L’intelligence artificielle peut générer davantage de revenus que le minage de bitcoin avec une quantité d’électricité comparable. Fred Thiel, PDG de MARA Holdings, l’a affirmé lors d’un entretien publié en juillet. Cette différence pousse l’un des plus grands mineurs américains à investir dans les centres de données pour l’IA. MARA ne prévoit pourtant pas d’abandonner Bitcoin. Le groupe veut réserver chaque source d’énergie à l’activité qui la valorise le mieux.
Bitcoin perd la bataille du revenu par électron
Ce basculement prolonge la stratégie de MARA vers l’IA. Fred Thiel résume la situation avec une image directe : l’IA rapporte beaucoup plus d’argent par électron que le minage de bitcoin. Les centres de données louent leur puissance de calcul à des entreprises qui entraînent ou exploitent des modèles d’intelligence artificielle. Ces contrats peuvent fournir des revenus plus élevés et plus prévisibles.
Le minage reste davantage exposé au prix du bitcoin, à la difficulté du réseau et au coût de l’électricité. Les revenus changent rapidement. Une machine rentable aujourd’hui peut devenir déficitaire lorsque la concurrence augmente ou que le BTC recule.
Les halvings compliquent encore cette équation. Environ tous les quatre ans, la récompense versée aux mineurs pour chaque bloc est réduite de moitié. Les entreprises doivent alors utiliser des machines plus performantes, obtenir une énergie moins chère ou développer d’autres sources de revenus.
MARA transforme ses sites miniers en actifs énergétiques
MARA ne veut plus être considérée uniquement comme une entreprise de minage. Le groupe se présente désormais comme un opérateur d’énergie et d’infrastructures numériques. Il achète des terrains, des centres de données et des capacités électriques pouvant accueillir plusieurs types de calcul.
En février 2026, MARA a annoncé un partenariat stratégique avec Starwood Digital Ventures. La plateforme commune vise environ 1 gigawatt de capacité informatique à court terme. Son potentiel pourrait ensuite dépasser 2,5 gigawatts. Les sites doivent notamment accueillir des infrastructures pour l’IA et le calcul à haute performance.
En juillet, l’entreprise a également signé un accord pour acquérir un terrain alimenté au Texas. Le site pourrait offrir un accès à environ 2 gigawatts de puissance électrique. Pour MARA, la véritable rareté n’est plus seulement la machine de minage. C’est le terrain déjà raccordé à une source d’énergie importante.
Le minage de bitcoin conserve un avantage particulier
MARA ne prévoit pas de convertir tous ses sites en centres de données pour l’IA. Fred Thiel estime que le minage de bitcoin reste utile lorsqu’une énergie est gratuite, excédentaire, intermittente ou trop éloignée des grands centres urbains.
Un mineur peut être installé près d’une source d’électricité sans attendre la construction d’un réseau complet de télécommunications. Ses machines peuvent aussi être arrêtées rapidement lorsque le réseau électrique manque d’énergie. Elles redémarrent dès que la production redevient abondante.
Les centres de données pour l’IA sont beaucoup moins flexibles. Ils nécessitent une alimentation stable, des systèmes complexes de refroidissement, des connexions rapides et des engagements précis envers les clients. Leur construction exige aussi beaucoup plus de capitaux qu’une installation minière classique.
Bitcoin devient donc un outil d’ajustement énergétique. MARA peut utiliser le minage pendant la construction d’un centre de données, absorber une production électrique excédentaire ou exploiter des sites qui ne répondent pas encore aux exigences techniques de l’IA.
Les mineurs courent désormais après les contrats IA
MARA n’est pas seule à suivre cette stratégie. Plusieurs mineurs américains ont signé de longs contrats avec des entreprises technologiques. Ces accords transforment des revenus très variables en paiements programmés sur quinze ou vingt ans.
Le marché l’a déjà vu avec le rendement IA exceptionnel de Core Scientific. Mais tous les mineurs ne disposent pas du même accès au capital, aux terrains raccordés ou aux clients capables de signer de grands contrats.
Cette évolution change la valeur des sociétés minières. Les investisseurs ne regardent plus seulement leur puissance de calcul ou leur réserve de bitcoins. Ils examinent aussi leurs terrains, leurs raccordements électriques, leurs centrales et leur capacité à accueillir des serveurs spécialisés.
La transition reste cependant risquée. Un centre de données pour l’IA coûte cher et peut prendre plusieurs années avant de produire des revenus. Il faut aussi trouver un client solide. Sans contrat, un immense site alimenté devient un actif lourd à financer.
MARA tente donc de conserver deux moteurs. L’IA doit produire des revenus plus élevés sur les meilleurs sites. Le minage de bitcoin doit monétiser l’électricité moins chère ou difficile à vendre. Le groupe ne choisit pas encore entre les deux. Il transforme plutôt Bitcoin en une option parmi plusieurs usages possibles de l’énergie.
Cette course aux infrastructures rejoint aussi l’intérêt de Wall Street pour les mineurs exposés au boom de l’IA. Le secteur reste néanmoins sous pression, car la concentration du hashrate et les coûts d’électricité imposent une discipline de plus en plus dure.
En bref
- L’IA rapporte davantage que le minage par unité d’électricité selon MARA.
- Le groupe développe jusqu’à plusieurs gigawatts d’infrastructures numériques.
- Bitcoin restera utilisé pour valoriser l’énergie excédentaire ou très bon marché.
