Les autorités irlandaises ont récupéré 500 Bitcoin supplémentaires considérés comme des produits du crime. L’opération, menée avec l’aide technique d’Europol, porte à 1 500 BTC le montant saisi en 2026. Derrière les 92 millions de dollars récupérés se cache surtout une leçon : la blockchain permet de suivre les fonds, mais les saisir exige encore d’accéder aux clés qui les contrôlent.
Bitcoin : 500 BTC supplémentaires passent sous contrôle de l’État
Le Criminal Assets Bureau irlandais, ou CAB, a confirmé la saisie d’un nouveau portefeuille contenant 500 Bitcoin. Leur valeur atteignait environ 27 millions d’euros, soit près de 31 millions de dollars au moment de l’annonce. L’agence considère ces actifs comme des revenus provenant d’activités criminelles.
Cette récupération constitue la troisième opération de ce type réalisée depuis le début de l’année. Les enquêteurs avaient déjà pris le contrôle d’un premier portefeuille de 500 BTC en mars, puis d’un deuxième en mai. Le total atteint désormais 1 500 Bitcoin, valorisés à plus de 92 millions de dollars.
Europol a joué un rôle déterminant. Son Centre européen de lutte contre la cybercriminalité a fourni une coordination opérationnelle, des compétences techniques et des moyens de déchiffrement. Lors de la première saisie de mars, la police irlandaise avait déjà indiqué que cette expertise avait été indispensable pour accéder au portefeuille.
Une affaire liée à une réserve de 6 000 Bitcoin
La nouvelle saisie semble liée aux portefeuilles attribués à Clifton Collins, un trafiquant irlandais condamné pour des activités liées au cannabis. Les autorités n’ont cependant pas confirmé publiquement l’identité du propriétaire dans leur dernière communication. Des données on-chain montrent néanmoins le déplacement de 500 BTC depuis une adresse associée à cette affaire.
Collins aurait acheté environ 6 000 Bitcoin entre 2011 et 2012, lorsque le BTC ne valait encore que quelques dollars. Il aurait ensuite réparti cette réserve dans douze portefeuilles contenant chacun 500 BTC. En juillet 2019, le CAB avait obtenu une ordonnance visant ces 6 000 bitcoins, alors évalués à plus de 53 millions d’euros.
Le problème ne venait donc pas de l’identification des fonds. Les autorités savaient où ils se trouvaient sur la blockchain. Elles ne disposaient simplement pas des informations nécessaires pour les déplacer. Les clés privées auraient été imprimées sur une feuille, puis cachées dans un étui de canne à pêche finalement perdu après l’arrestation de Collins.
La blockchain trace les fonds sans livrer les clés
Cette affaire illustre une distinction essentielle dans le fonctionnement de Bitcoin. Les transactions sont publiques et peuvent être suivies. Lorsqu’une adresse est associée à une personne ou à une activité criminelle, les enquêteurs peuvent observer ses mouvements pendant plusieurs années.
Cette transparence ne donne toutefois aucun contrôle direct sur les pièces. Pour transférer du Bitcoin, il faut généralement posséder la clé privée ou réussir à accéder au système qui la conserve. Une décision judiciaire peut déclarer les actifs saisissables. Elle ne produit pas automatiquement les éléments cryptographiques nécessaires pour les déplacer.
Les moyens employés par Europol n’ont pas été détaillés. Les autorités parlent de ressources de déchiffrement et d’une expertise technique complexe. Elles n’ont pas précisé si les enquêteurs avaient récupéré des sauvegardes, exploité un appareil, retrouvé des mots de passe ou utilisé une autre méthode d’analyse numérique.
Près de 4 500 BTC resteraient encore inaccessibles
Après trois récupérations successives, neuf portefeuilles de 500 BTC resteraient liés à cette réserve. Ils contiendraient donc environ 4 500 Bitcoin, d’une valeur supérieure à 275 millions de dollars aux cours observés début juillet. Les enquêteurs poursuivent leurs efforts pour accéder à ces fonds.
Leur récupération pourrait toutefois prendre du temps. Le succès obtenu sur trois portefeuilles ne signifie pas que les neuf autres sont protégés de la même manière. Chaque support peut disposer de mots de passe, de fichiers ou de sauvegardes différents. Certains bitcoins pourraient même rester bloqués définitivement si les clés ont réellement disparu.
Pour les autorités, cette opération montre néanmoins que les avoirs criminels en Bitcoin ne sont plus hors d’atteinte par principe. La coopération entre spécialistes de la blockchain, enquêteurs financiers et experts en criminalistique numérique progresse. Bitcoin demeure résistant à la confiscation sans clé privée, mais il n’offre pas l’invisibilité souvent imaginée.
En bref
- L’Irlande a récupéré 500 Bitcoin supplémentaires.
- Les saisies de 2026 atteignent désormais 1 500 BTC.
- Environ 4 500 BTC resteraient encore inaccessibles.
