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Actualité Crypto Afrique

Crypto au Bénin : Bitcoin, USDT, mobile money et BCEAO

37,5 millions de comptes de monnaie électronique, 11,25 millions de comptes actifs et plus de 2,54 milliards de transactions en une seule année. Pour comprendre la crypto au Bénin, il faut commencer par ces chiffres, pas par Bitcoin.

Un utilisateur béninois consulte Bitcoin et USDT près d’un point mobile money à Cotonou
Le Bénin combine mobile money, stablecoins et futur cadre crypto régional préparé par la BCEAO.

En 2024, les utilisateurs béninois ont fait circuler environ 12 035 milliards de FCFA à travers les services financiers numériques recensés par la BCEAO. Le pays représentait à lui seul 21,38 % du volume des transactions de monnaie électronique de toute l’UEMOA, alors que sa population était estimée à seulement 14,8 millions d’habitants en 2025. Un même utilisateur peut évidemment disposer de plusieurs comptes, ce qui explique pourquoi le nombre de wallets mobile money dépasse très largement la population nationale.

Bitcoin et USDT arrivent donc dans un marché déjà extrêmement numérisé.

MTN Mobile Money domine largement. Moov Money reste solidement installé. Celtis Cash complète le trio observé par l’ARCEP. Sur les comptes de services financiers mobiles actifs recensés fin 2024, MTN représentait 65 %, Moov 21,6 % et Celtis Cash 13,4 %. En valeur des transactions, la domination de MTN atteignait même 85,4 %.

Puis arrive PI-SPI.

Depuis le 30 septembre 2025, la BCEAO dispose d’une plateforme régionale de paiement instantané fonctionnant 24h/24 et 7j/7 dans les huit pays de l’UEMOA. Un paiement peut être exécuté en moins de dix secondes entre banque, mobile money, institution de microfinance ou établissement de paiement compatible. Toutes les transactions restent toutefois libellées en franc CFA.

Voilà qui change sérieusement le débat autour d’USDT.

Pourquoi utiliser une blockchain pour envoyer de l’argent entre Cotonou et Lomé si un utilisateur peut transférer des FCFA instantanément entre deux institutions connectées au même système régional ?

Pour certaines transactions, la réponse est simple : il n’y aura bientôt plus beaucoup de raisons.

Pour d’autres, notamment lorsqu’il faut sortir de l’UEMOA, accéder aux marchés crypto, recevoir des revenus internationaux ou conserver temporairement une valeur en dollars, le stablecoin conserve des propriétés que PI-SPI ne cherche pas à reproduire.

La réglementation avance elle aussi.

Le Bénin possède depuis le 20 février 2024 une nouvelle loi contre le blanchiment qui définit explicitement l’« actif virtuel » et le « prestataire de services d’actifs virtuels ». L’article 58 va même assez loin : personne ne peut exercer professionnellement une activité de PSAV sans avoir obtenu l’agrément ou l’autorisation préalable de l’autorité compétente.

Le problème est ailleurs.

Au 25 septembre 2026, les sources officielles examinées ne montrent toujours pas un mécanisme public pleinement opérationnel comparable au régime VASP de Maurice ou de l’Afrique du Sud, avec autorité explicitement désignée, procédure détaillée, catégories de licences, registre accessible et liste publique de prestataires agréés.

La BCEAO est justement en train de construire cette prochaine couche.

Le 8 mai 2026, son gouverneur a annoncé la création d’un Comité chargé d’élaborer le cadre réglementaire relatif aux crypto-actifs dans l’UMOA. Stablecoins, tokenisation, cybersécurité, protection des consommateurs et monnaies numériques de banque centrale figurent désormais officiellement dans les travaux de l’institution.

Le Bénin possède donc déjà une reconnaissance juridique des actifs virtuels.

Il possède des obligations AML.

Il possède une exigence d’autorisation pour les professionnels.

Mais la grande réglementation de marché permettant de savoir précisément qui peut lancer un exchange, un custodian ou un service stablecoin et sous quelles conditions reste encore à finaliser.

C’est probablement le dossier crypto le plus important de 2027 dans toute l’UEMOA.

En bref

  • Le Bénin ne possède pas une interdiction générale de Bitcoin comparable à celle adoptée par l’Algérie.
  • La loi béninoise n°2024-01 du 20 février 2024 définit explicitement les actifs virtuels et les prestataires de services d’actifs virtuels.
  • L’article 58 prévoit qu’un PSAV professionnel doit obtenir un agrément ou une autorisation préalable de l’autorité compétente.
  • Le mécanisme complet de licence et le registre public des PSAV ne sont toutefois pas encore clairement opérationnels dans les sources officielles consultées.
  • La BCEAO a créé en mai 2026 un comité chargé d’élaborer un cadre réglementaire crypto commun à l’UMOA.
  • Le Bénin comptait 37 524 005 comptes de monnaie électronique ouverts en 2024, dont 11 252 487 actifs.
  • Le pays a enregistré environ 2,55 milliards de transactions, pour 12 034,7 milliards FCFA de valeur en 2024.
  • L’ARCEP recensait 11,25 millions de comptes de services financiers mobiles actifs, dominés par MTN Mobile Money à 65 %.
  • En valeur des transactions mobiles, MTN représentait 85,4 %, Moov Money 13,2 % et Celtis Cash 1,4 % en 2024.
  • Deux établissements de paiement béninois figuraient parmi les 31 établissements agréés dans l’UMOA au 28 février 2026.
  • PI-SPI fonctionne depuis le 30 septembre 2025 et permet les paiements instantanés dans les huit pays de l’UEMOA.
  • Au 24 juin 2026, 80 institutions étaient connectées à PI-SPI et 74 supplémentaires effectuaient encore des tests réels.
  • PI-SPI utilise exclusivement le franc CFA et ne prend pas en charge Bitcoin, USDT ou d’autres devises.
  • Le franc CFA reste arrimé à l’euro à 655,957 FCFA pour 1 euro.
  • Le 24 septembre 2026, le cours de référence BCEAO du dollar était de 577,07 FCFA.
  • Le Bénin n’apparaît pas sur la liste grise du GAFI de juin 2026, mais reste sous suivi renforcé du GIABA.
  • Aucun lancement officiel d’une CBDC de la BCEAO n’est établi. L’ancien projet « e-CFA » de 2016 était privé et avait été explicitement désavoué par la Banque centrale.

Crypto au Bénin : la loi reconnaît déjà les PSAV

Le Bénin possède un cadre plus avancé qu’un simple « vide juridique », sans être encore arrivé au modèle mauricien où chaque métier crypto dispose de sa propre licence. C’est une nuance essentielle alors que le Kenya construit lui aussi un contrôle réglementaire spécifique des stablecoins et intermédiaires crypto. Au Bénin, la première vraie rupture intervient en février 2024.

L’actif virtuel entre officiellement dans la loi

La loi n°2024-01 relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive ne contourne plus la crypto avec des formulations générales.

Elle la nomme.

Son article 2 définit un actif virtuel comme une représentation numérique d’une valeur pouvant être échangée ou transférée par un procédé numérique. Il définit également le PSAV, c’est-à-dire le professionnel réalisant pour le compte de clients différentes opérations autour de ces actifs.

Cette reconnaissance juridique compte.

Bitcoin n’est plus seulement quelque chose que le droit béninois doit essayer de faire entrer dans une catégorie conçue pour les comptes bancaires.

