Choisir une crypto à miner uniquement parce que son prix semble élevé est donc une mauvaise méthode.
Le calcul commence ailleurs.
Combien coûte l’électricité ? Quel matériel possède-t-on déjà ? Combien consomme-t-il ? Quelle est sa puissance de calcul ? Quelle difficulté impose le réseau ? Quelle récompense est distribuée ? Combien vaut la crypto obtenue ? Et surtout, combien pourra encore valoir la machine si la difficulté grimpe ou si le prix de l’actif chute ?
En septembre 2026, ces questions comptent plus que jamais. Sur Bitcoin, le hashprice se situait autour de 40,93 dollars par PH/s et par jour le 21 septembre, malgré la récente remontée du BTC. Pour les machines les moins efficaces, la marge peut rapidement disparaître après paiement de l’électricité.
Toutes les cryptomonnaies à miner ne sont donc pas destinées au même mineur.
Miner une crypto commence par choisir son matériel
Avant de regarder le nom du token, il faut regarder la machine. Le dossier BrefCrypto sur les ASIC et leur rôle dans le minage de cryptomonnaies permet justement de comprendre pourquoi CPU, GPU et ASIC ne sont plus interchangeables.
Un CPU, le processeur classique d’un ordinateur, peut effectuer une grande variété de calculs. Cette polyvalence le rend intéressant sur des algorithmes comme RandomX de Monero.
Un GPU exécute énormément d’opérations en parallèle. Les cartes graphiques ont dominé une partie du minage crypto pendant des années, notamment Ethereum avant son passage au Proof of Stake. Elles restent pertinentes pour certaines chaînes comme Ravencoin.
L’ASIC prend la logique opposée. Le circuit est conçu presque exclusivement pour une famille de calculs. Un ASIC SHA-256 destiné à Bitcoin est extrêmement performant pour SHA-256, mais il ne pourra pas soudainement être transformé en mineur Monero.
C’est ce qui rend le choix important.
Un propriétaire de GPU ne devrait pas simplement chercher « la crypto la plus rentable » dans un classement comprenant Bitcoin. Son matériel ne peut pas concurrencer les ASIC Bitcoin.
Même chose pour quelqu’un disposant d’un CPU récent : Monero peut avoir du sens, Kaspa beaucoup moins.
Le classement utile des cryptomonnaies à miner commence donc par une question très concrète :
avec quoi allez-vous miner ?
Bitcoin reste le géant du minage
Bitcoin reste de très loin la référence du Proof of Work.
La documentation technique de Bitcoin explique comment les mineurs effectuent des calculs SHA-256 afin de trouver un hash inférieur à la cible imposée par le réseau. Lorsqu’un bloc valide est trouvé, le mineur reçoit la subvention de bloc ainsi que les frais des transactions qu’il contient.
Depuis le halving du 20 avril 2024, la récompense de base est de 3,125 BTC par bloc. Elle tombera à 1,5625 BTC au prochain halving, attendu approximativement en 2028.
Sur le papier, 3,125 BTC représentent une somme considérable.
Dans la pratique, la concurrence est gigantesque.
Miner Bitcoin avec un ordinateur personnel n’a pratiquement plus de sens économique. Même un GPU puissant est plusieurs ordres de grandeur derrière les ASIC modernes.
Le marché se joue désormais sur le nombre de terahashes produits pour chaque watt consommé.
Cette efficacité se mesure souvent en joules par terahash, ou J/TH. Plus le nombre est bas, meilleure est la machine.
Hashrate Index estimait le 21 septembre 2026 le hashprice autour de 40,93 dollars par PH/s/jour. Son calcul d’energy hashprice indiquait environ 136 dollars de revenus bruts par MWh pour des flottes sous 14 J/TH, contre seulement 51 dollars par MWh pour les machines comprises entre 25 et 38 J/TH.
Ce n’est pas le bénéfice.
Il reste à payer la machine, le personnel, le refroidissement, la connexion, les réparations et parfois le financement.
Bitcoin peut être la crypto la plus solide à miner sans être la plus facile à miner.
L’électricité décide presque tout sur Bitcoin
Le prix du BTC attire naturellement l’attention.
