Bank of Montreal vient d’ajouter XRP à son portefeuille déclaré aux États-Unis. Pas directement : la banque canadienne détenait au 30 juin 323 actions du REX-Osprey XRP ETF et 20 actions du ProShares Ultra XRP ETF. Le chiffre de 303 milliards de dollars associé à l’annonce impressionne. Il correspond pourtant à la valeur totale du portefeuille 13F de BMO, pas à son investissement dans XRP.
XRP apparaît dans le portefeuille de 303 milliards $
Le mouvement s’inscrit dans une tendance déjà visible au Canada. Quelques jours plus tôt, National Bank of Canada avait elle aussi déclaré une exposition aux ETF XRP, aux côtés de produits Bitcoin. Les montants étaient là encore très modestes.
Dans son nouveau formulaire 13F déposé auprès de la SEC, Bank of Montreal déclare 14 271 lignes de positions pour une valeur totale de 303,651 milliards de dollars au 30 juin 2026. Le document a été signé et transmis le 12 août.
C’est dans cet immense portefeuille qu’apparaissent désormais deux produits liés au XRP.
Le premier est le REX-Osprey XRP ETF, ou XRPR, dont BMO détenait 323 actions. Le second est le ProShares Ultra XRP ETF, un produit à effet de levier, avec 20 actions déclarées. U.Today, qui a repéré les positions dans le filing, souligne qu’il ne s’agit pas d’achats directs de XRP sur un exchange.
La distinction change complètement la lecture.
BMO ne détient pas 303 milliards de dollars en XRP. Elle ne détient même pas une position XRP significative à l’échelle de ses actifs déclarés. Elle possède quelques centaines de parts de fonds donnant une exposition au token.
Le montant est presque symbolique.
L’entrée dans le portefeuille, elle, l’est beaucoup moins.
Les banques préfèrent les ETF au wallet XRP
Pour une banque, acheter directement du XRP implique de gérer la conservation de l’actif numérique, les clés privées, les procédures internes de sécurité et tout le dispositif comptable associé.
Un ETF simplifie l’opération.
La banque achète un titre classique depuis les infrastructures financières qu’elle utilise déjà. L’exposition économique peut suivre XRP, tandis que la conservation des tokens et une partie de la complexité opérationnelle restent chez le fournisseur du produit.
Cette mécanique explique en partie pourquoi Goldman Sachs avait déjà déclaré 153 millions de dollars d’exposition au XRP à travers plusieurs fonds fin 2025.
Les proportions n’ont cependant rien à voir.
Goldman avait réparti environ 153,8 millions de dollars entre différents ETF XRP. Bank of Montreal commence avec quelques centaines de parts. Lire les deux opérations comme des paris institutionnels équivalents serait donc trompeur.
Les produits disponibles se multiplient néanmoins. Le REX-Osprey XRPR a commencé à être négocié en septembre 2025. D’autres ETF XRP au comptant ont suivi en novembre, notamment ceux de Bitwise, Grayscale et Franklin Templeton.
Selon Ripple, qui dresse le bilan du marché des ETF XRP, ces fonds avaient dépassé 1,5 milliard de dollars d’entrées cumulées début mars 2026. L’entreprise recensait alors plus de 769 millions de XRP détenus dans leurs dispositifs de conservation. Ces chiffres viennent de Ripple et doivent naturellement être lus comme ceux d’un acteur directement intéressé au développement de l’écosystème.
L’infrastructure institutionnelle, elle, est bien réelle.
XRP gagne des portefeuilles, pas encore leurs milliards
Le cas de Bank of Montreal illustre assez bien ce qui se passe actuellement autour de XRP.
Les grands gestionnaires n’ont plus besoin de créer une infrastructure crypto spécifique pour tester l’actif. Ils disposent désormais de produits cotés, de tickers, de dépositaires et d’un reporting compatible avec leurs procédures classiques.
Bref Crypto relevait récemment la même évolution chez EverSource, qui détient plusieurs produits liés au XRP. Là encore, Bitcoin reste beaucoup plus important dans le portefeuille. XRP commence surtout à apparaître là où il était presque absent il y a encore quelques années.
Attention également à ce que raconte un formulaire 13F.
Il photographie les positions détenues à la fin d’un trimestre. Celui de BMO correspond au 30 juin, même s’il n’a été publié que le 12 août. La banque peut donc avoir augmenté, réduit ou vendu certaines de ces positions depuis cette date.
Le filing ne permet pas non plus d’affirmer pourquoi BMO détenait ces ETF. Une position peut correspondre à une allocation d’investissement, à une activité de gestion pour des clients ou à d’autres besoins internes. Voir XRP dans un 13F bancaire ne signifie donc pas automatiquement que la direction de la banque est devenue haussière sur le token.
Reste un changement beaucoup plus difficile à nier.
XRP dispose désormais d’une voie d’accès que les institutions financières connaissent parfaitement : les ETF réglementés. National Bank of Canada, Goldman Sachs, EverSource et maintenant Bank of Montreal apparaissent dans ces déclarations.
Les montants de BMO sont minuscules. Le précédent, lui, mérite d’être regardé.
Il ne faut donc pas retenir « 303 milliards de dollars arrivent sur XRP ». Ce serait faux. La bonne lecture est plus sobre : XRP vient de trouver une petite place dans un portefeuille institutionnel de 303,65 milliards de dollars.
En bref
- Bank of Montreal détenait 323 actions du REX-Osprey XRP ETF et 20 actions du ProShares Ultra XRP ETF au 30 juin.
- Les 303,65 milliards de dollars correspondent à l’ensemble du portefeuille 13F de BMO, et non à son exposition au XRP.
- La banque passe par des produits cotés plutôt que par une détention directe du token.
