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Crypto : 457 milliards $ potentiellement imposables, CARF n’en voit que 14 %

Chainalysis estime à 457 Md$ l’activité crypto potentiellement imposable en 2025. Le système de l’OCDE, n’en couvrirait qu’environ 14 %.

Réseau blockchain mondial partiellement couvert par un système de déclaration fiscale
CARF ne couvrirait qu’une fraction de l’activité crypto potentiellement imposable identifiée par Chainalysis.

457 milliards de dollars. C’est le montant minimum d’activité crypto potentiellement imposable identifié dans le monde en 2025 par Chainalysis. Le chiffre comprend les plus-values réalisées, le minage, le staking, les prêts DeFi et certains paiements en crypto. Pourtant, le nouveau système international CARF de l’OCDE ne couvrirait qu’environ 14 % de cette activité on-chain. Les administrations fiscales gagnent donc un nouvel outil. Une grande partie de la blockchain reste cependant hors de son champ automatique.

Crypto : 457 milliards $ passent sur le radar fiscal

Les États-Unis concentrent environ 112,6 milliards de dollars de cette activité. L’Amérique du Nord atteint 134,6 milliards, devant l’Union européenne à 125,1 milliards et l’Asie de l’Est à 54,7 milliards. Cette estimation arrive alors que la fiscalité du staking devient déjà un sujet politique majeur aux États-Unis.

Chainalysis additionne trois grandes catégories : plus-values, revenus on-chain et paiements. Staking, mining, lending, DEX et transactions commerciales peuvent donc tous créer des événements potentiellement imposables.

Le mot potentiellement est essentiel. Une transaction identifiable sur blockchain ne signifie pas automatiquement qu’un impôt est dû. Chaque pays possède ses exemptions, seuils et règles de calcul.

Et les 457 milliards constituent plutôt un plancher : Chainalysis n’analyse que six grandes blockchains et exclut notamment les opérations réalisées entièrement à l’intérieur des exchanges centralisés.

CARF ne couvrirait que 14 % de l’activité crypto

Le Crypto-Asset Reporting Framework, ou CARF, impose aux prestataires crypto concernés de collecter l’identité fiscale de leurs clients et de transmettre certaines opérations aux administrations. L’OCDE explique que CARF couvre notamment les échanges crypto-fiat, crypto-crypto et certains transferts.

Chainalysis estime toutefois que ces opérations ne représentent que 14 % de l’activité on-chain potentiellement taxable qu’elle a identifiée. Les 86 % restants comprennent notamment DeFi, transferts P2P, revenus on-chain et paiements échappant à certains intermédiaires soumis au reporting.

Cette limite explique pourquoi certains pays utilisent déjà la fiscalité pour pousser les investisseurs vers des plateformes agréées. CARF sait surtout demander des informations à une entreprise. Un smart contract autonome n’a pas de service conformité à qui envoyer un formulaire.

La blockchain pourrait combler le trou

C’est ici que Chainalysis défend naturellement son propre métier. Une administration fiscale peut utiliser l’analyse blockchain pour suivre les mouvements entre wallets, détecter des plateformes étrangères ou décentralisées et reconstruire certaines transactions que le reporting traditionnel ne voit pas.

Cette évolution rapproche fiscalité et surveillance financière. Bitcoin connaît déjà cette tension entre fongibilité et traçabilité des fonds. Le risque serait toutefois de confondre activité observable et revenu imposable. Une transaction entre deux wallets appartenant à la même personne n’est pas nécessairement une vente. Un paiement peut également bénéficier d’un traitement différent selon la juridiction.

CARF représente donc une première couche. L’analyse on-chain pourrait fournir la seconde. Avec 457 milliards de dollars déjà visibles sur seulement six blockchains, les administrations fiscales ont surtout compris une chose : la blockchain n’est pas forcément l’endroit idéal pour disparaître.

En bref

  • Chainalysis estime à 457 Md$ l’activité crypto potentiellement imposable en 2025.
  • Les États-Unis représentent 112,6 Md$.
  • CARF ne couvrirait qu’environ 14 % de l’activité on-chain identifiée.
  • DeFi, P2P et revenus on-chain constituent une grande partie du trou.
  • Les 457 Md$ restent une estimation minimale, pas le montant des impôts dus.

À propos de l’auteur

Mosengo Léon

Mosengo Léon

Mosengo Léon est un analyste crypto et rédacteur pour BrefCrypto.com, reconnu pour ses analyses approfondies des marchés Bitcoin et cryptomonnaies, l’impact des événements structurants comme les crises et levées de fonds, et sa capacité à rendre accessibles les enjeux techniques et économiques de la blockchain pour investisseurs et passionnés