Pour un mineur, le prix du kilowattheure peut être encore plus important.
Une machine fonctionne généralement 24 heures sur 24. Quelques centimes de différence par kWh deviennent donc considérables lorsqu’une exploitation possède des centaines ou des milliers d’ASIC.
C’est précisément ce qui explique le déplacement d’une partie de l’industrie vers les régions disposant d’électricité bon marché ou excédentaire. BrefCrypto observait déjà comment la concurrence de l’IA pousse les mineurs Bitcoin vers les sources d’énergie les moins coûteuses.
Le calcul de rentabilité doit également intégrer le hashprice, c’est-à-dire les revenus que rapporte une unité de puissance SHA-256.
Il dépend notamment du prix de Bitcoin, de la difficulté du réseau, des frais de transactions et de la récompense de bloc.
Un BTC qui grimpe de 20 % améliore les recettes en dollars si tout le reste reste identique.
Sauf que tout le reste ne reste pas forcément identique.
De nouvelles machines arrivent.
Le hashrate augmente.
La difficulté s’ajuste.
La part de récompenses correspondant à chaque unité de puissance diminue.
Voilà pourquoi un bull market ne transforme pas automatiquement toutes les fermes Bitcoin en machines à imprimer de l’argent.
Pour un particulier, Bitcoin devient surtout pertinent lorsque trois conditions se rejoignent : ASIC efficace, électricité très compétitive et capacité à exploiter la machine suffisamment longtemps pour amortir son prix.
Sans cela, acheter directement du BTC peut parfois coûter moins cher que le fabriquer.
Litecoin et Dogecoin se minent ensemble
Litecoin est une autre grande cryptomonnaie Proof of Work toujours minable.
La différence tient à son algorithme : Scrypt, plutôt que SHA-256.
La récompense actuelle de Litecoin est de 6,25 LTC par bloc, les blocs étant produits approximativement toutes les 2,5 minutes. Le dernier halving a eu lieu en août 2023.
Mais miner Litecoin seul ne raconte aujourd’hui qu’une partie de l’histoire.
Dogecoin utilise également Scrypt et accepte depuis 2015 l’Auxiliary Proof of Work, ou AuxPoW. Ce système permet d’utiliser le même travail informatique pour sécuriser Litecoin et Dogecoin en même temps.
Dit autrement, un mineur n’a pas nécessairement à choisir entre LTC et DOGE.
Le même hashrate Scrypt peut produire des récompenses sur les deux réseaux via un pool compatible avec le merged mining.
Dogecoin distribue actuellement 10 000 DOGE par bloc, auxquels s’ajoutent les frais de transaction. Sa documentation précise également que le minage rentable nécessite désormais du matériel ASIC spécialisé.
Ce couple LTC+DOGE est donc particulièrement intéressant lorsqu’on compare les cryptomonnaies à miner.
La rentabilité d’un ASIC Scrypt ne dépend pas seulement du prix du Litecoin.
DOGE ajoute une deuxième source de revenus.
Dans certaines périodes de marché, cette partie peut même devenir déterminante.
Le revers est évident : les ASIC Scrypt modernes sont coûteux et très énergivores. Un vieil ordinateur ne devient pas compétitif simplement parce que Dogecoin a commencé comme un meme.
Monero reste le royaume du CPU
Pour quelqu’un qui veut réellement expérimenter le minage avec un ordinateur, Monero est l’un des cas les plus intéressants.
XMR utilise RandomX, un algorithme Proof of Work spécifiquement pensé pour favoriser les processeurs généralistes et décourager l’avantage des ASIC.
Le projet Monero explique que RandomX s’appuie notamment sur l’exécution de code aléatoire et des opérations intensives en mémoire. Les CPU sont généralement beaucoup plus efficaces que les GPU pour cet algorithme.
Cela change complètement l’économie du minage.
Pas besoin d’acheter un ASIC de plusieurs milliers de dollars pour commencer.
Un ordinateur équipé d’un bon processeur peut miner du XMR.
Cela ne signifie pas qu’il sera rentable.