USDT non plus.

Les textes savent désormais qu’un actif numérique peut circuler directement entre adresses.

Exchange crypto-fiat : la loi le prévoit déjà

La définition du PSAV couvre l’échange entre actifs virtuels et monnaie fiduciaire.

Donc, économiquement :

FCFA → BTC ;

FCFA → USDT ;

BTC → FCFA

entrent dans le type de service visé lorsqu’une entreprise l’exerce pour des clients.

L’échange entre différentes formes d’actifs virtuels est lui aussi couvert.

BTC → USDT.

USDT → ETH.

Le fait de ne jamais revenir vers le système bancaire ne fait pas disparaître la qualification de PSAV.

La custody apparaît également dans le texte

Le cadre vise la conservation ou l’administration d’actifs virtuels et des instruments permettant de les contrôler.

Cela renvoie directement aux clés privées.

Une entreprise qui conserve la clé permettant de déplacer les bitcoins d’un client n’exerce pas simplement une activité informatique.

Elle contrôle économiquement des fonds appartenant à quelqu’un d’autre.

Voilà pourquoi la custody devient une activité financière sensible.

L’article 58 pose ensuite une règle très claire

Le texte dispose qu’aucune personne ne peut exercer professionnellement comme PSAV sans avoir obtenu l’agrément ou l’autorisation préalable de l’autorité compétente.

Cette phrase est importante.

Dire :

« aucune réglementation crypto n’existe au Bénin »

est désormais faux.

Il existe bel et bien une obligation légale d’autorisation.

Le problème est son application pratique.

L’autorité et la procédure restent le maillon faible

Dans les sources officielles disponibles en septembre 2026, il n’existe pas encore l’équivalent d’une page FSC mauricienne permettant de choisir :

licence exchange ;

licence custody ;

licence wallet ;

licence marketplace.

Aucun registre public exhaustif de PSAV béninois opérationnels n’a été identifié.

Aucune liste officielle ne permet donc d’affirmer simplement :

« voici les exchanges crypto agréés au Bénin ».

C’est probablement ce que le futur cadre BCEAO doit résoudre.

Le Comité crypto de la BCEAO arrive précisément pour cela

Le 8 mai 2026 marque un changement institutionnel important.

À Dakar, la BCEAO réunit banques centrales, FMI, Banque mondiale, BRI et spécialistes pour discuter de crypto-actifs, stablecoins, tokenisation, CBDC, cybersécurité et protection des consommateurs.

Le gouverneur Jean-Claude Kassi Brou annonce surtout que l’institution a mis en place un Comité chargé de l’élaboration du cadre réglementaire relatif aux crypto-actifs dans l’UMOA.

Ce n’est pas encore un règlement.

C’est le chantier qui doit en produire un.

Le futur cadre sera probablement régional

C’est logique.

Le Bénin partage déjà :

la monnaie ;

la banque centrale ;

la supervision bancaire ;

une partie du droit financier ;

PI-SPI

avec sept autres États.

Créer huit cadres VASP totalement incompatibles serait étrange.

Une plateforme servant Cotonou, Lomé et Dakar pourrait être obligée de reconstruire son infrastructure trois fois.

Le modèle UMOA pousse naturellement vers une réponse régionale.

Le précédent des établissements de paiement va dans ce sens

Depuis l’Instruction n°001-01-2024, la BCEAO réglemente les nouveaux établissements de paiement dans l’Union.

Au 28 février 2026, 31 établissements avaient été agréés, dont deux au Bénin.

Voilà à quoi pourrait finir par ressembler le marché crypto.

Une liste officielle.

Une entité.

Un agrément.

Des services autorisés.

Des règles prudentielles.

Des sanctions.

Pour les PSAV, cette deuxième moitié du dispositif manque encore.

L’AML, lui, s’applique déjà

L’article 59 impose aux PSAV de respecter les obligations pertinentes de la loi en matière de lutte contre le blanchiment, le financement du terrorisme et la prolifération.

L’article 60 impose aux personnes assujetties de déclarer immédiatement à la CENTIF les opérations ou tentatives suspectes répondant aux critères prévus.

Le futur exchange béninois ne pourra donc pas être construit sur le modèle :

adresse email ;

aucune identité ;

retrait illimité.

La direction prise est exactement inverse.

Le Bénin a déjà évalué les risques crypto

Le quatrième rapport de suivi renforcé du GIABA indique que le pays a effectué une évaluation des risques liés aux actifs virtuels et aux PSAV dans le cadre de ses efforts récents de conformité.

C’est un changement par rapport à 2023.

À l’époque, le GIABA reprochait précisément au Bénin de ne pas avoir correctement évalué ces risques et avait abaissé sa notation sur la Recommandation 15.

Le pays avance donc.

Pas assez pour parler d’un marché VASP mature.

Assez pour ne plus le qualifier de sujet ignoré.

Le Bénin n’est pas sur la liste grise du GAFI

Autre distinction importante.

La liste publiée le 19 juin 2026 comprend notamment le Cameroun, la RDC, la Côte d’Ivoire et le Kenya.

Pas le Bénin.

Cela ne signifie pas que son dispositif AML est considéré comme parfait.

Le GIABA maintient le pays sous un processus de suivi renforcé dans le cadre de son évaluation mutuelle. Son cinquième rapport de suivi date de 2026.

Liste grise du GAFI et suivi renforcé du GIABA ne sont pas la même chose.

Cette nuance compte pour les entreprises crypto

Une fintech regarde plusieurs choses avant d’entrer sur un marché.

Régulateur.

Banques partenaires.

Risques AML.

Correspondent banking.

Réputation du pays.

Facilité d’ouvrir des comptes.

Accès aux paiements.

Le Bénin améliore plusieurs de ces briques en même temps.

Le futur cadre PSAV devra éviter de les casser.

Bitcoin n’est pas monnaie légale

Le fait qu’un actif soit défini dans une loi AML ne lui donne pas le statut du franc CFA.

La BCEAO rappelle que ses billets et pièces possèdent cours légal et pouvoir libératoire dans les huit États de l’Union, dont le Bénin.

Bitcoin ne possède pas ce statut.

USDT non plus.

ETH non plus.

La reconnaissance comme actif virtuel et la reconnaissance comme monnaie légale sont deux choses complètement différentes.

Mais il n’existe pas non plus d’interdiction générale comme en Algérie

C’est là que le cas béninois se distingue.

La loi algérienne interdit directement :

achat ;

vente ;

détention ;

utilisation ;

minage.

La loi béninoise prend une autre direction.

Elle définit l’actif.

Elle définit le professionnel.

Puis exige une autorisation pour exercer l’activité professionnelle.

Le détenteur individuel et l’entreprise qui gère les fonds de milliers de clients ne sont pas traités comme la même chose.

L’accès à Binance ne constitue toujours pas une autorisation

C’est probablement l’une des règles pratiques les plus importantes.

Une application peut fonctionner depuis Cotonou.

Elle peut accepter un numéro béninois.

Elle peut proposer du P2P.

Elle peut afficher FCFA.

Aucun de ces éléments ne prouve que le prestataire possède l’agrément visé à l’article 58.

En l’absence d’un registre PSAV opérationnel et facile à consulter, la prudence reste nécessaire.

Un vendeur P2P professionnel peut lui aussi entrer dans le débat

Deux amis s’échangent occasionnellement un actif.

