Le marché propose plusieurs sources de revenus : hausse de Bitcoin, staking, prêts de stablecoins, fourniture de liquidité, trading, minage ou encore travail rémunéré en crypto. Elles n’ont ni le même risque, ni le même capital de départ, ni la même régularité.
Une personne disposant de 500 000 euros n’aborde évidemment pas l’objectif de 100 euros par jour comme quelqu’un disposant de 5 000 euros. Avec beaucoup de capital, un rendement annuel relativement modeste peut suffire. Avec très peu de capital, atteindre la même somme nécessite des rendements tellement élevés que l’investissement commence rapidement à ressembler à de la spéculation.
C’est là que les promesses deviennent dangereuses.
Voici donc ce qu’il faudrait réellement pour tenter de gagner 100 euros par jour en crypto en 2027, ce qui paraît raisonnable, ce qui dépend du marché et ce qui relève surtout du fantasme.
100 € par jour changent complètement le calcul
Avant de chercher le meilleur token, il faut regarder les mathématiques.
Gagner 100 euros chaque jour signifie générer 36 500 euros sur une année complète. L’objectif n’est donc plus de savoir comment acheter 200 euros de Bitcoin et attendre une hausse. Il faut produire l’équivalent d’un véritable revenu annuel. Notre guide consacré à l’investissement dans Bitcoin rappelle déjà pourquoi il faut distinguer accumulation patrimoniale et recherche de revenus réguliers.
La différence est essentielle.
Acheter du Bitcoin à 50 000 euros puis le voir atteindre 75 000 euros produit une plus-value de 50 %. Elle n’arrive pourtant pas sous la forme de 100 euros versés chaque matin. Pour convertir ce gain en revenu quotidien, il faudrait vendre progressivement une partie de la position.
Le staking fonctionne autrement. Des récompenses sont versées pour participer à la sécurité d’un réseau Proof of Stake. Le lending consiste à fournir des actifs que d’autres empruntent. Les fournisseurs de liquidité touchent des frais. Le trader essaie, lui, de capturer les mouvements du marché.
Chaque modèle possède sa propre économie.
C’est pour cette raison qu’une vidéo promettant « 100 € par jour en crypto avec 1 000 € » devrait immédiatement déclencher une question : d’où viennent les 100 euros ?
Avec 1 000 euros de capital, il faudrait gagner 10 % chaque jour pour toucher 100 euros. Même sans capitaliser les gains, cela représente 3 650 % du capital initial sur une année.
Ce n’est pas un objectif normal d’investissement.
C’est une prise de risque extrême.
Le capital nécessaire est beaucoup plus élevé qu’on l’imagine
Supposons maintenant que l’on cherche à produire 36 500 euros par an uniquement grâce au rendement d’un capital, sans le consommer.
Le résultat devient instructif.
| Rendement annuel théorique | Capital nécessaire pour 36 500 €/an |
|---|---|
| 3 % | environ 1 216 667 € |
| 5 % | 730 000 € |
| 8 % | 456 250 € |
| 10 % | 365 000 € |
| 12 % | environ 304 167 € |
| 20 % | 182 500 € |
Ces montants sont calculés avant fiscalité, frais, pertes éventuelles et variation du prix des actifs.
Même avec 10 % de rendement annuel, il faut donc environ 365 000 euros pour générer l’équivalent de 100 euros par jour sans toucher au capital.
À 5 %, le montant grimpe à 730 000 euros.
À 20 %, il faudrait encore 182 500 euros.
Et un rendement durable de 20 % par an n’a rien d’un placement tranquille. Dans la crypto, un tel taux peut provenir d’une émission importante de tokens, de récompenses temporaires, d’un risque de crédit élevé, de smart contracts plus fragiles ou simplement d’un protocole cherchant à attirer rapidement des capitaux.
Le rendement affiché seul ne suffit jamais.
Il faut regarder la monnaie dans laquelle il est payé. Recevoir 20 % d’un token qui perd 60 % de sa valeur ne constitue évidemment pas une bonne opération.
Ces calculs expliquent pourquoi les discours sur le « revenu passif crypto » deviennent parfois trompeurs. Quelques clics peuvent effectivement suffire pour déposer des fonds dans un protocole.
Le capital capable de transformer un rendement raisonnable en véritable salaire, lui, peut être considérable.
Le staking peut payer, mais pas créer de miracle
Le staking est probablement l’une des premières stratégies auxquelles pense un détenteur de crypto cherchant du rendement.