Un CPU lent consommant beaucoup d’électricité peut produire moins de XMR que ne coûte son énergie. Mais la barrière d’entrée est beaucoup plus faible que sur Bitcoin.
Monero possède aussi une politique monétaire particulière.
Depuis 2022, le réseau est entré dans sa tail emission. Une récompense de 0,6 XMR est créée environ toutes les deux minutes, ce qui garantit qu’une émission continue reste disponible pour rémunérer les mineurs. L’inflation relative diminue progressivement à mesure que l’offre totale augmente.
Les mineurs peuvent choisir un pool classique, le solo mining ou P2Pool.
Monero encourage notamment P2Pool, qui permet de mutualiser les revenus tout en conservant un fonctionnement pair-à-pair et non custodial.
Pour apprendre réellement comment fonctionne le minage sans transformer une pièce entière en data center, Monero reste difficile à ignorer.
Kaspa n’est plus le paradis des GPU
Kaspa a longtemps attiré énormément de mineurs GPU.
Cette époque a changé.
KAS utilise kHeavyHash et une architecture blockDAG différente d’une blockchain linéaire traditionnelle. Le réseau principal fonctionne désormais à 10 blocs par seconde, après l’évolution rendue possible par Crescendo.
Le projet reste entièrement Proof of Work et revendique un lancement sans premine ni préallocation.
Sa politique monétaire est elle aussi particulière.
Au lieu d’un énorme halving brutal tous les quatre ans, la récompense diminue progressivement chaque mois selon un facteur géométrique. Sur une année moyenne, la réduction cumulée correspond approximativement à une division par deux.
La documentation officielle estimait qu’environ 95 % de l’ensemble des KAS seraient déjà minés autour du 10 juillet 2026. L’offre maximale estimée se situe autour de 28,7 milliards de KAS.
Cela signifie que l’émission future se réduit rapidement.
Surtout, l’industrie du matériel a rattrapé Kaspa.
Les GPU qui avaient rendu KAS populaire auprès des particuliers ont été progressivement dépassés par les ASIC kHeavyHash.
C’est le scénario classique du Proof of Work.
Un algorithme devient rentable.
Des fabricants investissent dans des puces spécialisées.
La difficulté explose.
Le mineur généraliste voit son rendement chuter.
Kaspa reste donc une crypto majeure à considérer pour le minage en 2026, mais beaucoup moins pour quelqu’un qui veut recycler tranquillement une ancienne carte graphique.
Il faut désormais raisonner en ASIC, efficacité énergétique, prix de KAS et émission décroissante.
Zcash reste une option ASIC particulière
Zcash est toujours minable.
Le réseau utilise le Proof of Work avec Equihash, un algorithme qui avait initialement été conçu pour limiter l’avantage du matériel spécialisé.
Les ASIC ont fini par arriver.
En 2026, le minage rentable de ZEC est donc largement une affaire de matériel spécialisé.
La politique monétaire rappelle celle de Bitcoin : offre maximale de 21 millions de ZEC et réduction périodique de l’émission.
La subvention totale actuelle est de 1,5625 ZEC par période de bloc selon la documentation économique de Zcash. Depuis novembre 2024, 80 % de cette émission revient aux mineurs, soit environ 1,25 ZEC, tandis que le reste alimente différents mécanismes de financement de l’écosystème. Les mineurs reçoivent également les frais de transaction.
Zcash est intéressant pour une autre raison : son prix a connu de fortes variations et le secteur minier s’y adapte très rapidement.
BrefCrypto a récemment suivi le retour de l’activité autour des mineurs Zcash alors que ZEC dépassait 1 000 dollars.
Ce genre de hausse change mécaniquement les revenus en dollars.
Puis la concurrence suit.
D’autres mineurs allument leurs machines.
Le hashrate augmente.
La difficulté monte.
Le gain initial est en partie absorbé.
C’est une mécanique fondamentale du mining.
Une crypto qui apparaît très rentable cette semaine attire du hashrate précisément parce qu’elle est rentable.
Le classement finit donc par se corriger.
Ethereum Classic récupère toujours une partie des GPU
Ethereum ne peut plus être miné depuis The Merge du 15 septembre 2022.