Une personne différente achète et revend de l’USDT quotidiennement à des dizaines de clients en prélevant une marge.

Économiquement, ce ne sont plus les mêmes activités.

À mesure que la fréquence, le volume, l’intermédiation et la rémunération augmentent, la seconde ressemble de plus en plus à une prestation commerciale sur actifs virtuels.

Le futur cadre devra clarifier cette frontière.

Le wallet personnel reste techniquement très différent

Un wallet self-custody permet à son utilisateur de contrôler directement la clé.

Un custodian exerce cette fonction pour autrui.

L’article 58 vise l’activité professionnelle du prestataire.

Cela ne transforme pas la seed phrase privée de chaque particulier en licence financière.

La question n’est pas seulement de savoir « qui possède du bitcoin ? »

Elle est aussi :

« qui fournit un service financier autour de ce bitcoin ? »

La self-custody n’efface pas les autres lois

Contrôler sa clé ne rend pas invisible :

un revenu ;

une vente commerciale ;

une fraude ;

du blanchiment ;

une obligation fiscale.

La blockchain change la conservation.

Elle ne fait pas disparaître la nature économique d’une transaction.

Ce principe deviendra probablement central à mesure que le cadre béninois se précise.

La fiscalité crypto reste beaucoup moins claire

Les recherches effectuées dans les sources fiscales officielles ne permettent pas d’identifier, au 25 septembre 2026, un régime autonome simple du type :

« toute plus-value Bitcoin est taxée à X % ».

Il faut donc éviter d’inventer un taux.

Le Bénin possède évidemment un système fiscal général, ainsi qu’un dispositif imposant notamment certaines obligations de TVA aux plateformes numériques étrangères.

Cela ne suffit pas à définir le traitement précis d’une plus-value BTC personnelle.

L’activité professionnelle sera plus simple à qualifier

Un exchange facture des commissions.

Une entreprise accepte un paiement.

Un consultant reçoit une rémunération.

Un professionnel fait du trading comme activité habituelle.

Ces situations génèrent des flux économiques réels qui peuvent rencontrer le droit fiscal général.

Le manque actuel porte surtout sur le mode d’emploi spécifiquement crypto.

La future réglementation pourrait pousser l’administration à le préciser.

Le mining n’est pas interdit comme en Angola

Aucun texte examiné ne montre une interdiction générale du minage Bitcoin comparable à celle de Luanda.

Cela ne signifie pas qu’une ferme de minage peut s’installer sans aucune règle.

Électricité.

Entreprise.

Importation du matériel.

Fiscalité.

Environnement.

Une activité peut être autorisée sur le plan crypto et réglementée sur d’autres plans.

Le Bénin n’est de toute façon pas aujourd’hui un centre majeur de hashrate mondial documenté.

L’objectif 2027 paraît désormais assez clair

La loi AML a construit le socle.

La BCEAO doit maintenant construire le marché.

Catégories de PSAV.

Autorité.

Procédure.

Capital.

Gouvernance.

Custody.

Cybersécurité.

Publicité.

Stablecoins.

Transactions transfrontalières.

Protection des consommateurs.

Dit autrement, le Bénin a déjà écrit la première moitié de sa réglementation crypto.

La seconde se prépare à Dakar.

Le mobile money est déjà gigantesque

Si le droit crypto attire naturellement l’attention, le chiffre le plus impressionnant du Bénin vient toujours du mobile money. En 2024, le pays représentait 15,09 % de tous les comptes de monnaie électronique de l’UEMOA et 21,38 % de ses transactions. C’est dans cet environnement que les projets africains reliant USDT et USDC directement au mobile money deviennent réellement intéressants. La crypto devra se connecter à cette infrastructure, pas prétendre qu’elle n’existe pas.

37,5 millions de comptes

La BCEAO recensait exactement 37 524 005 comptes de monnaie électronique ouverts au Bénin fin 2024.

Actifs sur les 90 derniers jours :

11 252 487.

Taux d’activité :

29,99 %.

Le chiffre brut dépasse largement la population.

Aucune contradiction.

Une personne peut avoir plusieurs comptes.

L’utilisateur peut posséder MTN MoMo et Moov Money, puis ajouter Celtis Cash.

Le nombre actif est plus parlant

11,25 millions de comptes ayant enregistré au moins une transaction sur 90 jours donnent une meilleure idée de l’usage réel.

L’ARCEP aboutit presque exactement au même niveau, avec 11 247 480 comptes SFM actifs en 2024, en hausse de 0,7 % sur un an.

Les deux séries ne sont pas nécessairement construites avec une méthodologie parfaitement identique.

Leur proximité confirme néanmoins une utilisation massive.

MTN domine les comptes

L’ARCEP attribue à MTN Mobile Money environ 65 % des comptes actifs.

Moov Money :

21,6 %.

Celtis Cash :

13,4 %.

Ce classement change encore lorsqu’on regarde la valeur des opérations.

MTN devient beaucoup plus dominant.

85,4 % de la valeur passe par MTN

Selon l’Observatoire de l’ARCEP, MTN Mobile Money concentrait en 2024 :

67,4 % du volume des transactions SFM ;

et 85,4 % de leur valeur.

Moov Money représentait 22,4 % du volume et 13,2 % de la valeur.

Celtis Cash :

10,2 % du volume et 1,4 % de la valeur.

Un même marché peut donc avoir plusieurs leaders selon l’indicateur.

Nombre de comptes.

Nombre d’opérations.

Valeur.

La valeur montre ici une concentration particulièrement forte.

2,55 milliards de transactions

La BCEAO recense 2 548 350 605 transactions de services financiers numériques au Bénin en 2024.

Cela représente environ sept millions d’opérations par jour.

Le pays effectue pratiquement autant de transactions que la Côte d’Ivoire dans cette base régionale, malgré une population beaucoup plus petite.

Les chiffres seuls suffisent.

12 035 milliards FCFA ont circulé

Valeur totale :

12 034,7 milliards de FCFA.

Au cours de référence du 24 septembre 2026, cela représente de l’ordre de plusieurs dizaines de milliards de dollars. La comparaison en dollars reste indicative puisque le taux USD/FCFA varie.

Le mobile money béninois n’est donc plus une niche destinée uniquement aux petits transferts familiaux.

Il constitue une infrastructure financière majeure.

Les paiements dominent le volume

En 2024, la BCEAO enregistre au Bénin environ 1,804 milliard de paiements via les services numériques étudiés.

Valeur :

environ 1 618 milliards FCFA.

Une grande partie du volume provient de très petites opérations.

C’est exactement le terrain sur lequel une blockchain publique a le plus de mal à concurrencer directement le système local.

Pourquoi acheter USDT pour un paiement de 2 000 FCFA ?

Il faudrait généralement :

obtenir le stablecoin ;

payer éventuellement un spread ;

l’envoyer ;

le destinataire doit le conserver ou le reconvertir.

Le mobile money fait déjà :

FCFA → FCFA.

Pas de risque dollar.

Pas de gestion de réseau blockchain.

Pas de contrat USDT à vérifier.

Pour le paiement purement domestique, l’avantage est difficile à battre.

Le P2P pèse déjà lourd sans crypto

Les transferts de personne à personne ont atteint environ 200,7 millions d’opérations pour 3 104,7 milliards FCFA en 2024.

Le besoin de déplacer de l’argent entre particuliers est donc déjà servi à très grande échelle.