Sur un réseau Proof of Stake comme Ethereum ou Solana, des actifs sont immobilisés ou délégués afin de participer à la sécurité du réseau. En échange, les validateurs et délégateurs reçoivent des récompenses.
Sur Ethereum, lancer directement son propre validateur nécessite 32 ETH. Les utilisateurs disposant de montants inférieurs peuvent passer par des solutions mutualisées ou de liquid staking. Ethereum explique directement ce fonctionnement dans sa documentation sur les pools de staking.
Le rendement ne doit pourtant pas être confondu avec un revenu garanti en euros.
Imaginons un détenteur de 100 000 euros d’ETH obtenant 4 % de récompenses sur une année. Cela représente théoriquement environ 4 000 euros en ETH avant frais et fiscalité, soit environ 11 euros par jour en moyenne.
Pour atteindre 36 500 euros avec ce même rendement, il faudrait plus de 900 000 euros de capital.
Et encore, la valeur de l’ETH peut varier pendant l’année.
Un rendement de 4 % en ETH accompagné d’une baisse de 40 % du prix de l’Ether produit une expérience très différente de celle d’un compte bancaire rémunéré à 4 % en euros.
Le même raisonnement vaut pour Solana. Le protocole précise que les récompenses dépendent notamment de l’inflation, de la quantité totale de SOL stakée et de la commission du validateur. Le rendement n’est donc pas une constante gravée dans le code.
Le staking peut améliorer le rendement d’un actif que l’on voulait déjà conserver.
Il devient beaucoup moins convaincant si l’on achète un token uniquement parce que son APY paraît élevé.
Les stablecoins donnent une autre voie vers le rendement
Les stablecoins changent légèrement l’équation.
USDC, USDT et d’autres actifs cherchent à conserver une valeur relativement stable, souvent autour de 1 dollar. Cela élimine une partie de la volatilité rencontrée avec Bitcoin, Ether ou Solana.
Ils peuvent ensuite être prêtés.
Sur Aave, par exemple, un utilisateur peut fournir des tokens à un pool de liquidité et toucher des intérêts versés par les emprunteurs. Aave précise que le taux dépend notamment de l’utilisation du pool : plus une grande proportion de la liquidité est empruntée, plus les taux peuvent évoluer. Il s’agit donc d’un rendement dynamique, et non d’un taux fixe garanti. Le fonctionnement est détaillé directement par Aave.
C’est précisément là que les calculs précédents deviennent utiles.
Avec 50 000 euros placés à 5 %, le revenu théorique annuel serait de 2 500 euros, soit moins de 7 euros par jour.
100 000 euros produiraient 5 000 euros.
200 000 euros produiraient 10 000 euros.
Pour atteindre 36 500 euros, toujours à 5 %, il faudrait 730 000 euros.
Augmenter le rendement réduit évidemment le capital nécessaire. C’est tentant. C’est aussi là que le risque commence à grimper.
Un protocole peut subir une faille. Un stablecoin peut perdre son ancrage. Une blockchain peut connaître un problème. Un bridge peut être piraté. Un rendement peut s’effondrer après le départ d’une campagne d’incitation.
Notre dossier sur les avantages et les risques des stablecoins revient justement sur cette stabilité relative, qui ne signifie jamais absence totale de risque.
En crypto, « stable » décrit surtout le prix visé.
Pas la sécurité de l’investissement.
Les APY de 20 ou 50 % demandent une explication
Une règle permet d’éviter beaucoup de mauvaises décisions : lorsqu’un protocole affiche un rendement spectaculaire, il faut chercher qui le finance.
Un taux de 30 % peut avoir plusieurs origines.
Le protocole peut distribuer massivement son propre token pour attirer de la liquidité. Le rendement affiché paraît alors très élevé, mais la création de nouveaux tokens augmente l’offre et peut exercer une pression sur le prix.
Il peut aussi provenir d’une forte demande d’emprunt. Dans ce cas, quelqu’un accepte réellement de payer cher pour accéder au capital. Il faut comprendre pourquoi.
Une troisième possibilité est la combinaison de plusieurs mécanismes DeFi : emprunter un actif, le déposer ailleurs, recevoir un token liquide, le réutiliser comme collatéral et recommencer.
Le rendement apparent augmente.
Le nombre de choses capables de mal tourner aussi.