Ethereum Classic, lui, est toujours en Proof of Work.
ETC utilise ETCHash, un dérivé proche d’Ethash. Le matériel utilisé historiquement pour miner de l’ETH a donc pu être redirigé vers Ethereum Classic après la transition d’Ethereum vers le Proof of Stake.
Le réseau applique une politique monétaire appelée parfois « fifthening ».
Au lieu de diviser sa récompense par deux comme Bitcoin, Ethereum Classic la réduit de 20 % tous les cinq millions de blocs.
Une nouvelle réduction a eu lieu le 22 juillet 2026 au bloc 25 000 001. La récompense de base est passée de 2,048 ETC à 1,6384 ETC.
Cette réduction est récente.
Un calculateur utilisant encore 2,048 ETC surestime donc actuellement la production.
Voilà un problème récurrent avec les recherches du type « crypto la plus rentable à miner ».
Des pages restent indexées pendant des mois alors que la récompense, la difficulté ou le matériel dominant ont changé.
ETC peut encore intéresser les propriétaires de GPU compatibles.
Des ASIC ETCHash existent également, ce qui renforce toutefois la concurrence.
La rentabilité dépend donc beaucoup du modèle exact de carte graphique et du tarif électrique.
Un GPU déjà amorti peut rester économiquement intéressant dans des conditions où l’achat d’une nouvelle ferme ne le serait pas.
La différence entre matériel déjà payé et matériel acheté aujourd’hui est énorme.
Ravencoin reste l’un des vrais terrains GPU
Ravencoin mérite une place particulière dans cette liste.
Le réseau utilise KAWPOW, un algorithme conçu pour favoriser les caractéristiques des GPU généralistes et limiter l’avantage économique que pourrait apporter un ASIC.
Le projet a même changé plusieurs fois d’algorithme au fil de son histoire afin de préserver cet objectif.
Les blocs arrivent environ toutes les minutes.
La politique monétaire prévoit une réduction de la récompense tous les 2,1 millions de blocs, soit approximativement tous les quatre ans. Ce mécanisme est directement inscrit dans les paramètres de consensus.
Après le deuxième halving de 2026, la récompense se situe désormais à 1 250 RVN par bloc. Les données réseau disponibles en septembre indiquent également un DAG proche de 5,9 Go, ce qui rend les anciennes cartes à faible mémoire beaucoup moins pratiques.
Ravencoin représente donc encore une véritable possibilité pour les mineurs GPU.
Cela ne signifie pas que n’importe quelle carte est rentable.
KAWPOW sollicite fortement le GPU et peut consommer beaucoup d’électricité.
Le prix de RVN reste également déterminant.
Mais contrairement à Bitcoin, Litecoin, Dogecoin ou Kaspa, la compétition n’exige pas forcément l’achat d’une puce conçue exclusivement pour un algorithme.
Pour quelqu’un qui possède déjà une ou plusieurs cartes graphiques suffisamment récentes, RVN reste l’un des premiers actifs à tester dans un calculateur de rentabilité.
Pas nécessairement à choisir.
À tester.
Ethereum n’est plus une cryptomonnaie à miner
Cette précision paraît évidente pour les utilisateurs expérimentés.
Elle reste nécessaire.
Ethereum ne se mine plus.
Depuis The Merge, Ethereum utilise le Proof of Stake. Les validateurs déposent de l’ETH pour participer au consensus au lieu de fournir de la puissance de calcul via GPU.
Cela signifie qu’un site promettant en 2026 de « miner Ethereum » avec votre carte graphique mérite une vérification immédiate.
Il peut parler d’une autre crypto minée puis automatiquement convertie en ETH.
Il peut proposer du cloud mining.
Il peut simplement utiliser une terminologie dépassée.
Ou il peut s’agir d’une arnaque.
Cette confusion vient du poids historique d’Ethereum dans le GPU mining.
Avant septembre 2022, ETH représentait une énorme partie de l’activité mondiale des mineurs GPU. Lorsque cette demande a disparu, la puissance s’est déplacée vers Ethereum Classic, Ravencoin, Ergo, Kaspa et d’autres réseaux.
Les revenus se sont alors comprimés.