Bitcoin ne crée pas ce besoin.

Il doit apporter une propriété supplémentaire.

Le réseau de distribution reste énorme

La BCEAO comptabilisait près de 325 000 points de service au Bénin dans sa méthodologie 2024 et plus de 462 000 points marchands acceptant des transactions électroniques.

L’ARCEP emploie un périmètre différent et recense plus largement 619 125 points de service SFM sur la même année.

Les définitions diffèrent.

Le constat ne change pas :

le dernier kilomètre financier est extrêmement dense.

Cette densité est difficile à reproduire pour un exchange

Un wallet blockchain peut être téléchargé partout.

Il ne transforme pas automatiquement USDT en billets de 1 000 FCFA.

Un réseau d’agents, lui, peut effectuer :

cash-in ;

cash-out ;

assistance ;

paiement ;

retrait.

C’est une différence pratique énorme.

Les blockchains excellent dans le transfert numérique.

Les agents excellent dans la jonction entre numérique et économie physique.

Voilà pourquoi mobile money et crypto sont complémentaires

Le modèle le plus intéressant n’est probablement pas :

« Bitcoin remplace MTN MoMo ».

Il ressemble plutôt à :

USDT entre au Bénin ;

un prestataire réglementé le convertit ;

le bénéficiaire reçoit des FCFA sur MoMo.

La blockchain travaille au milieu.

Le mobile money effectue le dernier kilomètre.

C’est exactement le type de convergence que DCS Pay et Kotani Pay cherchent à développer dans plusieurs marchés africains.

MTN et Moov ne vendent pas automatiquement du Bitcoin

Une confusion revient souvent dans les marchés P2P.

Un acheteur utilise MTN MoMo pour payer un vendeur d’USDT.

Puis le vendeur libère les tokens.

Cela ne signifie pas que MTN a vendu l’USDT.

Deux infrastructures distinctes ont été utilisées.

MTN déplace du FCFA électronique.

La plateforme ou le vendeur déplace le crypto-actif.

Cette différence est indispensable pour comprendre la réglementation.

Les télécoms ne peuvent d’ailleurs pas simplement émettre de la monnaie seuls

La BCEAO précise qu’une société de télécommunication ne peut pas elle-même émettre de monnaie électronique sans architecture réglementaire dédiée.

Elle peut créer une filiale spécifiquement consacrée à cette activité et demander un agrément, ou agir avec un émetteur autorisé.

Voilà pourquoi on parle de MTN Mobile Money Benin SA.

La fintech n’efface pas la licence.

Trois EME sont recensés au Bénin

La liste BCEAO comprend notamment :

MTN Mobile Money Benin ;

Moov Money ;

ID Money Benin.

Elle répertorie également plusieurs partenariats bancaires autour de BestCash, Coris Money, SBIN Money et Celtis Cash.

Le marché des wallets ne se réduit donc pas aux deux logos les plus visibles.

L’écosystème est plus large.

Deux nouveaux établissements de paiement s’ajoutent

Au 28 février 2026, deux sociétés béninoises disposaient également d’un agrément comme établissements de paiement sous le nouveau cadre régional.

Le développement est important pour les fintechs.

Un paiement numérique ne doit plus obligatoirement être construit autour du modèle télécom historique.

De nouveaux intermédiaires peuvent entrer sous un statut réglementé.

Puis PI-SPI change l’échelle

Le 30 septembre 2025, la BCEAO lance officiellement sa Plateforme Interopérable du Système de Paiement Instantané.

Le mot déterminant est :

régionale.

Pas seulement Cotonou.

Les huit pays UEMOA.

Même monnaie.

Même banque centrale.

Infrastructure commune.

Quatre acteurs béninois étaient prêts dès le lancement

La liste initiale des participants autorisés à ouvrir PI-SPI au public au 30 septembre 2025 comprenait au Bénin :

Coris Bank ;

Ecobank ;

Orabank ;

Moov Money.

Le réseau s’est ensuite élargi.

La BCEAO publie régulièrement de nouvelles listes de participants autorisés. Une mise à jour existait encore au 16 septembre 2026.

PI-SPI fonctionne réellement 24h/24

Le système n’est pas uniquement un projet.

La BCEAO explique qu’il permet à un client d’envoyer ou recevoir des fonds en quelques secondes, 24h/24 et 7j/7, entre banques, émetteurs de monnaie électronique, institutions de microfinance et établissements de paiement compatibles.

Pour les particuliers, le service est annoncé comme gratuit au niveau de la plateforme.

Le paiement peut utiliser numéro de téléphone, QR code ou alias.

Le système affiche le nom et le pays du bénéficiaire avant confirmation.

Moins de dix secondes

La FAQ PI-SPI indique que l’exécution est normalement réalisée en moins de dix secondes.

On arrive alors à un point assez amusant.

Pendant des années, l’un des arguments crypto était :

« la banque est lente ».

Dans l’UEMOA, cet argument devient progressivement beaucoup moins solide pour les transferts régionaux en CFA.

80 institutions déjà connectées

Au 2 avril 2026 :

80 participants.

59 banques.

9 établissements de monnaie électronique.

11 institutions de microfinance.

1 établissement de paiement.

En juin, le nombre de participants connectés restait à 80, tandis que 74 autres institutions effectuaient des tests en conditions réelles.

La masse critique se construit.

Le 30 septembre 2026 devient une échéance

La BCEAO a prolongé jusqu’au 30 septembre 2026 le délai accordé aux banques, EME et établissements de paiement pour ouvrir effectivement leurs services PI-SPI.

Les IMF supervisées disposent jusqu’au 30 juin 2027.

Nous sommes donc à quelques jours seulement d’une nouvelle étape de l’intégration régionale.

PI-SPI ne prend toutefois que le franc CFA

C’est sa limite la plus importante dans le débat crypto.

La FAQ est explicite :

toutes les transactions sont réalisées en FCFA.

Aucune autre monnaie n’est supportée.

Pas de dollar.

Pas d’euro directement.

Pas d’USDT.

Pas de BTC.

Voilà où les stablecoins retrouvent une place

Cotonou → Lomé ?

PI-SPI peut suffire.

Cotonou → Dakar ?

Même logique.

Cotonou → Paris ?

Le problème change.

Cotonou → Dubaï ?

Encore différent.

Le stablecoin conserve son effet réseau mondial là où PI-SPI est volontairement régional.

Même à l’intérieur de l’UEMOA, les volumes transfrontaliers sont déjà significatifs

En 2024, avant le lancement public de PI-SPI, le Bénin avait enregistré environ 8,53 millions de transactions transfrontalières intra-UEMOA pour 230,45 milliards FCFA dans les services financiers numériques.

PI-SPI arrive donc sur un marché existant.

Son objectif n’est pas de créer les transferts régionaux.

Il est de les rendre plus simples, universels et interopérables.

C’est une vraie concurrence pour USDT

Prenons un commerçant béninois qui paie un fournisseur au Togo.

Même devise.

Même infrastructure.

Règlement instantané.

Pas de conversion USDT.

Pas de spread.

Pas de risque stablecoin.

Si PI-SPI fonctionne comme prévu entre leurs institutions, le stablecoin doit justifier son existence.

Sur ce corridor précis, ce ne sera pas facile.