Ce type de stratégie connaît régulièrement des épisodes où le coût de l’emprunt dépasse le rendement final. En septembre 2026, certains montages utilisant USDe sur Aave sont justement passés en rendement négatif après la hausse des taux d’emprunt.
Cela résume assez bien la DeFi.
Ce qui rapportait hier peut ne plus être rentable demain.
Les grandes narratives crypto de 2026 montrent d’ailleurs que les capitaux se déplacent rapidement entre stablecoins, RWA, IA, DeFi et autres secteurs. Un rendement élevé attire du capital. L’arrivée de ce capital réduit parfois elle-même le rendement.
La concurrence fonctionne.
Même sur la blockchain.
Chercher 100 euros par jour uniquement en passant sans cesse vers le protocole affichant le plus gros APY peut donc produire l’effet inverse : multiplier les frais, les risques techniques et les possibilités de perte.
Le trading peut produire 100 € par jour, pas les garantir
Voici probablement la méthode la plus séduisante sur les réseaux sociaux.
Acheter le matin. Revendre plus haut. Encaisser 100 euros. Recommencer demain.
Cela paraît simple.
Le problème est que le marché n’a aucun contrat avec le trader.
Avec un compte de 10 000 euros, gagner 100 euros représente 1 % du capital par jour. Pour 5 000 euros, il faut 2 %. Avec 25 000 euros, 0,4 %. Pour 50 000 euros, 0,2 %. Avec 100 000 euros, 0,1 %.
Pris isolément, certains de ces pourcentages semblent modestes.
La répétition change tout.
Un objectif fixe quotidien pousse souvent le trader à chercher une transaction même lorsqu’aucune configuration intéressante n’existe. À 16 heures, il manque encore 60 euros pour atteindre l’objectif ? La tentation d’augmenter la position apparaît.
Une perte arrive.
Le trader veut la récupérer avant minuit.
Puis vient le levier.
C’est exactement ainsi qu’une cible de revenu peut dégrader la gestion du risque.
Le bon trader ne devrait pas demander au marché de lui verser un salaire identique chaque jour. Certaines journées offrent beaucoup d’opportunités. D’autres presque aucune.
Un mois peut être excellent.
Le suivant négatif.
Cette irrégularité explique pourquoi comparer le trading à un salaire est particulièrement dangereux.
Le levier amplifie encore le problème. Une position x10 multiplie l’exposition, pas la compétence. Quelques pourcents dans la mauvaise direction peuvent provoquer une perte considérable ou une liquidation.
Gagner 100 euros sur un trade est parfaitement possible.
Construire une stratégie financière sur la certitude de recommencer 365 fois est une autre proposition.
Bitcoin peut créer plus de 100 € par jour sans rien verser
Prenons un autre scénario.
Un investisseur possède 100 000 euros de Bitcoin. Durant l’année, BTC progresse de 50 %.
Son portefeuille gagne 50 000 euros.
Rapporté à 365 jours, cela représente environ 137 euros par jour.
Peut-on dire qu’il a « gagné 137 euros par jour avec Bitcoin » ?
Mathématiquement, oui.
Économiquement, la formulation est trompeuse.
Le gain n’est pas arrivé régulièrement. Bitcoin a peut-être gagné 15 % en janvier, perdu 20 % en mars, stagné pendant deux mois puis explosé en fin d’année.
L’investisseur ne possède réellement un gain en euros qu’après avoir vendu une partie de sa position.
Ce détail est particulièrement important pour 2027.
Personne ne connaît aujourd’hui la performance que Bitcoin réalisera l’année prochaine. Un scénario haussier peut produire un rendement très supérieur à 36 500 euros sur un portefeuille suffisamment important.
Une correction peut produire exactement l’inverse.
La meilleure utilisation de Bitcoin n’est donc probablement pas de lui assigner une obligation de paiement quotidien.
Bitcoin peut être un actif d’accumulation.
Une réserve à long terme.
Un investissement spéculatif pour certains.
Il n’est pas une machine conçue pour envoyer 100 euros sur un compte chaque soir.
Ceux qui cherchent un revenu régulier doivent donc distinguer deux sources de gains : l’appréciation du capital et le rendement généré par le capital.
Confondre les deux donne des projections beaucoup trop optimistes.
Fournir de la liquidité peut rapporter davantage
La DeFi offre une autre possibilité : fournir des actifs à une plateforme d’échange décentralisée.
Imaginons un pool ETH/USDC.
