser le brut vers 100 dollars, voire au-delà. Wood Mackenzie estime même qu’un choc majeur sur les flux du Golfe pourrait envoyer le pétrole jusqu’à 150 dollars.
Les marchés lisent désormais la guerre Iran–États-Unis comme un choc économique global
L’effet dépasse largement le seul pétrole. La Banque centrale européenne a averti ce 11 mars que la volatilité actuelle pouvait amplifier les chocs économiques, alors que la guerre autour de l’Iran a déjà provoqué une forte hausse des prix de l’énergie. En clair, le marché ne regarde plus seulement les missiles. Il regarde déjà la facture.
Les hedge funds et les desks macro ont aussi été secoués. Le Financial Times rapporte que plusieurs grands fonds ont subi des pertes après la violente oscillation du brut, passé d’un pic proche de 119 dollars à une zone autour de 84 dollars en à peine vingt-quatre heures. Ce genre de mouvement ne traduit pas un retour au calme. Il signale plutôt un marché nerveux, fragile et très réactif à la moindre déclaration politique.
C’est précisément pour cela que le dossier Iran pèse autant. Même lorsque les cours du brut se replient, l’incertitude reste maximale. Les investisseurs doivent arbitrer entre deux scénarios contraires : une désescalade rapide voulue par Washington, ou une extension du conflit qui raviverait immédiatement le stress inflationniste. Pour l’instant, aucun de ces deux récits n’a gagné.