USDT doit résoudre ce que le franc CFA ne résout pas

Le troisième volet explique pourquoi les stablecoins ne vont pas pour autant disparaître du Bénin. Le franc CFA offre déjà une stabilité monétaire bien supérieure à celle de plusieurs monnaies africaines, et PI-SPI attaque désormais le problème des transferts régionaux. USDT doit donc chercher son utilité ailleurs. C’est justement la transition observée par Bref Crypto lorsqu’USDT et USDC passent du trading aux paiements africains.

Le franc CFA est arrimé à l’euro

Depuis le 1er janvier 1999 :

655,957 FCFA = 1 euro.

Cette parité fixe change radicalement la comparaison avec des pays où la monnaie locale peut se déprécier rapidement.

Un Béninois n’achète pas nécessairement USDT parce que son franc CFA s’effondre.

Le FCFA suit l’euro.

Le stablecoin dollar crée donc surtout une nouvelle exposition monétaire.

Le dollar, lui, bouge face au CFA

Le 24 septembre 2026, la BCEAO affichait un cours de référence d’environ 577,07 FCFA par dollar.

USDT vise 1 USD.

Il peut donc monter ou baisser en FCFA simplement parce que le dollar évolue face à l’euro.

Un stablecoin dollar est stable contre le dollar.

Pas contre le franc CFA.

Voilà un risque souvent ignoré

Un Béninois achète 1 000 USDT.

Le dollar perd 10 % face à l’euro.

Même si Tether maintient parfaitement sa parité, la valeur des tokens en FCFA peut reculer.

Inversement, un renforcement du dollar augmente leur valeur en francs CFA.

Le stablecoin ajoute donc une position de change USD/EUR indirecte.

Ce n’est pas neutre.

Le Bénin n’est pas non plus dans une crise inflationniste majeure

La Banque mondiale estime l’inflation à 1,1 % en 2025.

Le FMI projetait environ 2 % pour 2026, avec une croissance réelle toujours proche de 7 %.

La loi de finances 2026 béninoise retenait elle aussi une hypothèse d’inflation d’environ 2 %, sous la norme communautaire de 3 %.

USDT n’est donc pas poussé par une hyperinflation locale.

C’est probablement une bonne chose

Cela oblige le stablecoin à prouver une utilité réelle.

Paiement international.

Trading.

Freelance.

Commerce.

Trésorerie.

Web3.

Accès au dollar.

Pas simplement :

« la monnaie nationale est inutilisable ».

Le marché devient plus exigeant.

Le Nigeria voisin complique tout

Le Bénin partage une longue frontière avec le Nigeria.

Son économie reste fortement liée au commerce régional et à l’évolution de la monnaie nigériane. Le FMI soulignait encore en 2026 que les exportations béninoises vers le Nigeria pouvaient rester affectées par la faiblesse du naira.

Cette relation crée un environnement monétaire particulier.

FCFA relativement stable.

Naira beaucoup plus volatil.

Dollar très utilisé dans le commerce international.

Stablecoins disponibles mondialement.

USDT peut théoriquement devenir une unité de pont

Un commerçant béninois peut préférer raisonner en dollars pour certaines marchandises.

Un fournisseur nigérian peut lui aussi connaître USDT.

Le token peut faciliter un règlement lorsque les contreparties l’acceptent.

Cela ne signifie pas qu’un tel paiement est automatiquement conforme à toutes les règles de change, fiscales ou AML applicables.

Le potentiel technique et la conformité juridique restent deux sujets.

Les échanges avec l’extérieur sont beaucoup plus intéressants que les paiements locaux

Les données BCEAO recensent pour le Bénin environ 1,94 million de transferts reçus hors UEMOA par les services financiers numériques en 2024, pour une valeur de quelque 194,3 milliards FCFA.

C’est ici que le stablecoin possède un argument plus clair.

PI-SPI s’arrête à l’espace UEMOA.

Une blockchain publique ne connaît pas cette frontière.

Les remittances ne dominent cependant pas l’économie

La Banque mondiale évaluait les transferts personnels reçus à environ 338,5 millions de dollars en 2023, soit 1,7 % du PIB.

C’est significatif.

Beaucoup moins qu’au Sénégal, en Gambie ou au Cap-Vert.

La diaspora n’est donc pas le seul moteur à rechercher pour USDT.

Le commerce et les freelances peuvent être plus intéressants

Un développeur béninois travaille avec une entreprise américaine.

Elle veut payer 800 USDC.

Un exportateur numérique vend un service à Dubaï.

Une entreprise Web3 rémunère une équipe.

Voilà des situations où la blockchain peut éviter plusieurs intermédiaires.

Le bénéficiaire doit ensuite résoudre l’off-ramp.

Et c’est précisément là que les 11 millions de comptes mobile money actifs deviennent intéressants.

Le produit gagnant peut cacher complètement USDT

Le client étranger paie.

Une infrastructure utilise USDT ou USDC pour le règlement.

Le partenaire béninois reçoit les tokens.

Ils sont convertis.

Le bénéficiaire voit simplement :

+450 000 FCFA sur son wallet.

La blockchain est derrière.

L’utilisateur n’a jamais eu besoin de comprendre Tron, Ethereum ou une seed phrase.

C’est probablement l’usage le plus réaliste à grande échelle.

Les banques africaines commencent elles-mêmes à regarder cette infrastructure

Standard Bank accélère déjà sur les stablecoins, dépôts tokenisés et paiements numériques en Afrique.

Le signal est important.

Lorsque les banques commencent à étudier le même rail que les fintechs crypto, la discussion change.

On ne parle plus uniquement de « remplacer les banques ».

On parle de leur fournir une infrastructure différente.

Le risque de dollarisation reste toutefois limité aujourd’hui

Le Bénin partage une monnaie relativement stable avec sept autres États et bénéficie d’une parité fixe avec l’euro.

USDT devrait atteindre une échelle beaucoup plus importante avant de menacer sérieusement la place du FCFA dans les paiements quotidiens.

Mais les banques centrales raisonnent avant que le risque devienne systémique.

C’est précisément pourquoi la conférence BCEAO de mai 2026 consacre une session entière aux implications des stablecoins sur la politique monétaire et la stabilité financière.

Le risque augmente si les prix commencent à être pensés en dollars numériques

Un utilisateur détenant 50 USDT n’est pas un problème macroéconomique.

Une économie où entreprises et ménages commencent à :

épargner en USDT ;

facturer en USDT ;

tenir leur trésorerie en USDT ;

comparer les prix en USDT

pose une question différente.

Le stablecoin cesse d’être simplement une technologie de paiement.

Il commence à remplir des fonctions monétaires.

La BCEAO surveille précisément cette frontière

Sa conférence de mai mentionne explicitement :

politique monétaire ;

stabilité financière ;

régulation ;

cybersécurité ;

protection des données ;

stablecoins ;

CBDC.

L’institution ne considère donc plus la crypto comme un sujet marginal.

Elle la place dans le même débat que la souveraineté monétaire.

PI-SPI constitue peut-être sa meilleure réponse aux stablecoins

Pas une interdiction.

Une meilleure infrastructure.

C’est beaucoup plus intéressant.

Pourquoi un citoyen utiliserait-il USDT entre deux pays UEMOA si le franc CFA peut faire la même opération en moins de dix secondes, gratuitement pour les particuliers au niveau de PI-SPI et sans risque de change ?

La meilleure défense d’une monnaie n’est pas toujours de bloquer son concurrent.

