Jim Cramer annonce vouloir vendre tous ses bitcoins par crainte des ordinateurs quantiques. Le marché n’a pourtant pas suivi son inquiétude. Bitcoin a progressé d’environ 1,7 % pour repasser au-dessus de 63 500 dollars. Cette hausse ne supprime pas le risque technologique. Elle montre surtout que les investisseurs ne considèrent pas encore la menace comme immédiate.
Bitcoin monte pendant que Jim Cramer veut vendre
L’animateur de l’émission « Mad Money » sur CNBC s’inscrit dans une longue série de prises de position très suivies, après une autre sortie où Jim Cramer jugeait déjà que Bitcoin n’était pas une monnaie. Cette fois, il affirme vouloir vendre ses bitcoins après de nouveaux commentaires d’Arvind Krishna, président-directeur général d’IBM, sur les progrès de l’informatique quantique.
IBM explique de son côté que la transition vers des systèmes plus résistants au quantique doit commencer avant que la menace ne devienne pratique, car les migrations cryptographiques prennent du temps. Dans une note consacrée à la sécurité post-quantique, IBM estime que les ordinateurs quantiques se rapprochent d’une pertinence cryptographique d’ici la fin de la décennie.
Cramer a interprété cette accélération comme une raison suffisante pour sortir de Bitcoin. Il n’a toutefois pas précisé la taille de sa position ni le calendrier exact de sa vente.
Bitcoin a réagi dans la direction opposée. Le BTC a gagné environ 1,7 % mardi et s’échangeait au-dessus de 63 500 dollars. Il restait néanmoins en baisse d’environ 27 % depuis le début de 2026. La progression quotidienne ressemble donc davantage à un rebond qu’à une réponse définitive aux craintes quantiques.
Le danger quantique vise surtout les signatures de Bitcoin
Le risque existe, mais il est souvent mal expliqué. Un ordinateur quantique suffisamment puissant pourrait utiliser l’algorithme de Shor pour retrouver une clé privée à partir d’une clé publique. Il pourrait alors signer une transaction à la place du véritable propriétaire.
Cette menace concerne les systèmes de signature ECDSA et Schnorr utilisés par Bitcoin. Bitcoin Optech rappelle que les clés publiques ECDSA et Schnorr seraient vulnérables face à un ordinateur quantique idéal suffisamment puissant. Le problème ne signifie cependant pas que toute la blockchain disparaîtrait ou que chaque bitcoin deviendrait immédiatement accessible.
Les pièces dont la clé publique est déjà visible seraient les plus exposées. Cela concerne notamment certaines anciennes sorties, les adresses réutilisées et les sorties Taproot. Le débat avait déjà pris une dimension politique lorsque CZ proposait de geler les bitcoins de Satoshi face au risque quantique. La discussion montre que le sujet dépasse la simple spéculation de marché.
Les spécialistes restent divisés sur le calendrier
Le principal désaccord porte sur le moment où la menace deviendra pratique. Adam Back, directeur général de Blockstream, estime que Bitcoin ne fait face à aucun danger quantique significatif avant vingt à quarante ans. Des analystes de Bernstein donnent une fenêtre beaucoup plus courte, comprise entre trois et cinq ans pour préparer une mise à niveau.
Aucun ordinateur quantique actuellement connu ne peut récupérer les clés privées Bitcoin à une vitesse exploitable. Une telle attaque exigerait une machine beaucoup plus stable, plus précise et dotée d’un nombre considérable de qubits corrigés des erreurs.
Le sujet ne peut pourtant pas être ignoré. Une migration cryptographique prend du temps. Elle exige de nouvelles méthodes de signature, une mise à jour des portefeuilles et un large accord entre développeurs, mineurs, entreprises et utilisateurs. Cette lenteur rappelle les débats de gouvernance déjà visibles quand un soft fork Bitcoin anti-« junk data » s’est effondré faute de soutien.
Bitcoin peut évoluer avant l’arrivée d’une machine dangereuse
Des solutions post-quantiques existent déjà en dehors de Bitcoin. Le NIST a publié en 2024 ses premiers standards finalisés de cryptographie post-quantique. L’agence américaine encourage les organisations à commencer leur transition sans attendre l’apparition d’une machine capable de casser les protections actuelles.
La communauté Bitcoin étudie également plusieurs mécanismes. Certaines propositions veulent introduire des signatures résistantes aux attaques quantiques. D’autres cherchent à protéger en priorité les fonds dont les clés publiques sont déjà exposées. Ces changements restent complexes, car les nouvelles signatures peuvent être plus volumineuses et augmenter le coût des transactions.
La décision de Jim Cramer paraît donc radicale face à une menace encore incertaine. Le risque quantique mérite une préparation sérieuse. Il ne prouve pas pour autant qu’une attaque contre Bitcoin soit imminente. Le rebond du BTC montre que le marché fait encore la différence entre un problème technique réel et une urgence immédiate.
À court terme, les investisseurs continueront aussi de surveiller la liquidité, les taux et les rendements américains. Ces facteurs pèsent souvent plus vite sur le prix que les risques cryptographiques de long terme, comme l’a montré récemment la pression des rendements obligataires sur le rebond de Bitcoin.
En bref
- Jim Cramer veut vendre ses bitcoins à cause du risque quantique.
- Bitcoin a pourtant progressé d’environ 1,7 % après ses déclarations.
- La menace existe, mais aucun ordinateur actuel ne peut encore casser Bitcoin.