Pourquoi ?
Parce que des milliards de dollars de matériel cherchaient soudainement beaucoup moins de récompenses disponibles.
C’est une excellente illustration de la logique économique du minage.
Le matériel ne crée pas lui-même la rentabilité.
Il se bat pour une quantité limitée de crypto nouvellement émise.
Plus la puissance concurrente augmente, plus chacun reçoit une petite part du gâteau.
Quelle crypto miner avec un CPU ?
Pour un CPU généraliste en 2026, Monero reste la référence la plus claire parmi les grands projets.
RandomX a précisément été conçu pour cette situation.
Cela ne signifie pas qu’il soit judicieux de faire tourner n’importe quel ordinateur 24 heures sur 24.
Les processeurs diffèrent énormément.
Nombre de cœurs.
Cache.
Bande passante mémoire.
Consommation.
Refroidissement.
Prix d’achat.
Un vieux laptop peut produire quelques hashes tout en chauffant énormément pour presque aucun revenu.
Un processeur moderne disposant de beaucoup de cache et correctement configuré sera beaucoup plus efficace.
Le calcul doit également intégrer une question souvent oubliée : la machine était-elle déjà disponible ?
Si vous possédez un PC inutilisé, le coût d’investissement initial est presque nul.
Si vous achetez une configuration uniquement pour miner XMR, l’amortissement du processeur, de la carte mère, de la RAM et de l’alimentation doit entrer dans le calcul.
Deux mineurs utilisant exactement le même CPU peuvent donc avoir une rentabilité totalement différente.
Monero apporte surtout quelque chose devenu rare dans le Proof of Work : la possibilité de participer réellement au réseau sans commander une machine spécialisée.
Pour une expérimentation technique ou une petite installation utilisant une énergie très bon marché, c’est précieux.
Pour devenir riche avec un ordinateur de bureau, beaucoup moins.
Quelle crypto miner avec un GPU ?
Le choix se resserre.
Ravencoin reste l’une des options les plus identifiables grâce à KAWPOW.
Ethereum Classic peut également être miné avec des GPU compatibles ETCHash, même si la présence d’ASIC augmente la pression concurrentielle.
D’autres projets Proof of Work existent, notamment Ergo et plusieurs chaînes plus petites, mais leur inclusion dans un classement de rentabilité demande encore davantage de prudence.
Une petite capitalisation peut afficher un rendement théorique spectaculaire.
Puis le mineur essaie de vendre.
Le carnet d’ordres est presque vide.
Ou le prix chute de 20 % après l’arrivée de quelques nouveaux mineurs.
La rentabilité affichée disparaît.
Pour un GPU, la souplesse constitue néanmoins un avantage majeur.
Une carte graphique peut passer d’un algorithme à un autre.
Un ASIC Bitcoin ne sait faire qu’une famille de tâches extrêmement limitée.
Cette flexibilité permet aux mineurs GPU de réagir lorsque les conditions économiques changent.
Elle conserve également une valeur de revente.
Une bonne carte graphique peut servir au gaming, au rendu 3D, à l’IA ou à d’autres workloads.
Un ASIC obsolète peut finir avec une valeur très faible si son revenu de mining tombe sous son coût électrique.
C’est une différence économique importante que les simples calculateurs de revenu quotidien ignorent souvent.
Quelle crypto miner avec un ASIC ?
L’ASIC ouvre le choix en fonction de l’algorithme, pas de votre préférence personnelle.
Un ASIC SHA-256 peut notamment viser Bitcoin ou d’autres chaînes compatibles SHA-256, même si Bitcoin concentre de loin le principal marché.
Un ASIC Scrypt peut participer au minage fusionné Litecoin/Dogecoin.
Un ASIC Equihash peut servir à Zcash et à certaines chaînes compatibles.
Un ASIC kHeavyHash cible Kaspa et éventuellement d’autres projets utilisant le même algorithme.
Le choix d’une machine revient donc indirectement à choisir un écosystème.
Cette spécialisation explique pourquoi l’achat doit être beaucoup plus prudent.
Supposons qu’un ASIC rapporte 15 dollars par jour aujourd’hui.