Elle peut être de devenir plus pratique.

Le système régional conserve cependant une limite majeure

PI-SPI règle en FCFA.

Il ne fournit pas une liquidité mondiale en dollars.

Il ne s’intègre pas automatiquement à DeFi.

Il n’est pas coté sur des milliers de marchés crypto.

Il ne permet pas la self-custody.

Le stablecoin garde donc un terrain.

Le défi est simplement plus étroit.

Bitcoin possède encore un positionnement différent

BTC n’essaie pas de suivre le dollar.

Il n’essaie pas non plus de remplacer spécifiquement PI-SPI.

Ses propriétés sont ailleurs :

offre monétaire définie par protocole ;

réseau mondial ;

self-custody ;

absence d’émetteur central ;

actif liquide internationalement.

La contrepartie est évidente :

volatilité.

Pour un paiement de salaire ou une facture à échéance courte, cette volatilité peut être très gênante.

Bitcoin peut-il être détenu au Bénin ?

Aucun texte officiel identifié dans cette recherche ne crée une interdiction générale de détention comparable à celle de l’Algérie.

La loi de 2024 reconnaît explicitement les actifs virtuels et réglemente surtout l’activité professionnelle des PSAV.

Cela ne signifie pas que toutes les opérations autour de BTC sont déjà couvertes par un cadre de marché clair.

C’est précisément ce qui reste à construire.

Bitcoin est-il monnaie légale ?

Non.

Le franc CFA émis par la BCEAO possède cours légal et pouvoir libératoire dans l’UEMOA.

Bitcoin n’a pas reçu ce statut.

USDT est-il interdit ?

Aucune interdiction générale spécifique d’USDT n’a été identifiée.

Il répond toutefois à la définition générale d’un actif virtuel lorsqu’il est échangé ou transféré comme valeur numérique, et un professionnel fournissant les services visés par la loi entre dans le régime PSAV.

L’absence d’interdiction ne doit donc pas être confondue avec l’existence d’un marché libre de toute autorisation.

Existe-t-il des exchanges officiellement licenciés ?

La loi exige un agrément ou une autorisation préalable pour l’activité professionnelle.

En revanche, aucun registre public de licences crypto opérationnelles comparable à celui de Maurice n’a été identifié dans les sources officielles consultées au 25 septembre 2026.

Un exchange international accessible au Bénin ne doit donc pas être automatiquement présenté comme « agréé BCEAO ».

Un vendeur P2P est-il un PSAV ?

Le cas dépend du caractère professionnel de l’activité.

La loi parle d’une personne exerçant à titre commercial certaines opérations pour ou au nom d’un client.

Une activité organisée, répétée, rémunérée et exercée pour une clientèle peut donc soulever une question réglementaire beaucoup plus directe qu’un échange personnel occasionnel.

Peut-on acheter du Bitcoin avec MTN MoMo ?

Techniquement, une transaction P2P peut utiliser MoMo pour régler la partie en FCFA.

Cela ne signifie pas que MTN Mobile Money vend le BTC.

Le vendeur de crypto et l’opérateur de monnaie électronique sont deux intervenants différents.

Le statut réglementaire du premier doit être examiné séparément.

Même réponse pour Moov Money

Moov Money peut servir à transférer des FCFA.

Cela ne transforme pas Moov Money en exchange.

Cette distinction devient encore plus importante avec PI-SPI puisque plusieurs institutions peuvent désormais transférer des fonds entre elles.

Le rail fiat n’est pas le fournisseur du token.

PI-SPI utilise-t-il une blockchain ?

La BCEAO le présente comme une infrastructure régionale de paiement instantané qu’elle a elle-même conçue et opérée.

Elle ne le décrit pas comme une blockchain publique ou une cryptomonnaie.

Il faut donc éviter le raccourci :

« PI-SPI est le Bitcoin de la BCEAO ».

Ce serait faux.

PI-SPI est-il une CBDC ?

Non.

Le système transfère des FCFA existants entre comptes et établissements.

Une CBDC serait une nouvelle forme numérique de monnaie de banque centrale selon l’architecture choisie.

Paiement instantané et monnaie numérique de banque centrale ne sont pas synonymes.

Et le fameux e-CFA ?

L’histoire mérite une correction.

En 2016, la Banque Régionale des Marchés avait annoncé un produit appelé « e-CFA » avec une société irlandaise.

La BCEAO a explicitement déclaré qu’elle n’était impliquée d’aucune manière dans ce projet et a demandé que sa dénomination soit changée pour éviter la confusion avec la monnaie ayant cours légal.

Il ne s’agissait donc pas d’une CBDC BCEAO.

La position de 2016 n’est plus nécessairement celle de 2026 sur toute CBDC future

À l’époque, la BCEAO indiquait ne prévoir aucune création de monnaie numérique.

Dix ans ont passé.

En 2026, la banque centrale organise désormais elle-même une conférence où les monnaies numériques de banque centrale figurent parmi les sujets officiels de réflexion.

Cela ne signifie pas qu’un e-CFA officiel arrive.

Cela signifie que le sujet est désormais étudié dans un environnement complètement différent.

Aucun lancement de CBDC n’est annoncé

C’est la formulation qu’il faut retenir en septembre 2026.

La BCEAO réfléchit.

Elle discute.

Elle construit un cadre crypto.

Elle modernise les paiements.

Elle exploite PI-SPI.

Aucune source officielle consultée ne permet cependant d’annoncer le lancement d’une CBDC retail UEMOA.

Le cadre 2027 devra également traiter la Travel Rule

Le GIABA insiste de plus en plus sur la Recommandation 15 et sur la supervision des PSAV.

En novembre 2025, son forum public-privé était d’ailleurs entièrement consacré à la supervision fondée sur les risques des prestataires de services d’actifs virtuels. Le GIABA soulignait que 16 des 17 États membres évalués présentaient encore des insuffisances sur cette recommandation.

Le futur cadre UMOA ne pourra donc probablement pas ignorer l’identité accompagnant les transferts.

Les plateformes devront connaître leurs clients

Le modèle réglementé devrait logiquement demander :

qui envoie ?

qui reçoit ?

quelle origine des fonds ?

quel bénéficiaire effectif ?

quelle transaction paraît suspecte ?

C’est déjà la logique de la loi AML béninoise.

Le passage à un cadre PSAV complet ajoutera surtout des procédures opérationnelles spécifiques à la blockchain.

La cybersécurité sera tout aussi importante

Un exchange peut respecter parfaitement le KYC et perdre ses hot wallets le lendemain.

Le risque crypto ne se limite pas au blanchiment.

Clés privées.

API.

Infrastructure cloud.

Comptes administrateurs.

Phishing.

Wallet drains.

Smart contracts.

Le futur cadre régional devra probablement traiter ces risques séparément.

Les arnaques peuvent prospérer pendant la période intermédiaire

Une société peut aujourd’hui prétendre :

« licence crypto Bénin ».

« autorisation BCEAO ».

« partenaire officiel PI-SPI ».

« stablecoin garanti par l’UEMOA ».

Ces formulations doivent être vérifiées.

La BCEAO rappelle d’ailleurs que l’inscription d’une fintech dans certains registres ou annuaires d’innovation ne constitue pas automatiquement une autorisation d’exercer une activité réglementée.

Ce principe vaut particulièrement bien pour la crypto.