Un utilisateur dépose les deux actifs. Les traders utilisent ensuite cette liquidité pour effectuer leurs échanges et paient des frais. Une partie de ces commissions revient aux fournisseurs de liquidité.
L’économie paraît séduisante : au lieu d’attendre simplement la hausse des cryptos, le capital travaille.
La réalité est plus technique.
Le rendement dépend du volume de transactions, de la part du pool détenue, des frais du protocole, du prix des actifs et de la concurrence entre fournisseurs.
S’ajoute le risque de perte impermanente.
Lorsque le prix des deux actifs évolue fortement l’un par rapport à l’autre, la composition de la position change automatiquement. Il devient alors possible de terminer avec moins de valeur que si l’on avait simplement conservé les deux tokens séparément.
Les versions modernes de certains AMM permettent également de concentrer la liquidité dans une plage de prix.
Le capital devient beaucoup plus efficace.
La gestion devient beaucoup plus active.
Si le prix sort de la plage choisie, la position peut cesser de générer les commissions attendues.
Pour atteindre 100 euros par jour, il faudrait donc soit beaucoup de capital, soit se positionner sur des pools offrant des rendements plus élevés.
Or les rendements les plus élevés apparaissent souvent sur des paires plus risquées ou des protocoles moins établis.
Encore une fois, il n’existe pas de raccourci.
La rentabilité supplémentaire rémunère quelque chose : volatilité, complexité, risque de smart contract, liquidité ou risque du token.
L’arbitrage n’est plus l’argent gratuit d’autrefois
Acheter Bitcoin 1 % moins cher sur une plateforme puis le vendre immédiatement ailleurs paraît être la définition de l’argent facile.
C’est le principe de l’arbitrage.
Les différences de prix existent toujours, notamment entre exchanges, devises, blockchains ou marchés moins liquides. Elles sont pourtant rapidement exploitées par des sociétés disposant de bots, d’infrastructures professionnelles et de capitaux importants.
Le particulier doit compter les frais de trading, les frais de retrait, les délais de transfert et parfois les contraintes bancaires.
Supposons qu’une différence apparente de 0,6 % existe.
Après 0,2 % de frais d’achat, 0,2 % à la vente et les coûts de transfert, l’opportunité peut avoir disparu avant même que le capital arrive sur la seconde plateforme.
L’arbitrage professionnel fonctionne souvent différemment : les fonds sont déjà présents sur plusieurs marchés et les opérations sont exécutées simultanément.
Cela demande du capital réparti, une automatisation et une bonne gestion des risques de plateforme.
100 euros par jour peuvent être réalisés par des opérateurs d’arbitrage.
Le mot important est « opérateurs ».
Il s’agit davantage d’une activité financière que d’un placement passif accessible en déposant 500 euros.
Même chose pour le market making. Une entreprise peut gagner de minuscules spreads des milliers de fois par jour.
Copier ce modèle depuis un téléphone n’offre évidemment pas la même économie.
Miner du Bitcoin n’est plus une petite rente à domicile
Le minage constitue une autre façon de gagner de la crypto sans l’acheter directement.
Des ASIC effectuent les calculs nécessaires au Proof of Work de Bitcoin. Les mineurs reçoivent en contrepartie une partie des BTC nouvellement créés ainsi que les frais des transactions incluses dans les blocs.
En théorie, voilà un revenu crypto.
En pratique, la compétition est industrielle.
Le prix de l’électricité devient décisif. Il faut acheter le matériel, le refroidir, l’entretenir et anticiper l’évolution de la difficulté du réseau. Une machine rentable avec une électricité presque gratuite peut devenir déficitaire dans une région où chaque kilowattheure coûte cher.
Cette pression s’est encore accentuée avec l’intelligence artificielle. BrefCrypto montrait récemment que les mineurs Bitcoin sont poussés vers des sources d’énergie de moins en moins chères à mesure que l’IA concurrence leurs meilleurs sites électriques.
Core Scientific, TeraWulf, IREN et d’autres acteurs ont même commencé à réorienter une partie de leurs infrastructures vers le calcul IA, parfois plus rentable.
Gagner 100 euros par jour grâce au minage reste donc possible.
Cela ressemble néanmoins davantage à exploiter une petite entreprise énergétique qu’à lancer une application sur son ordinateur portable.
Le capital de départ peut être important.
L’électricité peut absorber la marge.
Le bruit et la chaleur des ASIC ne sont pas des détails non plus.
