Le rendement spectaculaire de Core Scientific dans l’intelligence artificielle ne doit pas devenir la référence du secteur. Selon Bernstein, son accord avec CoreWeave affiche un rendement moyen des actifs de 75 % sur cinq ans. Mais cette performance repose sur un financement difficile à reproduire pour la majorité des mineurs de Bitcoin.
Core Scientific transforme le minage de Bitcoin en machine à rendement
Core Scientific obtient aussi un rendement sur coût de 79 % grâce à son contrat avec CoreWeave. À première vue, le chiffre semble confirmer que les infrastructures de minage peuvent devenir très rentables dans l’IA. Bernstein invite pourtant les investisseurs à regarder sous le capot.
L’entreprise a engagé 590 MW de capacité informatique pour CoreWeave. Le coût total atteint environ 855 millions de dollars. Or, CoreWeave en finance 750 millions par des prépaiements de revenus. Core Scientific ne mobilise donc que 105 millions de dollars sur son propre bilan.
Cette répartition change complètement le calcul. Le rendement élevé ne vient pas seulement du prix du contrat. Il vient surtout du faible capital avancé par Core Scientific. Le locataire paie ainsi une grande partie de la transformation avant que l’activité ne produise tous ses revenus.
Les autres mineurs de Bitcoin affrontent une réalité moins brillante
La comparaison avec TeraWulf, Cipher et CleanSpark remet les chiffres en perspective. Bernstein estime leur rendement stabilisé des actifs entre 4 % et 5 %. Leur rendement sur coût oscille entre 17 % et 19 %. On reste loin des 75 % de Core Scientific.
La différence provient largement des dépenses nécessaires pour adapter les sites. TeraWulf doit investir environ 8 à 10 millions de dollars par MW informatique. Chez Cipher, la fourchette grimpe entre 9 et 11 millions. Les anciennes fermes de minage ne deviennent donc pas des centres de données IA par un simple changement de machines.
Riot Platforms apparaît comme une autre exception. Son rendement moyen des actifs atteint 23 %, avec un rendement sur coût de 29 %. L’entreprise profite d’un coût de conversion limité à environ 3,5 millions de dollars par MW. Bernstein estime toutefois que ces configurations avantageuses resteront rares.
L’<a href= »https://brefcrypto.com/ia-bytedance-50000-puces-chinoises/ »>intelligence artificielle</a> ne garantit pas des profits faciles
Le mouvement vers l’IA reste massif. Les mineurs de Bitcoin ont signé 19 accords représentant 7 GW de puissance et plus de 135 milliards de dollars sur deux ans. Pourtant, les contrats ne se valent pas. La qualité du locataire et le partage des dépenses peuvent peser davantage que la puissance annoncée.
Cipher illustre cette mécanique. Ses contrats avec AWS transfèrent au locataire les coûts d’électricité, les taxes et plusieurs charges d’exploitation. Ce modèle permet à l’entreprise d’afficher une marge EBITDA moyenne de 94 %, contre 85 % pour TeraWulf. Le bon contrat peut donc compenser un investissement initial plus lourd.
Les rendements internes non endettés suivis par Bernstein se situent entre 8 % et 13 %. En face, les coûts de financement tournent autour de 6 % à 7 %. La marge de sécurité existe, mais elle reste limitée. Un retard ou une hausse des coûts peut rapidement réduire l’intérêt du projet.
Le marché doit distinguer les mineurs des vrais opérateurs de data centers
Les investisseurs rapprochent parfois ces groupes de Digital Realty ou d’Equinix. La comparaison a ses limites. Ces spécialistes exploitent des centaines de centres de données stabilisés dans de grandes zones urbaines. Les mineurs disposent souvent de quelques sites ruraux dépendant d’un seul grand client.
Cette concentration crée un risque discret. Un contrat de vingt ans offre de la visibilité, mais il enferme aussi l’opérateur dans une relation très longue. Si le client ralentit ses investissements ou renégocie ses besoins, une grande partie du site peut perdre sa valeur économique.
Bernstein reste néanmoins positif sur le secteur. La firme classe TeraWulf, Cipher, Core Scientific, Riot et CleanSpark à « surperformance ». Elle rappelle aussi que les 7 GW déjà engagés représentent moins d’un quart des 30 GW de projets énergétiques annoncés. L’opportunité est réelle. Mais le rendement de Core Scientific ressemble davantage à une anomalie bien construite qu’à une recette prête à copier.
En bref
- Core Scientific affiche un rendement IA de 75 % grâce à un financement exceptionnel.
- Les autres mineurs de Bitcoin devraient générer des rendements bien plus modestes.
- La transition vers l’IA reste prometteuse, mais son coût peut vite réduire les profits.