PI-SPI n’autorise pas un token

Un VASP ne peut pas dire :

« nous sommes connectés à PI-SPI, donc notre USDT est agréé ».

PI-SPI régit le rail de paiement en FCFA.

Le statut juridique d’un actif virtuel relève d’une autre analyse.

Les deux infrastructures peuvent finir par se connecter.

Elles ne doivent pas être confondues.

Le Bénin possède une économie suffisamment grande pour devenir un marché utile

La Banque mondiale estime le PIB à 24,57 milliards de dollars en 2025, pour 14,8 millions d’habitants. La croissance réelle aurait atteint environ 8,1 %.

Ce n’est pas le plus grand marché de l’UEMOA.

C’est néanmoins une économie dynamique, avec une utilisation des paiements mobiles disproportionnée par rapport à sa population.

Pour une fintech crypto, cette combinaison est intéressante.

Le marché crypto lui-même reste mal mesuré

Le Bénin n’apparaît pas dans le top 20 de l’indice mondial Chainalysis 2025.

Aucune statistique officielle solide ne permet d’annoncer plusieurs millions de détenteurs de Bitcoin dans le pays.

Il faut donc éviter les faux chiffres d’adoption.

Le mobile money est mesuré précisément.

La crypto beaucoup moins.

Cela peut changer après les licences

Un vrai régime VASP pourrait enfin produire des statistiques plus utiles.

Clients actifs.

Volumes BTC.

USDT.

Dépôts FCFA.

Retraits.

Paiements internationaux.

Incidents.

Fraudes.

Aujourd’hui, une grande partie de l’activité accessible via plateformes internationales reste difficile à isoler spécifiquement pour le Bénin.

2027 pourrait donc apporter plus de données que 2026

C’est l’un des bénéfices souvent oubliés de la réglementation.

Un marché déclaré devient mesurable.

Un marché mesurable peut être analysé.

Les autorités peuvent ensuite différencier :

trading ;

paiement ;

épargne ;

remittance ;

activité illicite.

Sans données, tout finit par être regroupé sous le mot « crypto ».

Le meilleur avenir n’est probablement pas Bitcoin contre mobile money

Cette opposition est trop simple.

Le Bénin possède déjà un réseau mobile puissant.

Bitcoin possède un réseau mondial.

USDT possède une liquidité dollar mondiale.

PI-SPI possède une infrastructure régionale interopérable.

Chaque rail peut gagner sur un usage différent.

Pour le local, le FCFA possède un énorme avantage

Paiement quotidien.

Salaire.

Petite facture.

Transfert familial.

Commerce entre pays UEMOA.

Le franc CFA numérique circule déjà sur une infrastructure très large.

PI-SPI renforce encore cet avantage.

Pour le global, le stablecoin revient dans le match

Client américain.

Exchange mondial.

Web3.

Commerce hors UEMOA.

Dollar numérique.

Settlement 24/7.

Ce sont des terrains où PI-SPI n’a pas vocation à aller.

Et c’est là que le cNGN et d’autres stablecoins africains cherchent déjà à construire de nouveaux rails transfrontaliers.

Pour la self-custody, Bitcoin reste à part

Ni MoMo ni PI-SPI ne donnent à l’utilisateur une clé privée lui permettant de déplacer ses fonds sans l’autorisation de l’intermédiaire.

Bitcoin peut le faire.

Cette propriété ne rend pas automatiquement le réseau meilleur pour toutes les transactions.

Elle lui donne simplement une fonction différente.

La fraude on-chain reste minoritaire à l’échelle globale, mais réelle

Bref Crypto rappelait récemment que les flux crypto illicites restent sous 1 % des volumes on-chain identifiés par Chainalysis malgré une année record en valeur absolue.

Ce chiffre doit être lu correctement.

« Moins de 1 % » ne signifie pas zéro.

Pour les régulateurs, le sujet reste important précisément parce qu’une blockchain permet de déplacer rapidement des montants importants à travers plusieurs juridictions.

Le risque béninois est aussi très classique

Faux exchange.

Ponzi.

Faux trader.

Faux support Binance.

Faux USDT.

Phishing.

Seed phrase volée.

Une réglementation VASP n’empêchera pas toutes ces fraudes.

Elle peut au moins donner au public une réponse simple à une première question :

cette entreprise est-elle autorisée ?

Ne jamais partager une seed phrase

Ni la BCEAO.

Ni la CENTIF.

Ni MTN.

Ni Moov.

Ni un exchange sérieux ne devrait demander les douze ou vingt-quatre mots d’un wallet personnel pour « vérifier » un compte.

Celui qui obtient la seed peut généralement déplacer les actifs.

Aucun régulateur ne peut ensuite recréer la clé.

La fiscalité devra aussi arriver avant la massification

Il serait préférable que les règles fiscales soient clarifiées avant que le marché explose.

Sinon, plusieurs années de transactions peuvent s’accumuler avant que les utilisateurs sachent réellement comment les déclarer.

Le Bénin possède l’occasion de construire simultanément :

licence ;

AML ;

fiscalité ;

consumer protection.

Beaucoup de pays ont fait ces réformes dans le désordre.

2027 devrait surtout être l’année de la BCEAO

Le Comité créé en mai 2026 est désormais le dossier à suivre.

L’institution devra choisir jusqu’où harmoniser les règles.

Un agrément unique UMOA ?

Une autorisation nationale reposant sur un cadre commun ?

Passeport régional ?

Traitement spécifique des stablecoins ?

Custody bancaire ?

Wallets personnels ?

Autant de questions encore ouvertes.

La structure régionale peut devenir un avantage considérable

Imaginez un VASP licencié une fois.

Il dessert légalement :

Bénin ;

Togo ;

Sénégal ;

Côte d’Ivoire ;

Burkina ;

Mali ;

Niger ;

Guinée-Bissau.

Même monnaie.

Même PI-SPI.

Plus de 140 millions d’habitants dans l’Union.

Le marché devient soudain beaucoup plus intéressant que le seul Bénin.

C’est précisément l’avantage d’une réglementation régionale cohérente.

Elle peut aussi créer un risque régional

Un mauvais stablecoin ou un grand VASP mal supervisé pourrait toucher plusieurs pays simultanément.

La mutualisation augmente le marché.

Elle mutualise aussi certaines vulnérabilités.

C’est pourquoi la BCEAO parle autant de stabilité financière et de cybersécurité.

Le sujet n’est plus une simple application de trading.

Conclusion

Le Bénin possède déjà beaucoup plus de crypto dans son droit qu’on pourrait le croire, mais beaucoup moins de réglementation opérationnelle que ne le laisserait penser la simple lecture de la loi.

Depuis février 2024, les actifs virtuels sont nommés.

Les PSAV aussi.

L’échange crypto-fiat est reconnu comme activité.

Le transfert aussi.

La custody aussi.

Et l’article 58 dit clairement qu’une activité professionnelle de PSAV nécessite un agrément ou une autorisation préalable.

Cette partie est acquise.

Ce qui manque encore est la machine capable d’appliquer pleinement ce principe.

Qui délivre précisément l’autorisation ?

Sous quelle procédure ?

Quel capital ?

Quel audit ?

Quelles conditions de custody ?

Quel registre public ?

Quel traitement pour Binance ou un autre exchange étranger ?

Quelles règles pour USDT ?

C’est là que la BCEAO entre désormais réellement dans le dossier.