Pour un particulier en 2027, acheter directement Bitcoin sera souvent beaucoup plus simple que construire une infrastructure uniquement dans l’espoir d’obtenir 100 euros quotidiens de bénéfice minier.
Avec peu de capital, travailler peut battre l’investissement
Voici la partie rarement mentionnée dans les vidéos intitulées « revenu passif crypto ».
Quelqu’un qui possède 1 000 euros aura beaucoup de mal à transformer ce capital en 3 000 euros de revenu mensuel sans prendre un risque énorme.
La même personne peut cependant gagner 3 000 euros grâce à une compétence vendue dans l’écosystème crypto.
Développement blockchain, cybersécurité, community management, rédaction, design, traduction, analyse de données, création vidéo, recherche, bug bounties, hackathons et programmes ambassadeurs constituent autant de moyens de recevoir de l’argent provenant de l’industrie crypto sans devoir obtenir 300 % de rendement sur un portefeuille.
Le raisonnement économique devient totalement différent.
Le capital principal n’est plus l’argent.
C’est la compétence.
Un développeur gagnant 500 euros sur un bounty n’a pas eu besoin de placer 10 000 euros sur un token risqué. Une personne réalisant quatre missions de 750 euros durant le mois atteint déjà 3 000 euros.
Elle peut être payée en stablecoins ou convertir ensuite une partie de ses revenus en Bitcoin.
Pour quelqu’un qui démarre avec un faible patrimoine, cette voie peut être beaucoup plus réaliste.
Elle possède également un avantage : une compétence peut continuer à produire du revenu même lorsque Bitcoin corrige de 30 %.
Le portefeuille, lui, ne demande pas l’autorisation avant de baisser.
Cette différence est particulièrement pertinente dans des marchés où l’accès aux emplois internationaux et aux paiements numériques compte autant que l’investissement lui-même. BrefCrypto a déjà montré dans son dossier sur les usages de la crypto en RDC que Bitcoin et les stablecoins servent aussi de rails de paiement et de transfert, pas uniquement de paris sur les prix.
Gagner de l’argent dans la crypto et gagner de l’argent avec son capital crypto sont donc deux choses différentes.
Avec un petit capital, la première peut être beaucoup plus efficace.
Plus le rendement promis est précis, plus il faut se méfier
« 100 euros par jour garantis. »
« 2 % tous les jours. »
« 15 % par mois sans risque. »
Ce sont exactement les formulations qui devraient provoquer de la méfiance.
Un véritable marché ne fonctionne pas ainsi.
Les prix changent. Les taux DeFi changent. Les volumes changent. Les récompenses de staking changent. Même une stratégie professionnelle connaît des périodes moins rentables.
Une personne capable de produire 2 % par jour sans risque n’aurait pas besoin de vendre sa méthode 49 euros sur Telegram.
La capitalisation ferait le reste.
C’est aussi pourquoi les arnaques utilisent si souvent la combinaison « rendement élevé + régularité + garantie ».
En septembre 2026, BrefCrypto détaillait un rapport FinCEN reliant 33 904 signalements à 12,7 milliards de dollars d’activité financière suspecte autour de réseaux d’arnaques à l’investissement. Les faux placements crypto sont désormais organisés à l’échelle industrielle.
Dans une autre affaire, un promoteur américain promettait entre 15 et 30 % de rendement annuel avec une prétendue technologie utilisant l’intelligence artificielle. Un jury l’a finalement reconnu coupable dans une affaire portant sur 24 millions de dollars.
La présence d’IA, de bots, de minage, de DeFi ou d’un tableau de bord sophistiqué ne prouve rien.
Il faut toujours savoir où se trouve l’argent.
Et comment il est produit.
Quel capital faudrait-il réellement en 2027 ?
Reprenons maintenant différents profils.
Avec 1 000 euros, atteindre 100 euros par jour demanderait un rendement de 10 % quotidien. Ce n’est pas un objectif d’investissement réaliste.
Avec 5 000 euros, le rendement nécessaire tombe à 2 % par jour. Toujours extrêmement agressif.
Avec 10 000 euros, il faut 1 % quotidien.
Avec 25 000 euros, 0,4 %.
Pour 50 000 euros, environ 0,2 % par jour.
Avec 100 000 euros, environ 0,1 %.
Ces chiffres ne signifient pas qu’il devient « facile » de produire 100 euros par jour à partir de 100 000 euros. Le rendement quotidien reste irrégulier.
