Riot Platforms vient de franchir un cap spectaculaire dans sa transformation. Le mineur de Bitcoin a signé un contrat de vingt ans portant sur 191 MW de capacité informatique dans son complexe de Rockdale, au Texas. Riot ne révèle pas officiellement le nom du client dans les sources publiques consultées, mais Bloomberg l’identifie comme Anthropic. Le contrat représente environ 9,1 milliards de dollars de revenus potentiels sur sa durée initiale.
Bitcoin : Riot trouve un nouveau moteur avec l’intelligence artificielle
Le nouveau contrat prolonge le virage déjà engagé de Riot vers les data centers avec AMD. Selon les éléments rapportés par Bloomberg, Riot fournirait 191 MW de capacité informatique critique à Anthropic, le développeur de Claude. Cette identification reste toutefois distincte d’une confirmation officielle par Riot ou par Anthropic.
La trajectoire est cohérente avec la stratégie déjà présentée par Riot. En janvier 2026, l’entreprise avait annoncé l’acquisition complète du site de Rockdale et un premier bail avec AMD. Ce site dispose d’une interconnexion de 700 MW et Riot indiquait vouloir convertir l’ensemble de cette capacité brute vers des clients data center.
Le nouveau contrat courrait initialement jusqu’en juin 2048. Riot viserait environ 9,1 milliards de dollars de revenus contractuels sur cette période. Deux extensions de cinq ans pourraient porter la valeur potentielle totale à 16,1 milliards de dollars, si le client les exerce.
La livraison serait progressive. Les premiers 96 MW doivent entrer en service en décembre 2027, puis l’ensemble des 191 MW en juin 2028. Riot disposerait aussi d’un financement intérimaire de 573 millions de dollars fourni par Morgan Stanley afin de couvrir les premières dépenses de développement.
Le minage Bitcoin ne suffit plus à raconter Riot
L’accord arrive alors que le modèle économique des mineurs de Bitcoin évolue rapidement. Ces entreprises possèdent déjà des infrastructures électriques massives, des terrains et des raccordements au réseau. Or, ce sont précisément les ressources que recherchent les groupes d’intelligence artificielle confrontés à une pénurie de capacité énergétique.
Ce mouvement dépasse Riot. MARA estime déjà que le Bitcoin rapporte moins que l’IA par unité d’électricité. Cette comparaison résume le dilemme des mineurs cotés. Une même puissance électrique peut servir à sécuriser le réseau Bitcoin ou à héberger du calcul haute performance facturé sur des contrats longs.
Riot exploite cette convergence. Le groupe avait déjà signé un contrat avec AMD en janvier 2026. Avec le nouveau contrat, il affirme désormais disposer de 241 MW de capacité IA contractée et d’environ 9,8 milliards de dollars de revenus à long terme associés aux deux clients.
Le Bitcoin reste pourtant important. Riot a extrait 1 587 BTC au deuxième trimestre 2026, contre 1 426 un an auparavant. Mais ses revenus issus du minage sont tombés de 140,9 millions à 113,7 millions de dollars. La hausse du hashrate mondial et un prix moyen du BTC inférieur ont pesé sur cette activité.
L’IA commence déjà à rapporter de l’argent
Le changement ne repose plus uniquement sur des promesses. Riot a enregistré 23,2 millions de dollars de revenus liés aux centres de données au deuxième trimestre. Ce montant comprend 4,9 millions issus des locations et 18,3 millions provenant des travaux d’aménagement réalisés pour ses clients.
Le chiffre d’affaires global atteint 174,2 millions de dollars, en hausse de 14 % sur un an. L’activité d’ingénierie a également progressé fortement, à 37,3 millions de dollars, contre 10,6 millions un an plus tôt. Le minage reste la principale source de revenus, mais le mélange commence à changer.
Cette évolution s’inscrit dans la transformation officielle de Riot. Dans ses documents financiers, l’entreprise décrit désormais ses activités autour du Bitcoin, des centres de données et de l’ingénierie. Son rapport trimestriel déposé auprès de la SEC montre déjà l’importance croissante de cette diversification.
Riot estime que le nouveau bail pourrait générer entre 7,3 et 8,2 milliards de dollars de résultat opérationnel net cumulé pendant les vingt premières années. Cela représenterait en moyenne 365 à 411 millions de dollars par an. Ces montants restent des projections et dépendront notamment de la construction, du financement et de l’exécution du contrat.
Les mineurs de Bitcoin deviennent des propriétaires d’infrastructures IA
Riot rejoint une liste croissante de mineurs qui réorientent une partie de leur puissance électrique vers l’IA et le calcul haute performance. TeraWulf, Core Scientific, Bitdeer, Hut 8, CleanSpark et d’autres groupes suivent déjà cette direction.
Core Scientific illustre bien cette nouvelle logique. L’entreprise a même payé pour sortir d’un ancien contrat minier, comme nous l’expliquions dans notre analyse sur Core Scientific et son virage vers l’IA. Mais tous les contrats ne se valent pas. Le rendement exceptionnel de certains accords dépend souvent du partage des dépenses, du locataire et du coût réel de conversion des sites.
C’est pourquoi le rendement IA de Core Scientific reste une exception difficile à reproduire. Riot devra prouver que ses sites peuvent être convertis sans explosion des coûts et que les revenus attendus compensent le risque d’exécution.
Ce virage ne signifie pas nécessairement la fin du minage de Bitcoin. Riot exploite toujours ses installations minières et détenait 11 380 BTC à la fin du deuxième trimestre. Il transforme plutôt son accès à l’électricité en activité à plusieurs débouchés.
La bataille ne porte donc plus seulement sur le nombre de bitcoins extraits. Les anciens mineurs commencent à monétiser ce qu’ils ont construit autour du BTC : énergie, terrains et infrastructures. Avec un contrat de 9,1 milliards de dollars, Riot montre que ces actifs peuvent désormais valoir autant pour l’intelligence artificielle que pour Bitcoin.
En bref
- Riot signe un contrat IA de 9,1 milliards de dollars sur vingt ans.
- Bloomberg identifie Anthropic comme le client des 191 MW, sans confirmation publique directe de Riot dans les sources consultées.
- Le minage Bitcoin reste actif, mais les centres de données gagnent du poids.