Le Comité annoncé le 8 mai 2026 doit élaborer un cadre commun aux pays de l’UMOA.

Le timing est presque parfait.

Pendant que la réglementation crypto se prépare, la Banque centrale construit déjà le principal concurrent potentiel des stablecoins pour les paiements régionaux :

PI-SPI.

Un système commun.

Huit pays.

Une monnaie.

24h/24.

7j/7.

Moins de dix secondes.

Accessible aux banques, mobile money, microfinance et établissements de paiement.

Voilà le véritable changement.

USDT ne débarque plus dans un système bancaire lent, fragmenté et entièrement national.

Il arrive face à une infrastructure régionale qui commence à adopter plusieurs des qualités qui rendaient les blockchains si attractives.

Rapide.

Numérique.

Transfrontalière.

Toujours disponible.

Le stablecoin conserve un avantage majeur.

Le dollar.

PI-SPI reste exclusivement en francs CFA.

Et ce détail sépare probablement les futurs usages.

Cotonou vers Dakar : FCFA.

Cotonou vers Lomé : FCFA.

Cotonou vers Ouagadougou : FCFA.

Pourquoi ajouter USDT si PI-SPI fonctionne correctement ?

La comparaison devient beaucoup moins favorable à la blockchain.

Cotonou vers New York : autre histoire.

Cotonou vers Dubaï : autre histoire.

Freelance payé par une startup Web3 : autre histoire.

Trading Bitcoin : autre histoire.

Self-custody : autre histoire.

C’est là que le stablecoin et Bitcoin conservent leur terrain.

Le deuxième chiffre qu’il faut retenir est encore plus spectaculaire :

37,5 millions de comptes de monnaie électronique.

Et 11,25 millions actifs.

Le Bénin n’a donc pas besoin que Bitcoin lui apprenne à utiliser un wallet.

La population connaît déjà le principe.

Le vrai saut consiste à passer d’un wallet fermé en FCFA à un wallet capable de manipuler un actif mondial sans perdre la simplicité du premier.

C’est beaucoup plus difficile.

Une transaction mobile money béninoise moyenne ne doit pas devenir un cours de cryptographie.

L’utilisateur ne veut pas savoir sur quel réseau se trouve USDT.

Il veut recevoir son argent.

La meilleure infrastructure stablecoin sera donc probablement celle que le client ne voit presque pas.

Le troisième chiffre est 12 035 milliards de FCFA de transactions numériques en 2024.

Encore une fois, cela change l’échelle.

La finance numérique locale est déjà gigantesque.

La crypto devra se brancher dessus.

Pas l’effacer.

La quatrième donnée est monétaire.

655,957 FCFA pour un euro.

Environ 577 FCFA pour un dollar au 24 septembre 2026.

Avec une monnaie arrimée à l’euro et une inflation contenue, le cas d’usage de l’USDT comme refuge d’urgence est beaucoup moins puissant qu’au Nigeria ou au Zimbabwe.

Il reste néanmoins un outil d’exposition au dollar.

Et parfois, c’est précisément ce que l’utilisateur cherche.

Le cinquième élément concerne le GIABA.

Le Bénin n’est pas sur la liste grise du GAFI en juin 2026, mais il reste sous suivi renforcé du GIABA et continue d’améliorer son dispositif AML.

Un futur régime VASP béninois ne sera donc probablement pas léger.

KYC.

Déclarations de soupçon.

Bénéficiaires effectifs.

Traçabilité.

Contrôles.

La loi de 2024 a déjà posé les fondations.

Pour l’utilisateur qui imaginait que « crypto réglementée » signifie « crypto anonyme mais officielle », la réalité risque d’être différente.

Une plateforme agréée sera probablement beaucoup plus proche d’une institution financière qu’un marché Telegram.

Et c’est peut-être exactement ce dont le secteur a besoin pour passer à l’étape suivante.

Le Bénin n’a pas encore un grand marché crypto institutionnel.

Il possède en revanche presque toutes les infrastructures qui pourraient permettre de le construire :

mobile money massif ;

banques ;

établissements de paiement ;

PI-SPI ;

BCEAO ;

loi AML reconnaissant les PSAV ;

économie en forte croissance.

Il manque désormais la passerelle réglementaire.

C’est là que 2027 devient intéressant.

Si la BCEAO produit un cadre commun suffisamment clair, le Bénin peut passer d’un marché où Bitcoin et USDT existent principalement à travers des plateformes internationales et du P2P à un marché où un prestataire sait exactement comment se licencier, connecter les FCFA et offrir une vraie protection aux utilisateurs.

Une telle évolution ne tuerait pas le mobile money.

Elle pourrait au contraire le rendre beaucoup plus puissant.

Imaginez simplement la combinaison :

un stablecoin mondial à l’entrée, un VASP réglementé au milieu, PI-SPI ou MoMo à la sortie.

Le destinataire reçoit des FCFA.

Le commerçant utilise son système habituel.

La blockchain règle le problème international sans essayer de remplacer tout le reste.

C’est probablement la trajectoire la plus crédible de la crypto au Bénin.

Et elle résume un changement plus large observé par Bref Crypto dans les paiements africains en stablecoins : la prochaine bataille ne consiste plus à savoir si la blockchain peut transférer de l’argent.

Elle consiste à savoir si elle peut s’intégrer aux rails qui transfèrent déjà des milliards de transactions chaque année.

Au Bénin, ces rails existent déjà.

Sources principales

Le statut juridique des actifs virtuels repose principalement sur la loi béninoise n°2024-01 du 20 février 2024, qui définit les actifs virtuels et les PSAV et impose à l’article 58 un agrément ou une autorisation préalable pour exercer professionnellement cette activité.

Le chantier réglementaire régional repose sur les annonces de la BCEAO du 8 mai 2026, lorsque son gouverneur a confirmé la mise en place d’un comité chargé d’élaborer le cadre réglementaire des crypto-actifs dans l’UMOA.

Les chiffres sur le mobile money proviennent principalement du Rapport annuel sur les services financiers numériques dans l’UEMOA 2024 de la BCEAO et du rapport annuel 2024 de l’ARCEP Bénin. Ils établissent notamment 37,52 millions de comptes de monnaie électronique, 11,25 millions de comptes actifs et environ 2,55 milliards de transactions.

PI-SPI est documentée directement par la BCEAO. La plateforme a été lancée le 30 septembre 2025 ; elle fonctionnait avec 80 participants connectés en juin 2026 et 74 institutions supplémentaires en test.

Les données monétaires, notamment la parité fixe de 655,957 FCFA pour un euro et le cours du dollar de septembre 2026, viennent de la BCEAO.

Enfin, la situation AML du Bénin repose sur les publications du GIABA, qui maintient le pays sous suivi renforcé, tandis que le Bénin ne figure pas parmi les juridictions placées sur la liste grise du GAFI au 19 juin 2026.

Sources citées3
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Gregoire Lacroix
Auteur

Gregoire Lacroix

Grégoire Lacroix est analyste et rédacteur chez BrefCrypto, spécialisé dans les cryptomonnaies et les marchés numériques. Il se concentre sur Bitcoin, l’analyse de marché, les cadres réglementaires et l’adoption réelle de la blockchain. Son travail privilégie une lecture stratégique et factuelle, orientée usage et impact économique. Il apporte un regard expert sur l’écosystème crypto africain, entre opportunités, risques et structuration du marché.