Si le prix de la crypto chute, si un nouveau modèle deux fois plus efficace arrive ou si la difficulté du réseau explose, le revenu peut tomber beaucoup plus vite que prévu.
La machine, elle, continue de consommer.
Les mineurs professionnels parlent souvent de break-even electricity price : le tarif électrique maximal auquel la machine peut encore fonctionner avant que le coût de l’énergie ne dépasse ses recettes.
Plus une machine vieillit, plus ce seuil baisse.
C’est ainsi qu’un ASIC encore parfaitement fonctionnel peut devenir économiquement inutilisable.
Il n’est pas cassé.
Le réseau l’a simplement rendu trop cher.
Solo mining ou pool : la crypto ne suffit pas
Choisir la bonne cryptomonnaie ne suffit toujours pas.
Il faut décider comment le hashrate sera utilisé.
Le solo mining signifie que le mineur tente de trouver lui-même un bloc.
S’il y arrive, il reçoit la récompense correspondante.
S’il ne trouve rien, il ne reçoit rien.
Sur un grand réseau comme Bitcoin, un particulier peut théoriquement miner seul pendant des années sans produire le moindre bloc. Il existe parfois des coups de chance spectaculaires, mais ils ressemblent davantage statistiquement à une loterie.
Le pool change cette distribution.
Des milliers de mineurs rassemblent leur hashrate.
Le pool trouve régulièrement des blocs.
La récompense est ensuite répartie en fonction du travail fourni selon une méthode comme PPS, FPPS ou PPLNS.
Le revenu devient beaucoup plus régulier.
Le pool prend généralement une commission et introduit une dépendance supplémentaire.
Monero apporte une variante intéressante avec P2Pool, qui cherche à combiner des paiements plus réguliers avec une architecture décentralisée et non custodiale. Le projet met en avant l’absence de wallet central du pool et des paiements directement aux mineurs.
La puissance disponible détermine donc aussi le modèle.
Quelques CPU Monero ?
P2Pool peut avoir du sens.
Un énorme parc ASIC ?
Les questions deviennent beaucoup plus industrielles.
Comment calculer réellement la rentabilité ?
La formule paraît simple :
revenus du minage moins tous les coûts.
Le problème vient du mot « tous ».
Le revenu dépend du hashrate de votre machine, de la difficulté du réseau, de la récompense distribuée, des frais de transactions, du prix de la crypto et du taux de disponibilité réel de l’équipement.
Les coûts commencent avec l’électricité.
Puis viennent le pool, le refroidissement, les ventilateurs, l’alimentation, la connexion Internet, les réparations et le remplacement des pièces.
Il faut ensuite amortir le prix d’achat.
Une machine achetée 8 000 dollars qui génère 8 dollars nets par jour n’a pas « gagné 8 dollars » au sens économique complet si son capital n’a pas encore été récupéré.
Elle rembourse progressivement son investissement.
Le temps constitue donc une variable centrale.
Un ASIC peut sembler remboursable en douze mois.
Puis une nouvelle génération arrive quatre mois plus tard.
La difficulté augmente.
Le ROI passe à deux ans.
Puis le marché chute.
Le même calcul indique soudain quatre ans.
C’est pourquoi aucune liste sérieuse ne peut affirmer que « telle crypto est la plus rentable » sans donner au minimum la machine, son hashrate, sa consommation et le coût du kWh.
Tout le reste est une photographie.
Parfois vieille de quelques heures seulement.
En Afrique, l’énergie peut créer un avantage particulier
Le mining peut sembler paradoxal sur un continent où l’accès à l’électricité reste irrégulier dans plusieurs régions.
Il existe pourtant l’autre côté de l’équation.
Certaines zones possèdent d’importantes capacités hydroélectriques, géothermiques, solaires ou gazières qui peuvent être sous-utilisées faute de lignes de transport suffisantes ou de demande locale immédiate.
Un mineur Bitcoin est une charge électrique particulière.
Il peut être installé près de la production.
Il peut fonctionner 24 heures sur 24.
Et surtout, il peut être arrêté rapidement lorsque l’électricité est nécessaire ailleurs.
Ces caractéristiques expliquent l’intérêt observé dans différents pays africains.