Ils montrent seulement pourquoi le capital compte autant.
À l’autre extrême, une personne possédant 500 000 euros n’a pas besoin de viser des protocoles à 40 % de rendement. Un rendement brut de 7,3 % suffit mathématiquement à atteindre 36 500 euros sur l’année.
C’est là qu’apparaît un principe assez classique de la finance.
Plus le capital est élevé, moins il est nécessaire de rechercher un rendement extraordinaire pour produire un revenu important.
Les petits investisseurs font souvent l’inverse.
Comme ils disposent de peu de capital, ils cherchent le plus gros rendement possible. Ils arrivent alors sur les actifs les plus volatils, les plateformes les plus risquées et les stratégies avec le plus de levier.
Le manque de capital pousse vers le risque.
Le risque détruit ensuite le peu de capital disponible.
Un cercle assez mauvais.
2027 ne supprimera ni les impôts ni la réglementation
Le rendement brut n’est pas le rendement conservé.
En Europe, MiCA a déjà changé la manière dont les services crypto peuvent être proposés. En France, depuis le 1er juillet 2026, les prestataires souhaitant fournir des services sur crypto-actifs doivent disposer d’une autorisation PSCA sous MiCA ou d’une autorisation européenne appropriée. L’ancien statut PSAN ne suffit plus.
En 2027, il faudra également vérifier la fiscalité applicable dans son pays.
Les règles peuvent changer rapidement.
L’Allemagne, longtemps connue pour son traitement favorable des cryptos détenues plus d’un an, étudie par exemple une taxe forfaitaire de 25 % sur certains gains crypto pour les actifs acquis à partir de 2027.
Cela illustre bien le problème.
Une stratégie qui produit 36 500 euros avant impôts ne laisse pas nécessairement 36 500 euros disponibles pour vivre.
Il faut retirer les frais de protocole, les coûts de trading, éventuellement les frais de blockchain, les pertes, puis la fiscalité applicable.
Les revenus du staking peuvent également être traités différemment des plus-values selon le pays.
Même chose pour le minage ou une activité professionnelle rémunérée en stablecoins.
Un objectif de 100 euros nets par jour demande donc davantage que 36 500 euros de rendement brut annuel.
En 2027, le bon calcul commencera par la somme que l’on veut réellement conserver après toutes ces frictions.
Le plan le plus réaliste pour viser 100 € par jour
Chercher une seule stratégie capable de produire exactement 100 euros chaque jour est probablement la mauvaise manière d’aborder le problème.
Une structure plus robuste consiste à séparer trois moteurs.
Le premier est le capital de long terme. Bitcoin, éventuellement Ethereum ou d’autres actifs soigneusement sélectionnés, peuvent servir à construire progressivement le patrimoine. L’objectif n’est pas de retirer quotidiennement 100 euros, mais d’augmenter le capital qui pourra plus tard produire davantage de revenus.
Le deuxième moteur est le rendement. Staking ou lending peuvent permettre à une partie du portefeuille de générer quelques pourcents supplémentaires lorsque le risque est compris et accepté.
Le troisième est le revenu actif. Missions Web3, création de contenu, développement, bounties, cybersécurité, conseil ou autres compétences permettent de générer des sommes qui ne dépendent pas uniquement de la taille du portefeuille.
Cette combinaison paraît beaucoup moins spectaculaire qu’un bot miraculeux.
Elle résout pourtant le problème principal.
Avec 5 000 euros de capital, essayer de tirer 36 500 euros chaque année du portefeuille demande des performances extraordinaires. Avec 5 000 euros investis progressivement et 3 000 euros de revenus professionnels mensuels issus de l’écosystème, l’équation devient complètement différente.
Une partie du revenu peut être consommée.
Une autre peut renforcer l’épargne.
Une troisième peut acheter du Bitcoin lors des corrections.
Puis le capital grossit.
Avec le temps, le rendement du capital commence lui-même à devenir significatif.
Voilà une trajectoire beaucoup plus crédible vers 100 euros par jour que de tenter un x10 chaque année.
Pour certains investisseurs disposant déjà de plusieurs centaines de milliers d’euros, des rendements relativement modestes peuvent suffire.
Pour les autres, la crypto peut rester un excellent secteur dans lequel investir, travailler ou créer une activité.
Elle ne transforme pas 1 000 euros en salaire annuel de 36 500 euros sans demander quelque chose en échange.
Et ce quelque chose porte généralement un nom très simple : le risque.