CcHUB et la Mastercard Foundation ont sélectionné 12 startups nigérianes pour la quatrième cohorte de leur programme EdTech Fellowship. Chaque entreprise pourra recevoir jusqu’à 100 000 dollars sans céder de parts de son capital. Cette promotion vise surtout les solutions destinées aux apprenants souvent ignorés par les outils éducatifs classiques.
Douze startups EdTech rejoignent la nouvelle cohorte
Cette sélection s’inscrit dans le même enjeu que notre article sur les écoles connectées en Afrique : rendre l’apprentissage numérique utile hors des zones déjà bien servies. CcHUB indique sur la page officielle de sa quatrième cohorte EdTech que le programme cible les apprenants vivant avec un handicap, les déplacés internes, les communautés rurales, les filles, les jeunes femmes et les systèmes de données éducatives.
Dans la catégorie consacrée au handicap, CcHUB a sélectionné TrainDTrainer, Talktu, DAWN AI Study et Efiwe. Ces startups cherchent notamment à rendre les contenus plus accessibles, à renforcer les compétences des enseignants et à proposer des expériences d’apprentissage adaptées aux différents besoins.
Ileemore Technologies, Skillup Africa et Lena ciblent pour leur part les communautés rurales, défavorisées ou touchées par les déplacements. Heels and Tech, NursePadi, Skilladder AI et Lalitah travaillent sur la formation et les débouchés économiques des filles et des jeunes femmes. Enfin, Ribara Analytica développe des systèmes de données destinés à améliorer les décisions éducatives et le passage de l’école vers l’emploi.
Un financement sans dilution du capital
Chaque startup pourra recevoir jusqu’à 100 000 dollars de financement non dilutif. Les fondateurs conserveront donc leurs parts, contrairement à une levée classique auprès d’un fonds d’investissement. Cette formule peut donner aux jeunes entreprises davantage de temps pour tester leur modèle sans subir immédiatement une forte pression financière.
Les participants suivront un parcours de 18 mois, avec une phase d’incubation puis un accompagnement post-incubation. Ils bénéficieront d’un soutien technique en développement de produits, en communication, en stratégie commerciale et en préparation aux partenariats.
Ce type de soutien rejoint la logique observée dans l’Africa Prize 2027 pour les innovateurs africains : donner du capital patient, des preuves terrain et un réseau avant de pousser les startups vers une croissance plus agressive.
L’inclusion devient le principal critère de sélection
La quatrième cohorte ne cherche pas uniquement des plateformes capables de numériser les cours. Elle privilégie des produits pensés dès le départ pour des utilisateurs ayant des contraintes précises. Cela inclut une connexion instable, un handicap, un déplacement forcé ou un accès limité aux établissements scolaires.
Cette orientation répond à une faiblesse fréquente du secteur EdTech. Beaucoup de plateformes fonctionnent bien pour des utilisateurs équipés d’un smartphone récent, disposant d’une bonne connexion et capables de payer un abonnement. Elles deviennent moins efficaces dans les zones où ces conditions ne sont pas réunies.
Les startups devront donc adapter leur technologie aux réalités locales. Le même enjeu traverse le numérique africain, des classes connectées aux applications culturelles, comme le montre notre article sur le fonds Google Play destiné aux studios africains.
Le programme a déjà touché 700 000 apprenants
Depuis son lancement, le Mastercard Foundation EdTech Fellowship a soutenu 72 entreprises à travers l’Afrique. Ces startups auraient atteint plus de 700 000 nouveaux apprenants. Environ 89 % de ces bénéficiaires sont des enfants ou des jeunes.
La répartition entre les sexes apparaît presque équilibrée. Les filles et les femmes représentent 49 % des apprenants touchés, contre 51 % pour les garçons et les hommes. Ces chiffres montrent une portée importante, même s’ils ne mesurent pas à eux seuls l’amélioration réelle des résultats scolaires.
Le véritable défi commence donc après la sélection. Les 12 startups devront prouver que leurs produits améliorent durablement l’apprentissage, et pas seulement le nombre d’inscriptions. CcHUB et la Mastercard Foundation misent ainsi sur une idée claire : une EdTech africaine utile doit atteindre ceux que les modèles éducatifs traditionnels et les plateformes commerciales laissent encore de côté.
En bref
- Douze startups nigérianes rejoignent la quatrième cohorte EdTech de CcHUB.
- Chaque entreprise pourra recevoir jusqu’à 100 000 dollars sans céder de capital.
- Le programme cible en priorité les apprenants défavorisés ou exclus.