Cela ne signifie pas que toute énergie africaine bon marché devrait être consacrée au mining. Dans une région où ménages et entreprises manquent d’électricité, la question politique et sociale devient évidente.
Le contexte local doit donc faire partie du calcul.
En RDC, où les usages crypto se développent dans un environnement financier et numérique particulier, disposer théoriquement d’un énorme potentiel hydroélectrique ne signifie pas disposer automatiquement d’un courant stable à bas prix pour une ferme de minage.
Le réseau électrique.
Les importations d’ASIC.
La sécurité.
La connectivité.
Les taxes.
La maintenance.
Tout compte.
Un kWh bon marché mais disponible seulement huit heures par jour peut être moins intéressant qu’une énergie légèrement plus chère disponible en permanence.
Quelle est alors la meilleure cryptomonnaie à miner ?
Il n’existe pas une seule réponse.
Pour un ASIC SHA-256 moderne avec une électricité très bon marché, Bitcoin reste la référence.
Pour un ASIC Scrypt, Litecoin et Dogecoin sont particulièrement intéressants parce que le merged mining permet de capter les deux récompenses avec le même travail.
Pour un CPU, Monero conserve une position presque unique parmi les grands réseaux.
Pour un ASIC kHeavyHash, Kaspa reste l’actif évident à surveiller.
Pour un ASIC Equihash, Zcash constitue l’un des principaux marchés.
Pour un GPU, Ravencoin et Ethereum Classic restent deux noms importants, avec des profils techniques très différents.
La conclusion change pourtant immédiatement si l’électricité coûte cher.
Une cryptomonnaie peut être excellente à miner dans une ferme alimentée à 0,03 dollar le kWh et déficitaire dans un appartement à 0,20 dollar.
Le matériel change aussi la réponse.
Un GPU déjà acheté en 2021 n’a pas le même coût économique qu’une nouvelle carte achetée aujourd’hui uniquement pour le mining.
Et l’objectif compte.
Certains veulent générer du cash-flow quotidien.
D’autres veulent accumuler des coins qu’ils pensent sous-évalués.
D’autres encore minent pour participer à la décentralisation d’un réseau.
Ces stratégies ne conduisent pas nécessairement au même choix.
Les cryptomonnaies à miner ne sont pas forcément celles à acheter
C’est probablement la distinction la plus utile.
Une crypto peut être excellente à acheter et mauvaise à miner.
Bitcoin en fournit l’exemple parfait.
Quelqu’un disposant de 5 000 dollars peut acheter directement du BTC.
Ou acheter un ASIC.
Dans le deuxième cas, il lui faut ensuite de l’électricité, une installation électrique correcte, du refroidissement, une connexion Internet, du temps et une stratégie pour amortir la machine.
Le mining n’est donc pas une manière magique d’obtenir des cryptomonnaies gratuitement.
C’est une entreprise qui transforme capital + énergie + matériel + exploitation en actifs numériques.
Le guide complet de BrefCrypto consacré à Bitcoin aide justement à distinguer la valeur du réseau de l’économie spécifique de ceux qui le sécurisent.
Le même raisonnement vaut ailleurs.
Miner XMR parce qu’un CPU inutilisé tourne déjà dans une installation solaire peut être rationnel.
Acheter plusieurs nouveaux ordinateurs uniquement parce qu’un calculateur annonce quelques dollars de revenus quotidiens est une décision complètement différente.
En 2026, le meilleur réflexe consiste donc à partir du matériel et de l’énergie disponibles, puis à comparer les réseaux compatibles.
Pas l’inverse.
Bitcoin domine les ASIC SHA-256.
Litecoin et Dogecoin forment un couple très particulier grâce au merged mining.
Monero maintient une vraie porte d’entrée CPU.
Kaspa est devenu une industrie ASIC.
Zcash conserve son marché Equihash.
Ethereum Classic et Ravencoin prolongent la vie du GPU mining.
Le paysage reste varié.
La rentabilité, elle, ne tient toujours qu’à quelques variables très terre-à-terre : combien la machine produit, combien elle consomme et combien vaut ce qu’elle mine.