Un ancien superviseur du FBI est accusé d’avoir détourné près de 1 million de dollars en cryptomonnaies depuis des portefeuilles liés à une enquête de contre-espionnage. Patrick Steven Yaroch aurait utilisé des informations accessibles dans les systèmes internes du FBI. Les autorités américaines ont récupéré environ 925 000 dollars après ses aveux.
Un agent du FBI détourne les cryptos d’une enquête
Cette affaire arrive alors que les autorités américaines multiplient les dossiers de saisie, comme le montre déjà la confiscation de 25 millions de dollars liée à des arnaques crypto. Patrick Steven Yaroch travaillait dans les services de contre-espionnage du FBI. Entre 2017 et 2025, il avait participé à des enquêtes portant sur un pays considéré comme hostile par les États-Unis. Les documents judiciaires ne révèlent pas le nom de cet État.
Selon l’accusation, Yaroch aurait consulté les systèmes du FBI pour retrouver les informations nécessaires à l’accès de plusieurs portefeuilles crypto. Il aurait mémorisé leurs phrases de récupération, puis transféré les actifs vers un portefeuille personnel. Les opérations auraient commencé à la fin de 2024 ou au début de 2025.
L’ancien agent aurait effectué environ dix à douze transferts non autorisés. La valeur totale des actifs approchait 1 million de dollars. Les fonds provenaient de comptes associés à une personne visée par une enquête américaine liée à la sécurité nationale. L’affaire a été rapportée par Bloomberg et reprise par le Times of India, qui cite un dépôt devant un tribunal de Virginie.
La frustration utilisée pour expliquer les transferts
Yaroch aurait reconnu avoir décidé de « prendre les choses en main ». Il aurait affirmé être frustré par l’incapacité du FBI à agir contre certains portefeuilles appartenant à des acteurs étrangers hostiles. Cette justification ne change cependant pas la nature personnelle et non autorisée des transferts reprochés.
Les documents indiquent que les fonds ont été mélangés à ses propres actifs. Une partie a été transférée vers Kraken. Une autre a été placée sur Suilend, un protocole de finance décentralisée, afin de générer des intérêts. Le compte Suilend affichait environ 933 756 dollars lors de sa consultation par les enquêteurs.
Cette utilisation dépasse donc le simple déplacement destiné à neutraliser des comptes suspects. Yaroch aurait conservé seul le contrôle des portefeuilles et placé les cryptos dans un service rémunéré. Il n’existe toutefois pas encore de jugement définitif établissant sa culpabilité. Les accusations devront être examinées par la justice fédérale.
Ses recherches en ligne attirent l’attention
L’affaire a pris une tournure particulière après l’examen de son téléphone. En mai 2026, Yaroch avait demandé à ChatGPT comment investir ou dépenser 1 million de dollars afin de maximiser son rendement. Il avait également demandé comment quitter les États-Unis et obtenir une résidence ou une citoyenneté dans un pays européen.
Les enquêteurs ont découvert un voyage prévu au Portugal pour septembre 2026. Ils ont également retrouvé des documents donnant procuration à des avocats portugais pour obtenir un numéro fiscal local. Ces éléments ne prouvent pas, à eux seuls, un projet de fuite ou de blanchiment. Ils ont néanmoins renforcé l’intérêt des autorités pour ses intentions.
Yaroch aurait finalement contacté un employé du ministère de la Justice pour reconnaître ses actes. Il aurait expliqué que la honte le rongeait et qu’il voulait rendre l’argent. Le FBI l’a placé en congé administratif le 29 juillet 2026, puis l’a licencié deux jours plus tard.
Les autorités récupèrent environ 925 000 dollars
Lors de la perquisition de son domicile en Virginie, les agents ont saisi plusieurs appareils. La liste comprenait des téléphones, des ordinateurs, un portefeuille matériel Trezor et un papier contenant des phrases de récupération présumées. Yaroch aurait ensuite aidé les enquêteurs à accéder à certains comptes.
Environ 925 426 dollars ont été transférés vers des portefeuilles contrôlés par le gouvernement américain. Près de 165 582 dollars en monnaie traditionnelle restaient également sur son compte Kraken, mais ne pouvaient pas être déplacés vers une adresse blockchain.
Cette traçabilité explique pourquoi les adresses et les identifiants de transaction restent essentiels dans les enquêtes. Le FBI demande notamment aux victimes de fournir les adresses, montants et hashes de transaction lorsqu’elles signalent une fraude crypto.
Yaroch est poursuivi pour transport interétatique et réception de biens, valeurs ou fonds volés. L’affaire rappelle deux précédents liés à l’enquête Silk Road. En 2015, deux agents fédéraux avaient déjà été condamnés après avoir détourné des bitcoins auxquels ils avaient eu accès dans le cadre de leurs fonctions.
Le dossier souligne aussi une faiblesse rarement visible : les systèmes d’enquête donnent parfois accès à des informations extrêmement sensibles. Quand une phrase de récupération ou une clé privée est compromise, le risque ne vient plus seulement des cybercriminels extérieurs. Il peut aussi venir d’un abus d’accès interne.
Ce type de dérive nourrit les mêmes inquiétudes que les grands dossiers de criminalité crypto, de lutte du FBI contre les réseaux d’arnaques au pig butchering aux opérations visant à geler des fonds illicites. Il rappelle également que la sécurité dépend autant des procédures humaines que des outils techniques, comme dans les affaires où un faux site de staking XRP a vidé plusieurs millions de dollars.
En bref
- Un ancien superviseur du FBI est accusé d’avoir détourné près de 1 million de dollars en crypto.
- Il aurait utilisé des phrases de récupération découvertes pendant une enquête.
- Les autorités américaines ont récupéré environ 925 000 dollars.
